vignette|Hiéroglyphes d'Abydos interprétés comme aéronefs et véhicules modernes, en opposition au consensus scientifique sur leur explication. vignette|Peintures du Val Camonica (Italie, ) figurant des divinités, ou des figures mythologiques, interprétées comme visiteurs extraterrestres avec leurs casques par les tenants de la théorie des anciens astronautes. vignette|Dogū de la période Jōmon ( à , Japon). Des partisans de la théorie des anciens astronautes voient en ces statuettes la représentation de visiteurs d'un autre monde munis de combinaisons spatiales. La théorie des anciens astronautes (TAA, ou astroarchéologie) est une théorie ufologique pseudo-historique selon laquelle plusieurs anciennes civilisations terrestres auraient été en contact avec des « visiteurs » extraterrestres venus apporter quelques savoirs dans les domaines de l'écriture, de l'architecture, de l'agriculture, des mathématiques, de l'astronomie et de la médecine. Ces « êtres » hypothétiques, détenteurs d'une technologie supérieure à celle de l'Homme à ces époques, seraient devenus, au fil des siècles, des « dieux », ces êtres supranaturels dont parlent les anciennes mythologies et dont l'archéologie met les cultes en évidence.

La théorie s'appuie sur une interprétation littérale de textes religieux ou de découvertes insolites comme les lignes de Nazca, ou encore de faux artéfacts comme les crânes de cristal.

Terminologie La dénomination « Anciens astronautes » provient de l'ouvrage de Jacques Bergier et Georges H. Gallet publié en 1977, Le Livre des anciens astronautesLe Livre des anciens astronautes, Albin Michel, collection Les Chemins de l'Impossible, 1977 (les Américains producteurs de l'émission Alien Theory et von Däniken n'ont jamais déposé de copyright ou d'appellation d'origine contrôlée pour ce terme). (et les concepts du cosmisme ou du père Pierre Teilhard de Chardin furent en leur temps évoqués dans la revue Planète).

La théorie est qualifiée de « néo-évhémérisme » par le sociologue Jean-Bruno Renard en 1980..

Origines Selon Jason Colavito, l'écrivain de science-fiction américain Howard Phillips Lovecraft est à l'origine de la diffusion de la théorie des anciens astronautes dans la culture populaire tout au long du . Par le biais de ses récits fictionnels dépeignant des entités extraterrestres — assimilées parfois à des anciens dieux ou démons — descendues sur Terre en des temps infiniment lointains (L'Appel de Cthulhu, Les Montagnes hallucinées), Lovecraft aurait eu une influence déterminante sur Louis Pauwels et Jacques Bergier, lesquels ont largement contribué à lancer le thème des anciens astronautes en France Jason Colavito, Charioteer of the Gods, sur le site Lost Civilizations Uncovered (publication initiale : Skeptic, 10.4, 2004..

La théorie est souvent attribuée à Erich von Däniken mais, si ce dernier l'a amplement popularisée en 1968 avec Erinnerungen an die Zukunft (titre français : Présence des extraterrestres, 1969 ; titre anglais : Chariots of the Gods. Unsolved Mysteries of the Past, 1968), elle reprend de nombreux éléments déjà présents dans les doctrines théosophiques publiées par Helena Blavatsky dans les années 1880, ainsi que d'autres publiés par Louis Pauwels et Jacques Bergier dans Le Matin des magiciens, introduction au réalisme fantastique (Gallimard, 1960), par Robert Charroux dans Histoire inconnue des hommes depuis cent mille ans (Robert Laffont, 1962) et par Jean Sendy dans Ces Dieux qui firent le Ciel et la Terre, Le Roman de la Bible (Robert Laffont, 1969), (précédé par La Lune clé de la Bible en 1965). Sans compter de nombreux textes littéraires relevant de la science-fiction, comme À l'aube de l'histoire ou La Sentinelle, publiés par Arthur C. Clarke en 1951 et 1953 ., ou des récits d'avant-guerre tels ceux de l'américain Charles Hoy Fort, ou du français Henri Lhote (pétroglyphes sahariens).

