Le Livre de Job ( Iyov) est l'un des Livres du Tanakh et de l'Ancien Testament. Poème didactique écrit en prose, on considère généralement qu'il porte sur le problème du Mal.

Les nombreuses interprétations du Livre sont des tentatives classiques pour réconcilier la coexistence du mal et de Dieu (pour laquelle Leibniz a forgé le terme de théodicée). Mais l'intention originale du Livre de Job apparaît comme assez ambiguë : tantôt invocation à la droiture, tantôt perspective cynique de cette idée ou, selon quelques érudits, satire contre un maintien « puritain » de la religion.

Résumé Dans ce récit dramatique, Satan accuse Job devant Dieu et prétend que Job ne servirait plus l’Éternel s’il se trouvait dans l’affliction. Dieu va donc prouver à Satan que son serviteur Job lui demeure fidèle, même dans la souffrance. Dieu permettra au diable de le frapper.

Job possède trois amis très philosophes qui vont raisonner avec lui sur l’origine de ses souffrances. Job répond à chacune de leurs paroles. Finalement, Elihou le quatrième personnage, reconnaît la vraie cause de cette épreuve. Ce Livre se termine par un discours de l’Éternel, Job et ses amis s’humiliant et se repentant autour de l’autel des holocaustes et Dieu rétablit Job en lui rendant une famille.

Les chapitres - constituent le prologue de l'histoire. Les chapitres 3 à 31 rapportent une série de discussions entre Job et trois amis. Les chapitres 32–37 contiennent les discours d'Élihou, un quatrième ami, qui condamne Job pour des raisons autres que celles des trois premiers amis. Les chapitres 38 à 42 forment la conclusion du Livre, assurant Job qu'il avait fait les bons choix dès le départ. Structure détaillée Le sujet est la mise à l'épreuve de Job, les circonstances de celle-ci, sa nature, l'endurance de Job, et sa conclusion. Le Livre consiste en : Une introduction historique en prose (ch. 1,2) ; La controverse et sa solution, en vers (ch. 3-42:6). Les lamentations de Job (ch. 3) sont l'occasion d'une controverse qui se tient en trois parties, chacune formée d'un dialogue entre Job et ses trois amis. Le premier échange donne le début de la controverse (ch. 4-14) ; le second l'amplification de celle-ci (ch. 15-21) ; et le troisième son paroxysme (ch. 22-27). Job veut mettre Dieu à l'épreuve par un « serment d'innocence » (Job 27-31). Suit la résolution de la controverse, dans les termes et concepts innovants contenus dans les discours d'Elihou, un autre acteur, condamnant Job pour d'autres raisons que ses amis, préparant la voie pour l'adresse à Dieu, ce qui est suivi de l'humble confession de sa propre faute et de sa folie (42:1-6). Le repentir de Job est le point de pivot de l'histoire, étant le but ultime de l'épreuve dans son entièreté. La restauration de la miséricorde et de la compassion divine couronnent la conclusion ; La troisième section, une conclusion historique en prose (42:7-15).

Les et du Livre semblent composées sur un autre ton que celui du corps, reprenant le point de vue d'Elihou (Il Est mon El).

Récit Les épreuves de Job Job, habitant le pays de Hous, était un homme d'une grande probité, vertu et piété. Il était très riche en troupeaux et serviteurs, qui constituaient à cette époque la principale richesse, y compris des princes d'Arabie et d'Édom. Il avait sept fils et trois filles, ainsi qu'un grand renom parmi tous les peuples des deux côtés de l'Euphrate.

Ses fils faisaient des réjouissances pour chacun, et lorsqu'ils avaient fait le tour des jours de festins, Job les purifiait et offrait des offrandes en holocauste au cas où l'un d'eux aurait fauté envers Dieu, sans le vouloir ou en secret. Lui-même avait en horreur l'injustice, l'idolâtrie, la tricherie et l'adultère, n'avait pas de mauvaises pensées, était généreux envers le pauvre, la veuve et l'orphelin, l'aveugle et le boiteux.

