Kharkiv ( ; en ), anciennement Kharkov en français ( ; en ), est la capitale administrative de l’oblast de Kharkiv. Sa population s’élevait à le et la classait au deuxième rang des villes d'Ukraine.
La ville est la capitale de la république socialiste soviétique d'Ukraine de 1917 à 1934. Kharkiv est un des plus importants centres industriels, culturels, scientifiques et universitaires d’Ukraine. La ville compte de nombreux espaces verts. En 2010, Kharkiv est récompensée par le prix de l'Europe., la première ville ukrainienne à le remporter. Elle est partiellement détruite par l'artillerie russe lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022.
Géographie
Situation Historiquement, Kharkiv se trouve dans la région des slobodes d'Ukraine. Kharkiv est située à à l'est de Kiev au confluent des trois rivières Kharkiv, Lopan et Oudy, celles-ci faisant partie du bassin versant du Seversky Donets dans la région nord-est de l’Ukraine. Le Seversky Donets est le prinicpal affluent du fleuve Don.
Elle s'étend sur à une altitude allant de 94 à 202 mètres.
Communauté territoriale Depuis la réforme administrative de 2020, la ville de Kharkiv est le siège d'une communauté territoriale regroupant les localités suivantes : Brajnyky, Zaïky, Koulynytchi et Peremoha"Харківська територіальна громада" sur https://decentralization.gov.ua/newgromada/4688.
Transports
La ville est le centre du transport de l'Est de l'Ukraine. Les liaisons ferroviaires depuis la gare de Kharkiv mènent à Kiev et d'autres régions de l'Ukraine et de l'Europe.
Kharkiv est un grand nœud ferroviaire avec plusieurs gares : gare de Kharkiv, d'Osnova, Balachovsky, de . La ville dispose aussi d'un aéroport international.
La route M03 (partie de la route européenne 40), qui relie Kiev à la frontière de la région russe de Rostov, traverse la ville. La route M18 relie Karkhiv à Yalta en Crimée.
Aéroport L'aéroport international de Kharkiv (Aeromost-Kharkiv) propose 6 à 10 vols par jour.. Les vols pour Kiev et Minsk sont quotidiens, ainsi que pour Varsovie et Istanbul.
Depuis le , les deux vols quotidiens effectués par Aeroflot (SU1838/1839). sont suspendus.
L'usine d'assemblage de l'Antonov se trouve à l'aéroport. Transports urbains
Le transport urbain est possible au moyen du métro, tramway, trolleybus, bus et pistes cyclables. Le métro est ouvert depuis 1975. Il dispose de trois lignes avec trente stations au total.
Il y a un musée consacré aux tramways historiques de la ville.
Climat Kharkiv possède un climat continental. Les hivers sont assez froids et les étés sont chauds. La neige recouvre le sol en moyenne 92 jours par an. Les précipitations sont modérées () et réparties de façon assez uniforme sur l'ensemble de l'année, l'été étant la saison la plus arrosée. Température record la plus froide : () Température record la plus chaude : () Nombre moyen de jours avec de la neige dans l'année : 79 Nombre moyen de jours de pluie dans l'année : 134 Nombre moyen de jours avec de l'orage dans l'année : 30 Nombre moyen de jours avec tempête de neige dans l'année : 15
Histoire Origine Selon la légende, la ville a été fondée en 1654 par un cosaque ukrainien nommé Kharko. Kharkiv fait alors partie de la région historique de Slobojanchtchyna ou Ukraine slobodienne. vignette|Un monument au fondateur de la ville. Au , ces terres appartenaient à l'Hetmanat. Au , la ville est parfois appelée Charcovie en françaisJ. F. Schnakenburg, Dictionnaire orthographique de géographie universelle ancienne et moderne et de noms propres de personnes […] à l'usage des Allemands et des Français, Leipzig, 1835 (lire en ligne)..
Pendant la guerre d'indépendance ukrainienne, la ville faisait à l'origine partie de la République populaire ukrainienne jusqu'en , puis la ville fut brièvement reprise par les bolcheviks, à partir du printemps 1918 elle fut sous le contrôle des Allemands, par la suite est occupée de juin à par les Forces armées du Sud de la Russie et placée sous la direction du général Vladimir Maï-Maïevski, mais en 1919, la ville fut de nouveau occupée par l'Armée rouge.
