alt=Fontaine|vignette|Détail de la fontaine de 1719 Éclépens () est une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district de Morges. Elle a vu naître le la ZAD de la colline du Mormont, première ZAD de Suisse.

Géographie

Hydrographie Éclépens est traversée par la Venoge. Toponymie Première théorie :

Le toponyme Éclépens est vraisemblablement formé d’un nom de personne germanique masculin (Slapadeo), suivi du suffixe toponymique germanique -ingōs (« chez les gens de, chez ceux du clan de »).

Ses premières occurrences écrites, Scepedingus et Sclepedingus, remontent à 814-815.

Seconde théorie :

Éclépens est assurément d’origine burgonde, comme en témoigne le suffixe -ens de ce toponyme. Sa création remonte vraisemblablement à avant 750 (~400 à 750). On admet généralement que la langue burgonde n’a pas subsisté au-delà de 750..

Histoire

Antiquité Une borne romaine a été trouvée sur la commune, qui atteste du passage d'une voie romaine au bord de laquelle elle était vraisemblablement dressée. Son inscription indique qu'elle a été érigée en 201 après J.C., sous le règne de Septime Sévère et de ses fils Caracalla et Geta. L'indication de distance et de la ville de référence manque.

Moyen-Âge L'une des premières mesures prises par Louis, fils de Charlemagne, après avoir remplacé son père, a été de céder à l'Église divers biens qu'il possédait, dont le domaine d'Éclépens. Cette donation figure dans le premier document connu citant le nom d’Éclépens, en 814814 Copie, latin dans le Cartulaire de Lausanne, env. 1200-1240 : villa que dicitur scepedingus ... villa que dicitur sclepedingus, Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne, Cod. B 219, fol. LVI r, mais l’original ayant été perdu, il nous est seulement parvenu une copie du qui fait partie intégrante du Cartulaire de Notre-Dame de Lausanne. Il s’agit de la plus ancienne mention connue de ce village..

Il existe deux versions de cette cession, qui ont été copiées l'une après l'autre, la première mentionnant  et la deuxième, .

La deuxième mention d'Éclépens figure dans un document de 10111011 Original, latin Islapadencs (Parchemin déposé auprès des ACV sous la cote C I a 15; Schieffer 253,1)

1011 (Copie s. latin) in Isclapadenes (Schieffer 253,35), où le Roi Rodolphe III (descendant de Louis le Pieux) restitue entre-autres au couvent de Romainmôtier un manse à Éclépens. Le document original est déposé aux Archives cantonales vaudoises. Le nom y est écrit : .

Depuis l'érection du château de La Sarraz, en 1049 par Adalbert de Grandson, pour contrôler le passage des marchandises de Milan à Jougne, à la limite du territoire du couvent de Romainmôtier, des Chevaliers de la région se mirent au service de la puissante famille de Grandson.

Parmi eux, figure le Chevalier Othon d’Éclépens (Vtto miles de Esclepens), cité sur un parchemin estimé entre 1120-1130, au sujet d'une manse. Puis en 1147, Jordan d’Éclépens (Iordanus de Sclepens) est témoin d’une confirmation par Amédée de Clermont. Il est cité à nouveau dans la moitié du , comme Jordanus miles de Clepens. En 1174, par un vidimus d’, ce Jordan est dit de Escleppens. Le mot Escleppens est encore cité en 1187 (Willermus de Escleppens), 1228 (dans le cartulaire de Lausanne) et 1453 lors de la visite pastorale du 22.10.1453). En 1199, on voit même le mot Clapens (Petrus de Clapens).

Trois familles alliées se succédèrent dans le château de La Sarraz : les Grandson-La Sarra (1049-1269), les Montferrand-La Sarra (1269-1541) et les Gingins-La Sarra (1541-1798).

Jusqu'en 1623, Éclépens fait partie de la seigneurie de La Sarraz. Lors du partage des biens de Joseph de Gingins, baron de la Sarraz, en 1626, Éclépens échoit à son fils Albert ( fils vivant en 1626) et constitue une nouvelle seigneurie. alt=La photo a été faite par M. Marcel Cavin de l’imprimerie Charles Cavin lorsque je lui ai commandé lors de la publication de mon livre "Éclépens, 814-1994".|vignette|Tombeau d'Albert (I) de Gingins d'Éclépens se trouvant dans le chœur de l'église d'Éclépens. Né en 1592 et décédé en 1664, son tombeau se trouve dans l’église d’Éclépens.

