, né à Fontainebleau le et mort à Orléans le , est roi de France du jusqu'à sa mort.
Fils aîné d' et de Catherine de Médicis, il monte sur le trône de France à l'âge de quinze ans après la mort accidentelle de son père le . Son règne éphémère ne dure qu'un an et cinq mois mais constitue un prélude majeur au déclenchement des guerres de Religion.
Son règne est en effet marqué par une importante crise politique et religieuse. À son avènement, il confie les rênes du gouvernement aux Guise, les oncles de son épouse Marie Stuart, reine d'Écosse, partisans d’une politique de répression à l'égard des protestants. Après la conjuration d’Amboise, il entame la mise en place d'une conciliation à l'égard des réformés mais se montre implacable face aux émeutiers qui mettent à mal son autorité dans les provinces.
Son règne est également marqué par l'abandon de l'Écosse, de la France antarctique (un territoire au Brésil) et, sous l’effet du traité du Cateau-Cambrésis signé par son père , de la Corse, de la Toscane, de la Savoie et de la quasi-totalité du Piémont. Il marque, au profit de l'Espagne, le point de départ de l’affaiblissement de l’influence française en Europe.
Enfance et éducation gauche|vignette|Le futur , par François Clouet. François a reçu le prénom de son grand-père, le roi . Il naît onze ans après le mariage de ses parents. Cette période de stérilité de sa mère, Catherine de Médicis, aurait pu être cause de la répudiation de cette dernière. Baptisé le 1544 à la chapelle des Trinitaires à Fontainebleau, François est d'abord élevé au château de Saint-Germain-en-Laye. Ses parrains et marraines sont le pape , , la république de Venise et sa grand-tante Marguerite d'Angoulême. Fait chevalier par son grand-père lors de son baptême, il reçoit le gouvernement du Languedoc en 1546. Il devient dauphin de Viennois à la mort de son grand-père en 1547.
Au sortir de la petite enfance, François reçoit pour gouverneur Jean d'Humières et pour précepteur Pierre Danès, helléniste d'origine napolitaine. La danse lui est enseignée par Virgilio Bracesco et l'escrime par Hector de Mantoue. Par l'accord signé à Châtillon le 1548, il est fiancé dès l'âge de quatre ans à Marie Stuart, reine d'Écosse et petite-fille de Claude de Lorraine, premier duc de GuiseIl devient le 27 janvier 1548 le premier à porter le titre de Dauphin de France et non plus Dauphin de Viennois. En se fiançant à Marie Ire, déjà reine d'Écosse, son père Henri II voulut mettre les deux promis sur un pied d'égalité, un dauphin de Viennois ayant un rang inférieur à celui d'une reine d'Écosse.. Il l'épouse dans la cathédrale Notre-Dame le 1558, et devient roi d'Écosse.
Accession au trône en 1559 Le , François succède à son père , mort accidentellement. C’est un adolescent de quinze ans. Selon la loi, il est majeur. Il n'a théoriquement pas besoin de s'entourer d’un conseil de régence, mais jeune, inexpérimenté et de santé fragile, il délègue son pouvoir aux oncles maternels de son épouse, les Guise. Cette transmission du pouvoir se fait avec l'accord de la reine Catherine de Médicis. Le premier jour de son règne, commande à ses quatre secrétaires d'État de s'adresser à sa mère, mais celle-ci, accablée par la mort de son époux, les recommande plutôt aux GuiseJean-Hippolyte Mariéjol, Catherine de Médicis, Hachette, 1920. Réédition : Tallandier, 1979, ..
Les deux aînés de cette famille de grande noblesse avaient déjà tenu un rôle majeur pendant le règne d’ : le duc de Guise était l’un des chefs militaires les plus réputés de l'armée royale, et son frère le cardinal de Lorraine a été associé aux plus importantes négociations et affaires du royaume. À l’avènement du jeune roi, ils se répartissent les charges du pouvoir : le duc de Guise prend en main la direction de l'armée royale ; le cardinal, celle des finances, de la justice et de la diplomatie..
