La Garonne ( ; en occitan, catalan et espagnol) est un fleuve principalement français qui prend sa source dans les Pyrénées espagnoles et coule sur , passant notamment par les villes de Toulouse et de Bordeaux, avant de se jeter dans l’océan Atlantique ; son estuaire commun avec la Dordogne s’appelle la Gironde. Le fleuve a donné son nom aux départements français de Haute-Garonne, Lot-et-Garonne et Tarn-et-Garonne.
Hydronymie
Les formes anciennes de la Garonne sont bien connuesDUTRAIT (M.) La Garonne maritime et le Médoc d'après les œuvres d'Ausone. Bull. Société de Géographie Commerciale de Bordeaux, ser. 2 (1897), p.45. : - en grec, Garounas (Strabon, v. 10 ap. J.-C.), Garouna, Garuna, Garunas, Garina (Ptolémée, v. 150 ap. J.-C.), Garunna, Garounna (Marcien d'Héraclée v. 470); - en latin, Garumna (Jules César. - 52 av. J.-C.), Garunna (Pline l'Ancien v.100 ap. J.-C.), Garumna, Garunna, Garonna, Garona (Pomponius Mela v.43 ap. J.-C.), Garunda (Sidoine Apollinaire v. 460), Gyrunda, Gyriunda 1242, Garunna 1480, Gironda 1557.
Garonne et Gironde seraient des variantes dialectales. L'alternance -nn- / -nd- a été souvent constatée en gaulois, et c'est elle qui différencie le celtique -onna et le latin unda « eau ».
Le premier élément de Garonne pourrait provenir soit d'un radical proto-basque (k)harr *gar- « pierre, rocher, montagne », variante de *kar- et de *gal-, soit, plus vraisemblablement, d'un radical bilabialLouis Remacle, La différenciation des géminées MM, NN, en MB, ND , 1984, p. 52. *gw-ar- qui expliquerait mieux les différentes variantes observées.
Le second élément est aussi un suffixe hydronymique -onna (onno « fleuve », est cité comme gaulois dans le glossaire d'Endlicher).
Selon la première hypothèse, Garonne signifierait « la rivière du roc, la rivière caillouteuse » et aurait une origine proto-basque. Selon la seconde, elle signifierait « la rivière de (Celle de) l'Eau », divinisation du cours d'eau bien connue chez les CeltesAlbert Carnoy, « La Divinisation des rivières et la toponymie. » in L'antiquité classique, 1951, t. 20, pp. 103-106.Jacques Bonnin, L'Eau dans l'Antiquité, 1984, ..
La Garonne s'appelle en occitan .
Remarque : garona dans le fabla aragonés (ou patois aragonais, fabla signifiant « patois ») est un nom commun. En effet, l'une des sources de la Garonne se trouve dans la comarque de la Ribagorce, qui appartient à la province de Huesca, et donc à l'Aragon (communauté autonome). En fabla aragonés, garona possède plusieurs sens : « site inondé, détrempé ou rempli d'eau » ( La cosina esta feta una garona « la cuisine est inondée »), « rivière torrentielle », « personne au fort tempérament ou colérique ». ( La muller yera feta una garona).
Géographie Le cours de la Garonne La Garonne est partagée en plusieurs parties, d'amont en aval : un parcours montagneux de direction Sud-Nord, depuis sa formation dans les Pyrénées centrales espagnoles ; un parcours de piémont de direction Ouest-Est, longeant la chaîne centrale pyrénéenne ; un premier parcours de plaine de direction sud-ouest - nord-est, jusqu'à la confluence avec l'Ariège et la ville de Toulouse ; un second parcours de plaine de direction sud-est - nord-ouest jusqu'à Bordeaux ; l'embouchure à partir de la ville de Bordeaux et de la confluence avec la Dordogne jusqu'à l' océan Atlantique.
Le point triple entre les trois lignes de partage des eaux de la Garonne, de la Loire et du Rhône se trouve en Lozère à un « sommet » du mont Planas (, altitude : ) sur la commune d'Allenc très proche de la limite avec celle de Belvezet, au nord-ouest du « Carrefour de la Pierre Plantée » avec un menhir à proximité.