C’est la capitale de l’Ukraine soviétique de 1917 à 1919 puis de 1920 à 1934. C'est ici que des journalistes étrangers ont enregistré pour la première fois les victimes de l'Holodomor. Lors de la Grande Purge ici, à la Immeuble Slovo, les services spéciaux soviétiques ont retenu en otage des représentants de l'intelligentsia ukrainienne.
Seconde Guerre mondiale vignette|Vue du centre de Kharkiv en 1941. vignette|Chars allemands dans les rues de la ville en . Kharkov était au début de la guerre l'un des plus grands centres industriels de l'Union soviétique. L'une de ses plus grandes contributions a été le char soviétique T-34 mis en service en 1940 qui a été à la fois conçu et développé à l'usine de tracteurs n°183 de Kharkov. Elle était considérée comme l'usine de tanks la plus puissante du pays. Les autres usines situées dans la ville comprenaient l'usine d'avions, l'usine du NKVD et l'usine de turbines. Les productions militaires qui se trouvaient à Kharkov avant le début du conflit comprenaient : des chars, des avions Sukhoi Su-2, des tracteurs d'artillerie, des mortiers de 82 mm, des mitraillettes, des munitions et d'autres équipements militaires. À l'automne 1941, Kharkov était considérée comme l'une des bases stratégiques les plus importantes des Soviétiques pour les liaisons ferroviaires et aériennes. Elle reliait non seulement les parties est-ouest et nord-sud de l'Ukraine, mais également plusieurs régions centrales de l'URSS. Dans la dernière partie de l', l'objectif principal des troupes allemandes était de capturer les usines ferroviaires et militaires, elles ont donc désespérément essayé de garder intacte la zone industrielle de Kharkov.
La ville change pas moins de quatre fois de mains lors de la Seconde Guerre mondiale : prise à la première bataille de Kharkov par les troupes allemandes le , celles-ci résistent du 12 au à une offensive désastreuse de l'Armée rouge (seconde bataille de Kharkov) qui ne réussit pas à s'emparer de la ville. Les troupes allemandes l'évacuent une première fois () le Erich von Manstein, Victoires perdues, Paris, Plon, 1958, . à la suite de leur défaite à Stalingrad et de l'offensive soviétique qui a suivi, puis la reprennent (troisième bataille de Kharkov) le Erich von Manstein, Victoires perdues, Paris, Plon, 1958, . dans la nuitYann Mahé, « Kharkov : le SS-Panzer-Korps contre-attaque ! », Batailles et blindés, , juin-juillet 2010, ., après plusieurs jours de combats urbains. Ils la quittent définitivement () dans la nuit du 22 au Hervé Borg, « Koursk : la citadelle imprenable ? », Histoire de guerre, , , ..
L’occupation allemande est marquée par de nombreux crimes de guerre, comme la pendaison de civils considérés comme des partisans et, lors de la reprise de la ville en , par le massacre de centaines de militaires blessés dans un hôpital de la ville par la division Leibstandarte SS Adolf Hitler. Les nationalistes ukrainiens, tolérés au début de l'occupation furent ensuite réprimés. À l'exception de quelques écoles primaires, l'enseignement est supprimé. Pour l'armée allemande, la ville est une métropole de délassement avec des théâtres qui donnent des opéras, des restaurants, des magasins, échoppes et services dont certains étaient tenus par des habitants qui n'étaient pas forcément des collaborateurs, mais une minorité privilégiée dans une population affamée. Le marché noir toléré auquel participent des soldats allemands permet la survie d'une partie de la population. Les « autorités locales » étaient sous la mainmise des Allemands: le conseil municipal et le maire Alexandre Semienenko les accompagnent dans leur retraite en et à leur retour en . À l'entrée de l'Armée rouge en , la ville ne compte plus que habitants, contre avant la guerre, à l'arrivée des Allemands en après évacuation d'une partie de la population avec l'industrie lourde. ̈D'après les autorités soviétiques, avaient été déportés comme travailleurs forcés, personnes assassinées dont juifs, étaient morts de faim et les autres réfugiés dans les campagnes environnantes.
