David Hockney, né le à Bradford au Royaume-Uni et mort le à Londres, est un peintre, portraitiste et paysagiste, dessinateur, graveur, décorateur, photographe et théoricien de l'art britannique.

Figure majeure du mouvement pop art des années 1960, il est l'un des artistes britanniques les plus influents du . Utilisant des couleurs vives, acidulées, Hockney peint des portraits et des paysages où se mêlent peinture et photographie.

Biographie Origines, famille, études Né le à Bradford au Royaume-Uni., David Hockney est le quatrième des cinq enfants d'un couple modeste.

Il s'intéresse à la peinture et s'inscrit à l'école d'arts plastiques de Bradford à l'âge de onze ans. En 1955, il découvre Vincent van Gogh au musée de Manchester.

Son père, qui avait fait une école de beaux-arts avant de renoncer à sa passion, a été objecteur de conscience pendant la Seconde Guerre mondiale. David refuse quant à lui de faire son service militaire de 1957 à 1959. Sa mère est catholiqueÉric Dahan, « La fureur de peindre », Vanity Fair n° 47, juillet 2017, pages 60-65 et 105..

En 1959, il étudie au Royal College of Art de Londres, où il rencontre Allen Jones et Patrick Caulfield ; il en sort diplômé en 1962. Il commence sa carrière de peintre et fait un premier voyage en Égypte comme dessinateur de presse pour le Sunday Times.

En 1964, il découvre la Californie, les instantanés de Polaroid, la peinture acrylique, les vastes villas et leurs piscines qui deviennent un motif dans beaucoup de ses œuvres. Il s'installe en Californie. Il y rencontre , qui devient son amant et le sujet de nombreuses toiles. Il vit alors aux États-Unis jusqu'en 1968.

Paris et Californie vignette|redresse|Potelet de la ville de Winchester peint dans le style de A Bigger Splash. Éloigné des courants les plus avant-gardistes, David Hockney pratique un art figuratif presque expressionniste où se mêlent portraits, photographies et vidéos.

En 1963, année où il expose à la Biennale de Paris, ses œuvres deviennent plus autonomes et plus autobiographiques. Il peint des autoportraits, des portraits de ses parents, d'amis, des séries de scènes d'intérieur, de garçons sous la douche, de piscines, d'animaux en bois, de voyages. Il peint plusieurs œuvres faisant référence à l'homosexualité masculine, comme We Two Boys Together Clinging (1961), Cleaning Teeth, Early Evening (1962)Cette dernière est, de nos jours, conservée au musée d'Art contemporain Astrup-Fearnley d'Oslo, en Norvège ; voir sur afmuseet.no., qui figure deux hommes faisant un 69, ou encore Domestic Scene, Los Angeles (1963), représentant deux garçons se douchant ensemble. Il rencontre Andy Warhol à New York en 1963. Warhol lui rendra visite plus tard à Los Angeles et lui aurait suggéré de faire sa série de piscines.

Homosexuel revendiqué, il fréquente des bars gays. Il enseigne le dessin à l'université de l'Iowa, à l'université du Colorado à Boulder puis, en 1966, à l'université de Californie à Los Angeles.

Hockney revient vivre à Londres en 1968 par amour pour Peter Schlesinger, au moment du Swinging London. Cecil Beaton, Rudolf Noureev ou encore John Gielgud viennent poser dans son appartement. Il s'illustre aux présentations des collections du couturier , dont il est l'amant. Pour le magazine Vanity Fair :

Il s'installe ensuite à Paris pour y vivre. En 1973, Jack Hazan réalise un documentaire-fiction qui lui est consacré intitulé A Bigger Splash qui assoit sa notoriété internationale naissante (le film est primé au Festival international du film de Locarno) et se fait écho de la peinture qui présente les piscines californiennes dans les villas luxueuses.

En 1977, il pose nu avec le peintre Ron Kitaj en couverture de The New Review. vignette|BMW 850 CSi au BMW Art car (1995). David Hockney revient vivre et travailler à Los Angeles en 1978, lorsqu'il est atteint de surdité presque totale à l'âge de quarante ans.

