vignette|180px|Le ruban rose, le symbole pour la conscience du cancer du sein. Le cancer du sein est un cancer de la glande mammaire, dont la fonction est de sécréter le lait. Plus précisément, la maladie naît dans les unités cellulaires appelées unités ductolobulaires du sein. Bien qu'il touche essentiellement la femme, ce cancer peut aussi concerner l'homme. Huit cancers du sein sur dix se déclarent après l'âge de .

Environ de nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiqués dans le monde en 2022. En France, ce cancer a concerné environ en 2023, en faisant le cancer le plus fréquent chez les femmes...

Une femme sur huit recevra un diagnostic de cancer du sein au cours de sa vieAndré Cicolella, Cancer du sein. En finir avec l’épidémie, éditions Les Petits matins, 2016.. Le traitement du cancer du sein s'est considérablement amélioré au fil des ans et a conduit à davantage de cas de rémission.

On estime que 5 à 10 % des cancers du sein ont une origine génétique héréditaire, alors que 85 à 90 % des cas (forme dite sporadique ou non héréditaire) ont des origines environnementales ou inconnues. Les facteurs de risque incluent :

la prise d'hormones, soit les œstrogènes et la progestérone contenues dans les contraceptifs ou les traitements contre la ménopause ; la consommation d'alcool, de sucre, de produits laitiers et de graisses hydrogénées ; l'obésité ; le manque d'activité physique.

Une première grossesse tardive et l'absence d'allaitement favoriseraient aussi ce cancer.

Le traitement se base sur les récepteurs présents ou pas à la surface des cellules cancéreuses. Les traitements standards comprennent la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie, l'immunothérapie et l'hormonothérapie.

Épidémiologie Le risque de développer un cancer du sein augmente de façon significative avec l'âge, notamment entre 30 et ; il est ensuite homogène entre 60 et . L'âge moyen du diagnostic est de .

Il existe certains facteurs génétiques prédisposants à ce cancer, ainsi que des facteurs hormonaux.

L'incidence du cancer du sein augmente régulièrement : entre 1990 et 2018, le nombre annuel de nouveaux cas de cancer du sein chez la femme a presque doublé, passant de à par année, soit +1,1 % par an en moyenne ; entre 2010 et 2023, la progression a été plus faible, soit +0,3 % par an..

En 2002, près de de nouveaux cas ont été diagnostiqués et plus de en sont décédées. L'incidence semble augmenter régulièrement avec plus de de nouveaux cas en 2010 et ..

En 2022, de cas féminins et environ sont mortes d'un cancer du sein. La moitié des cancers du sein surviennent chez des femmes n'ayant aucun facteur de risque particulier. Toujours en 2022, le cancer du sein était le premier cancer chez la femme dans sur 185. Entre et des cancers du sein surviennent chez l'homme.

La fréquence des examens histologiques concluant à un « cancer » du sein dépend surtout de l'intensité du dépistage (par exemple lors d'un surdiagnostic). La mortalité décroît sensiblement depuis les années 1990 dans les pays développés. Elle continue à croître dans les autres pays.

France La France fait partie des pays où l'incidence du cancer du sein est très élevée sur un plan mondial.., et où le taux d'incidence de cancer du sein a augmenté le plus vite (+2,4 pour par an) sur la période 1980-2005, avec une baisse de ce taux entre 2000 et 2005 (+2,1 pour par an)..

Une femme sur huit est touchée par le cancer du sein en France.. Il représente plus d'un nouveau cas de cancer sur trois (36,7 % en 2008) sur l'ensemble des nouveaux cancers, chez la femmeInstitut national du cancer, Cancer du sein, mise à jour avril 2008.. En 2023, le nombre de cancers du sein diagnostiqués était de . L'âge médian du diagnostic est de . Moins de 10 % des cancers du sein surviennent avant , 25 % surviennent avant , près de la moitié avant . Presque 10 % des femmes développent un cancer du sein. 75 % des nouveaux cas dépistés concernent des femmes de plus de et ce nombre est en augmentation constante : en 1995, en 2001. On recense en 2018, nombre en baisse de 1,6 % par an entre 2010 et 2018. L'âge médian au moment du décès est de . La taux de survie net standardisé sur l’âge à en 2018 est de 87 % (stable) ; à , de 76 %*. La prévalence (nombre total de cas estimé) est estimée à en 2017.

Ce cancer fait partie de l'un des trois cancers pour lesquels la survie a augmenté puisque le taux de survie est passé de 80 % à 87 % au début des années 2000 selon un rapport conjoint de l'Institut de veille sanitaire, du réseau FRANCIM des registres des cancers, de l'Institut national du cancer et des Hôpitaux de Lyon..

Europe En 2020, le cancer du sein est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes dans tous les pays européens et la première cause de mortalité par cancer chez la femme dans la majorité des pays dans européens (60 %) et de l'Union européenne (52 %). Le risque cumulé d'un diagnostic de cancer du sein avant est de 8 % (1 femme sur 12) tandis que le risque de décès par cancer du sein avant est de 1,6 % (1 femme sur 61) en Europe. Des valeurs similaires ont été estimées pour l'Union européenne, où le cancer du sein était considéré comme le cancer le plus fréquemment diagnostiqué dans tous les groupes d'âge (35 % des cas chez les femmes de 0 à , 34 % des cas chez les 45 à et 23 % chez les femmes de ou plus) et la première cause de mortalité par cancer dans chaque tranche d'âge (respectivement 25 %, 19 %, 15 %)..

