Quimerc'h ou , officiellement Quimerch, est une ancienne commune du Finistère, qui fusionne en 1965 avec Pont-de-Buis et Logonna-Quimerc'h pour créer la commune de Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h.
Albert Louppe y est conseiller municipal à partir de 1888 puis maire jusqu’à sa mort en 1927..
Géographie Le signal de Quimerc'h, à d'altitude, domine les régions avoisinantes, le bassin de Châteaulin et la baie de Douarnenez au sud-ouest, la rade de Brest au nord-ouest, ainsi que le plateau du Léon plus au nord. Les pentes, descendant vers l'ouest, sont marquées : le Vieux bourg à l'est est vers d'altitude, alors que le nouveau bourg, situé plus en aval, est vers d'altitude.
Le nouveau bourg de Quimerc'h était desservi par la route nationale 170 de Quimper à Brignogan-Plages, à la fin du et dans les deux premiers tiers du , transformée en route nationale 165 de Nantes à Brest désormais et devenue voie expresse dont le nouveau tracé évite désormais le bourg de Quimerc'h. La voie ferrée Brest-Quimper (ancienne ligne Savenay - Landerneau) passe à proximité, mais la gare de Quimerc'h a été transférée à Pont-de-Buis. thumb|center|500 px|Vue panoramique depuis les hauteurs de Quimerc'h ; à l'arrière-plan, les méandres de l'Aulne.
Histoire
Étymologie et origines
Quimerch ou Quimerc'h proviendrait de Keinmerc'h, mot formé à partir des mots bretons kein (dos) et merc'h, pluriel de marc'h (cheval).
Un camp retranché celte., dit camp du Muriou, d'environ de côté, a été identifié à cheval sur les anciennes communes de Quimerch et Logona-Quimerch.. Un moulin à bras gaulois, daté du , a aussi été retrouvé en 1949 à Keruel..
Quimerch se trouve sur un axe très ancien, une voie romaine qui partait de Vorgium (Carhaix) et passait par Collorec, Lannédern, Brasparts, le sud de la chapelle Saint-Sébastien et Quimerch, continuant par Rosnoën et Térénez où elle traversait l'Aulne, continuant ensuite par Tal-ar-Groas et Crozon jusqu'à la pointe de DinanRené Kerviler, "Étude critique sur la géographie de la presqu'île armoricaine au commencement et à la fin de l'occupation romaine", L. Prud'homme, Saint-Brieuc, 1874, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57839621/f102.image.r=Quimerc'h.langFR.
Les premières mentions écrites de Quimerc'h remontent au , en 1220 et en 1296 dans le cartulaire de Quimper.
Attention : la seigneurie de Quimerch est située à Bannalec et non dans la commune de Quimerch. Le poème d'Edmond Sautereau et les toiles de Camille Bernier évoquant Quimerch concernent cette seigneurie de Bannalec et non la commune de Quimerch.
Moyen Âge Selon Jean-Baptiste Ogée « il y avait jadis un fort château, avec capitainerie, dont en 1359 le roi d'Angleterre donna le gouvernement à Olivier de Clisson ». Il cite plusieurs maisons nobles en 1500 : les manoirs de la Mée et de Coatiscoul, au seigneur du Faou ; le Subot-Amisec, à Pierre de Kermarquen ; Kermorvan de Leslun, à René de Kerlec ; le Bot et le Menier-Aufrai, à Jean du Bot ; Villeneuve et Kerancucaillaut, auX Sieur et Dame de Mondragon ; Penanmuer, à Jacques Lego ; Keranrec, à Olivier Lansulien ; Penandren du Sul ; le Barbu et Kergal..
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, écrivent qu'« au nord du chemin qui conduit du Faou à Brasparts, et à du bourg de Quimerc'h, on voit trois tertres connus dans le pays sous le nom de "Tombeaux des Anglais", et un peu plus loin un camp retranché construit en terre, de la forme d'un parallélogramme et de la contenance d'un hectare » ; ils indiquent que selon la tradition un combat meurtrier aurait eu lieu dans la plaine et qu'on y enterra les morts. « On voit aussi, en traversant la lande pour se rendre à Rumengol, un dolmen et un retranchement (..). Ce dernier parait être de la même époque que le précédent, c'est-à-dire du temps de la Ligue »..