Un jour, les Fils de Dieu et Satan se présentent à la cour divine. Satan, pour lequel il ne peut y avoir d'amour humain désintéressé, demande de pouvoir mettre Job, « l'homme le plus intègre », à l'épreuve. Dieu accepte, lui donnant la première fois tout loisir de toucher à ses biens, mais pas à sa personne ; trois serviteurs viennent alors annoncer à Job une catastrophe qui a détruit ses biens en gros et menu bétail, et dont ils sont les seuls survivants. Un autre lui annonce la mort de ses enfants. Job se lève, déchire ses vêtements, et tombe à terre disant « Nu je suis sorti du ventre de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, loué soit le Nom du Seigneur ».

Job ne se rebellant pas contre la providence divine, Satan sollicite la permission d'affliger sa personne, ce que Dieu lui concède à condition de ne pas toucher à sa vie. Satan frappe Job d'un « ulcère malin » (la lèpre ?) et Job prend un tesson pour se gratter et s'assoit sur la cendre. Sa femme l'incite à maudire Dieu et mourir, mais Job « ne pécha point par ses lèvres ». Dans la traduction française, sa femme dit : « maudis Dieu et meurs ». Le texte hébreu emploie ici le verbe barak, « bénir », comme en , 1:11 et 2:5, là où les traductions rendent « maudis Dieu et meurs » : on y voit généralement un euphémisme, attribué soit à l'auteur soit aux copistes, évitant de faire voisiner le nom de Dieu et le verbe « maudire »Tov 2012, section sur les euphémismes et substitutions.

Informés de son infortune, trois amis de Job, Éliphaz de TemanDans la Bible, ce terme ne désigne pas spécifiquement le Yémen, comme en Hébreu moderne, mais toute contrée du Sud, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama, se rendent chez lui pour le plaindre et le consoler. Il n'est fait aucune mention d'Elihou le Bouzite, qui semble « apparaître » au chapitre 32. Les malheurs de leur ami, qu'ils ne reconnaissent pas, leur font prendre le deuil et ils passent sept jours près de lui sans parler, avant que Job ne prenne la parole. Ces versets enseignent l'une des halakhot du deuil dans le judaïsme : devant l'endeuillé, on ne prend pas la parole avant lui..

Discours d'Éliphaz, Bildad et Tsophar Les amis de Job émettent et soutiennent l'idée que Dieu étant juste, quiconque connaît un sort aussi peu enviable que celui de Job est nécessairement puni pour avoir désobéi à la loi divine. À mesure que progresse le poème, leurs réprimandes se font de plus en plus insistantes sur son refus de confesser ses péchés, bien qu'eux-mêmes soient en peine de les déterminer. Ils continuent à estimer que Job est un pécheur méritant sa punition, et supposent, selon une théologie simpliste, que Dieu récompense le bien et punit le mal sans aucune exception. D'après eux, Dieu ne pourrait pas autoriser la souffrance pour une autre raison que la rétribution.

Discours de Job Job, convaincu de son innocence, maintient que ses souffrances ne pourraient être dues à ses péchés, et qu'il n'y a donc pas de raison que Dieu le punisse. Il refuse cependant et refusera obstinément de maudire Son Nom.

Discours d'Elihou Elihou, dont le nom signifie « Il est mon Dieu », tient la voie de la médiation, maintenant la souveraineté, la justice de la miséricorde divine. Il condamne fortement l'approche des trois amis, tout en reprochant à Job de présenter sous un faux jour la justice de Dieu, et de discréditer Son caractère aimant.

Elihou dit qu'il prend la parole en dernier du fait de son jeune âge, mais ajoute que l'âge ne fait pas de différence en matière de compréhension et de sagesse. Son discours, « prophétique » ou tout au moins inspiré, décrit le pouvoir de Dieu, la rédemption et la justice absolue de toutes ses actions. Dieu est puissant, et juste en même temps, prompt à avertir et pardonner.

