La famille de Linange (en allemand : ), est une famille comtale puis princière allemande issue du Palatinat du Rhin. Elle tire son nom de la localité de Leiningen, en Rhénanie-Palatinat, et possède historiquement ses premiers sièges à Altleiningen et Neuleiningen, dans la Forêt palatine. La maison de Linange détient au Moyen Âge et à l'époque moderne plusieurs possessions dans le Palatinat, en Alsace et en Lorraine, notamment le comté de Dabo et Réchicourt-le-Château, avant l'élévation d'une branche au rang princier dans le Saint-Empire romain germanique en 1779.
Origines La famille de Linange appartient au groupe aristocratique des Émichonides, implanté dans les régions de la Nahe, du Wormsgau et du Lahngau. Le premier membre attesté comme comte de Linange est Emich, mentionné en 1128. Il fonde vers 1120 la maison comtale, avec l'établissement du château de Leiningen, appelé par la suite Altleiningen, et du monastère de chanoines réguliers de Höningen, fondation religieuse familiale.. Le rattachement plus ancien à Emich de Flonheim, participant à la Première croisade en 1096 et responsable de violences contre les communautés juives de Rhénanie, relève du contexte familial des Émichonides, mais le lien généalogique direct avec les premiers comtes de Linange n'est pas établi.. Histoire Moyen Âge À partir du , les comtes de Linange développent un ensemble territorial composé d'alleux, de fiefs impériaux, ecclésiastiques et princiers. En 1205, le roi Philippe de Souabe leur accorde l'avouerie de l'ancienne abbaye de Limbourg, ce qui renforce leur position dans le Palatinat. L'étude d'Ingo Toussaint, consacrée à la généalogie et à l'histoire territoriale des comtes de Linange jusqu'au partage de 1317-1318, constitue une source moderne de référence sur la période médiévale.. Cette recherche a été signalée comme une étude de première main corrigeant plusieurs erreurs et interprétations anciennes.. La première maison comtale s'éteint vers 1212-1214 avec le comte Frédéric Ier. La succession passe alors à Frédéric de Sarrebruck, fils de Liutgarde de Linange et du comte Simon II de Sarrebruck. Il prend le nom de Frédéric II de Linange et reprend les armes de la maison, fondant ainsi la seconde maison de Linange. Cette transition s'accompagne du développement de la Hardenburg, construite pour protéger les droits issus de l'avouerie de Limbourg.. Le fils de Frédéric II, Frédéric III, obtient une partie de l'héritage du comté de Dabo après l'extinction des comtes de Dabo-Eguisheim et la mort de Gertrude de Dabo en 1225. En 1241, l'empereur Frédéric II reconnaît à Frédéric III de Linange des droits sur Dabo.. Cette possession donne à la maison de Linange un ancrage durable dans l'espace vosgien et lorrain. En 1285, dans Le Tournoi de Chauvency, le trouvère Jacques Bretel mentionne Emich et Ferri de Linange parmi les chevaliers présents au tournoi organisé par le comte de Chiny à Chauvency-le-Château. Le poème constitue un témoignage littéraire important sur la noblesse lorraine et rhénane de la fin du .. Les armoriaux modernes du tournoi identifient notamment Emich de Linange et Ferri, ou Frédéric, de Linange, avec les armes aux trois aigles.. Le partage de 1317-1318 sépare durablement deux grands rameaux : Linange-Dabo et Linange-Hardenburg, appelé aussi Linange-Hartenburg dans plusieurs sources allemandes. La ligne ancienne de Linange-Dabo s'éteint en 1467 avec le landgrave Hesso de Linange-Dabo, qui avait obtenu en 1444 de l'empereur Frédéric III une dignité princière personnelle. Sa sœur Marguerite, mariée à Reinhard III de Westerburg, transmet une part importante de l'héritage à son fils, qui prend en 1475 le nom de comte de Linange-Westerburg. La ligne de Linange-Hardenburg conserve pour sa part des droits à Dürkheim et dans le comté de Dabo. Époque moderne Au , les comtes de Linange-Hardenburg cherchent à préserver leurs droits après les pertes territoriales subies lors de l'extinction de plusieurs branches. Emich VIII est notamment frappé deux fois par la mise au ban impériale sous Maximilien Ier, en raison de son service militaire auprès de la France puis d'une attaque contre des marchands messins. La Réforme protestante est introduite en 1574 dans les possessions de Linange-Hardenburg sous l'autorité d'Emich X de Linange-Falkenburg. La guerre de Trente Ans puis les guerres de réunion et la guerre de la Ligue d'Augsbourg touchent fortement les territoires de la maison. Le château de Dabo est détruit par les troupes françaises en 1692 et demeure en ruine. La résidence principale de la branche de Linange-Hardenburg est déplacée en 1725 vers Dürkheim, où les comtes font édifier une nouvelle résidence.. En 1779, le comte Charles-Frédéric-Guillaume de Linange-Dabo-Hardenburg est élevé au rang de prince d'Empire par l'empereur Joseph II. Révolution française et médiatisation La Révolution française et les guerres de la fin du entraînent la perte des possessions de la maison de Linange situées sur la rive gauche du Rhin. En 1793, le prince Charles-Frédéric-Guillaume de Linange-Dabo-Hardenburg fuit devant les troupes révolutionnaires françaises et perd ses anciens États palatins. Les territoires de Dabo et de Réchicourt sont intégrés à la France révolutionnaire, puis la souveraineté française est confirmée par le traité de Lunéville du . Le Recès d'Empire de 1803 indemnise la branche princière de Linange par un nouvel ensemble territorial formé principalement à partir d'anciens domaines de la principauté