vignette|Le sanctuaire Izumo Taisha est le plus vieux sanctuaire shintoïste. Les sanctuaires shinto, appelés le plus souvent en japonais, sont des lieux de culte du shintoïsme, où l'on vénère un kami. On parle parfois aussi de , ou simplement , voire de .

Histoire À l'origine, les jinja n'étaient que des sanctuaires temporaires, établis à l'occasion d'un matsuri en des lieux considérés comme sacrés. Les villages de la période Yayoi se servaient ainsi de lieux naturels comme yorishiro, objets capables d'attirer les kami en leur conférant une forme physique; on peut voir dans ces yorishiro la première forme de jinja, en particulier dans les shimenawa (grands arbres entourés d'une corde sacrée), les iwakura (formations rocheuses utilisées comme terrain sacré) et les iwasaka (autels de pierre). Les premières mentions de temples se trouvent dans le Nihon shoki, sous la dénomination himorogi, désignant un lieu purifié consacré à la dévotion des kami. Ce n'est que sous le règne de l'empereur Suijin (97-30 av. J.-C.) que sont érigés les premiers édifices destinés à abriter le shintai, ce lien entre l'apparition des premiers temples et le début de la culture des champs créant une association entre le culte du kami et la récolte à venir.

À partir de la seconde moitié de l'époque de Nara et jusqu'à l'époque Meiji, il n'était pas rare que des temples bouddhistes soient construits à l'intérieur ou à proximité de sanctuaires shintoïstes, une pratique appelée jinguji; celle-ci fut interdite en 1868, dans une tentative de séparer nettement les rites dédiés aux kami de ceux destinés aux bouddhas.

Description vignette|Plan d'un sanctuaire. À l'entrée d'un sanctuaire se trouve un portail généralement rouge appelé , séparant l'enceinte sacrée de l'environnement profane.. Après un possible , on accède à l'intérieur du sanctuaire, via l'allée, , bordée de lanternes appelées . Le long de l'allée se trouve généralement le , bassin couvert où les fidèles peuvent se purifier. On accède ensuite aux différents bâtiments du sanctuaire, sans toutefois y pénétrer : on trouve d'abord l'éventuel , le où l'on peut acheter des cartes ou plaques votives, des amulettes et autres divinations, l', et parfois le .

En fin d'allée, on accède aux principaux bâtiments devant lesquels se trouvent des statues de , comme parfois dans un temple bouddhiste. On accède alors au , situé devant le qui est entouré d'une .. Il peut également y avoir un , souvent intégré à l'un des deux bâtiments.

On trouve à l'intérieur du sanctuaire les symboles shinto classiques : et , utilisés pour marquer la présence d'un kami.

Le sanctuaire est gardé par les prêtres, appelés ou , et par leurs assistantes, les . Le prêtre en chef est appelé .

Au Japon, le nombre de sanctuaires est estimé à ., alors que le gouvernement japonais comptabilisait ayant une personnalité juridique en 2005..

Usages

Il est possible de s'incliner dès l'entrée du sanctuaire, devant le torii.. Il est d'usage ensuite de se purifier au en se lavant les mains et en se rinçant la bouche à l'aide d'une louche appelée . Cette purification, nommée , vise à se présenter devant le kami exempt de toute ou plus généralement de , péchés.. C'est une version simplifiée du ..

Il est accoutumé de faire un vœu à l'entrée du ou du après avoir fait sonner le , sorte de clochette géante, et fait offrande d'une pièce dans le . Il s'agit généralement d'une pièce de , qui se prononce comme le mot . Le vœu s’exécute lors d'une succession de gestes appelée , puisqu'il s'agit littéralement de « s'incliner deux fois, frapper dans ses mains deux fois, s'incliner une fois ». C'est après avoir frappé dans ses mains que l'on fait son vœu, en gardant les mains collées dans une position appelée , et l'on s'incline donc de nouveau, mains décollées.

On se rend ensuite au pour y déposer des .. On peut y acheter des , plaques votives en bois, des , cartes votives en papier, des , divinations écrites sur des bandes de papier que l'on achète sur place (au hasard), et que l'on peut attacher ensuite dans le sanctuaire pour conjurer le mauvais sort, des , talismans que l'on place dans la maison pour écarter les esprits malfaisants, ainsi que des . Il existe deux types d'amulette : les , grandes en papier, en bois ou en métal pour le kamidana, l'autel familial de la maison, et les , petites à porter sur soi. On peut de nouveau s'incliner devant le torii, face au sanctuaire, en partant.

Il s'y déroule annuellement des fêtes appelées , pendant lesquelles sont parfois organisées des processions de , et où l'on joue de la musique shintoïste.

Kamis populaires Les kamis les plus populaires, donnant souvent leur nom aux sanctuaires qui leur sont dédiés sont : Aso Ebisu Hachiman, on parle alors généralement de Inari Ko-no-Hana, vénéré dans les sanctuaires Asama (ou ) Kumano, ou Kumano Gongen Munakata, sœur d'Amaterasu Susanoo, dieu des tempêtes, fils d'Izanami et Izanagi, frère d'Amaterasu la déesse du soleil. La région d'Izumo abrite de nombreux sanctuaires qui lui sont dédiés, notamment celui de Yaegaki. Suwa Tenjin, vénéré dans des Tokugawa Ieyasu, fondateur du shôgunat au Japon, on parle alors de .

Notes et références

Bibliographie

John K. Nelson, A Year in the Life of a Shinto Shrine, University of Washington Press, 2015. R. A. B. Ponsonby-Fane, Studies In Shinto & Shrines, Routledge, 2014. Joseph Cali, John Dougill, Shinto Shrines: A Guide to the Sacred Sites of Japan’s Ancient Religion, University of Hawaii Press, 2012.

Voir aussi

Articles connexes Architecture shinto

Ishi no Hōden Liste de sanctuaires shinto japonais

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