Il existe de grandes variations dans les taux d’incidence estimés du cancer du sein entre les pays européens (presque triples, de 71 à 194 pour ). Des taux d'incidence élevés ont été estimés pour les pays d'Europe occidentale , d'Europe du Nord et d'Europe du Sud . Les taux d'incidence sont considérablement plus faibles dans les pays d'Europe de l'Est et des Balkans, notamment en Bosnie-Herzégovine (86,3), en Moldavie (75,7), en Ukraine (72,1) et en Albanie (71).

Les taux de mortalité varient également de plus du double (de 20,6 à 50,9 pour ), les taux les plus élevés étant estimés dans certains pays d'Europe du Sud et de l'Est, comme la Serbie (50,9 pour ), le Monténégro (49,3), la Slovaquie (43,8) et Pologne (41,8). Les taux de mortalité les plus faibles (inférieurs à 25 pour ) se trouvent en Europe du Sud, notamment en Albanie (20,6) et en Espagne (23,8), ainsi qu'en Norvège (24,1).

Asie de l'Est Chine Chez les femmes en Chine, le cancer du sein est le plus fréquent et la première cause de décès par cancers. La mortalité par cancer du sein a augmenté au cours des dernières années. Les données des deuxième et troisième Enquêtes nationales par sondage rétrospective des causes de décès en Chine estiment que la mortalité liée au cancer du sein a augmenté entre 1990-1992 et 2004-2005 de 3,84 pour à 5,09 pour . En 2008, environ cas de cancer du sein ont été diagnostiqués, et il était le type le plus fréquemment diagnostiqué de cancer chez les femmes chinoises. Au cours de cette même année, la mortalité liée au cancer du sein était de 5,7 pour , ce qui a entraîné environ ..

Japon Selon une étude publiée en 2009, l'incidence des cancers du sein est historiquement beaucoup plus faible au Japon que dans les pays occidentaux ; entre 1998-2002 à Osaka on compte un taux de 32,0 pour , qui se compare à un taux de 105,6 pour caucasiennes à Hawaï et 107,5 pour japonaises à Hawaï. L'auteur note la consommation plus élevée des aliments à base de soja au Japon que dans les pays occidentaux et ses effets sur les taux de cancer du sein du pays..

Facteurs de risque Cancers sporadiques (non familiaux) 5 à 10 % des cancers du sein diagnostiqués sont des cancers du sein à prédispositions génétiquesWooster R, Weber BL. Breast and ovarian cancer. N Engl J Med 2003;348:2339-47.. Les cancers non familiaux constituent les 90 à 95 % restants. Un tiers de ces derniers, dans les pays occidentaux, pourraient être prévenus par un changement de mode de vieLoibl S, Poortmans P, Morrow M, Denkert C, Curigliano G, Breast cancer, Lancet, 2021;397:1750-1769.

Mécanismes possibles De nombreuses molécules ou cocktails de molécules semblent pouvoir déclencher ou favoriser le cancer du sein ; concernant les mécanismes en cause : une inhibition du système de réponse aux dommages de l'ADN pourrait être en cause dans la moitié des cancers du sein, notamment pour ceux qui sont suscités ou facilités par les hormones utilisées pour les traitements hormonaux de la ménopause ; une protéine (Akt1) est surexprimée dans 50 % des cancers du sein sporadiques ; elle pourrait donc prédisposer au cancer du sein et/ou être impliquée par d'autres processus (environnementaux et non génétiques). L'activation d’AKT1 entraîne effectivement l'inhibition par séquestration de la protéine BRCA1 dans le cytoplasme ; or, si cette protéine ne peut plus pénétrer et circuler dans le noyau, l'ADN n'est plus réparé (comme en l'absence de gène BRCA1 dans le cas de nombreux cancers héréditaires). AKT1 est aussi activée par les hormones suspectées de causer des cancers du sein (de manière chronique chez les femmes suivant un long traitement hormonal à base d'œstrogènes). Dans ce cas, le gène BRCA1 non muté peut être perturbé, avec comme conséquence un risque accru de cancer du seinIsabelle Plo, Corentin Laulier, Fabienne Lebrun, Laurent Gauthier, Fabien Calvo et Bernard Lopez, AKT1 inhibits homologous recombination by inducing cytoplasmic retention of BRCA1 and RAD51, Cancer Research, 15 novembre 2008. ; de même une autre protéine, la (CK2, enzyme importante pour la plasticité cellulaire épithéliale), semble en cause dans la progression de ces cancersCommuniqué/Recherche de l'Université Joseph-Fourier - Grenoble 1 ; [CK2 : un rôle important dans la progression des tumeurs mammaires] ; 10 mai 2012 ; l'altération de l'activité de cette protéine s'accompagne d'une transformation de cellules épithéliales en cellules cancéreuses (plus mobiles et source de métastases). Cette protéine semble normalement empêcher le mécanisme cellulaire dit Transition épithélio-mésenchymateuse » (EMT ; processus d'évolution des cellules épithéliales vers un état mésenchymateux et mobilité, accompagné d'une résistance à certains anticancéreux). Cette enzyme associe deux éléments : une « sous-unité catalytique » (CK2α) et d’une « sous-unité régulatrice » (CK2β). Un dysfonctionnement de la sous-unité CK2β, permettant l'EMT, semble en cause dans la production de métastases pour ce type de cancer.

Causes hormonales (hyperœstrogénémie) Le cancer du sein est souvent un cancer hormono-dépendant : les facteurs augmentant le taux d'œstrogènes sont donc à risque. Schématiquement, le risque de cancer du sein croît avec le nombre de cycles menstruels, qu'ils soient artificiels (pilule œstroprogestative) ou naturelsClavel-Chapelon F, Cumulative number of menstrual cycles and breast cancer risk: results from the E3N cohort study of French women, Cancer Causes and Control, 2002;13:831-838..