Le coq, animal familier qui sait se faire entendre, a trouvé une place importante dans de nombreuses religions et traditions. Symbole universel, les vertus qu'on prête à ces animaux, qualifiés de solaire, sont en effet innombrables. Porte-bonheur, prophète guérisseur, le coq incarne souvent le courage, l'intelligence, et on l'associe volontiers à la résurrection.

Un animal à forte personnalité On attribue au coq de nombreuses qualités en rapport avec ses caractéristiques physiques ou son comportement.

Un symbole de virilité

Sa démarche, le buste en avant, le fait passer pour fier. Parce qu'il a pour lui seul de nombreuses poules, on en a fait un symbole de virilité : il est d'usage de dire d'un homme qui cherche à séduire les femmes qu'il fait le coq.

Un symbole de bravoure : les combats de coq

Parce qu'il porte à ses pattes de dangereux ergots et qu'il ne rechigne pas à se battre dans des combats à mort, on a fait du coq un symbole de bravoure. Dans l'Antiquité grecque, le coq représentait le courage militaire. Les Romaines sacrifiaient un coq à Mars, le dieu de la guerre, chaque premier jour du mois qui porte son nom. La plume de coq noir était, en Chine, l'emblème du guerrier courageux et intrépide.

Dans le monde indien, le coq est associé au dieu de la guerre Karttikeya, dont l'iconographie comporte souvent l'oiseau à ses côtés ou en tant qu'emblème sur son drapeau (connu sous les noms de en sanskrit et de en tamoul, soit « Drapeau au coq » dans les deux langues).

Un symbole identitaire Monument aux morts d'Évaux-les-Bains (Creuse)|thumb|upright=0.7|right

le coq gaulois : symbole national de la France. Il figure notamment sur de nombreux monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. le coq de Barcelos : symbole de la ville de Barcelos et, par extension, emblème touristique du Portugal. le coq hardi (patte droite levée et bec clos) : emblème de la région wallonne et de la communauté française de Belgique. Ces couleurs rouge sur fond jaune prennent leur origine de la ville de Liège. Il est également utilisé par le mouvement wallon.

Signe astrologique chinois

Antiquité gréco-romaine et Gaule Dans l'antiquité gréco-romaine, le coq est d'abord associé à son chant matinal en faisant une figure solaire au statut divinatoire. À Rome, des augures spécifiques, les pullaires sont ainsi chargés de tirer des présages du comportement de coqs. En tant que messager des dieux, il est lié à Hermès/Mercure et en Gaule, à Lug par acculturation. Cette relation à Mercure a pu lui donner un aspect psychopompe au sens où il accompagne le passage de la mort à la vie.

Par son aspect combatif, on l'associe aussi au dieu de la guerre Arès/Mars, tandis que l'agressivité sexuelle que lui attribuent de nombreux auteurs antiques le fait exploiter dans des rites magiques en le rapprochant d'Eros.

Il devait en outre être l'offrande personnelle par excellence faisant qu'on le retrouve dans les cultes à mystères d'Isis, Cybèle ou Mithra, et sacrifié au dieu de la médecine Asclépios/Esculape pour obtenir des guérisons.

Un symbole religieux en tant qu'animal solaire

Le coq est universellement un symbole solaire parce que son chant annonce le lever du soleil, l'arrivée du jour si bien qu'on a pu croire que c'était lui qui le faisait naître. Cette tradition est explicite dans la pièce de théâtre le Chantecler d'Edmond Rostand (1910).

Symbolique chrétienne

Pour les chrétiens, le coq est l'emblème du Christ (on le retrouve dans la forme donnée aux lampes des potiers chrétiens de Grèce et de Rome et oiseau de résurrectionSandrine Restelli-Imbert, Marie-Christine Braillard, Hélène Cavalié, Des oiseaux… de la fin du Moyen Âge au , Digne-les-Bains, Musée départemental d’art religieux, 2011, catalogue de l’exposition Des oiseaux, cathédrale Saint-Jérôme de Digne-les-Bains et prieuré de Salagon, Mane, juillet 2011-avril 2012. . p. 29) et . On lui prête le pouvoir de chasser les démons.

Au Moyen Âge, le coq symbolise le prédicateur qui doit réveiller ceux qui sont endormis.

Le coq est aussi le symbole du reniement de saint Pierre (il est un attribut récurrent du saint) qui, selon l'Évangile, aurait renié Jésus trois fois avant que le coq chante deux fois. Par la suite, chaque chant du coq rappelle au saint sa trahison. Le coq, témoin de la trahison de Pierre, serait placé sur les clochers pour rappeler aux hommes leur faiblesse« Ils se saisirent de Jésus pour l’emmener et ils le firent entrer dans la maison du grand prêtre. Pierre suivait de loin. Ils avaient allumé un feu au milieu de la cour et ils s’étaient tous assis là. Pierre était parmi eux. Une servante le vit assis près du feu ; elle le dévisagea et dit : « Celui-là aussi était avec lui. » Mais il nia : « Femme, je ne le connais pas. » Peu après, un autre dit en le voyant : « Toi aussi, tu en fais partie. » Pierre répondit : « Non, je n’en suis pas. » Environ une heure plus tard, un autre insistait : « C’est sûr : celui-là était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen. » Pierre répondit : « Je ne vois pas ce que tu veux dire. » Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta. Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre ; et Pierre se rappela la parole que le Seigneur lui avait dit : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. » Il sortit et pleura amèrement. (Lc 22,54-62). Comme le Christ, il annonce l'arrivée du jour après la nuit, c'est-à-dire, symboliquement, celle du bien après le mal. Le coq-girouette du clocher, toujours face au vent, symboliserait ainsi le Christ rédempteur qui protège le chrétien des péchés et dangers. Toujours est-il que la tradition du coq de clocher est attestée au , puisque le plus ancien coq de clocher connu, qui se trouve à Brescia, en Italie, date de 820Rossana Prestini, "Vicende faustiniane", in AA.VV., "La chiesa e il monastero benedettino di San Faustino Maggiore in Brescia", Gruppo Banca Lombarda, La Scuola, Brescia 1999, p. 243Fedele Savio, "Gli antichi vescovi d'Italia. La Lombardia", Bergamo 1929, p. 188, et qu'une bulle pontificale du aurait imposé le coq sur les clochers en souvenir de saint Pierre.

