Rodrigo de Bastidas (Séville, vers 1475 - Cuba, 1527) est un explorateur et commerçant espagnol. Il est le premier (1501-1502) à explorer le littoral atlantique colombien du cap de la Vela jusqu’au golfe de Uraba ainsi qu'une partie de la côte de l'isthme de Panama. Il fonde la ville de Santa Marta (Colombie) en 1526. Biographie Date de naissance Rodrigo Gutiérrez de Bastidas, mieux connu sous le nom de Rodrigo de Bastidas est originaire du quartier de Triana à Séville et est né aux alentours de 1475José Joaquin Real Diaz, dans son article « El Sevillano Rodrigo de Bastidas, algunas rectificaciones en torno a su figura », propose cette date de naissance approximative à partir de déclarations évasives de Bastidas sur son âge lorsqu’il se présenta comme témoin lors de deux procès tenus à Saint-Domingue en 1512 et 1513 : « de trenta y cinco arriba » et« de cuarenta mas o menos »..

Les noms de son père et de sa mère nous sont inconnus.

Il se marie avec Isabel Rodriguez Romera, avec laquelle il a un seul enfant qui porte le même nom que son père et qui fut vicaire de Saint-Domingue avant de devenir le premier évêque de Coro au Vénézuéla et, plus tard, de Porto RicoJosé Joaquin Real Diaz, « El Sevillano Rodrigo de Bastidas, algunas rectificaciones en torno a su figura ».

Un de ses neveux, Juan de Bastidas, fut l’archidiacre du premier diocèse d’Amérique à Saint-Domingue.

Profession Bien que la plupart des manuels et ouvrages d’Histoire mentionnent que Rodrigo de Bastidas était un « escribano », (notaire ou greffier) avant d’entreprendre son premier voyage en Amérique, l’historien José Joaquin Real Diaz, soutenu par l’historienne espagnole, Carmen Mena GarciaCarmen Mena García, "Con Rodrigo de Bastidas y Cristóbal Colón

se inicia la historia de Panamá ", https://www.academia.edu/28676891/_Con_Rodrigo_de_Bastidas_y_Crist%C3%B3bal_Col%C3%B3n_se_inicia_la_Historia_de_Panam%C3%A1_en_Descubridores_de_Am%C3%A9rica._Col%C3%B3n_los_marinos_y_los_puertos._David_Gonz%C3%A1lez_Cruz_coordinador._Madrid_Silex_2012_pp._391-418"Sobre el personaje de Rodrigo de Bastidas y gran parte de las circunstancias que rodearon a su empresa sigue siendo imprescindible la consulta de José Joaquín Real Díaz", démontre qu’il s’agit d’une erreur de lecture d'un registre qu’il attribue à un historien du , Martin Fernandez Navarrete dans sa « Coleccion de las viajes y descubrimientos que hicieron por mar los espanoles », erreur qui fut par la suite reprise sans plus de vérification. Navarrete aurait mal interprété une abréviation qui serait la même pour « vecino » que pour « escribano ». Real Diaz s’appuie aussi sur le fait que ni Gonzalo Fernandez Oviedo ni Bartolomé de Las Casas, des chroniqueurs qui ont personnellement connu Bastidas, ne font mention de cette profession, ce qu’ils n’auraient pas manqué de faire s’il l’avait été, tellement la présence d’un intellectuel parmi les explorateurs et découvreurs du Nouveau Monde aurait été exceptionnelle. Real Diaz se réfère aussi à un autre chroniqueur des , Andres Benaldez, dans Historia del reinado de los Reyes Catolicos selon lequel « en el ano 1502, vino a Cadiz Bastidas, marinero de Triana, capitan et maestre de su nao ». Logiquement, Rodrigo devait être un marin et un commerçant, en accord avec l’expédition qu’il va mener en compagnie du pilote Juan de la Cosa ainsi qu’avec les activités qu’il mènera au cours des deux décennies suivantes à partir de Saint-Domingue.

Contexte Christophe Colomb fut le premier à explorer la côte de ce qui sera plus tard connu comme étant le continent sud américain, mais qu’à l’époque on nomma Terre Ferme, quand en 1498, au cours de son troisième voyage, il toucha terre dans la région de Paria (Venezuela) et suivit la côte jusqu’à l’île Margarita avant de se diriger ensuite vers l’île d’Hispaniola.