Le château ou manoir du Bot : des « du Bot » aux « Conen de Saint-Luc »
Le château ou manoir du Bot, dont le domaine s'étend sur Quimerch et Rosnoën, a longtemps été le fief de la famille du Bot dont la devise était : In te domine speravi (« En vous Seigneur est mon espoir »).
L'existence du manoir est attestée dès 1426 et 1536 lors des montres et réformations de la noblesse du diocèse de Quimper. Even du Bot, écuyer, reçoit le manoir en héritage le . Vers 1590, le manoir est victime d'un incendie, probablement lié aux combats des guerres de la Ligue dans le cadre desquels, en 1591, Jacques du Bot et Aufroi du Bot, son père, sont faits prisonniers par le duc de Mercœur et obligés de payer une rançon de 600 écus pour leur libérationLouis-Pierre d'Ozier, "Armorial général de la France", volume 1, consultable https://books.google.fr/books?id=F0I_AAAAcAAJ&pg=PA84&lpg=PA84&dq=Manoir+du+Bot&source=bl&ots=hkwHMK85nm&sig=tsL_iQySYuiVPCI8Bgr1n8mtw3A&hl=fr&ei=paVcTartDYKr8AOxl52sCQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4&ved=0CCsQ6AEwAzgK#v=onepage&q=Manoir%20du%20Bot&f=false. Hervé du Bot, « chef de nom et d'armes du Bot, seigneur du dit-lieu et demeurant au manoir du Bot, paroisse de Quimerch » épouse vers 1670 Anne-Jacquette de MusuillacComtesse du Laz, "Généalogie de la maison Jegou du Laz, avec des pièces justificatives et complémentaires", 1897, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5612573z/f203.image.r=Quimerch.langFR. Leur fils Jacques-Joseph du Bot, « demeurant en la paroisse de la Chandeleur de la ville de Quimper », seigneur du Bot et de Lochan, construit en 1730 le logis actuel qui reprend des éléments du manoir précédent. Il se marie le avec Gabrielle-Jeanne de la Rivière de Saint-Germain. Le couple eut sept enfants dont trois furent pages du Roi dans sa Grande Écurie : Hervé-Claude-Joseph-Marie du Bot, né le ; François-Claude-Joseph du Bot, né le ; Jean-Louis du Bot des Salles, né le . Une de leurs filles, Marie-Josèphe du Bot épouse le dans la chapelle du manoir du Bot Louis Billouart de Kerlerec qui fut l'un de derniers gouverneurs de la Louisiane française entre 1753 et 1763. Un autre de leurs fils, Charles-Jacques du Bot (né le , décédé le à Brest), est capitaine des vaisseaux du Roi. Il mena des campagnes au Canada, en particulier contre la tribu indienne des Chicachas en 1749 et à l'Île Royale en 1758Emmanuel de Cathelineau, "Au cimetière de Picpus, Victoire Conen de Saint-Luc et le Canada, cité dans "Nova francia" et 3, décembre 1926 et avril 1927, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5696077b/f492.image.r=Conen.langFR. thumb|Le château du Bot au (le côté des Bois) Charles-Jacques du Bot se maria avec Charlotte-Élisabeth Barrin de la Galissonnière. C'est de leur union que naquit le au château du Bot à Quimerch Françoise-Marie du BotSon baptême est indiqué sur le registre paroissial de Logonna-Quimerch. Son parrain est François Claude du Bot, seigneur de Brenolo, enseigne des vaisseaux du Roy. thumb|left|Portrait de Victoire Conen de Saint-Luc et de sa mère Françoise-Marie du Bot Françoise-Marie du Bot épouse, âgée de , le Gilles-René Conen, comte de Saint-Luc, né le à Rennes, conseiller au Parlement de Bretagne. Les Saint-Luc habitent Rennes où naissent sept enfants, dont l'un meurt en bas âge. Gilles de Conen de Saint-Luc, alors président à mortier du Parlement de Bretagne, mêlé à la lutte entre les États de Bretagne et le pouvoir royal, doit en 1774 démissionner et il se retire dans ses terres, au manoir du Bot en Quimerc'h, se contentant désormais d'administrer son domaine et de consacrer une grande part de son temps aux dévotions, parfois en compagnie de son frère Toussaint, dernier évêque de Cornouaille. En , l'ancien président à mortier, son épouse Françoise-Marie du Bot et leur fille aînée Victoire Conen de Saint-Luc, née le à Rennes et religieuse au couvent des Dames de la Retraite à Quimper, sont arrêtés et emprisonnés à Carhaix, transférés à Quimper puis à Paris où ils sont écroués à la Conciergerie. Victoire est jugée « coupable d'avoir propagé des images du Sacré-Cœur, signe de ralliement des brigands de la Vendée ». Ils sont condamnés à mort et guillotinés le . « Victoire a fait montre jusqu'à la fin d'un noble courage ».
