Javert est l'un des personnages du roman Les Misérables de Victor Hugo. Cet inspecteur de police est l'ennemi juré de l’ex-forçat Jean Valjean en rupture de ban, qu'il pourchasse sans trêve. Il se suicide quand il comprend que Jean Valjean est un homme bon qui a tout fait pour se racheter, regrettant de l’avoir traqué.

Biographie du personnage Tome I : Fantine Fils d’une tireuse de cartes, dont le mari est aux galères, Javert est né dans une prison. Son année de naissance n’est pas précisée par Victor Hugo, mais il pourrait être né entre 1775 et 1780 selon les recoupements faits grâce à l’indication de son âge à différents stades du romanÀ la page 31 de la section Une histoire qui date de l’étude collective universitaire Lire Les Misérables, Yves Gohin, par déduction, situe en 1820 l’affectation de l’inspecteur Javert à Montreuil en fonction du portrait dressé par Hugo (Tome I, Fantine, livre V : La descente, Chapitre 5. Vagues éclairs à l’horizon). C’est pourquoi Yves Gohin estime que Javert pourrait être né en 1775, ayant eu 40 ans plusieurs années avant d’être affecté à Montreuil. Cependant, lorsque Javert est démasqué et emprisonné par les insurgés sur la barricade le 5 juin 1832, on trouve sur lui sa carte d'identification sur laquelle est inscrit . On pourrait donc en déduire qu'il était né en 1780, mais rien ne prouve que cette carte ait été établie en 1832 (Tome IV, Livre XII : Corinthe, Chapitre 7. L'homme recruté rue des Billettes). Dans le doute, on peut écrire que Javert pourrait être né entre 1775 et 1780..

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Hugo complète ainsi le portrait de Javert : .

Javert ne vit que pour faire respecter les lois. Il a deux maximes auxquelles il n'admet pas d'exceptions : et Tome I, Livre V, Chapitre 5..

En 1820, il est affecté à Montreuil-sur-Mer. Il est le seul dans la ville à suspecter le respectable manufacturier M. Madeleine d'être l'ancien forçat Jean Valjean. Il remarque, outre la force exceptionnelle de M. Madeleine et sa ressemblance physique avec Valjean, son adresse au tir, et le fait qu’il traîne sa jambe droite (à laquelle étaient fixées les lourdes chaînes du bagne) et qu’il fait des recherches à Faverolles (lieu de naissance de Valjean). Ses soupçons se confirment lorsque, témoin de l’accident survenu au vieux charretier Fauchelevent, et voyant M. Madeleine s’apprêter à soulever avec son dos la charrette qui écrase le malheureux, il lui dit : Tome I, Livre V, Chapitre 6..

En 1821, lorsque M. Madeleine est nommé maire et . vignette|gauche|Fantine implorant Javert. Dessin d'Alphonse de Neuville, 1865. Un jour, au début de l’année 1823, Javert appréhende Fantine, une fille publique qu’il accuse, à tort, d’avoir troublé l’ordre public. M. Madeleine exige qu’il la remette en liberté. Javert, enragé et humilié, dénonce Madeleine comme étant Jean Valjean. Quelques jours plus tard, il reçoit une réponse lui disant qu’il était fou, car on a déjà arrêté Valjean à Arras. Javert, pensant avoir manqué de respect à un supérieur, demande à Valjean de le révoquer et lui explique l’histoire. Le même jour, il part pour Arras, pour témoigner dans l’affaire. Le lendemain, il reçoit l’ordre de la cour d’assises d’arrêter M. Madeleine qui a été identifié comme étant l’ancien forçat Jean Valjean, car il est venu se dénoncer au tribunal afin de disculper un innocent. Javert part à la recherche de Valjean et il le retrouve au chevet de Fantine dans l’infirmerie où Jean Valjean l’a fait hospitaliser, car elle en est au dernier stade de la phtisie pulmonaire. Valjean demande à Javert trois jours pour chercher l’enfant de Fantine, mais il le lui refuse. Impatient, Javert dit toute la vérité à Fantine ; l’émotion est si forte pour celle-ci qu’elle meurt sur le coup. Après avoir juré devant le lit de la morte de s’occuper de son enfant (ce que Javert ignore), Valjean est incarcéré dans la prison de Montreuil, mais réussit rapidement à s’en évader. Javert le recherche jusqu’à l’infirmerie où la sœur Simplice, qui veille Fantine, lui répond qu’elle n’a pas vu Valjean (alors qu’il se dissimule à deux pas). Javert, qui sait que cette religieuse considère le mensonge comme un péché, la croit et se retire.