L’amiral tomba ensuite en disgrâce et la Couronne s’efforça de réduire les prérogatives et les droits qu’elle lui avait précédemment accordés. Les divers permis que l’évêque de Séville, Juan Rodrigo de Fonseca, accorda dans les années qui suivirent à divers navigateurs pour entreprendre des voyages d’explorations sur la côte de la Terre Ferme sont une indication de la volonté la Couronne de limiter le contrôle de Colomb sur le continent. Ces voyages sont connus comme étant les « Voyages mineurs » ou « Voyages andalous ».

Les Voyages mineurs ou Voyages andalous Quand fut rendue publique à Séville la découverte de Colomb, Alonso Ojeda fut le premier à obtenir une licence pour suivre les pas de l’Amiral. Ojeda, qui avait joué un rôle important lors de la conquête de l’île de Saint Domingue lors du deuxième voyage de Colomb, s’adjoignit Juan de la Cosa, un pilote d’expérience qui avait accompagné Colomb lors de ses deux premiers voyages. Amerigo Vespucci, un commerçant florentin établi à Séville faisait également partie de l’expédition. Tout en troquant des grelots, des petits miroirs et de perles de verre multicolores contre des perles, un peu d’or, Ojeda et ses compagnons parcoururent tout d’abord le segment du littoral déjà exploré par Colomb, du golfe de Paria jusqu’à l’île Margarita, avant de pousser plus loin leur périple en se rendant jusqu’au cap de la Vela dans la péninsule de la Guajira. Ils revinrent à Cadix où ils vendirent comme esclaves les 222 autochtones qu’ils avaient capturés sur une île des Caraïbes juste avant d’entreprendre leur voyage de retour. C’est en revenant de ce voyage, que Juan de la Cosa traça ce qui est connu comme la première carte (datée de 1501) représentant le continent américain, (la carte de Juan de la Cosa). Le rôle joué par Vespucci au cours de cette expédition a été et est toujours un sujet de polémique parce que les comptes-rendus qu’il en fit dans des correspondances qui furent postérieurement publiées sont remplis de contradictions et ne coïncident pas avec d’autres témoignages. Pourtant, c’est son nom qui est resté accolé aux continents américains.    

Peu de temps après le départ de Ojeda à la fin de 1499, Peralonso Nino, un marin qui avait participé au troisième voyage de Christophe Colomb, obtint une licence pour aller « à la découverte » sur la côte de la Terre Ferme et il s’associa avec un certain Luis Guerra qui lui imposa son frère, Cristobal, comme capitaine du navire qu’ils armèrent. Bien qu’ils suivaient les pas d’Ojada et de Juan de la Cosa de près, ils revinrent en Espagne avec une beaucoup plus grande quantité de perles que ces derniers.

L’expédition de Rodrigo de Bastidas (1501-1502) Le , Rodrigo de Bastidas, signa un accord avec la Couronne pour « descubrir islas e tierra firme a las partes de las Indias »Martin Fernandez Navarrete, Coleccion de las viajes y descubrimientos que hicieron por mar los espanoles, tomo 2. http://www.cervantesvirtual.com/obra/coleccion-de-los-viajes-y-descubrimientos-que-hicieron-por-mar-los-espanoles-desde-fines-del-siglo-xv--con-varios-documentos-tomo-2/. « Alors que le désir de devenir riche croissait chez les nôtres et leur faisait perdre la peur d’aller sur des mers aussi profondes, aussi longues à traverser et jamais navigué, en particulier chez les habitants de Triana, qui pour la plupart sont marins ; l’un d’eux, un certain Rodrigo de Bastidas, homme honnête et habile, qui devait avoir fortune, décida d’armer deux navires et d’aller découvrir et en même temps faire du troc de l’or et des perles, ce qui était, de toutes les fins poursuivies, la principale »Las Casas, Histoire des Indes, tome 2, p.23. L’entreprise de Bastidas s’effectua sans aucune aide économique de la Couronne, une caractéristique qu’elle partage avec toutes les autres connues sous le nom de voyages mineurs ou voyages andalous. Les Rois Catholiques se limitaient à autoriser la navigation et exigeaient le quart des bénéfices au retour de l’expédition.  