Famille d'Éclépens La famille d’Éclépens, originaire d’Éclépens, Dommartin et Pays de Vaud, maison noble et ancienne, est une famille de ministériaux des sires de La Sarraz, et remonte à Othon, chevalier d'Éclépens vers 1120-1130. La branche qui tient la mayorie de Dommartin porte parfois le nom de Grasset. La famille s'éteint au Archives cantonales vaudoises (Archives) - C Parchemins et papiers (Section) - C XVI Familles (Sous-section) - C XVI 88 bis Éclépens, 1111.11.11 (Fonds).

Cette famille d’Éclépens, (parfois citée sous le nom de Grasset), tient le village en fief des Seigneurs de La Sarraz. on a retrouvé plus d’une cinquantaine d’actes des années 1120 à 1437, dont le plus ancien concerne Vtto miles de Esclepens. La famille paraît s'être éteinte vers le milieu du . Ses biens passent alors aux de Gingins. Ces milites habitaient le Château d’En-Bas.

Armoiries En 1920, la commune ne posséde pas d´armoiries comme on peut le lire dans un article paru dans le Le Conteur Vaudois du ..

« Cette commune ne possède pas d´armoiries ; mais elle a utilisé un sceau du dix-neuvième siècle sur lequel on distingue une barque à fond plat chargée d’une « fuste ». Ce sceau rappelle qu´au commencement du siècle dernier, les habitants d´Éclépens voituraient les vins de la Côte, de ce vignoble à Entreroche, d’où ils étaient, par le canal de ce nom, dirigés sur Yverdon et de là en Suisse allemande.  (Ruchet, sceau communaux vaudois.) - Mérine. » vignette|Ancien sceau de la municipalité d’Eclépens (photo A.Cholly) En 1921 une Commission des armoiries communales est créée par le Département de l'instruction publique et des cultes.

En 1924, la commune adopte des armoiries. Elle reprend le lion des chevaliers d’Éclépens (cités du ), les charge d’une fasce ondée pour symboliser le canal d’Entreroches et y ajoute un mont rappelant les hauteurs du Mormont. vignette|Sceau de Thomas d’Éclépens, mayor de Dommartin, de 1243 vignette|Sceau d’Henri d’Éclépens, de 1267 Description :

« d’argent au lion de gueules, sur un mont à trois coupeaux de sinople, une fasce ondée d’azur brochant sur le tout »

Autre description ancienne :

Eclépens dit Grasset - P. de Vaud - D'argent au lion de gueules, selon l’Armorial de JB RIETSTAP (Jean-Baptiste Rietstap 1828-1891)

Population et société

Gentilé et surnoms Les habitants de la commune se nomment les Éclépanais.

Ils sont surnommés les Corbeaux et lè Dèpatolyû (les Déguenillés en patois vaudois).

Démographie AnnéeNombre d'habitantsNombre de feuxAnnéeNombre d'habitantsAnnéeNombre d'habitants814100201958399199184914161603219594301992875145315030196044619938701536851719614741994881168326519624881995866176424219634701996884177028819645381997880179832819655041998890180334819665871999877182435019675872000915183139219686332001912184947819696402002880185049519706232003915186056719716212004925187055319726402005941188052219736802006944188846119746732007963190047719756582008974191048719766442009974192044919776332010994193047219786172011996194142419796102012101019464111980610201310201948389198163020141010194941819826402015103919504261983654201610431951412198469620171091195242019857382018121119534021986740201912221954443198776720201220195546819887932021119819564531989810202211991957450199081820231182

Pour l’évaluation du nombre d’habitants des quatre premiers recensements, j’ai pris une moyenne de 5 personnes par foyerIl s’agit d’un feu rural ici (Les campagnes bourbonnaises à la fin du Moyen Age: 1370-1530, par René Germain, 1997). La densité de la population est de 178,8 hab/km2 (2015)Source : STATVD / OFS, Atlas statistique du canton de Vaud. Le chiffre de 1'000 a été atteint le . La cause de la diminution du nombre de feux (familles) entre 1416 et 1536 en est la peste qui sévissait en Europe. (Voir 1347 et 1453). Une diminution intervient entre 1860 et 1948 pour raison économique. Puis à la suite de la crise pétrolière de 1973, jusqu’en 1980. La plus grande vague d'émigration Suisse eu lieu au siècleÉmigration à la suite d'accords gouvernementaux vers l'Amérique du Sud : 1869-1880 et 1883-1900, principalement le Brésil, l'Argentine et le Chili..