Un autre de leurs enfants, Ange, né le à Rennes, émigré, participa au débarquement de Quiberon en 1795, et fut fusillé le à Auray. Le titre de comte de Saint-Luc échut alors au fils benjamin : Athanase Conen de Saint-Luc (né le à Rennes, décédé le à Quimper). Athanase, officier de marine, après avoir émigré, rentre en France sous le Consulat. Royaliste, il n'agit cependant pas contre l'Empire. Il sera membre du conseil général du Finistère. Il fut élu à cinq reprises député (trois fois dans le Finistère, dans les Côtes-du-Nord entre 1815 et 1830 et nommé six fois préfet entre 1811 et 1830 : nommé préfet du Finistère par Louis XVIII, il n'a que le temps de révoquer quelques maires quand revient Napoléon Bonaparte. Il démissionne, refusant de prêter serment à l'usurpateur. Au retour du roi, il est nommé préfet des Côtes-du-Nord, maintenant Côtes-d'Armor ; il fut aussi préfet du Lot, du Loir-et-Cher, de la Creuse, Mayenne. Lors de la Révolution de Juillet, Athanase de Saint-Luc se retire en son manoir du Bot en Quimerch et décède à Quimper en 1844..
L'un de ses fils, Émile Conen de Saint-Luc (né en 1812, décédé en 1888), qui vivait au château du Bot, fut maire de Quimerch entre 1876 et 1888.
Selon Jacques Cambry, pendant la Révolution française, la bibliothèque du château, riche de 2000 volumes, échappe au vandalisme, de même quantité de gravures, d'estampes, d'atlas et de plans divers ainsi que des instruments astronomiques et une soixantaine de tableaux parmi lesquels il distingue, à cause de leur qualité, quatre peintures hollandaises, un Poussin (ou une copie), un Péterneff et un Teniers. thumb|La chapelle du manoir du Bot ː vue intérieure (carte postale, vers 1930). En 1836, Émile SouvestreÉmile Souvestre, "Le Finistère en 1836" fait la description suivante du manoir du Bot : « Au sommet de la montagne du Bot, on jouit d'un spectacle merveilleux. Sur la droite, on a Rumengol, la forêt du Cranou, Hanvec avec ses montagnes tristes et polies, au-dessous de soi, la petite ville du Faou et les campagnes qui l'avoisinent, à gauche Landévennec, couvert de ses épais taillis, en face rivière du Faou, la rade de Brest, les îles qui bordent ses rivages et les ruisseaux qui viennent s'y jeter. »
La chapelle du manoir a été reconstruite après 1845 par Émile Conen de Saint-Luc, fils d'Athanase Conen de Saint-Luc, qui fut maire de Quimerch de 1876 à sa mort le .
Du
Les guerres de la Ligue et Sanzay de la Magnane
La tradition rapporte que, pendant les guerres de la Ligue, le comte de la Magnane, capitaine-ligueur, aurait construit (« en une seule nuit », ce qui est invraisemblable vu son étendue) un vaste camp retranché (« l'étendue de ce retranchement contient environ quatre journaux »Le Bastard de Mesmeur, "Histoire de la Ligue en Bretagne", page 128) d'où il aurait pillé vers 1587-1593 une bonne partie de la Basse Cornouaille. Il est vrai que de cet endroit, il dominait toute la Basse-Bretagne.
Un pays de landes thumb|Carte de Cassini de la paroisse de Quimerch (1784). Quimerch inclut alors une partie du hameau de Pont-de-Buis et la trève de Logonna. Vers 1715, les landes couvraient journaux à Quimerch ( journaux à Hanvec) selon un rapport d'un sénéchal de l'évêché de QuimperRapport d'un sénéchal de l'évêché de Quimper en 1715, cité par "Travaux juridiques et économiques de l'Université de Rennes", Librairie Plihon, Rennes, 1907, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5818150x/f131.image.r=Quimerch.langFR.
En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Quimerch de fournir et de payer 157 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f7.image.r=Plovan?rk=21459;2.
Quimerc'h au Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Quimerc'h en 1778 :