électorale de Mayence, du Palatinat électoral, de l'évêché de Wurtzbourg et de l'ancienne abbaye d'Amorbach. Charles-Frédéric-Guillaume choisit Amorbach comme résidence et installe la maison princière dans l'ancienne abbaye bénédictine sécularisée.. La nouvelle principauté de Linange est cependant de courte durée : l'Acte de la confédération du Rhin de 1806 la médiatise au profit du grand-duché de Bade. Une partie des anciens territoires passe en 1810 au grand-duché de Hesse, puis en 1816 au royaume de Bavière. Époque contemporaine La maison conserve après la médiatisation un statut de maison médiatisée, ainsi que d'importants domaines privés, notamment forestiers. Elle demeure liée à Amorbach, où se trouvent encore les archives et une partie de son patrimoine familial. Les branches comtales secondaires de Linange-Heidesheim et de Linange-Guntersblum sont également indemnisées en 1803 par les territoires de Neudenau et Billigheim. Le prince Emich Charles de Linange, fils de Charles-Frédéric-Guillaume, épouse en secondes noces en 1803 Victoire de Saxe-Cobourg-Saalfeld. Devenue veuve, celle-ci se remarie en 1818 avec Édouard-Auguste de Kent, duc de Kent et Strathearn, et devient la mère de la reine Victoria. Par ce lien, les princes de Linange entrent dans l'entourage dynastique de la famille royale britannique au . Charles de Linange, troisième prince de Linange, né à Amorbach le et mort le , est général badois et bavarois, membre héréditaire de chambres hautes allemandes et premier président du ministère du Reich en 1848 lors de la révolution allemande.. Ernst de Linange, quatrième prince, né le à Amorbach et mort le , est amiral britannique et membre des chambres hautes de Bade, de Bavière et de Hesse.. Le sixième prince, Frédéric-Charles de Linange, né à Strasbourg le , épouse en 1925 la grande-duchesse Maria Kirillovna de Russie, fille du grand-duc Cyrille Vladimirovitch de Russie. Il meurt le en captivité soviétique près de Saransk, en Mordovie. Le chef de la maison est depuis 1991 Andreas de Linange, huitième prince de Linange, né à Francfort-sur-le-Main le , entrepreneur, marié à la princesse Alexandra de Hanovre. Personnalités Frédéric II de Linange, mort en 1237, fondateur de la seconde maison de Linange issue des comtes de Sarrebruck. Le comte Frédéric de Linange, représenté dans le Codex Manesse ; son identification précise avec Frédéric Ier ou Frédéric II demeure discutée. Henri de Linange, évêque de Spire de 1258 à 1285 et chancelier du roi Guillaume de Hollande. Berthold de Linange, mort en 1285, évêque de Bamberg de 1257 à 1285.. Emich de Linange, mort en 1328, évêque de Spire de 1314 à 1328.. Jofried ou Gottfried de Linange-Hardenburg, élu archevêque de Mayence en 1396 sans confirmation pontificale, ensuite prévôt de la cathédrale de Mayence.. Emich VIII de Linange, deux fois mis au ban de l'Empire sous Maximilien Ier au début du . Charles-Frédéric-Guillaume de Linange-Dabo-Hardenburg (1724-1807), premier prince de Linange, élevé au rang de prince d'Empire en 1779. Emich Charles de Linange (1763-1814), deuxième prince de Linange, général bavarois, auteur d'écrits cynégétiques et de pièces de théâtre. Charles de Linange (1804-1856), troisième prince de Linange, homme politique allemand, président du ministère du Reich en 1848. Ernst de Linange (1830-1904), quatrième prince de Linange, amiral britannique et homme politique allemand. Frédéric-Charles de Linange (1898-1946), sixième prince de Linange, officier de marine allemand, mort en captivité soviétique. Filiation simplifiée La filiation suivante présente les principaux rameaux de la maison de Linange et les lignes utiles à la compréhension de son histoire. Elle ne constitue pas une généalogie complète.
Possessions La maison de Linange a possédé des droits et territoires dans le Palatinat, autour de la Forêt palatine, dans l'espace rhénan et dans l'actuelle Lorraine. Les principales possessions médiévales et modernes sont liées à Altleiningen, Neuleiningen, la Hardenburg, le comté de Dabo, Marimont, Forbach, Apremont et Réchicourt-le-Château. La seigneurie de Réchicourt, ou Rixingen, passe par mariage aux comtes de Linange au début du . Elle est ensuite élevée en comté, avant d'être vendue en 1669 au comte d'Ahlefeld.. Après les pertes territoriales liées à la Révolution française et au traité de Lunéville, la branche princière reçoit en 1803 une principauté de compensation autour d'Amorbach. Celle-ci est médiatisée dès 1806, mais la maison conserve d'importants domaines privés, notamment forestiers. Demeures Les principales demeures et résidences associées à la famille sont le château d'Altleiningen, le château de Neuleiningen, la Hardenburg, le château de Dabo et l'ancienne abbaye d'Amorbach, devenue résidence de la branche princière après la sécularisation de 1803.
Armes Les armes des comtes de Linange, ou Leiningen, sont blasonnées : d'azur à trois aigles d'argent, membrées et becquées d'or.. Les branches de la maison ont utilisé des variantes ou des armes composées, notamment pour Linange-Dabo et Linange-Réchicourt, en fonction des possessions et des alliances.
Alliances Les principales alliances documentées de la maison de Linange sont notamment : Sarrebruck, Dabo-Eguisheim, Westerburg, Saxe-Cobourg-Saalfeld, Russie, Hanovre et Hohenzollern. Notes et références
Voir aussi
Bibliographie . . . . . . . . Articles connexes Liste des princesses de Linange Château fort de Neuleiningen Liste des familles princières (Europe) Liens externes