Patrimoine bâti L'Eglise

L'église, selon un rapport archéologique de M. Werner Stöckli, Jachen Sarott et Ulrike Golnick de 2001, daterait des . Peut-être qu'en analysant les fondations profondes, on arriverait au , église citée dans le document de 814 ci-dessus.

Le Temple

Le temple réformé, ancienne église Saint-Pierre, d'origine romane, a vu son chœur reconstruit probablement au . La façade ouest est rebâtie entre 1673 et 1677 en conservant la porte d'entrée du . La nef est couverte d'un berceau lambrissé, démoli en 1882 et reconstitué en 1927. Quant au clocher, il est surélevé en 1735. À l'intérieur, l'édifice conserve une table de communion de 1654 et la chaire de pierre, de 1675, a été sculptée par David Descombes. Vitraux de 1927 par Guignard & Schmit (Alexis Guignard et Jean Schmit), Kirsch & Fleckner (Vincent Kirsch et Charles Fleckner)..

Le Château d'En Haut ou Château-Dessus

À la Réformation, les biens de l'église ont été attribués par les Bernois au baron de La Sarraz. L'ancienne cure, située près de l'église, est alors transformée en maison seigneuriale sous le nom de Château d'En Haut (rue du Village 3). Ce processus a lieu en plusieurs étapes, en 1626 et 1699, puis encore en 1786 par Alexandre de Gingins, seigneur d'Éclépens et de Pompaples. Ce vaste édifice abrité sous une toiture à croupe affiche, côté jardin, une imposante tour d'escalier de plan rectangulaire, en saillie, datée 1699. Le parc, à l'ouest, comporte une allée de platanes. Dans l'alignement de la maison de maîtres, un bâtiment de 1789 abrite habitation et dépendances rurales, tandis qu'au sud de la cour s'élève un ancien rural reconstruit en 1796 puis en 1844.

Le , pour le prix de « de Suisse, vins compris », le Château-Dessus d'Éclépens était vendu par Charles Henry Alexandre de Gingins à Paul Coulon, de Neuchâtel (1731-1820), dont la famille en est toujours propriétaire sept générations après ; cette famille acquit également le Château-Dessous le à dame Lautard-Muret. Elle le tenait de son père, M. Muret, de Morges, qui l'avait acquis en 1799 de M. de Gingins-La Sarraz, autrefois résidence des milites d'Éclépens (de 1130 au milieu du ). L'anoblissement de Paul Louis Auguste Coulon (le fils de Paul) a été attribué par le roi de Prusse Frédéric Guillaume IV, diplôme signé le , pour services rendus à la Principauté de NeuchâtelPhilippe-André Estoppey Éclépens aux racines de son Histoire "de l'époque carolingienne à l'aube du vingt et unième siècle" 814 – 2014 Mille deux cents ans au fil de l'histoire, Tome II.

Le Domaine du château d'Éclépens exploite l'une des premières parcelles viticoles attestées en SuisseSite du Château d'Éclépens et de son vignoble.

Le Château d'En Bas

Le Château d'En Bas (rue du Village 21) est un sobre et imposant édifice . En 1709, une très importante campagne de travaux menée par David-François de Gingins, à la fin de sa vie, change complètement l'image du château. Celui-ci double quasiment la superficie de la maison, construit un bel escalier au nord-est, et surélève vraisemblablement l'édifice, le couvrant d'une belle toiture à croupes. Rappelons qu’au Château d’En-Haut, l’escalier porte la date relativement contemporaine de 1699Catherine Schmutz Nicod, historienne des monuments, mars 2009. Le château d'En-Bas a été rebâti sur un château moyenâgeux dans lequel habitaient les co-seigneurs d’ÉclépensRic Berger dans La Contrée de Lausanne.

La chèvre surmontée d’une boule, de la fontaine du Château d'En Bas, porte la date de 1719 (10 ans après les grands travaux).

Le canal d'Entreroches passe également sur le territoire de la commune.

Archéologie