L ( — littéralement « Livre des Islandais ») est une œuvre littéraire islandaise du , écrite par Ari Þorgilsson, prêtre et historien. Son ouvrage traite du début de l'histoire de l'Islande, de la colonisation au début du . D'un style prosaïque et extrêmement concis, le texte est écrit en langue vernaculaire, le vieux norrois.
Organisé en dix chapitres, l accorde une place importante à la christianisation de l'Islande et au développement de l'Église dans le pays. Le récit constitue également un « mythe des origines » pour les Islandais, en soulignant leur origine norvégienne.
Bien qu'Ari ait écrit de nombreux autres ouvrages, l est celui qui l'a rendu célèbre, ses autres œuvres étant pour la plupart perdues. Le Livre des Islandais lui-même tel que nous le connaissons n'est qu'une deuxième version postérieure de quelques années à l'œuvre originale, perdue.
Ouvrage fondateur de la littérature islandaise, qui inspira les sagas, il est également une source d'informations très précieuses sur l'histoire du pays.
Résumé L, littéralement « Livre des Islandais », ., est une brève chronique sur l'histoire de l'Islande de la colonisation de l'île au début du en passant par la fondation de l'État libre islandais et la christianisation du pays vers l'an mille...
Le Livre des Islandais s'ouvre par un prologue qui explique l'histoire du livre, suivi d'un sommaireÍslendingabók, prologue, ..
L'ouvrage est divisé en dix chapitres : De la colonisation de l'Islande Des colons et de l'établissement des lois De l'établissement de l'Althing Du calendrier De la division en quarts De la colonisation du Groenland De la christianisation de l'Islande Des évêques étrangers De l'évêque Ísleifr De l'évêque Gizurr
Enfin, deux épilogues sont présents à la fin du livre, introduits ainsi : « Voici l'ascendance des évêques des Islandais et leur généalogie » « Voilà les noms des ascendants mâles des Ynglingar et de la population de Breiðafjörður »
Prologue Le Livre des Islandais commence, à la manière des chroniques latines médiévales, par un prologue. Mais à la différence de ces dernières, il n'indique pas à quelle occasion dans quel but a été écrit le livre. En revanche, il mentionne une première version du Livre des Islandais, destinée aux évêques Þorlákr Runólfsson et Ketill Þorsteinsson ; Ari leur montra cette première version ainsi qu'au prêtre Sæmundr SigfússonNotes 1 & 2, .. Il écrivit ensuite une seconde version ; il mentionne des listes des rois et des généalogies, mais la formulation est ambiguë et son sens n'est pas clairement établi (voir section Histoire). Il finit par dire qu'il a modifié le livre selon ce qu'il a mieux appris à connaître et qu'il est plus exact que le premier ; car, dit-il, dans ce genre d'histoires, il faut s'en tenir à ce qui est le plus exact.
Le prologue finit par une courte généalogie de rois : « Hálfdan hvítbeinn, roi des Upplandais, fils d'Óláfs trételgju, roi des Suédois, était le père d'Eysteins frets, père d'Hálfdanar ins milda ok ins matarilla, père de Goðröðar veiðikonungs, père de Hálfdanar ins svarta, père de Haralds ins hárfagra, qui était le premier de sa famille à être l'unique roi de toute la Norvège. »Traduction libre de la traduction anglaise de l'œuvre..
Chapitre 1 - De la colonisation de l'Islande thumb|alt=Un homme (Ingólfr), entouré de plusieurs personnes, ordonne à deux d'entre elles d'élever un pilier.| (« Ingólfr prend possession de l'Islande »), Johan Peter Raadsig, 1850. LÍslendingabók débute en indiquant que l'Islande fut colonisée par des Norvégiens durant le règne de Harald à la Belle Chevelure, à l'époque où Ivar Ragnarsson tua Edmond d'Est-Anglie, roi des Angles, « après la naissance du Christ »Íslendingabók, chapitre 1, ..
Le premier colon serait un Norvégien, Ingólfr, qui, aurait effectué un premier voyage en Islande, et quelques années plus tard, un second voyage à l'issue duquel il s'installa au sud de Reykjavik.
