Edward Boscawen, né le à Tregothnan en Cornouailles et mort le à Hatchlands Park dans le Surrey, est un officier de marine et homme politique britannique. Admiral dans la Royal Navy pendant la guerre de Succession d'Autriche et la guerre de Sept Ans, il sera élu Member of Parliament pour le borough de Truro, en Cornouailles. Il est principalement connu pour ses commandements tout au long du et aux combats qu'il a remporté sur mer, parmi lesquels le siège de Louisbourg en 1758 et la bataille de Lagos en 1759. Il est également connu pour être l'officier ayant signé l'ordre autorisant l'exécution de l'amiral John Byng après que celui-ci fut passé en cour martiale en 1757 après son échec à la bataille de Minorque et la prise de l'île par les Français.
Comme de nombreux officiers à l'époque, Boscawen mène, en parallèle de sa carrière militaire, une carrière politique. Il est élu Member of Parliament pour Truro de 1742 jusqu'à sa mort bien que ses longues campagnes en mer l'aient empêché de siéger et de jouer un rôle actif au Parlement. Il est également désigné comme l'un des Lords Commissioners of the Admiralty et siège au Board of Admiralty à partir de 1751 et nommé membre du Conseil privé en 1758, deux fonctions qu'il occupe jusqu'à sa mort en 1761.
Biographie Origines et jeunesse Edward Boscawen naît à Tregothnan, en Cornouailles (Angleterre), le . Il est le troisième fils d'Hugh Boscawen, vicomte Falmouth (1680–1734) et de sa femme Charlotte Godfrey (morte en 1754) fille aînée et héritière du colonel , « master of the jewel office » et de sa femme Arabella Churchill, maîtresse du roi Jacques II d'Angleterre. Les Boscawen appartenaient à une vieille famille dont le nom provenait de leur lieu de résidence à Cornwall, Boscawen Ros ou la vallée des sureaux.
Le jeune Edward intègre la Royal Navy à l'âge de 12 ans à bord du , de 60 canons, le . Le Superb est envoyé dans les Indes occidentales sous les ordres de l'amiral Francis Hosier. Dix-neuf mois après son entrée en service, il est nommé midshipman. Boscawen sert trois ans sur le Superb, pendant la durée de la guerre anglo-espagnole. Par la suite, il est affecté successivement à bord du , du et du sous les ordres de l'amiral Sir Charles Wager. C’est dans les eaux territoriales anglaises et en Méditerranée qu’il fait son apprentissage de la navigation. Il se trouve à bord du Namur lorsque ce vaisseau se rend à Cadix et à Livourne à la suite de la signature du traité de Séville qui met fin aux hostilités entre les royaumes de Grande-Bretagne et d'Espagne. Le , Boscawen est promu lieutenant et, au mois d'août de la même année, il rejoint son ancien navire, l'Hector, vaisseau de quatrième rang de 44 canons, envoyé dans la Méditerranée. Il reste à bord jusqu'au , date à laquelle il est promu et transféré sur le , de 70 canons. Le ou 1737, Boscawen est promu par Admiral Sir John Norris et nommé au commandement temporaire du de 50 canons. Sa promotion est confirmée par le Board of Admiralty. En , Boscawen reçoit le commandement du , un petit vaisseau de sixième rang de 20 canons. Il reçoit l'ordre d'accompagner l'amiral Edward Vernon dans les Indes occidentales en préparation du nouveau conflit qui se profilait contre l'Espagne.
Guerre de l'oreille de Jenkins
Portobelo
La guerre de l'oreille de Jenkins fournit à Boscawen sa première occasion de se distinguer au combat et, lorsque le Shoreham est déclaré inapte au service il se porte volontaire pour accompagner Vernon et sa flotte, envoyée attaquer la ville de Porto Bello (dans l'actuel Panama).
gauche|vignette|200px|The bombardment of Portobelo (Le bombardement de Portobelo) par Samuel Scott. Pendant le siège, Boscawen reçoit l'ordre, en compagnie de Sir Charles Knowles, de détruire les forts qui protégeaient la ville. Cette tâche prendra trois semaines aux forces britanniques et nécessitera 122 barils de poudre à canon, mais les forts finiront par tomber. Ce succès de la flotte de Vernon est fêté en Grande-Bretagne comme un fait d'armes exceptionnel et, dans l'emballement qui suit l'annonce de la victoire le chant patriotique Rule, Britannia! est joué pour la première fois. Des rues sont nommées d'après Porto Bello à travers la Grande-Bretagne et ses colonies. Lorsque la flotte regagne Port Royal, en Jamaïque, le Shoreham avait été radoubé et Boscawen put reprendre son commandement.
Carthagène des Indes
gauche|vignette|200px|Attaque sur Carthagène des Indes par les Britanniques en 1741, huile sur toile, . En 1741, Boscawen fait partie de la flotte envoyée pour attaquer un autre port caribéen, Carthagène des Indes. D'importants renforts avaient été envoyés de Grande-Bretagne, parmi lesquels qui sont débarqués pour attaquer la chaine de forteresses entourant la cité coloniale espagnole. Sur place, les Espagnols disposent de appartenant aux troupes régulières et à la marine, auxquels s'ajoutaient quelques loyalistes issus des populations locales. Le siège dure plus de deux mois durant lesquels pertes britanniques s'élèvent à , la grande majorité meurent de maladie. La flotte de Vernon souffre de dysenterie, de scorbut, de fièvre jaune et d'autres maladies très fréquentes à cette période dans les Caraïbes. Ces lourdes pertes entraînent la chute du gouvernement du Premier ministre Robert Walpole et le roi George II retire le soutien qu'il avait promis aux Autrichiens si les Prussiens avançaient en Silésie. La défaite de Vernon contribue au renforcement des hostilités pendant la guerre de Succession d'Autriche. Boscawen était cependant parvenu à se distinguer une fois de plus. Les forces terrestres qu'il commandaient avaient été décisive dans la capture du Fort San Luis ainsi que celle de la forteresse de Boca Chica et, avec Knowles il avait détruit les forts capturés lorsque le siège avait été abandonné. En récompense de ses services, il est promu au commandement du , de 70 canons, en remplacement d'Aubrey Beauclerk qui était mort pendant le siège.