Les sources Selon les auteurs, trois sources distinctes peuvent être reconnues pour la Garonne : pour les Aranais du Val d'Aran, la véritable source, lUelh dera Garona (œil de la Garonne), se situe dans les pâturages du Plã de Béret (, altitude : ), à proximité de la station de ski Baqueira Beret ; d'après Norbert Casteret., la source principale se trouve à l'est du massif de la Maladeta (, altitude : ), en Aragon, depuis les névés nord et est du pic d'Aneto, dont l'eau s'engouffre au Forau d'Aigualluts ou trou du Toro (, altitude : ), pour changer de vallée par une résurgence aux Uelhs de Joeu (Yeux du juif) (, altitude : ). C'est l'Arriu Joeu ; enfin, l'Arriu Garona de Ruda puis Arriu de Saboredo venant des lacs de Saboredo (, altitude : ), passant à proximité du port de la Bonaigua. Cette branche serait la plus longueEncyclopédie Larousse, La Garonne, https://www.larousse.fr/encyclopedie/riviere-lac/la_Garonne/111428 . C'est la Garonne orientale. Nota : il existe aussi l'Arriu Unhòla, qui remonte au pied du Plan de Beret vers le nord et la frontière française, et n'est considéré que comme un affluent, alors que son cours est bien plus long.
Montagne et piémont vignette|droite|La Garonne dans sa traversée du village de Bossòst.
Le fleuve se dirige au nord, entre en France au Pont du Roy à Fos. La longueur de son parcours restant en France jusqu'à l'embouchure est de .
Il reçoit ensuite la Pique descendue des massifs de Luchon. Il quitte les Pyrénées après avoir arrosé le site antique de Saint-Bertrand-de-Comminges, puis il reçoit la Neste à Montréjeau, change de direction pour se diriger vers le nord-est en une large vallée (plaine de Rivière), il arrose Saint-Gaudens, franchit les Petites Pyrénées entre Saint-Martory et Martres-Tolosane, reçoit le Salat descendu de Saint-Girons.
La vallée de la Garonne La vallée très large s'étage en terrasses alluviales étagées sur la rive gauche (basse et relativement plate, par rapport à la rive droite plus haute et plus escarpée), cette dissymétrie traduisant, lors des phases de remblaiement fluviatile, une migration progressive du cours du fleuve vers le nord et vers l'est.
Le fleuve traverse Muret, reçoit l'Ariège à Portet-sur-Garonne pour atteindre Toulouse où il change de direction en se dirigeant au nord-ouest pour se jeter dans l'Atlantique à son embouchure en commun avec la Dordogne où les deux fleuves forment l'estuaire de la Gironde.
Entre Toulouse et Bordeaux, le fleuve traverse Agen et reçoit ses principaux affluents sur la rive droite, le Tarn et le Lot issus du système hydrologique du Massif central.
Le fleuve est navigable de l'océan à Langon. Un canal latéral a été construit au pour joindre Langon (Castets-en-Dorthe) à Toulouse (liaison avec le canal du Midi de Toulouse à Sète). La marée se fait sentir jusqu'à Casseuil, soit en amont de Langon. Des oscillations caractéristiques sont aussi observables à La Réole, plus amont (lorsque le débit est suffisamment faible)..
Des Pyrénées à Toulouse, le fleuve est aménagé pour l'industrie hydroélectrique. Dans le dernier quart du , deux centrales nucléaires sont implantées sur les rives : la centrale nucléaire du Blayais ; la centrale nucléaire de Golfech.
Départements et principales villes traversés Val d'Aran (Espagne) : Vielha e Mijaran Haute-Garonne : Montréjeau, Saint-Gaudens, Muret, Toulouse, Blagnac Tarn-et-Garonne : Verdun-sur-Garonne, Castelsarrasin Lot-et-Garonne : Agen, Tonneins, Marmande Gironde : La Réole, Langon, Bordeaux
Principaux affluents
En descendant le cours du fleuve, on rencontre les affluents suivants, de plus de de long :
Diagramme comparatif des bassins versants des principaux affluents, supérieurs à :
L'Estuaire À Bordeaux, le fleuve est très large et sous l'influence des marées. À marée montante se forme un mascaret qui remonte le fleuve. L'eau salée de l'océan remonte à Bordeaux en période d'étiage, quand le mascaret peut être observé jusqu'en amont de Cadillac en périodes de grandes marées.
Hydrographie vignette|La Garonne à la fin de l'été au sud de Toulouse. Dans sa partie supérieure, à l'amont de Toulouse, son débit dépend de l'enneigement et de la fonte des neiges et, dans sa partie inférieure, elle a une alimentation pluviale due à ses principaux affluents.
