Panétios de Rhodes est un philosophe stoïcien (-Lucien Jerphagnon, Histoire des grandes philosophie, éd. Privat, 1973, 76.). Il relève, dans le mouvement stoïcien, du moyen-stoïcisme, qu'il instaure : Panétios mettait la physique au début de la philosophie. Il sera suivi par son disciple Posidonios.
Son nom est parfois orthographié Panaïtios, Panétius voire (forme latine). Séleucus le grammairien, dans Livre de la PhilosophieLivre Premier, d'après Diogène Laërce, mentionne qu'un Platon, de Rhodes également, fut disciple de Panétios. Il y a eu aussi un péripatéticien de ce nom, disciple d'Aristote.
Biographie Panétios est né à Lindos, sur l'île de Rhodes, après Il étudia à Pergame chez Cratès de Mallos, et à Athènes auprès de Diogène le Babylonien et Antipater de Tarse, deux stoïciens.
Il se rendit à Rome, auprès de l’historien grec Polybe. En -146, il devint le conseiller principal de Scipion Émilien, général romain qui pacifia l'Espagne. Il eut comme disciples romains Mucius Scaevola, Quintus Aelius Tubero et Aelius Stilo, qui devint maître de Varron.
Vers -129, il devint, à Athènes, à la mort d’Antipatros de Tarse, le cinquième scholarque de l'école stoïcienne. Il eut Athénodore le Cananite, Hécaton de Rhodes, pour disciples athéniens , qui fut son successeur comme scolarque du Portique.
Panétios mourut à Athènes vers
Philosophie Panétios cherche à concilier le stoïcisme et le platonisme(Cicéron, Des termes extrêmes, IV, 79)..
Sur de nombreux points il rompt avec les dogmes stoïciens. . Il se défie de la mantique (la divination) et nie l'immortalité de l'âme. Il reconnaît en nous, à côté des impulsions de l'instinct premier, des tendances fondamentales où s'associent nature et raison. Il aboutit à un humanisme, il tend à une sérénité morale faite de calme, de mesure, d'harmonie.
Chaque homme a plusieurs rôles (personae) à jouer, selon qu'il considère sa fonction d'homme en général ou des fonctions particulières dans la société. Cicéron écrira la phrase : De officiis(I, 99). Ainsi apparaît, à partir d'une théorie des rôles qui annonce la sociologie moderne, la première valorisation de la personne )Persona : rôle..
Mais cette conception de l'humain est liée à toute une philosophie de la civilisation (cultus). Cette philosophie insiste d'abord sur la hiérarchie des devoirs qui lient l'individu à autrui (selon qu'il agit dans sa famille, dans sa patrie, dans l'univers). Cela influencera très fortement l'universalisme rationaliste des philosophes du (dont Montesquieu).
La pensée de Panétios nous intéresse aussi par sa conception du travail humain. D'une part l'auteur montre que l'activité manuelle des hommes est capable de compléter l'œuvre de la nature ; d'autre part, Cicéron, qui s'inspire du traité de Panétios, devait avoir des conséquences d'extrême importance sur la pensée des économistes du : etc.)(Alain Michel, in Histoire de la philosophie, Gallimard, coll. "Pléiade", t. I, 1969, )..
Postérité Cicéron donne lui-même des indications sur ses sources bibliographiques, grecques comme toujours en matière de philosophie. Il déclare dans son De Officiis qu'il suit les idées stoïciennes, tout en gardant sa liberté de penséeI, 6 ; III, 20. Plus loin, il précise que Panétios de Rhodes est sa principale source, tout en signalant des lacunes chez Panétios, sur la définition du devoir, le départage entre deux choix estimés tous deux honnêtes, puis entre deux choix utiles, et surtout la question du conflit entre l' et l'utile, objet du livre IIIII, 60 ; III, 7.
Ses ouvrages
Les Devoirsen grec ancien (parfois traduit par De la tranquillité de l'âme), dont s'est inspiré Cicéron pour son Traité des Devoirs
Selon Diogène LaërceVies, doctrines et sentences des philosophes illustres, livre IX, il a écrit Du Calme.
Bibliographie Sources Cicero, De Officiis/Traité des Devoirs, traduit par Henri Joly (annotation et révision par Cyril Morana pour l'édition de 2010 aux Mille et Une Nuits (-44) Cicero, Sur la nature des dieux. De natura deorum (-44).
Fragments de Panétios Panaetii Rhodii Fragmenta, édi. Modestus Van Straaten, Leyde, 1952. Modestus Van Straaten, Panétius, sa vie, ses écrits, sa doctrine, avec une édition des fragments, Amsterdam, 1946. F. Alesse, Panezio di Rodi. Testimonianze, Naples, 1997.
Études sur Panétios B. Tatakis, Panétius de Rhodes, Paris, 1931. M. Van Straaten, Panétius, sa vie, ses écrits, sa doctrine, avec une édition des fragments, Amsterdam, 1946. M. Pohlenz, Die Stoa, Göttingen, 1959, t. I. Les Stoïciens, Gallimard, coll. "Pléiade", 1962, p. XXXIX-XLIII (préface de Pierre-Maxime Schuhl).
Notes et références
Liens externes
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