Marie de Lon, demoiselle de Lorme, dite Marion de Lorme ou Marion Delorme, est une courtisane française, née à Baye le , morte à Paris le .
Biographie
Née dans une famille de la noblesse de robe, son père, mort en 1639, était président et trésorier général des finances en ChampagneAntoine Adam, in 939, note 4.. Elle fut élevée à Baye. Elle apprit la danse et la musique. Elle était richeTallemant des Réaux parle de de dot. . et belle, . C'est alors qu'arriva au logis, en tant que maître d'écriture, le poète Des Barreaux, qui devint son premier amant. Elle le délaissa pour Cinq-Mars, ce dont Louis XIII se montra jaloux. Elle eut des liaisons sentimentales ou vénales avec le duc de BuckinghamDezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, . et plusieurs jeunes seigneurs de la cour.
Guy Patin écrit en 1649 à Charles Spon :
Liée avec Ninon de Lenclos, elle partagea avec elle les suffrages de tout ce que Paris avait de plus galant et de plus spirituel. Elle résidait dans le même quartier, le Marais, place Royale. Plus jolie que Ninon, plus ardente, elle était dotée de moins d'esprit.
Après l'arrestation des princes de Condé et de Conti pendant les troubles de la Fronde, elle fut sur le point d'être arrêtée elle-même ; mais sa mort inopinée empêcha l'exécution de l'arrêt. Elle aurait succombé à la prise d'une trop forte dose d'antimoine.
Marion Delorme mourut le , à Tallemant dit à 39 ans. . Selon Antoine Adam, elle serait née le , et morte le . Elle n'avait donc pas encore 37 ans. Antoine Adam, II, 939, note 3 ; 940, note 2 ; 941, notes 9 et 1. Pierre Leguay confirme ces dates, en précisant qu'elle est née à Paris. . et fut inhumée à Saint-Paul, à ParisJacques Hillairet : Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de Minuit, 1963, , ..
Descendance
Une descendance de trois enfants est reconnue à Marion, attribués au marquis de Cinq-Mars. : Jeanne de Lorme (1638 - ?), sans descendance connue ; Augustin de Lorme (1639 - 1698), prêtre jésuite et essayiste polémiste catholique ; Jean de Lorme (1641 - 1713), né à l’Arbresle près de Lyon se fixa dans cette ville en 1668 où il devint procureur et notaire.. Il épousa Catherine d'Aigueperse, dont il eut trois fils : Jean, François et Gabriel.
Dans les arts Théâtre
La vie singulière de Marion de Lorme a fourni en 1804 à Dumersan et Pain le sujet d'un vaudeville, La Belle Marie.
Victor Hugo écrivit un drame en cinq actes et en vers, Marion de Lorme, représenté au théâtre de la Porte-Saint-Martin le , après avoir été interdit par la censure pendant deux ans. De la vraie Marion de Lorme, Hugo .
Mises en scène
1999 : mise en scène d'Éric Vigner, Théâtre de la Ville.
Roman
Marion Delorme est évoquée par Alexandre Dumas dans Les Trois Mousquetaires (1844) comme supposée maîtresse de Richelieu.. Eugène de Mirecourt rédigea en 1856 un roman intitulé Confessions de Marion Delorme. Si Tallemant des Réaux, contemporain de Marion de Lorme, donne sur sa mort des détails qui ne peuvent laisser aucun doute, une version romanesque prétend qu'elle aurait fait répandre le bruit de sa mort, afin de fuir plus aisément. Elle aurait eu par la suite une foule d'aventures jusqu'à sa mort, selon les apocryphes Chroniques de l'Œil-de-bœuf (1830-1832) de Georges Touchard-LafosseGeorges Touchard-Lafosse, « Louis XV », Chroniques de l'Œil-de-bœuf, Paris, Barba, 1860, p. 207.. L'auteur la fait d'ailleurs mourir le , , ce qui ne correspond pas du tout à sa date de naissance réelle. Marion Delorme est présente sous son nom dans le roman d'Alexandre Dumas Le Sphinx rouge où elle apparaît comme une confidente et une informatrice du cardinal Richelieu. Marion Delorme est un personnage dans Le Capitan de Michel Zevaco. Cependant, sa présence est anachronique. En effet, l'action se déroule en 1616. Marion Delorme n'aurait eu que 3/4 ans, alors que c'est une jeune femme dans le roman.
Poésie
Marion Delorme apparaît de manière anecdotique mais plaisante dans Gaspard de la Nuit, d'Aloysius Bertrand, dans Le Raffiné (Le Vieux Paris, V) :
Opéra
Amilcare Ponchielli tira du drame de Hugo un opéra en italien, représenté en 1885.
Légende
Dans ses Illuminés, Gérard de Nerval évoque la légende selon laquelle Marion Delorme aurait vécu près de cent cinquante ans, . L'écrivain Jacques Cazotte, alors âgé de vingt et un ans, l'aurait rencontrée ; elle lui aurait communiqué .
Notes et références
Source
Bibliographie
Armand Bourgeois, Deux salons parisiens au XVIIè-siècle, Marion Delorme et Ninon de Lenclos, 1896, . . Léon Mirot, Autour de la mort de Marion de Lorme, Paris, Jean Schemit, 1926. Joséphin Peladan, Histoire et Légende de Marion Delorme, Paris, La Connaissance, 1927. Marie Dormoy, La Vraie Marion de Lorme, Paris, Malfère, 1934. Georges Mongredien, Marion de Lorme et ses amours, Hachette, 1941. . Henri Pigaillem, Marion de Lorme, la reine du Marais, Les Trois Orangers, 2004. .
Liens externes
Catégorie:Naissance en octobre 1613 Catégorie:Personnalité féminine française Catégorie:Courtisane du XVIIe siècle Catégorie:Décès en juin 1650 Catégorie:Décès à Paris Catégorie:Décès à 36 ans