STMicroelectronics (souvent appelé simplement ST) est une multinationale italo-française de droit néerlandais qui conçoit, fabrique et commercialise des puces électroniques. Elle est l'un des tout premiers acteurs mondiaux du secteur économique de la production de semi-conducteurs. En , le groupe réintègre le CAC 40 après être sorti de l'indice quatre ans auparavant..
Les deux premiers actionnaires de STMicroelectronics sont l’État Italien et Bpifrance (27,25 %), suivis du fonds de pension américain Capital Group Companies (4,25 %).
Le groupe est coté en bourse en Europe et à New York.
Son siège social est situé à Amsterdam aux Pays-Bas et son siège opérationnel est situé à Plan-les-Ouates, près de Genève, en Suisse.
Histoire La société est née de la fusion en 1987 de la société italienne SGS - Società Generale Semiconduttori SpA, alors dirigée par Pasquale Pistorio, et de la société française Thomson Semiconducteurs, alors dirigée par Jacques Noels, filiale de Thomson. Initialement nommée SGS-Thomson, elle a ensuite été renommée STMicroelectronics en 1998 à la suite du retrait de Thomson du capital.
Le côté français En 1972, le laboratoire grenoblois LETI (Laboratoire d'électronique et de technologie de l'information) décide de créer une filiale à vocation industrielle, pour valoriser ses recherches en semi-conducteurs, axée sur la mise en œuvre de la technologie CMOS. C'est l'Efcis (Études et fabrication de circuits intégrés spéciaux), dont le capital initial provient du Commissariat à l'Énergie atomique, rejoint par Thomson-Brandt en 1976, qui deviendra actionnaire majoritaire en 1982. Cette filiale est la future SGS-Thomson, rebaptisée ST Microelectronics. Cette fondation reflète le changement d'échelle de la demande dans l'électronique, partie des projets du nucléaire public et des industriels de l'électroménager, pour aller vers l'informatique, puis plus tard les télécoms. vignette|gauche|Le site de Crolles, près de Grenoble. Des accords de licence sont décrochés par Efcis avec Motorola. La Sescosem, concurrent local qui a IBM comme principal client, est utilisée comme une « seconde source » par Texas Instruments. L'Institut national de la sous-traitance s'installe en 1973 à Grenoble, pour en faire le berceau de l'informatique légère. Un « système productif territorialisé » apparait dans l'agglomération grenobloise, selon Bernard Reverdy, professeur associé à l'université Grenoble-II, qui a étudié le développement des semi-conducteurs à Grenoble avec une équipe de l'IREPD (Institut de recherche, économie, production et développement)Anne Chatel-Demenge, « Microélectronique : les bienfaits de l'essaimage », Les Échos, 12 mai 1997..
En 1973, le consortium européen Unidata est fondé pour réunir CII, Philips, et Siemens et implanter à Grenoble son centre de recherche à partir du centre scientifique CII, mais Unidata est stoppé par le gouvernement dès 1975"Musée virtuel de l’informatique | L’informatique à Grenoble : Centre CII" .
Sans marché intérieur ni capacité d'investissement pour s'imposer face aux autres sous-traitants en pleine croissance, Efcis et Sescosem sont mis à rude épreuve sur le marché mondial, quand l'État prend conscience du retard de la France dans ce domaine devenu stratégique et improvise un « plan composants » en 1977, trois ans après le Premier choc pétrolier.
Le côté italien La société italienne SGS - Società Generale Semiconduttori SpA a été fondée en 1957 par les sociétés Olivetti et Telettra, en collaboration avec la société américaine Fairchild Semiconductor. Dix ans après la découverte du transistor par William Shockley et John Bardeen dans les laboratoires Bell, Adriano Olivetti et l'ingénieur Virgilio Floriani, fondateur de Telettra, sont convaincus du rôle clé de l'industrie du semi-conducteur"Emergence et structuration d'une multinationale européenne du semi-conducteur : le cas de ST Microelectronics" par Sylvie Daviet dans les Annales de géographie Année 2000 , qui entre dans une nouvelle phase de croissance, pour devenir, avec la radio et la télévision, une industrie civile.