Fondements de la théorie La théorie repose sur les affirmations et interprétations suivantes : les civilisations antiques (égyptienne, maya, andines...) n'auraient pas possédé les connaissances nécessaires pour réaliser certaines de leurs constructions colossales (ruines de Nan Madol, de Pumapunku, murs en dents de scie de Saqsaywaman, Baalbek et sa pierre de la femme enceinte de 1200 tonnes ou son trilithon de 800 tonnes dans le soubassement du Temple de Jupiter, statues de l’île de PâquesFrancis Mazière, Fantastique île de Pâques, Robert Laffont, 1965., géoglyphes de Nazca...) ou complexes (artéfacts des billes de Klerksdorp, du coin de Aiud en aluminium, les sphères mégalithiques du Costa Rica, la machine d'Anticythère, les bijoux-avions en or des QuimbayasDevenus un pin's emblématique des auteurs du magazine Legendary Times de Giorgio Tsoukalos., les piles électriques en cuivre de Bagdad…) ; des éléments donneraient des indices d'une présence extraterrestre : certains personnages présents sur des fresques anciennes représenteraient des astronautes (dogū au Japon, pétroglyphes indiens d'Amérique du Nord ou au Tassili des Adjers, d'autres éléments représenteraient des ovnis ou des « pistes d'atterrissage » . Voir également les crânes allongés des Paracas sans suture sagittale ; des êtres extraterrestres auraient influencé le développement des civilisations sur Terre, en enseignant aux hommes l'agriculture, l'écriture, les mathématiques ; voire en altérant l'ADN humain pour favoriser l'évolution vers une espèce plus intelligente. On rejoint ici la théorie du dessein intelligent extraterrestre, que l'on retrouve dans le mouvement raëlien avec les Elohim, ou chez Jean Sendy ou encore Roger Vigneron, selon lesquels la Bible évoque le peuple des Élus (Elohim terme hébreu présent dans l'Ancien Testament, qui signifie « ceux qui viennent des cieuxElohim de Roger Vigneron. ») venus sur Terre dans leurs roues de lumière (Weidorjes)Ces Dieux qui firent le Ciel et la Terre. ; les peuplades primitives, dépassées par le savoir de ces « visiteurs » nettement plus avancés, auraient considéré que ceux-ci étaient des dieux.

Démystification vignette|Bas-relief de la dalle scellant le sarcophage de K'inich Janaab' Pakal Ier dans le « Temple des Inscriptions » de Palenque (représentant prétendument un humain dans un aéronef). Pour la communauté scientifique, la théorie des anciens astronautes n'a aucun fondement et ne repose que sur un amalgame de prétendus mystères historiques ou préhistoriques. Les éléments archéologiques réputés inexpliqués ont aussi une explication rationnelle déjà exposée par les archéologues.

Ainsi, Jean-Pierre Adam, dans L'archéologie devant l'imposture (1975), démontre que la construction de la grande pyramide repose non pas sur un savoir étranger à l'espèce humaine, mais bien sur les techniques de l'époqueJean-Pierre Adam, L'archéologie devant l'imposture, éditions Robert Laffont, 1975, 267 p., .. La récente découverte de comptes de campagne, datant de Chéops, a abondé dans le sens de l'origine uniquement humaine de la pyramide.

La fabrication des géoglyphes de Nazca s'explique par des procédés strictement humainsNazca et ses mystères, dossier de zététique., consistant en un simple déplacement des cailloux de surface et l'emploi des techniques d'arpentage ; l'absence de précipitations permet d'expliquer leur longévité.

La machine d'Anticythère s'est révélée être un planétarium remarquablement complexe, mais fondé sur un modèle géocentrique (le Soleil et les planètes tournant autour de la Terre), erreur que d'anciens astronautes n'auraient pu faire.

Les statues de l'Île de Pâques paraissent intransportables en l'absence d'arbres, mais les études palynologiques ont révélé qu'autrefois, l'île en abritait plusieurs espèces en assez grand nombre.