Outre son discours et son ton distinctif, Elihou ne sera pas blâmé par Dieu à la fin de l'histoire, alors que les trois amis le seront. Par ailleurs, Job ne répond ni aux invectives d'Elihou ni à ses révélations de la manière dont Dieu le traite.

Réponse de Dieu à Job Après plusieurs cycles d'échanges entre Job et ses amis, la voix de Dieu, sortant d'un « nuage » ou d'une « tempête » décrit, en termes évocateurs et lyriques, ce qu'est l'expérience d'être responsable du monde tel qu'il est, et demande si Job a jamais eu ces expériences que Lui, Dieu, a eues.

La réponse de Dieu souligne que Job partage le monde avec de nombreuses créatures puissantes et remarquables, parmi lesquelles Béhémoth et le Léviathan, chacune ayant sa vie et ses besoins, auxquels Dieu doit pourvoir, et la faim des jeunes ne peut être calmée qu'en prenant la vie d'autres. Job a-t-il jamais la moindre expérience du monde dans lequel il vit ? Comprend-il ce que signifie être responsable d'un tel monde ? Job admet qu'il ne le comprend pas, et demande à Dieu de lui pardonner.

Dans le dénouement, Dieu condamne les amis de Job pour leur insistance à parler de manière erronée des motifs et méthodes de Dieu, leur prescrit de réaliser d'énormes sacrifices d’animaux et instruit Job de prier pour leur pardon. Immédiatement après cela, Dieu restaure la fortune de Job, lui donnant le double des richesses qu'il possédait, et 10 enfants. Ses filles furent les plus belles du pays, et reçurent l'héritage de leur vivant. Job vit une vie sainte et heureuse et meurt d'une belle mort.

Thèmes et interprétation L'exégèse du texte tourne en grande partie autour de la question « L'infortune résulte-t-elle toujours d'une punition divine ? » Les trois amis de Job répondraient par l'affirmative, déclarant que ses infortunes sont la preuve des péchés qu'il a dû commettre. Ses amis croient aussi à la réciproque, que la fortune résulte toujours d'une récompense divine, et que si Job se repentait, la vie lui sourirait à nouveau.

Cependant, Job affirme et maintient qu'il est vertueux, et que son infortune n'est pas une punition, ce qui soulève la possibilité, selon sa femme, que Dieu pourrait agir en fonction de Ses caprices, raison pour laquelle elle enjoint à son mari de maudire Dieu et mourir. Job répondra d'une voix égale que « l'Éternel a donné, l'Éternel a repris, béni soit Son Nom ». Au paroxysme du Livre, Dieu répond à Job non par une réponse mais par une question : où était-il, lui, Job lorsque Lui, Dieu créa le monde ?

Cette réponse même peut être interprétée de diverses façons : on peut y lire une humiliation de Job, mais Job est, paradoxalement, réconforté par celle-ci, et par le fait qu'il a vu Dieu et n'est pas mort, suggérant que l'auteur du Livre semblait plus inquiet de savoir si Dieu est, ou non, présent dans la vie des gens que de la question de Sa justice. Le chapitre 28 rejette tout effort de comprendre les voies divines.

Les parties en prose compliquent le Livre davantage encore : dans l'introduction, Dieu, après Sa conversation avec le Satan, l'autorise à infliger des misères à Job et à sa famille. La conclusion, où Dieu restaure la richesse de Job et de sa famille et aussi, probablement, sa santé, semble indiquer que la foi parfaite est récompensée. Pourtant, Dieu, répondant à cette question, condamne les amis de Job, leur disant que Job seul a fidèlement représenté la vraie nature de Dieu - que tous ses amis étaient dans leur tort en disant que la foi et la vertu sont récompensées. Ce n'est qu'après les sacrifices que les amis de Job font à Dieu, et après que Job a prié pour eux - en tant que « prêtre » appointé par Dieu - que Dieu restaure sa bonne fortune.

Le Testament de Job Le , un livre pseudépigraphique, possède un récit parallèle à celui du Livre de Job. Il contient des détails légendaires, comme le destin de l'épouse de Job, l'héritage de ses filles, et l'ancestralité de Job.