Tome II : Cosette vignette|Javert sur les traces de Jean Valjean. Dessin d'Alphonse de Neuville, 1865. En poste à Paris où Javert a été affecté en 1824, il entend parler, dans le courant du mois de mars de la même année, , surnom que les pauvres d'un quartier ont donné à Valjean. Javert retrouve sa trace, mais Valjean, alerté, s'enfuit avec Cosette dans la nuit. Javert le pourchasse et il croit le tenir à sa merci, car Valjean s'est engagé dans un cul-de-sac, mais quand Javert y fait irruption, Valjean a disparu. Il surveille le quartier pendant plus d'un mois, sans résultat.

Tome III : Marius Nous ne rencontrons Javert que quelques années plus tard, en 1832, lorsque Marius, un étudiant parisien, vient le prévenir d'un guet-apens planifié par un certain « Jondrette » (alias Thénardier), dans la masure Gorbeau où Marius est le voisin de ce Jondrette et de sa famille. Javert réussit à arrêter les Jondrette ainsi que la bande Patron-Minette, de dangereux bandits qui participaient au guet-apens, mais quand il se tourne vers la victime, celle-ci a disparu.

Tome IV : L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis Le , une insurrection éclate lors des funérailles du Général Lamarque. Javert se déguise en révolutionnaire pour espionner les insurgés, mais il est démasqué par le petit Gavroche. Quand on lui dit qu'il sera exécuté dix minutes avant que la barricade tombe, sa seule réponse est : On le lie à un poteau auquel il reste attaché toute la nuit.

Tome V : Jean Valjean Le lendemain, Javert voit apparaître un homme qu'il connaît bien : c'est Valjean. Celui-ci demande à Enjolras, chef des insurgés, la faveur d'exécuter Javert, ce à quoi celui-ci consent. Mais Valjean ne tue pas Javert, il le libère après lui avoir communiqué le nom sous lequel il vit ainsi que son adresse. À partir de ce moment, on remarque un important changement chez Javert, car, avant de partir, il dit à Valjean : Tome V, Livre I, chapitre 19.. Hugo écrit : vignette|gauche|Jean Valjean et Marius inconscient devant Javert.Dessin d'Alphonse de Neuville, 1866. Par la suite, après avoir fait son rapport au préfet de police, Javert poursuit Thénardier qui s'est évadé de prison. Mais celui-ci lui échappe en pénétrant dans les égouts dont il possède la clé d'un accès. Javert se poste devant la porte grillagée des égouts et c'est Valjean qui en sort portant sur ses épaules Marius blessé et inconscient. Valjean demande à Javert de pouvoir transporter Marius chez sa famille. Javert acquiesce, de la même façon qu'il consent à ce que Valjean aille faire ses adieux à Cosette. Javert accompagne Valjean jusqu'à sa demeure, mais au lieu d'attendre son retour comme convenu, il s'en va.

vignette|Javert se suicide. Illustration de François Flameng, . Il se rend dans un bureau de police. Il y écrit une lettre au préfet de police dans laquelle il liste plusieurs défauts dans les prisons. Plus tard, cette lettre sera tenue comme une preuve de démence. Javert est confronté pour la première fois de sa vie à un dilemme : le crime de laisser le récidiviste Valjean en liberté et le crime d'arrêter celui qui lui paraît s'être racheté à ses yeux de policier réputé pour son inflexibilité...