Selon le livre, à cette époque, l'île était recouverte de forêts entre les montagnes et le littoral.
D'autre part, il affirme qu'il y avait à cette époque des chrétiens irlandais installés, auxquels les Scandinaves donnèrent le nom de « ». Ces chrétiens quittèrent l'île afin d'éviter d'être en contact avec des païens.
Le premier chapitre se termine en indiquant qu'au vu du grand nombre de personnes qui quittaient la Norvège, Harald finit par interdire l'émigration, de peur de voir le royaume se dépeupler. Finalement, il décida de faire payer une taxe de cinq onces d'argent aux émigrants norvégiens lors de leur départ.
Chapitre 2 - Des colons et de l'établissement des lois Le deuxième chapitre s'ouvre par une liste de colons originaux, originaires de Norvège, et de leurs descendancesÍslendingabók, chapitre 2, . : Hrollaugr, de qui descendrait la population de Síða ; Ketilbjǫrn Ketilsson, ancêtre de la population de Mosfell ; Auðr, de qui descendrait la population de Breiðafjörður ; Helgi le Maigre, ancêtre de la population d'Eyjafjörður.
Ari commence par l'est, traditionnellement le premier quart de l'île à avoir été colonisé, et tourne dans le sens horaire ; par ailleurs, s'il souligne leur origine norvégienne, il ne fait aucune mention de leurs liens avec les îles BritanniquesNote 22, ..
Puis, Ari indique que quand l'Islande fut complètement colonisée, un « oriental » nommé Úlfljótr (dont, il est mentionné, par ailleurs, que le fils Gunnar serait l'ancêtre de la population de Djúpadalr dans l'Eyjafjörður), vivant à dans l'est du pays, importa les premières lois de Norvège ; ces lois prirent le nom de « lois d'Úlfljótr » et étaient inspirées pour la plus grande part des lois du (beaucoup de colons venaient de la région du Gulaþing dans l'ouest de la Norvège). Sur sa recommandation, son frère adoptif Grímr Geitskór parcourut tout le pays avant la tenue de l' (le nom qui fut donné à l'assemblée nationale législative et judiciaire en train d'être créée ; le nom signifie « assemblée générale »Note 29, .). Ce voyage a pu avoir pour but de trouver un lieu propice à l'établissement de l'assemblée, ou de réunir des soutiensNote 28, .. Ari finit son chapitre en indiquant que tout le monde dans le pays lui donna une pièce pour cela, et il donna cet argent aux temples.
Chapitre 3 - De l'établissement de l'Althing vignette|gauche|redresse=0.8|alt=Des hommes se réunissent au pied d'un rocher.|Reconstitution d'une réunion de l'Alþing au Lögberg (« Rocher de la Loi »).
Ari indique qu'avant l'établissement de l'Althing par la décision d'Úlfljótr et le consentement de toute la population, existait déjà une assemblée () à Kjalarnes, fondée par quelques chefs dont Þorsteinn Ingólfsson, fils d'Ingólfr Arnarson le premier colonÍslendingabók, chapitre 3, .. Puis il mentionne un homme du nom de Þórir kroppinskeggi, coupable du meurtre d'un certain Kolr, qui donna son nom à la gorge où ses restes furent retrouvés : Kolsgjá. Le meurtrier, qui possédait un terrain à Bláskógar, vit ses terres devenir propriété publique pour être utilisées par l'Althing (on connaît depuis ce lieu sous le nom de Þingvellir, littéralement « les plaines du Parlement ».). L'endroit fournissait en effet du bois grâce aux forêts, et des pâturages pour les chevaux dans les landes.
Dans le second paragraphe du chapitre, Ari indique que l'Islande fut entièrement colonisée en soixante ans, et qu'il n'y a plus eu de colonisation par la suite. Puis il donne le nom des premiers (« diseurs de la loi ») : après Úlfljótr, Hrafn, fils de Hœngr, occupa le poste pour vingt étés, à partir de 930 environNote 34, ., puis lui succéda Þórarinn, frère de Ragi et fils d'Óleifr, lui aussi pour vingt étés.