Le coq de Saint Pierre

Le coq des clochers, girouettes

Dans la culture islamique. Il est comparé au muezzin, le religieux chargé d'appeler aux cinq prières quotidiennes de l'islam : comme lui, il réveille les croyants et les invite à la prière. Le muezzin remplit son devoir depuis une tour de la mosquée appelée minaret.

Un animal sacrifié dans les rites païens Symbole solaire adoré par de nombreuses civilisations, le coq est aussi l'objet de rituels sanglants. Rituels protecteurs

Les sacrifices d'animaux, en particulier de volailles, sont fort nombreux dans l'histoire de l'humanité. Ils ont pour but de s'attirer la faveur des dieux. Les Romains sacrifiaient des coqs aux dieux pour obtenir la protection de leur maison. Au , les marins de l'île de Ceylan, au sud de l'Inde, offraient des coqs au roi des vents pour s'assurer une navigation sans encombre. En Algérie, avaient lieu des sacrifices rituels de milliers coqs, le mercredi, dans le lieu-dit des Sept-Sources ou Sept-Fontaines, Seba-Aïoun, aux sept Djinns .Mentionné ici : et description précise de cette cérémonie et Revue de l'histoire des religions, Volumes 49-50 Par Paul Alphandéry, Les fontaines des génies (Seba Aioun): croyances soudanaises à Alger Par James B. Andrews et Seba Aïoun ALGÉRIE CONTEMPORAINE ILLUSTRÉE

Cadeau pédérastique Le coq s'associe au thème de l'enlèvement de Ganymède par Zeus.

Symbole de vie dans les rites vaudou Au Bénin où l'on pratique un culte appelé Vodoun, le coq est un symbole de vie. Selon la tradition, pour faire revenir à la vie quelqu'un qui est mort violemment, il convient de faire tournoyer un coq vivant par les pattes au-dessus de la dépouille. L'animal est ensuite sacrifié, et son foie est mangé cru. Ces rites ont traversé l'Atlantique avec les esclaves africains et survivent, en Haïti notamment, sous le nom de Vaudou.

Messager des dieux En Guinée-Bissau, au sud du Sénégal, le peuple des Bijogos se sert de poulets pour savoir si les étrangers sont les bienvenus. Leur roi ne peut décider seul d'accueillir un visiteur : il doit demander à l'esprit protecteur du village sa bienveillance. Pour cela, il saisit un poulet et lui tranche le cou d'un geste sûr. Quand le poulet s'immobilise, le roi verse les dernières gouttes de son sang sur une statuette représentant l'esprit protecteur. Une prêtresse l'aide à interpréter la réaction de l'esprit.

Un animal fabuleux et de légende

Chimères Le coq a donné naissance à des chimères, monstres à l'aspect composite.

Le basilic

Le basilic est un animal fabuleux qui a l'apparence d'un coq à queue de dragon ou d'un serpent aux ailes de coq. Pour le voir naître, il faut qu'un coq âgé de sept ans ponde un œuf, le dépose dans du fumier et le fasse couver par un crapaud ou une grenouille. La bête qui en sort, mi-coq, mi-reptile est redoutable : son regard ou son souffle suffit à tuer quiconque l'approche.

Le cocatrix

Un cocatrix est un animal fabuleux qui possèderait une tête de coq, des ailes de chauve-souris et un corps de serpent.

L'hippalectryon

L'hippalectryon est un animal fabuleux de l'antiquité grecque, qui possède l'avant d'un cheval et l'arrière d'un coq.

Contes et légendes

Le Roman de Renart L'un des personnages du Roman de Renart est un coq, nommé Chantecler, ou Chanteclerc.

Vidofnir Vidofnir est, dans la mythologie nordique, un coq perché au sommet de l'arbre Yggdrasil.

La légende de Saint-Tropez, en France

Caïus Silvius Torpetius, né à Pise, grand officier de la cour de Néron, fut séduit par les idéaux pacifistes. Converti par Saint Paul en l'an 68, il engendra la colère de l'empereur par son refus d'abjurer sa foi chrétienne. Il fut torturé, martyrisé et décapité à Pise et son corps jeté dans une barque sur l'Arno en compagnie d'un coq et d'un chien censés se nourrir du cadavre. Le courant Ligure ramena la barque jusqu'au rivage de l'actuel Saint-Tropez, autrefois appelé Héraclès. Les moines de l’Abbaye de Saint-Victor de Marseille, propriétaires au de la presqu'île, et de toutes les terres adjacentes, trouvèrent la barque, cachèrent le corps du saint martyr et élevèrent une chapelle qu'ils baptisèrent « Ecclesia Sancti Torpetis ». Torpes devint finalement Tropez. On raconte que le coq s'arrêta dans un champ de lin à quelques kilomètres de là et il se dit parfois (mais c'est une étymologie fantaisiste) que le « coq au lin » donna son nom au village de Cogolin. . La tête de Torpetius est encore conservée et vénérée à Pise.

Le coq de Barcelos, au Portugal