Reconnaissance internationale En 1974, le musée des Arts décoratifs de Paris lui organise une première rétrospective.

En 1999, à Paris, le musée du centre Georges-Pompidou présente une rétrospective de son œuvre sur les paysages, intitulée « Espace/Paysage ». On voit les questions posées et les réponses que Hockney apporte, depuis les années 1960, à la représentation des paysages avec d'autres moyens que la perspective linéaire.

En 2003, il pose pour le peintre Lucian Freud.

Retour en Angleterre, puis installation en Normandie David Hockney revient en Angleterre en 2005 et vit dans l'Est du Yorkshire, la région de son enfance. Dans un vaste atelier, il peint des paysages en très grands formats. D'abord des aquarelles qu'il présente dans un seul cadre regroupant trente-six aquarelles, pour montrer l'ambiance générale des sites. Ensuite, il expose à Venice, en Californie en 2007, ses peintures en grands formats qui sont souvent composées de plusieurs toiles. Ses peintures n'ont pas qu'un seul point de vue comme un appareil photographique, mais plusieurs, l'œil humain donne beaucoup plus d'informations qu'une lentille photographique. C'est maintenant son but de montrer un paysage lisible avec des points de vue différents, afin de permettre au « regardant » d'entrer dans le paysage pour le ressentir comme le peintre.

Il s'intéresse aussi aux œuvres numériques. En 2010 il expose à Paris, à la fondation Pierre Bergé - Yves Saint-Laurent, ses œuvres réalisées sur iPhone et iPad, il met aussi en avant la possibilité sur les logiciels de rediffuser le processus créatif, déclarant : (en référence au film Le Mystère Picasso d'Henri-Georges ClouzotSylvie Veran, « Pablo le magnifique », TéléObs, 5 mars 2015Ce processus existe en fait au moins depuis le début du dessin animé (à vérifier : Émile Reynaud, années 1890), Winsor McCay l'utilise en 1911 (), et est également très populaire dans le numérique depuis 2001, avec OekakiBBS, sur internet avec l'oekaki (『ネットランナー』 2001年12月号 ソフトバンク・パブリッシング 2001年12月1日 「ポスト2ちゃんねるを探せ!」内 p.50), . On peut également citer la série d'émission de l'ORTF « Tac au tac » dans les années 1960 à 1970 qui invitait différent grands dessinateurs de bande dessinée à créer des œuvres en commun selon différentes contraintes.).

Le , il est nommé par la reine Élisabeth II membre de l’ordre du Mérite britannique.

Une grande exposition s'ouvre le à la Royal Academy de Londres, « A Bigger Picture » qui montre de grandes œuvres sur le thème du paysage anglais. Ce sont surtout de très grands formats mais il montre aussi des œuvres réalisées sur un iPad dont il use comme un carnet de croquis avec des possibilités plus étendues. Plus surprenante, la perception d'un paysage par 18 caméras placées à différents points de vue. Il poursuit son exploration de la reproduction des paysages, commencée il y a une cinquantaine d'années, sans se contraindre à la perspective. C'est le cas pour sa toile Chaises longues inspirée d'une vision de l'artiste française Ludivine Thiry. Il multiplie les points de vue sur un assemblage de plusieurs toiles et pense que la peinture est seule à pouvoir donner cette lecture d'un paysageL'exposition dure jusqu'au à Londres, puis elle est installée au musée Guggenheim à Bilbao pour l'été 2012, et se poursuit au musée Ludwig à Cologne en Allemagne du au ..

En , son assistant Dominic Elliott meurt accidentellement dans sa maison après une fêteVoir sur fr.blouinartinfo.com..

Dernières années

En 2017, le Centre Pompidou en collaboration avec la Tate Britain de Londres et le Metropolitan Museum de New York présente la plus complète exposition rétrospective consacrée à l’œuvre de David Hockney.

En 2019, il s'installe à nouveau en France., des décennies après avoir résidé à Paris, avec son compagnon Jean-Pierre Gonçalves de Lima..