La ville est le théâtre d'affrontements en 2014, au cours desquels la population est très divisée entre « pro-Maïdan » issus de la révolution de Maïdan, et « pro-Russes » ayant soutenu le pouvoir de Viktor Ianoukovytch ainsi que la fédéralisation du pays..
Toujours en 2014, des militants pro-russes ont hissé le drapeau russe au-dessus du bâtiment de l'administration régionale « Ukraine crisis: Timeline », sur bbc.com, 13 novembre 2014. et proclamé la république populaire de Kharkov. Le soulèvement a cependant été réprimé en moins de deux jours, en raison de la réaction rapide des forces de sécurité ukrainiennes Olga Rudenko, « Kharkiv settles down, while pro-Russian separatists still hold buildings in Luhansk, Donetsk » sur kyivpost.com, 8 avril 2014. placées sous la direction du ministre ukrainien de l'Intérieur de l’époque, Arsen Avakov, et de celui de la Défense, Stepan Poltorak. Le maire de la ville, Hennadiy Kernes, qui a d'abord soutenu la révolution orange avant de rejoindre le Parti des régions, a décidé de se mettre du côté du gouvernement ukrainien. vignette|Le bâtiment de la société médicale, rue Pouchkine, à Kharkiv, . Lors de la guerre russo-ukrainienne de 2022, la ville est le théâtre d’importants combats.
Kharkiv est une cible majeure pour les forces russes lors de la campagne de l'est de l'Ukraine pendant la guerre russo-ukrainienne, avant d'être repoussées jusqu'à la frontière internationale. La ville reste sous le feu sporadique des forces russes, et selon certaines informations, en , près d'un quart de la ville était endommagé ou détruit.
Histoire des Juifs à Kharkiv
Population Démographie Recensements ou estimations de la population — — . :
Le taux de natalité en 2012 était de 9,2 pour mille avec naissances (contre un taux de natalité de 8,8 pour mille en 2011 pour naissances), tandis que le taux de mortalité était de 11,9 pour mille avec décès (contre un taux de mortalité de 11,9 pour mille en 2011 pour décès). En 2015, avec naissances le taux de natalité était de 8,9 pour mille tandis qu'avec décès le taux de mortalité était de 13,5 pour mille.
Structure par âge 0-14 ans : 12,4 % ( hommes pour femmes) 15-64 ans : 73,3 % ( hommes pour femmes) 65 ans et plus : 15,3 % ( hommes pour femmes)
Agglomération L’agglomération de Kharkiv compte en 2007.
Nationalités +Évolution des nationalités Recensement de 1897Первая всеобщая перепись населения Российской Империи 1897 г. Распределение населения по родному языку и уездам 50 губерний Европейской России Демоскоп Recensement de 1926 Recensement de 1939 Recensement de 1959Історія міста Харкова ХХ століття, Харків 2004, р. 456 Recensement de 1989 Ukrainiens 25,9 % 38,6 % 48,5 % 48,4 % 50,4 % Russes 63,2 % 37,2 % 32,9 % 40,4 % 43,6 % Juifs 5,7 % 19,5 % 15,6 % 8,7 % 3,0 %
Politique et administration vignette|Les neuf raïons. La ville de Kharkiv est divisé en 9 raïons : N°1 : raïon Kholodnohirsky N°2 : Raïon de Chevtchenko N°3 : raïon Kiev N°4 : raïon Salvitsky N°5 : raïon Nemychliansky N°6 : raïon Industriel N°7 : raïon Slobidsky N°8 : raïon Osnoviansky N°9 : raïon Novobavarsky
Elle est dirigée par un maire et un conseil municipal élus pour quatre ans.
Liste des maires
Culture et patrimoine vignette|La salle KKZ Ukraine. La ville anime diverses institutions culturelles : un opéra, un orchestre philharmonique et plusieurs orchestres. six théâtres d'État et dix-neuf théâtres privés (Théâtre dramatique national de Kharkiv, Opéra-théâtre national Lyssenko de Kharkiv) Musée d'histoire de Kharkiv. un musée d’Art, l'un des plus importants d'Ukraine, fondé en 1905 le Centre Yermilov d'art contemporain. la Galerie municipale de Kharkiv fondée en 1996. le musée ferroviaire de Kharkiv et de nombreux autres musées (vingt musées au total).
Cultes