thumb|gauche|Le bâtiment de STMicroelectronics à Catane, en Italie. L'impulsion est venue de la société de développement de grands systèmes informatiques Elea, qui pour sa création a nécessité une production en quantité et en qualité de transistors et des diodes. Le siège de la SGS était établi à Agrate Brianza. En 1958, le site est créé en bordure de l'autoroute Milan-Venise dans le voisinage de Telettra et dans un foyer de l'industrie textile à la main œuvre féminine habituée au travail minutieux. En 1959, il produit des diodes et transistors au germanium sous licence General Electric, puis opère un changement stratégique en l'abandonnant au profit de l'américain Fairchild, qui en 1961 entre au capital, pour pénétrer le marché européen. SGS devient SGS- Fairchild, pour les premiers circuits linéaires de puissance, et quatre filiales sont créées en Europe : au Royaume-Uni en 1963, en RFA en 1964, en France et en Suisse en 1966. Les chercheurs italiens travaillent, via des séjours passés en Californie à Palo Alto, en étroite collaboration avec ceux de Fairchild, parmi lesquels Gordon Moore et Andrew Grove, futurs fondateurs d'Intel.
C'est le cas en particulier de Federico Faggin, un ingénieur italien de SGS, qui est en 1968 chez Fairchild-SGS à Agrate Brianza, puis à Palo Alto avec Thomas Klein, le concepteur du premier circuit intégré commercial à grilles auto-alignées, le Fairchild 3708. Federico Faggin est chef de projet de la Silicon Gate Technology (SGT), la première méthode pratique pour la fabrication des circuits intégrés MOS (structure métal/oxyde/semi-conducteur) avec grilles auto-alignées, qui a remplacé la grille d'aluminium traditionnelle d'un transistor MOS par une grille en silicium, pour intégrer deux fois plus de transistors dans la même surface. Federico Faggin est embauché par Intel en , pour être le chef de projet, le créateur de la méthodologie de conception et le concepteur principal, en seulement quelques mois, avec Marcian Hoff, des quatre puces de l'Intel 4004, qui servit initialement à fabriquer des contrôleurs graphiques en mode texte puis devint un processeur d'usage général, avec une licence achetée au japonais Busicom.. Presque à la même époque une autre société américaine, Motorola, effectue des travaux et innovations similaires sous la direction de Chuck Peddle"PIC microcontrollers, for beginners" par Nebojsa Matic
La volonté d'indépendance des Italiens conduit dès 1969 à la sortie définitive de l'américain Fairchild du capital de SGS, qui compte déjà et fonde en 1969 l'usine de Singapour. Olivetti se retire à son tour, ce qui oblige à la fusion avec ATES filiale de STET Società Finanziaria, en 1971. La sortie du premier microprocesseur SGS, en , est ensuite contemporaine de celle d'Intel 8008, grâce au travail de Federico Faggin.
Mais l'effondrement du marché plonge SGS dans le rouge et cause des restructurations, avec des fermetures d'usines en Suisse et en Allemagne. Le SGS a fusionné avec ATES, groupe spécialiste de la création de composants électroniques, pour former SGS-Ates qui deviendra plus tard SGS Thomson, par la fusion en 1987, puis STMicroelectronics.
Le côté anglais En 1989, SGS-Thomson rachète la société britannique Inmos Ltd., créée en 1978 et fabriquant les microprocesseurs Transputer destinés à la fabrication de réseaux de processeurs massivement parallèles. En 1991, SGS-Thomson et Philips Semiconductors signent un accord de partenariat technologique qui permet à Philips de bénéficier en 1993 de la nouvelle salle blanche de l'unité de R&D de SGS-Thomson à Crolles sur un projet baptisé Grenoble 92.
En 1994, SGS-Thomson rachète quelques activités de semiconducteurs de la société canadienne Nortel Networks et l'usine de Rancho Bernardo. En 2000, STMicroelectronics rachète les activités de semiconducteurs de l'usine d'Ottawa, toujours de Nortel Networks.
En 2002, Motorola Semiconductors et TSMC s'associent au partenariat technologique ST-Philips. C'est la création de l'Alliance Crolles2 avec la construction d'une nouvelle unité de fabrication , dans une salle blanche de .