En 2025, la fondation d'entreprise Louis-Vuitton à Paris regroupe près de 400 œuvres de l'artiste, réalisées entre 1955 et 2025.. Cette exposition inédite rassemble des peintures, des dessins, des œuvres numériques et des installations issues de l'atelier du peintre, de la fondation Vuitton ou encore de collections institutionnelles, internationales et privées.

David Hockney meurt à Londres le , à .

Vie personnelle Il noue une relation avec , tant professionnelle qu'amoureuse. Il a également été l'amant d'. Ses deux autres relations amoureuses importantes sont Gregory Evans et John Fitzherbert. À propos du mariage, il déclare :

Il a plusieurs fois pris position pour les droits LGBT.

Résidences Il habite généralement et longtemps à partir de 1979 dans une maison hollywoodienne qui a appartenu à l'acteur Anthony Perkins, travaillant entre la Californie, le Royaume-Uni (au milieu des années 2000, il vit temporairement à Bridlington) et Paris.

Il s'installe de 2019 à 2023 dans le pays d'Auge, en Normandie (dans un village du Calvados, RumesnilVoir sur ouest-france.fr., à une trentaine de kilomètres à l'est de Caen), avant de retourner vivre à Londres en , en partie pour être proche d’un hôpital en cas d’urgence.

Santé David Hockney présente une forme de synesthésie qui lui fait associer des couleurs à la musique... Il est devenu sourd en 1978 à l'âge de quarante ans.

Décorations Membre de l'ordre des compagnons d'honneur (CH) en 1997 Membre de l'ordre du Mérite britannique en 2012

Peinture et photographie En 1970, Hockney crée pour la première fois ce qu’il appelle les Joiners c’est-à-dire des photographies assemblées « en jointure ». Il prend en photo une scène sous différents angles puis place les photographies les unes à côté des autres afin de recréer une image.

Cette citation de David Hockney dans son livre David Hockney, Cameraworks, aide à comprendre ses motivations, concernant la réalisation de ses Joiners :

Aussi, comme l’explique Hockney, notre œil ne capture pas d’un coup l’image entière. On est obligé de regarder plusieurs fois la chose pour ensuite former une image dans notre esprit. Les Joiners recréent ce processus de perception : l’image complète repose sur le collage de plusieurs petites images que notre œil saisit puis assemble. Cette image mentale repose alors sur notre capacité à nous remémorer ce que nous avons vu auparavant. Hockney s’est donc beaucoup intéressé au fonctionnement de la mémoire et a remarqué que c’est elle qui joue un véritable rôle dans la perception du monde.

Par ailleurs, la perception cubiste du monde l’a beaucoup intéressé car le cubisme s’attache à représenter un objet sous différents points de vue. Ces photocollages réalisés à l’aide d’un Polaroid s’inspirent du mouvement cubiste puisqu’ils rassemblent plusieurs points de vue au sein d’une même image, comme on peut le voir dans son œuvre Don + Christopher, Los Angeles, 6th March 1982. Ceci fait écho à sa volonté de créer une image qui soit telle que le spectateur la voit et non telle que la photographie la représente, comme le prouve la citation de Alain Sayag dans le catalogue d’exposition David Hockney, photographe :

Ensuite, en , Hockney achète un appareil photo classique car il veut renoncer aux collages qui forment un quadrillage à cause des cadres blancs des photographies polaroïd. Dès lors, il s’attache à créer des images qui ne sont pas limitées par un cadre comme il le dit pour l’article « Entretien avec David Hockney » de Patrick Mauriès publié dans le journal Libération : « Ce que m’a fait découvrir la photographie, c’est que nous ne sommes limités que par le ciel et par nos pieds, jamais sur les côtés. »

Le photocollage de sa mère appelé My Mother, Bolton Abbey, Yorkshire, Nov. 1982 illustre bien cette citation car le cadre a totalement disparu et son image est limitée par les propres pieds de l’artiste en bas et par le ciel. Les côtés ne forment pas une ligne verticale, ce qui montre bien que la vue sur les côtés est illimitée.

Ainsi, même si Hockney se méfie de la photographie, il s’en sert pour créer des œuvres inédites et il est important de signaler qu’il l’utilise également comme modèle pour élaborer ses peintures.