Javert est abasourdi par ce qu'il vient de faire : il a laissé en liberté un homme qui a franchi la loi, celui qu'il traquait sans relâche depuis des années. Cela remet en cause toutes ses convictions. Toute sa vie, Javert a pensé que lorsqu'un homme devient un criminel, c'est pour toujours et qu'il n'existe pas de réhabilitation : il avait pris la loi pour un droit divin. Valjean, en lui montrant que la pitié, la clémence et la réhabilitation peuvent exister, a brisé tout ce en quoi il avait toujours cru. Il n'a jamais vu qu'un seul droit chemin et, maintenant, il en voit deux directement opposés. Désespéré, le vers 1 heure du matin, Javert se précipite du haut du pont Notre-Dame dans la Seine où il se noieTome V, Livre IV : Javert déraillé — .. On retrouve son corps le lendemain, pris sous un bateau.

Portrait et personnalité de Javert vignette|Illustration de Gustave Brion, 1862. Selon Claudine Cohen, Victor Hugo s'inspire vraisemblablement des conceptions de Johann Kaspar Lavater relatives à la physiognomonie pour décrire les traits d'un visage en recourant parfois à des comparaisons animales. Javert est ainsi dépeint , en somme une .

Description de son portrait dans le tome I. Fantine – Livre cinquième : La descendante – Chapitre 5. Vagues éclairs à l’horizon :

Description de sa personnalité (toujours dans le même chapitre) :

Plus tard Hugo décrit de nouveau sa personnalité dans le tome V. Jean Valjean – Livre troisième : la boue, mais l'âme – Chapitre 9. Marius fait l'effet d'être mort à quelqu'un qui s'y connaît :

La fin de ce chapitre décrit Javert comme une STATUE qui arrête le SPECTRE, c'est-à-dire Jean Valjean.

Citations Tome I, Livre V, Chapitre 5, vagues éclairs à l'horizon Tome I, Livre VI, Chapitre 2, comment Jean peut devenir Champs Tome I, Livre VIII, Chapitre 4, l'autorité reprend ses droits Tome III, Livre VIII, Chapitre 21, on devrait toujours commencer par arrêter les victimes Tome IV, Livre XII, Chapitre 7, l'homme recruté rue des Billettes Tome V, Livre I, Chapitre 6, Marius hagard, Javert laconique Tome V, Livre I, Chapitre 19, Jean Valjean se venge

En littérature étrangère L'écrivain russe Fiodor Dostoïevski, qui admirait beaucoup Victor Hugo, a repris la figure de Javert pour composer certains aspects du personnage de Pavel Smerdiakov dans le roman Les Frères Karamazov.

Au cinéma et à la télévision vignette|Henri Étiévant interprétant Javert dans Les Misérables, film réalisé par Albert Capellani. Javert a notamment été incarné au cinéma et à la télévision par : Henri Étiévant, 1913, version d'Albert Capellani Hardee Kirkland, 1917, version de Frank Lloyd Jean Toulout, 1925, version d'Henri Fescourt Charles Vanel, 1934, version de Raymond Bernard Charles Laughton, 1935, version de Richard Boleslawski Hans Hinrich, 1947, version de Riccardo Freda Robert Newton, 1952, version de Lewis Milestone Bernard Blier, 1958, version de Jean-Paul Le Chanois Marcel Bozzuffi, 1961, version TV d’Alain Boudet Bernard Fresson, 1972, version TV de Marcel Bluwal Anthony Perkins, 1978, version de Glenn Jordan Michel Bouquet, 1982, version de Robert Hossein Jean-Claude Montalban (voix), 1992, version animée de Thibaut Chatel Geoffrey Rush, 1998, version de Bille August John Malkovich, 2000, version TV de Josée Dayan Russell Crowe, 2012, version de Tom Hooper David Oyelowo, 2018, version TV d'Andrew Davies (BBC) Tahar Rahim, 2026, film de Les Misérables de Fred Cavayé

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . , présentation en ligne. . . . . . . . . .

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Liens externes

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