Ainsi l'interprétation de certains faits à laquelle se sont livrés les auteurs de la théorie dans les années 1960 ne résiste pas aux progrès de l'archéologie (datations au carbone 14, par exemple) et d'autres sciences, comme la géophysique (dérive des continents pour contester un pseudo continent effondré dans l'Atlantique au large des colonnes d'Hercule, etc.).

Retombées vignette|Sculpté en 1992, lors d'une restauration, l'astronaute en apesanteur de la porte de Ramos, à la cathédrale de Salamanque, est une œuvre de type OOPArt.. La théorie a eu un fort retentissement médiatique. Si elle n'a jamais été sérieusement considérée comme une théorie scientifique par les historiens ou les archéologues, elle a donné lieu à de nombreuses retombées : journalistiques : notamment sur Erich von Däniken (1968), influencé par Robert Charroux et Jean Sendy (1963) ; sceptiques : les éléments archéologiques présentés comme inexpliqués ont le plus souvent une explication rationnelle, et les archéologues se sont employés à réfuter ces prétendues intervention d'extraterrestres. Mais les mythes ont la vie dure. sculpturales : sur un montant de la porte de Ramos, à la nouvelle cathédrale de Salamanque (), on reconnaît un astronaute en apesanteur, œuvre du tailleur de pierre Miguel Romero lors de la restauration de 1992 Laura Sanz Cruzado, Un astronauta en la catedral, diariodenavarra, : ..

Représentations hypothétiques d'engins volants et d'extraterrestres du passé

Préhistoire et Antiquité

D'après certains auteurs, par exemple Robert Charroux, dans Histoire inconnue des hommes depuis cent mille ans (Robert Laffont, 1963), ou encore Guy Tarade, dans Les Archives du savoir perdu. Les Énigmes de l'univers (Robert Laffont, 1972), des représentations étranges visibles dans quelques grottes ornées, telles celle d'Altamira en Espagne ou celle de Cougnac en France, seraient des représentations d’ovnisOvni dans l'art et l'histoire.. De même, des statuettes ou des peintures (comme les fresques du Tassili, en Algérie) ressembleraient étrangement à certaines représentations d'extraterrestres du , preuve, selon certains courants ufologiques, de l'ancienneté du phénomène.

Certaines de ces apparitions étranges peuvent avoir été des phénomènes astronomiques (comme des comètes ou des météores) ou optiques atmosphériques. L'analyse de ces faits passés est dénommée couramment rétro-ufologie. En voici quelques exemples :

une description remontant au règne du pharaon Thoutmôsis III vers 1450 fait état de multiples « cercles de feu plus brillants que le Soleil » d'environ d'envergure, qui seraient apparus durant de nombreux jours. Ils ont finalement disparu après « être montés haut dans le cielJournal du professeur Alberto Tulli, ancien directeur de la section « Égypte » du musée du Vatican. » ; dans la Bible, le prophète Ézéchiel décrit une vision qu'on appelle le char divin : quatre êtres, munis chacun de quatre ailes, pilotent des sortes de roues flamboyantes, capables de se déplacer comme l'éclair, changeant de direction brusquement, sans se retourner ; leurs jantes sont garnies d'yeux tout autour (comme des hublots ?) ; au-dessus de leurs têtes, quelque chose comme des dômes de cristalEzéchiel, ch. 1, versets 4 à 28. Ces êtres évoquent les quatre Chérubins, qui supportent le trône de Dieu.. l'auteur romain Julius Obsequens écrit, en 99 , que « dans Tarquinia, pendant le coucher du Soleil, un objet rond comme un globe a pris son chemin dans le ciel d'ouest en estJulius Obsequens, Liber de prodigiis. ».

Moyen Âge et Renaissance vignette|Spectacle céleste de Bâle en 1566, feuillet imprimé, Samuel Apiarius et Samuel Coccius. À ces époques, il est surtout question de phénomènes occultes, chez des théoriciens comme Agrippa de Netessheim ou Paracelse. L'influence de la religion est réelle puisque les phénomènes célestes sont considérés comme des avertissements divins ou des expressions maléfiques imputables aux sorciers et sorcières :