Paco Ibáñez, né le à Valence (Espagne), est un chanteur espagnol, engagé et libertaire.
Frère cadet de l'acteur et scénariste Roger Ibáñez, il a notamment interprété les chansons de Georges Brassens en espagnol, traduites par Pierre Pascal.
Biographie Son père Manuel Ibáñez, originaire de Valence, est ébéniste et sympathisant anarchiste. Paco Ibáñez passe sa petite enfance à Barcelone, puis la famille est obligée de se réfugier en France pendant la Guerre d'Espagne en 1937. La mère part avec les enfants de Barcelone, le père quitte l'Espagne avec les derniers résistants à l'hiver 1939, en passant par le Camp de concentration d'Argelès-sur-Mercamps et celui de Saint-Cyprien. L'année suivante, Paco est envoyé dans la ferme de sa mère à Apakintza, dans la commune d'Aduna, à quelques kilomètres de Saint-Sébastien, où il vit jusqu'à l'âge de 14 ans, où il s'imprègne de la langue basque.
La mère, Josefa Gorostidi, d'origine basque, et les quatre enfants retournent au Pays basque espagnol, où ils se cachent dans la famille. En 1948, ils passent clandestinement la frontière pour retrouver le père à Perpignan. En 1951, Paco Ibáñez, à qui le père a fait apprendre la musique, se rend à Paris. Il rencontre la chanteuse Carmela (Carmen Requeta) qu’il accompagnera à la guitare pendant huit ans. En effet, il étudie la guitare depuis 1952, il assiste aux cours de la Schola Cantorum, qu'il continue avec le guitariste classique Andrés Segovia. Il participe à un trio de musique sud-américaine avec Jesús Rafael Soto et Carlos Cáceres Sobrea. Ils sont, de 1954 à 1961, des habitués des cabarets parisiens du Quartier latin l'Escale et le Chat qui pêche.
En 1958, Salvador Dalí écoute une maquette de disque de Paco Ibáñez avec quelques chansons de Federico García Lorca et Luis de Góngora. Les deux artistes font connaissance, le peintre dessine la pochette du disque. Paco Ibáñez entre ainsi en relation étroite, non seulement avec le monde de la poésie et de la littérature en général, mais aussi avec celui des arts plastiques.
En 1964 Ibáñez enregistre son disque mais le succès viendra plus tard.
En 1966, il fonde, avec des activistes culturels parisiens, La Carraca où l'on présente des spectacles en langue espagnole (représentations théâtrales, expositions de peinture, colloques littéraires, manifestations culturelles et projections cinématographiques) ; le chanteur catalan Joan Manuel Serrat y fait sa première apparition en France. À cette époque, la maison des Ibáñez à Paris est un lieu de passage et d'accueil de nombreux artistes, hommes politiques et intellectuels espagnols qui passent par la capitale, qui s'y exilent ou ne font que des escapades pour respirer « un air frais ».
En , Paco Ibáñez donne son premier concert officiel en Espagne, à Manresa, mais il s'est déjà produit plusieurs fois à Cadaqués de façon plus ou moins clandestine grâce à la proximité géographique de la frontière française. À partir de ce moment, son activité s'étend à diverses universités. Il parvient même à chanter (Andalous de Jaén) du poète Miguel Hernández, à la télévision espagnole (TVE). Juste après, il s'installe à Barcelone où son amitié avec le poète José Agustín Goytisolo se transforme en une intime collaboration.
En , dans une émission de la télévision française réalisée en direct par Raoul Sangla, il présente son disque ainsi que le peintre Ortega, auteur des illustrations de la pochette, et chante (La poésie est une arme chargée de futur), de Gabriel Celaya, et (Ballade de celui qui ne connut jamais Grenade) de Rafael Alberti.
Le succès vient dans les années 1968–1969. En , pour fêter les événements de mai 68, il chante dans la cour de la Sorbonne et devient un symbole de la lutte des étudiants.
En , à l’Olympia, il chante pour la première fois en public , traduction espagnole de La Mauvaise Réputation de Brassens, interdite en Espagne en 1971. Il quitte l'Espagne en 1971, et en 1973, il lui est interdit de chanter dans son pays natal.
En 1990, il retourne en Espagne et vit à Barcelone depuis 1994.
Paco Ibáñez a refusé, à deux reprises, la décoration de Chevalier des Arts et des Lettres proposée par le ministre de la Culture Jack Lang.
En 2004, il milite contre José María Aznar qu’il considère comme un fasciste, et le digne successeur de Franco.
En , Paco Ibáñez et Lucien Gourong, conteur et écrivain de Bretagne, qui se sont liés d'amitié en 1975, organisent une grande soirée à l'Océanis de Ploemeur (Morbihan) en hommage aux républicains espagnols forcés de travailler sous les ordres des Allemands aux fortifications du mur de l'Atlantique et à l'édification des bases de sous-marins, dont celle de Lorient.
Le , il donne un concert dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne pour le centenaire de l'Institut hispanique.
vignette|319x319px|Divers membres du groupe Ez Dok Amairu posant aux côtés du chanteur Atahualpa Yupanqui ( en partant de gauche) : José Antón Artze ( par la gauche), Benito Lertxundi (), Mikel Laboa (), José Ángel Irigarai (), Xabier Lete (à genoux, en partant de gauche) et Lourdes Iriondo. Le dernier à droite est Paco Ibáñez.
Lien avec le Pays basque Sa mère basque et la période de son enfance passée dans la ferme natale de sa mère ont incité Ibañez à entretenir une relation intense avec des artistes et intellectuels basques tels que Imanol Larzabal, Xabier Lete, Jorge Oteiza et Bernardo Atxaga, et à participer également au mouvement Ez Dok Amairu.
Il a chanté et enregistré en langue basque, comme l'album Oroitzen (1999), un enregistrement réalisé avec Imanol Larzabal.
Œuvre Paco Ibáñez n’a jamais écrit les textes de ses chansons mais a mis en musique des textes de grands poètes espagnols ou latino-américains du comme :
et des poètes anciens comme : Juan Ruiz (Archiprêtre de Hita, ) Luis de Gongora (1561 – 1627) Jorge Manrique (1440 – 1479) Francisco de Quevedo y Villegas (1580 – 1645)
En 2002, sort un disque composé uniquement de poèmes de José Agustín GoytisoloIbanez chante Goytisolo, ladepeche.fr, 03/03/2004 (Consulté le 27/11/2020) : .
Il a aussi interprété en espagnol les chansons de Brassens traduites par Pierre Pascal. Georges Brassens (1921 – 1981) :
Discographie
Filmographie 1986, François Simon : la présence, d'Ana Simon et Louis Mouchet
Notes et références
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