Fin 2007, NXP (ex-Philips Semiconductors) et Freescale (ex Motorola Semiconductor) quittent l'Alliance Crolles2.
Le , ST et Intel créent une société commune nommée Numonyx (en référence au mot anglais "mnemonic" pour mnémonique) qui regroupe leurs activités de mémoires flashhttp://www.st.com/stonline/press/news/year2007/fra/c2541cfra.htm Intel, STMicroelectronics et Francisco Partners créent un nouveau leader dans les mémoires flash.
Le , ST rejoint l'Alliance ISDA avec IBM, Renesas, Global Foundry, Samsung, Toshiba, sur le site IBM de East Fishkill dans l'État de New York, afin de développer les technologies Bulk et ..
Le , ST et NXP Semiconductors annoncent leur intention de créer une coentreprise dans le domaine des technologies mobiles. ST détiendra 80 % de la nouvelle société et NXP 20 %. En dédommagement, NXP recevra 1,55 milliard de dollars. Le ST-NXP Wireless est créée.
Le , ST et Ericsson créent une nouvelle coentreprise dirigée par Alain Dutheil appelée ST-Ericsson « Ericsson and STMicroelectronics Complete Deal to Create World Leader in Semiconductors and Platforms for Mobile Applications », sur le site officiel de ST-Ericsson.. Elle comprend les activités de la coentreprise précédente ST-NXP wireless et des activités de Ericsson Mobile Platform. Cette nouvelle entreprise ne comporte aucune unité de fabrication (fabless). À cette occasion, ST acquiert les 20 % de parts que NXP détenait encore dans ST-NXP Wireless.
En , Micron annonce l'acquisition pour de dollars de NumonyxMicron to acquire Numonyx for $1.27 billion, Reuters, 10 février 2010Micron to buy Numonyx for $1.27 billion, Brooke Crothers, CNet, 9 février 2010.
En , Sharp et STMicroelectronics se désengagent de leur participation de 33,3 % dans Enel Green Power pour symbolique en faveur d'EnelJapan's Sharp to pull out of solar panel production venture in Europe, Reuters, 24 juillet 2014.
Après plusieurs années de pertes, STMicroelectronics annonce début 2016 un licenciement collectif de . L'entreprise recentre également sa stratégie sur les applications industrielles et l'automobile notamment, après avoir perdu beaucoup d'argent sur les décodeurs numériquesRestructuration de STMicroelectronics : trop peu, trop tard ? sur tomshardware.fr, le 27 janvier 2016. En 2017, la situation financière de STMicro s'améliore nettement, avec une progression du chiffre d'affaires, des bénéfices et de la marge bruteSTMicroelectronics: Bénéfice net de de dollars sur Le Figaro, le 26 octobre 2017.
Actionnaires
Liste des actionnaires de STMicroelectronics NV Liste des principaux actionnaires au : ActionnaireActions% Bpifrance (50 %)STMicroelectronics Holding NV250 704 75427,5 % Ministère italien de l'Économie et des Finances (50 %) Capital Research & Management (World Investors)38 676 7354,25 % Norges Bank Investment Management18 472 7462,03 % The Vanguard Group16 396 8881,80 % BlackRock Investment Management (UK)14 737 6711,62 % BlackRock Fund Advisors11 948 4771,31 % Amundi Asset Management (Groupe Crédit Agricole)9 311 4731,02 % BlackRock Advisors8 786 1430,96 % Covéa Finance8 535 7940,94 % BNP Paribas Asset Management France7 383 1250,81 %
Localisation La société mère STMicroelectronics NV est de droit néerlandais (enregistrée à Amsterdam), la direction administrative est regroupée en grande partie sur le site de Genève (Plan-les-Ouates) en Suisse où se situe désormais aussi la direction opérationnelle ainsi que pour l'EMEA.. Le siège américain est situé lui à Carrollton (près de Dallas, Texas), celui de la région Asie-Pacifique à Singapour et celui du Japon à Tokyo. Le siège de la région « Chine », nouvellement créée et qui inclut aussi Hong Kong et Taïwan est situé à Shanghai, et le siège de la région Afrique « Maroc », est situé à Bouskoura.