Pierre-Henri Teitgen, né le à Rennes (Ille-et-Vilaine) et mort le à , est un juriste, professeur, résistant et un homme politique français.

Il est considéré comme l'une des plus importantes figures de la démocratie-chrétienne française de l'après-guerre.

Biographie Jeunesse et études Pierre-Henri Teitgen est le fils d'Henri Teitgen, ancien rédacteur en chef du quotidien régional L'Ouest-Éclair. En 1934, Il soutient sa thèse de doctorat à Nancy sur la police municipale  sous la direction du Doyen Louis Trotabas, « thèse pionnière » dans le droit administratif. La même année, il est nommé Professeur après sa réussite au concours d’agrégation de droit public dont il est reçu premier par le jury présidé par Achille Mestre. À 26 ans, il est alors le plus jeune agrégé de France.

Parcours vignette|gauche|Pierre-Henri Teitgen en 1946. Il est, avec François de Menthon, à l'origine de la création de la Revue Droit social éditée à partir de 1938.

Fait prisonnier de guerre en 1940, il s'évade et se replie en zone libre, à Montpellier. Depuis Montpellier il distribue le journal Vérités et contribue à la création de réseaux de résistance.Il se lie d'amitié avec Pierre Dumas (homme politique, 1891-1968)

Avec son père et deux personnalités historiques de la démocratie chrétienne, Georges Bidault et François de Menthon, il crée en 1942 le réseau Liberté, qui deviendra Combat. Il joue un rôle important dans la Résistance en devenant la même année le secrétaire général du Comité général des études, groupe d’experts chargé au nom du général de Gaulle de préparer les mesures immédiates à prendre dès la libération du territoire.

En 1943, il est révoqué de son poste de professeur à la Faculté de droit de Nancy par le gouvernement de Vichy.

À partir de 1944, il exerce les fonctions d'adjoint d'Alexandre Parodi, le délégué général du Comité français de libération nationale. Le matin du , il est arrêté par la Gestapo, en face du Bon Marché, en même temps qu'Alix d'Unienville. Torturé, il est envoyé en Allemagne par convoi ferroviaire dont il parvient à s'évader en .

Ministre de l'Information, il est chargé en 1944 par le général de Gaulle de trouver un directeur pour la reprise du journal Le Temps qui, victime de l'ordonnance du 30 septembre 1944 sur les titres ayant paru sous l'Occupation, a vu ses locaux réquisitionnés et son matériel saisi. Il sollicite Hubert Beuve-Méry, résistant et ancien journaliste du Temps et lui propose de s'installer dans les locaux du journal, 5 boulevard des Italiens, et de lancer un grand quotidien national d'information, le journal Le Monde. Par ailleurs, il travaille dès à l'élaboration d'une circulaire pour bâtir le monde de l'information d'après-guerre, appelée Cahier Bleu.

Élu député MRP d'Ille-et-Vilaine de 1945 à 1958, il est nommé le ministre de la Justice et chargé de l'épuration administrative. Le , il nomme ainsi le malouin Edmond Miniac avocat général à la chambre sociale de la Cour de cassation.

Il fait partie de l'aile gauche du Mouvement républicain populaire, parti d'inspiration démocrate-chrétienne qu'il préside de à . À l'issue de sa présidence, il remet, au du parti, à Montrouge, un rapport soutenant la politique répressive de Robert Lacoste en Algérie. Lors de son discours, il compare le nationalisme arabe au nazisme et tout compromis avec le FLN aux accords de Munich.

Il siège également à l'Assemblée commune de la Communauté européenne du charbon et de l'acier dès 1952.

Il est cité comme membre de la Fondation culturelle bretonne en 1957.

Il est de nombreuses fois ministre dans les gouvernements de la . Bien que membre du Comité consultatif constitutionnel en 1958, il devient critique à l'égard de la politique de Charles de Gaulle. Il soutient la tentative de candidature de Gaston Defferre à l'élection présidentielle de 1965.

Il est nommé professeur de droit à la Faculté de droit et de science politique de Rennes, puis à Paris.

En , il participe a un débat télévisé faisant suite à la diffusion d'un documentaire sur Pétain dans Les Dossiers de l'écran, sur Antenne 2, où défenseurs de Pétain et résistants sont opposés. D'après l'historien Laurent Joly, cette émission constitue un point de bascule dans l'évolution de la mémoire collective française sur la période de la Collaboration. Il pointe en particulier la prise de parole de Teitgen « ému aux larmes » qui insiste sur la responsabilité de Vichy dans le sort des Juifs de France pendant la Guerre et notamment la déportation des enfants juifs, face à l'avocat de Pétain, Jacques Isorni, qui « perd de sa superbe ».

En septembre 1976, il est nommé juge à la Cour européenne des droits de l'homme.

Vie privée Il est le frère de Paul Teitgen, résistant et secrétaire général de la police française à Alger pendant la guerre d'Algérie, et aussi le père de Francis Teitgen et de Pierre Yves qui fut directeur juridique du Figaro. Son épouse, née Jeanne Fonlupt le , est décédée à Saint-Palais (dans les Pyrénées-Atlantiques) le à 90 ans.

Fonctions gouvernementales Ministre de l'Information du gouvernement de Gaulle I (du au ) Ministre de la Justice du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du au ) Ministre de la Justice du gouvernement de Gaulle II (du au ) Ministre de la Justice du gouvernement Gouin (du au ) Ministre de la Justice du gouvernement Bidault I (du au ), il a pour mission l’organisation des procès des partisans de Vichy et des collaborateurs avec l'occupant allemand Ministre d'État, Vice-président du conseil du gouvernement Ramadier I (du au ) Ministre des Forces armées du gouvernement Ramadier II (du au ) Ministre des Forces armées du gouvernement Schuman I (du au ) Vice-président du conseil du gouvernement Marie (du au ) Ministre d'État chargé de l'Information du gouvernement Bidault II (du au ) Vice-président du conseil du gouvernement Laniel I du au Ministre de la France d'Outre-mer gouvernement Faure II (du au )

Décorations

par décret du

(2 citations) par décret du

Publications L'application du Droit communautaire par les juridictions françaises, Bruxelles, 1965 Cours de droit administratif européen, Paris, 1970 Cours de droit institutionnel communautaire. Structure et fonctionnement des communautés, Paris, 1976 Origines, objectifs et nature des communautés européennes, Paris, 1978 Faites entrer le témoin suivant, 1940-1958, de la Résistance à la , Ouest-France, 1988, 583.p.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie .

Articles connexes Famille Teitgen Georges Renard Gouvernement provisoire de la République française - Gouvernement de Gaulle I - Gouvernement de Gaulle II - Gouvernement Félix Gouin - Gouvernement Bidault I

Liens externes

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