Comme Rodrigo n’avait pas les moyens financiers pour assumer seul les frais de son expédition et peut-être aussi parce qu’il voulait partager les risques en cas d’échec, il dut se chercher des associés. En cela il ne se distinguait pas des expéditions similaires sauf que, contrairement à celles qui se faisaient financer par deux ou trois riches investisseurs, il lui en fallut 19 pour atteindre son objectif 400 000 maravédis, certains ne contribuant qu’avec aussi peu que 5 ou 7 000 maravédis.

Pour ce voyage, Bastidas s’associa avec le meilleur et le plus expérimenté des pilotes de l’époque : Juan de la Cosa, qui venait de revenir de son voyage avec Alonso de Ojeda.

Il n’y a pas de consensus parmi les historiens au sujet la date de départ de l’expédition.

Leurs deux caravelle, la « Santa María de Gracia » et la « San Antón », quittèrent le port de Cadix à une date qui est sujet à discussion. Plusieurs historiens proposent le , alors que d’autres proposent des dates qui vont de à .   

À leur bord se trouvait également le jeune protégé de l’un des plus importants investisseurs de l’expéditionCarmen Mena García, Con Rodrigo de Bastidas y Cristóbal Colón se inicia la historia de Panamá. : l’ambitieux Vasco Nunez de Balboa, le futur découvreur de l’océan Pacifique.

Le voyage Après une brève escale à la Gomera dans l’archipel canarien, les deux navires traversèrent l’océan Atlantique et arrivèrent à l’île Verte, qu’on croit être l’actuelle île de la Barbade. Ils se dirigèrent ensuite directement au cap de la Vela, à la limite occidentale des explorations antérieures et suivirent la côte de ce qui est aujourd’hui devenu la Colombie et qui n’avait été jusque-là jamais explorée. Ils découvrirent ainsi la baie de Santa Marta, l’embouchure du Rio Magdalena, la baie de Cartagène et les îles qui l’environnent, l’embouchure du Rio Sinu, et le golfe de Uraba. En commerçant avec les indigènes, ils amassèrent une grande quantité d’or, de perles, de bois du Brésil, et probablement aussi un certain nombre d’esclaves. Ils traversèrent ensuite ce golfe pour arriver au Darién dont ils suivirent la côte jusqu’à un point qu’on croit être le site de la future ville de Nombre de Dios, sur la côte de l’actuel Panama, avant même que Christophe Colomb y passe en 1503 lors de son quatrième voyage. À ce point, ils décidèrent de retourner en Espagne parce que leurs navires, gravement affectés par les tarets, prenaient l’eau. Ils durent cependant s’arrêter en chemin à la Jamaïque pour tenter de les réparer, mais sans succès, car peu après ils firent naufrage dans la baie de Jaragua sur la côte sud-ouest de l’île d’Hispaniola (Saint-Domingue). Ils réussirent cependant à sauver leur butin, qui se montait alors, selon Bastidas, à cinq millions de maravédis en tenant compte de la valeur des navires qui furent cependant perdus. En se dirigeant par la suite vers la ville de Saint-Domingue par voie terrestre, ils firent du troc avec les indigènes afin de s’approvisionner en vivres. Francisco Bobadilla, l’enquêteur envoyé par la Couronne pour faire la lumière sur la situation difficile de la colonie, s’était déclaré gouverneur et il venait d’envoyer Christophe Colomb fers aux pieds en Espagne. Il mit Bastidas en état d’arrestation sous prétexte d’avoir illégalement commercé avec les indigènes de l’île et l’envoya lui aussi se faire juger dans la Péninsule. À son arrivée, en , il fut rapidement libéré par la Couronne et récompensé pour ses découvertes par une rente sur les bénéfices qui pourraient éventuellement être tirés du golfe de Uraba. 

Le retour de Rodrigo de Bastidas à Saint-Domingue Une fois terminée la répartition des bénéfices de l’expédition, Bastidas s’associa avec Alfonso Rodriguez, l’un des investisseurs de son précédent voyage, pour former une compagnie de commerce entre Séville et Saint-Domingue où Rodrigo s’établit en 1504.