La Garonne alimente aussi plusieurs canaux : le canal de Saint-Martory avec la prise d'eau à Saint-Martory, prélève au fleuveSite de la préfecture de la Haute-Garonne, page sur l'irrigation ; le canal latéral à la Garonne avec la prise d'eau à Toulouse par le canal de Brienne.
Crues de la Garonne vignette|droite|Vue sur un dégueuloir du Pont-Neuf de Toulouse. Grâce à son architecture, l'ouvrage tint bon lors de la crue de 1875. vignette|Crue de la Garonne de 1930, rupture de la matte à Thivras (Marmande).
À Toulouse, la Garonne a subi de nombreuses crues, notamment depuis que sa rive gauche est habitée. Il y aurait ainsi eu des crues vers 1177, en 1220, en 1258, en 1430, en 1523, en 1536 et en 1589, en 1608, en 1658, en 1673, en 1675, en 1709, en 1712 l'Errata 1, en page 454, en 1727, en 1750, en 1772, 1788, 1804 et 1810, et en 1827 et en 1835, en 1855, en 1856Les drames de l'inondation à Toulouse / Théophile Astrié Auteur : Astrié, Théophile Éditeur : Arnaud et Labat (Paris) Éditeur : Librairie centrale (Toulouse), 1875 gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5778575j.
À Toulouse, les principales crues de la Garonne répertoriées sont : en 1772, la Garonne atteint 8 mètres 50 ; en 1827, la Garonne à quatre mètres au-dessus du niveau ordinaire remplit les arches du pont de Pierre ou Pont neuf ; en 1835, la Garonne monte à cinq mètres 35 au-dessus de l'étiage et passe par les quatre lunes du pont : à Toulouse Pont-Neuf ; en 1855 : à Toulouse Pont-Neuf ; en 1875 : à Toulouse Pont-Neuf (ou d'après Vigicrue) ; en 1879 : à Toulouse Pont-Neuf en 1890 : à Toulouse Pont-Neuf en 1900 : à Toulouse Pont-Neuf en 1905 : à Toulouse Pont-Neuf en 1927, particulièrement imposante après le confluent de la Garonne avec le Lot (dont elle est restée crue de référence), insignifiante en amont. en 1952 : à Toulouse Pont-Neuf en 1977 : à Toulouse Pont-Neuf en 2000 : à Toulouse Pont-Neuf en 2004 : à Toulouse Pont-Neuf en 2022 : à Toulouse Pont-Neuf le 11 janvierClémence Fulleda, « Intempéries en Haute-Garonne : la Garonne à plus de 4 mètres à Toulouse, des écoles fermées, le point ce mardi » », France Bleu Occitanie, 11 janvier 2022
En 1777, la Garonne subit une crue extraordinaire au point que le curé de Bourdelles prit la peine de retranscrire l'événement, à la fin des actes de l'année, dans le registre paroissial des baptêmes, mariages et décès :
En février 2026 les départements de la Gironde et du Lot-et-Garonne sont restés en vigilance rouge crue-inondation pendant une durée record de 206 heures. Une hauteur de crue a été mesurée à 10,33 m à Marmande le 14 février. Des digues se sont rompues à Sainte-Croix-du-Mont (50 personnes évacuées), à l'Aiguillon (535 personnes évacuées), à Cadillac-sur-Garonne (1 000 habitants évacués), à La Réole.
Hydrologie - les débits La Garonne au Mas-d'Agenais Le débit de la Garonne a été observé sur une période de 76 ans (1913-1988), au Mas-d'Agenais, localité du département de Lot-et-Garonne située à une douzaine de kilomètres en amont de la ville de Marmande. La surface prise en compte est de , ce qui correspond à près de 95 % du bassin versant total du fleuve qui fait plus ou moins .
Le module du fleuve au Mas-d'Agenais est de (plus que la Seine à son embouchure qui fait plus ou moins ).
La Garonne présente des fluctuations saisonnières de débit bien marquées, mais pas excessives. Les hautes eaux se situent en hiver et au printemps, et se caractérisent par des débits mensuels moyens allant de 832 à , de décembre à mai inclus (avec un léger sommet en février). Dès fin mai, le débit diminue progressivement ce qui mène aux basses eaux d'été. Celles-ci ont lieu de juillet à octobre inclus, et s'accompagnent d'une baisse du débit mensuel moyen jusqu'au niveau de au mois d'août, ce qui reste considérable. Mais les fluctuations de débit sont plus importantes selon les années, ou observées sur de courtes périodes.
Étiage ou basses eaux