Guerre de Succession d'Autriche
En 1742, Boscawen retourne en Angleterre où le Prince Frederick est désarmé et Boscawen rejoint la flotte commandée par l'amiral Norris à bord du de 60 canons. La même année, il est élu Member of Parliament pour le borough de Truro, un siège qu'il occupera jusqu'à sa mort.
En 1744, les Français planifient une invasion de la Grande-Bretagne et Boscawen sert sous les ordres de l'amiral Norris lorsque la flotte française est aperçue. La flotte française, placée sous le commandement du comte de Roquefeuil, doit battre en retraite après avoir été dispersée par une violente tempête dans la Manche.
Alors qu'il croisait dans la Manche, Boscawen parvient à capturer la frégate , commandée par M. de Hocquart. Il s'agit du premier bâtiment capturé sur mer pendant la guerre de Succession d'Autriche. La Médée est vendue et transformée en navire corsaire sous le nom de Boscawen, elle est confiée à .
À la fin de l'année 1744, Boscawen reçoit le commandement du , navire de garde au mouillage de Nore. Il commande ce navire jusqu'en 1745, date à laquelle il est affecté sur l'un de ses anciens navires, le HMS Namur qui avait été réduit (razée) de 90 à 74 canons. Il est nommé à la tête d'une petite escadre appartenant à la flotte du vice-amiral Martin dans la Manche.
Première bataille du cap Finisterre droite|vignette|200px|Battle of Cape Finisterre 1747par Samuel Scott
En 1747, Boscawen reçoit l'ordre de rejoindre l'amiral Anson et prend une part active au première bataille du cap Finisterre. La flotte britannique aperçoit la flotte française le . Les vaisseaux française, placés sous le commandement du marquis de la Jonquière escortaient une flotte marchande à destination de la France lorsque les Britanniques attaquent. Les vaisseaux de guerre français sont presque tous capturés, à l'exception de deux d'entre eux, les Britanniques parviennent également à prendre six merchantmen. Boscawen est blessé à l'épaule pendant le combat par une balle de mousquet. Le capitaine français, M. de Hocquart, est fait prisonnier par Boscawen pour la seconde fois et emmené en Angleterre pour y être détenu.
Commandement dans les Indes Boscawen est promu Rear-admiral of the Blue (contre-amiral de l'escadre bleue) le et est nommé au commandement d'une opération conjointe avec l'armée de terre dans les Indes orientales. Arborant son pavillon amiral sur le Namur il est à la tête d'une flotte de six vaisseaux de ligne, de quelques men of war et d'un certain nombre de navires de transports de troupes. La flotte de Boscawen quitte l'Angleterre le . Lors de ce voyage en direction de l'est, Boscawen tente de capturer par surprise l'Isle de France mais son attaque échoue et il est repoussé par les forces françaises. Boscawen continue sa route et parvient à Fort St. David, situé à proximité de la ville de Gondelour, le et relève l'amiral Griffin de son commandement. À son départ d'Angleterre, Boscawen avait reçu l'ordre de capturer et détruire le principal établissement français dans les Indes, Pondichéry. Cette opération sera un échec flagrant, Boscawen manque d'expérience en matière d'offensives terrestres et les officiers d'artillerie placés sous ses ordres commettent plusieurs erreurs. Par ailleurs, l'échec de l'attaque est due au fait que le secret de l'opération ait été éventé et au talent gouverneur français Joseph François Dupleix. Les troupes britanniques, fortes de quelque capturent et détruisent le fort d'Aranciopang situé en périphérie de la ville. Cette capture est le seul succès de l'opération et, après avoir échoué à ouvrir une brèche dans les murs de Pondichéry, les forces britanniques se replient. Parmi les combattants présents lors de cette opération figuraient le jeune enseigne Robert Clive, qui sera surnommé par la suite « Clive of India », et le major Stringer Lawrence, futur Commander-in-Chief, India. Lawrence est capturé par les Français durant la retraite et ne sera échangé qu'après que la nouvelle de la signature du Traité d'Aix-la-Chapelle sera parvenue en Inde. Pendant la saison de la mousson, Boscawen reste à Fort St David. Il a la chance de se trouver à terre, en compagnie de son état-major, lorsqu'une tempête balaie la région et entraine par le fond son vaisseau-amiral le HMS Namur, avec plus de 600 hommes à son bord.
Boscawen rentre en Angleterre en 1750. En 1751, Anson devient First Lord of the Admiralty et demande à Boscawen de siéger à l'Admiralty Board (Conseil de l'Amirauté). Boscawen sera l'un des Lord Commissaires de l'Amirauté jusqu'à sa mort.
Guerre de Sept Ans
vignette|gauche|Médaille frappée à l'effigie d'Edward Boscawen