Lignières anciennement Lignières-en-Berry, est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire.
Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par l'Arnon, l'Étang Villiers, la Fausse et divers autres petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé d'un site Natura 2000 et deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique. La « basse vallée de l'Arnon » est une zone spéciale de conservation abritant la plus vaste des deux stations de Fritillaire pintade de la région Centre-Val de Loire dans les prairies inondables en rive de l'Arnon.
Ses habitants sont appelés les Lignérois et Ligniéroises.
Lignières est une commune rurale qui compte en , après avoir connu un pic de population de en 1881.
Le patrimoine architectural de la commune comprend deux immeubles protégés au titre des monuments historiques. Le château de Lignières, une grande demeure construite à partir de 1654 par François Le Vau avec douves et communs, est classé en 1935. L’église Notre-Dame, une basilique à trois vaisseaux avec coupole sur trompes et absidioles, est inscrite en 1926.
Géographie La commune se situe dans le sud-ouest du département du Cher, à à vol d'oiseau au sud-sud-ouest de Bourges, à à l'est-sud-est de Châteauroux et à à l'ouest-nord-ouest de Saint-Amand-Montrond.
La ville est assise sur l'Arnon, rivière qui à Lignières se divise en plusieurs bras, restes de la structure défensive de l'ancien château fort de la famille de Beaujeu. La ville s'est établie autour de ce castrum qui formait une importante place forte du Berry à la limite entre le Boischaut Sud et la Champagne berrichonne.
Localisation
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Ouest et nord-ouest du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 900 à , maximale en automne et en hiver. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Lignières est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (62,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (63,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (53,8 %), forêts (26,6 %), terres arables (7,2 %), zones urbanisées (6,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (4,4 %), zones agricoles hétérogènes (1,8 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Lignières est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment l'Arnon et l'Étang Villiers. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1994, 1999 et 2001, partie 1 - chapitre Risque inondation..
vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Lignières. La commune est vulnérable au risque de mouvements de terrains constitué principalement du retrait-gonflement des sols argileux, partie 1 - chapitre Mouvements de terrain.. Cet aléa est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 97,6 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (90 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 924 sont en aléa moyen ou fort, soit 100 %, à comparer aux 83 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2018 et 2019 et par des mouvements de terrain en 1999.
Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est en effet susceptible d’avoir des effets graves au bâti ou aux personnes jusqu’à , selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..
Toponymie Contrairement aux autres villes de ce nom celui-ci, anciennement graphié « linières », n'indique pas une activité liée au bois (la « ligne » ; ce qui ne la singulariserait pas puisqu'elle se trouve dans le Boischaut Sud, la partie du Berry réputée de longue date pour l'exploitation du bois) mais il s'agit d'un ancien linaria, un « lieu où on travaille le lin »., fabrication locale d'antan.
Histoire Moyen Âge La ville est sise sur une zone d'occupation ancienne : on trouve dans cette zone des traces d'implantation remontant à l'époque gallo-romaine. Le village de Lignières s'est développé autour d’un château en 1040 construit à l’écart du village plus ancien de Saint-Hilaire-en-Lignières. Le nouveau village installé autour du château se développa et finit par devenir plus important que l’ancien, qui changea de nom en conséquenceArchives départementales de l’Indre, Berry médiéval : à la découverte de l’Indre au Moyen Âge, catalogue d’exposition, Châteauroux, Archives départementales de l’Indre, 2009, ..
Si la ville eut une certaine importance stratégique et économique dans le Berry, du fait de sa position centrale entre Saint-Amand-Montrond et Issoudun (toutes deux à environ) ou entre Bourges et Châteauroux (à environ ), les quatre principales villes du duché de Berry, elle est surtout connue par la présence de sainte Jeanne de France (1464-1505), duchesse de Berry, fille de Louis XI, créatrice de l'Ordre des Sœurs de l'Annonciade, béatifiée en 1774 et canonisée en 1950. Jeanne fut envoyée dès l'âge de cinq ans au château de Lignières et fut élevée par François de Beaujeu, seigneur de Lignières, et son épouse Anne de Culan. Elle passa une part importante de sa vie dans cette ville, y compris durant les 22 années où elle fut officiellement mariée à Louis duc d'Orléans, le futur Louis XII, mais où elle ne vit guère son époux.
Du , le fief est tenu par les chevaliers de Li(g)nières-en-Berry, une importante famille féodale berrichonne dont la généalogie est donnée par le Père Anselme. et l'abbé Moréri., et dont firent partie au le Grand-queux Jean V, fils du Grand-queux Philippe, fils lui-même de Jean IV de Linières, jusqu'au mariage en 1431 de la dernière héritière de la lignée, Jacqueline, fille de Jean V de Lignières, avec Édouard de Beaujeu-Amplepuis., un cadet des sires de Beaujeu, attaché aux Bourbon et aux Orléans.
Jacques de Beaujeu-Amplepuis (mort en 1542), fils d'Edouard de Beaujeu et Jacqueline de Lignières, hérite de la seigneurie de Linières. Antoinette d'Amboise, fille de Guy d'Amboise, neveu de Jacques de Beaujeu-Amplepuis, est l'héritière de Lignières après sa tante Catherine d'Amboise.
D'après le Père Anselme et l'abbé Moréri, - Eudes de Linières restitue au l'église de Fougerolles à l'abbaye de Chezal-Benoît ; il a pour fils : - Seguin (fl. vers 1070), père de - Géraud (aussi seigneur de Rezay et de Thevet ; marié à Karole), lui-même père de - Jean de Linières (fl. 1113 ; marié à Aénor/Adenorde, possible fille de Sulpice d'Amboise) Le fils de Jean et d'Aénor, - Guillaume de Lignières (fl. 1148 ; il combat aux côtés de Sulpice II contre les comtes d'Anjou) ; frère de Géraud, trésorier de Tours, il semble le père de : - Jean II de Linières († ap. 1200 ; frère d'Eudes qui vivait en 1177) ; il combat Raoul VI prince de Déols et incendie vers 1175 le prieuré de Bertenoux, ce qui lui vaut l'excommunication par l'archevêque de Bourges ; marié à Alix, d'où : - Guillaume II de Linières († av. 1227 ; frère de Jean et Pierre de Linières, on le dit marié à Hersende, fille d'Hervé II de Vierzon), père de - Guillaume III († ap. 1262 ; frère d'Aénor de Linières), lui-même époux d'une Marguerite et père de : - Guillaume IV de Linières († ap. 1289) ; fondateur en 1268 du prieuré St-Hilaire de Linières), marié à Jeanne, fille héritière d'Urson/Orson III de Nemours-Villebéon, sire de Méréville, d'Aschères et Rougemont, et de Brécy, et père de : - Jean III de Linières († 1338) ; frère de Jeanne de Linières qui marie Pierre de Blanchefort ; hérite des fiefs paternels et maternels et marie Florie ; dont : Godemar de Linières († 1340) ; x 1° ~ 1320 Agnès/Marie de Sancerre-Sagonne, petite-fille du comte de Sancerre Jean ; et x 2° Marguerite de Précigny-Laleu, dame de Marans et de Bridoré :