Chapitre 4 - Du calendrier thumb|alt=Schéma de la course de la Terre autour du Soleil, mentionnant équinoxes et solstices avec saisons suivant l'hémisphère.|La réforme du calendrier permet de recaler les années avec la course du Soleil dans le ciel.
Ari commence ce chapitre en expliquant qu'originellement, les années duraient , soit , ou douze mois de trente jours et quatre jours supplémentaires. Les « plus sages du pays » remarquèrent que l'été empiétait de plus en plus sur le printemps, mais personne ne se rendit compte que la cause était que l'année durait un jour de plus que Íslendingabók, chapitre 4, ..
Puis le livre évoque un certain Þorsteinn le Noir, qui à la suite d'un rêve et sur les conseils d'un certain Ósvífr Helgason à qui il raconta son rêve, se rendit au Lögberg lors de la réunion suivante de l'Althing et proposa d'ajouter une semaine tous les sept étés, et d'observer le résultat. Comme Ósvífr l'avait prédit, tout le monde applaudit la proposition qui fut immédiatement traduite en loi par Þorkell máni et d'autres sages.
Ari explique ensuite : selon l'estimation correcte, il y a dans l'année et un de plus pour une année bissextile, mais selon leur estimation, il y en avait 364. Mais si on ajoute une semaine tous les sept ans, alors les deux périodes de sept ans ont la même durée, sauf s'il y a deux années bissextiles durant une même période de sept ans, auquel cas la semaine sera ajoutée au bout de six ans seulement.
Chapitre 5 - De la division en quarts thumb|left|alt=Carte de l'Islande divisée en quatre zones : une au nord-ouest, une au sud-ouest, une au sud et à l'est et une au nord.|Le découpage en quarts de l'Islande sur une carte du .
L relate une affaire judiciaire à la suite d'un meurtre impliquant Þórðr gellir, fils d'Óleifr feilan de Breiðafjörður, et Tungu-Oddr de BorgarfjörðurÍslendingabók, chapitre 5, .. Le meurtre fut initialement jugé à Borgarfjörður, mais les parties restant inconciliables, l'affaire fut portée à l'Althing. Þórðr gellir fit un discours au dans lequel il expliqua les inconvénients qu'il y avait à être impliqué dans un jugement d'un inconnu, il fit part des difficultés qu'il rencontra pour obtenir justice.
Le pays fut alors divisé en quarts, avec trois assemblées dans chaque quartier qui seraient chargées de traiter les affaires judiciaires. Dans le quart nord, il y eut quatre assemblées, parce que les habitants n'acceptèrent pas d'autre solution. En effet, les habitants du nord d'Eyjafjörður et de l'ouest de Skagafjörður étaient mécontents du découpage. Hormis cette exception, les assemblées fonctionnaient de la même manière dans tous les quartiers : il fallait nommer le même nombre de juges, et ils devaient être autant que les membres du Lögrétta.
Le chapitre finit par la suite des : Þorkell máni, fils de Þorsteinn Ingólfsson, prit le poste à la suite de Þórarinn, frère de Ragi, pour quinze étés, suivi par Þorgeirr Þorkelsson de Ljósavatn pour dix-sept étés.
Chapitre 6 - De la colonisation du Groenland thumb|alt=Portrait d'Erik le Rouge en tenue de combat.|Erik le Rouge, premier colon scandinave du Groenland.
Le Groenland a été, selon Ari, découvert et peuplé depuis l'Islande. Erik le Rouge, un homme originaire de Breiðafjörður, prit possession du lieu à l'époque connu sous le nom de EiriksfjordLittéralement « fjord d'Erik ». Aujourd'hui connu sous le nom de « fjord de Tunulliarfik ».Íslendingabók, chapitre 6, .. Il nomma la terre qu'il avait découverte Groenland (littéralement : « pays vert ») dans le but d'attirer des colons avec un nom positif. Les Scandinaves, rencontrant les mêmes populations qu'au Vinland, leur donnent le nom de skrælingar. Ari date le début de la colonisation du Groenland vers 985.
Chapitre 7 - De la christianisation de l'Islande