vignette|droite| (« La propriété, c'est le vol ! ») selon George Carlin.
La propriété, c'est le vol ! est une phrase inspirée de l'ouvrage Qu'est-ce que la propriété ? (1840) du philosophe anarchiste français Pierre-Joseph Proudhon. Il est possible qu'elle ait été créée par Jacques Pierre Brissot dans ses Recherches philosophiques sur le droit de propriété et le vol dès 1780, mais Proudhon affirme ne pas avoir lu son livre avant d'utiliser la formule.
Historique Premières utilisations de l'expression Ambroise de Milan écrit que .
En 1780, Jacques Pierre Brissot écrit dans ses Recherches philosophiques sur le droit de propriété et le vol que . Son ouvrage a pour objectif de plaider pour plus de clémence envers les personnes ayant volé des biens pour subvenir à leurs besoins primaires, mais ne parle pas d'une répartition des richesses en dehors de ce cas de survie.
En 1797, dans Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice, Donatien Alphonse François de Sade affirme que le droit de propriété contre le vol « n’est lui-même originairement qu’un vol » et qu’il ne peut y avoir « aucune propriété légitiment établie ».
Pierre-Joseph Proudhon En 1840, Proudhon publie Qu'est-ce que la propriété ? ou Recherche sur le principe du Droit et du Gouvernement où il défend l'idée que .Par « propriété », Proudhon fait référence à un concept relatif à la propriété foncière qui trouve son origine dans le droit romain : le droit souverain de propriété à condition qu'il se soumette en fin de compte au titre sanctionné par l'État, soutenant donc le droit de possession tout en critiquant le droit de propriété. Proudhon oppose le droit de propriété aux droits, eux vus comme valables, de liberté, d'égalité et de sécurité.
Pour Proudhon, la seule source légitime de la propriété est le travail. Ce que chacun produit est sa propriété et celle de nul autre. Considéré comme un socialiste libertaireEncyclopædia Britannica : Pierre-Joseph Proudhon, libertarian socialist., Proudhon refuse la possession capitaliste des moyens de production. De même, il rejette la possession des produits du travail par la société, estimant que « la propriété du produit, quand même elle serait accordée, n'emporte pas la propriété de l'instrument […]. Le droit au produit est exclusif, jus in re ; le droit à l'instrument est commun, jus ad rem. ». Pour Proudhon, seule la propriété coopérative, gérée en autogestion par les producteurs librement associés, permet le développement des individualités : c'est le mutuellisme.
En 1866, dans Théorie de la propriété, il affirme que « la propriété, c'est la liberté », rappelant qu'il désignait à l'origine seulement ceux qui tirent un revenu du travail des autres, sans travailler eux-mêmes. Pour lui, la propriété est la seule force qui puisse servir de contre-poids à l'ÉtatFrederick Copleston, Social Philosophy in France, A History of Philosophy, Volume IX, Image/Doubleday, 1994, p. 67.
Postérité Réutilisation En 1909, James Connolly qualifie le socialisme de James Connolly, Socialism Made Easy, 1909..
Analyses En 1844, Max Stirner écrit L'Unique et sa propriété, où il juge la proposition de Proudhon comme contradictoire, disant que l'idée même de vol présuppose toujours l'existence du concept de la propriété.
En 1865, Karl Marx écrit à un contemporain que Proudhon a utilisé la formule de Brissot dans son livreKarl Marx, "Letter to J. B. Schweizer", from Marx Engels Selected Works, Volume 2, first published in Der Social-Demokrat, Nos. 16, 17 and 18, February 1, 3 and 5, 1865. La même année, il reprend la critique de Stirner en accusant Proudhon de ne pas comprendre ses propres fantasmes sur la propriété bourgeoise.
Alfred Sudre cite lui aussi Brissot dans les termes . L'auteur Robert Hoffman estime en 1972 que ces propos de Marx et Sudre servent surtout à attaquer la crédibilité de Proudhon.
En 2024, la philosophe Catherine Malabou publie Il n'y a pas eu de révolution : Réflexions anarchistes sur la propriété et la condition servile en France où, en proposant une relecture moderne de l'ouvrage Qu'est-ce que la propriété ? paru en 1840, elle soutient que « l’exclusion persistante de la capacité à transmettre a reconduit le privilège de l’héritage »Octave Larmagnac-Matheron, Catherine Malabou : “En 1789, le régime de propriété privée a réinstitué ce qu’il prétendait mettre à bas : la servitude”, Philosophie Magazine, 12 avril 2024, .
Références
Voir aussi Articles connexes Propriété
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