Cet avènement des Guise se réalise au détriment de leur ancien rival, le connétable Anne de Montmorency. Le favori du règne précédent doit s'effacer. Sur la recommandation du nouveau roi, il quitte la cour et rejoint ses riches domaines pour prendre du repos. L'ancienne favorite Diane de Poitiers est également priée de ne plus paraître à la cour ; son protégé Jean Bertrand doit rendre les sceaux au chancelier François Olivier que Diane avait fait démettre quelques années plus tôt (mais ce dernier va démissionner le ). Il s’agit là d’une véritable révolution de palais.La tradition historiographique a très longtemps forcé la brutalité de l'éviction du connétable. Même si ce ne fut pas sans de grosses frustrations, le changement de pouvoir s'est déroulé sans confrontations, ni représailles. Anne de Montmorency reste associé au pouvoir. Dès le lendemain de la mort du roi, il est présent au conseil ; il est également présent à la cérémonie du sacre ; plus tard, il soutient la répression de la conjuration d'Amboise (en se rendant notamment au parlement de Paris pour lui communiquer les mesures prises par le roi) ; et dès le mois de juillet 1560, il réintègre la cour et le conseil du roi - avec une influence évidemment moindre que sous . Les Guise s'imposent comme les nouveaux maîtres de la cour. Les faveurs et privilèges que leur accorde le roi sont nombreux. L'un des plus significatifs est l'attribution au duc de Guise de la charge de grand-maître, alors que le connétable avait obtenu du précédent roi la survivance de cette fonction pour son fils François de Montmorency.
Le , est sacré à Reims par le cardinal de Lorraine. Puis la cour rejoint la vallée de la Loire. Le château de Blois et les forêts de la région sont les lieux de prédilection du nouveau roi. adopte comme emblème un soleil et comme devise Spectanda fides (traduction : C'est ainsi qu'on doit respecter la foi) et Lumen rectis (traduction : La lumière est dans la droiture).
Règne (1559-1560) Politique intérieure vignette|Portrait de provenant de la chartreuse du Liget, venant d'un artiste anonyme du . Le règne de est dominé par une importante crise financière, politique et religieuse. L'impopularité de sa politique répressive à l'égard du protestantisme, amène des gentilshommes protestants à monter un coup d’État contre ses principaux conseillers, les Guise ; c’est le choc de la conjuration d’Amboise. Confronté à un mécontentement grandissant, le gouvernement décide alors de tenter la conciliation. Sous l’influence de la reine Catherine de Médicis, il inaugure la mise en place d'un dialogue avec les tenants de la nouvelle religion mais demeure implacable face aux agitateurs. Jusqu’à la fin de son règne, le royaume de est paralysé par une vague de révoltes locales, prémices des guerres de Religion. Face au soulèvement protestant, le jeune roi se montre de plus en plus autoritaire et entend faire la guerre aux rebelles pour faire respecter son autorité bafouée.
L'impopularité du gouvernement des Guise
thumb|gauche|200px|François de Lorraine, duc de Guise.Portrait au crayon par François Clouet. À peine placés à la tête de l’État, les Guise font l’objet dans tout le royaume de profonds mécontentements. Un mouvement d’opposition mené par les deux principaux princes du sang conteste leur mainmise sur le pouvoir et les mesures qu’ils prennent dans l’exercice de leurs fonctions.
Les Guise pâtissent d’un manque de légitimité. Pour leurs adversaires, ce ne sont que d’ambitieux étrangersLes Guise sont originaires de Lorraine. Leur père Claude de Guise est le fils de duc de Lorraine. Il a été naturalisé français par le roi , son compagnon d'armes. qui ne sont au pouvoir que parce qu’ils ont la faveur du roiSur la faveur des Guise voir .. On leur reproche de profiter de la jeunesse du prince pour imposer leur pouvoir arbitraire. Un mouvement d’opposition conteste leur monopole du pouvoir et leur oppose les princes du sang comme Antoine de Bourbon, roi de Navarre. Des théoriciens comme François Hotman estiment que la position de principal conseiller lui revient de droit en tant que descendant de Saint Louis et héritier du trône de France en cas de disparition de la branche régnante des Valois-Angoulême. Mais, faible de caractère, Antoine ne parvient pas à s’imposer aux Guise quand il se rend à la cour.
L’action politique du gouvernement est également contestée. Les Guise doivent faire face à une situation financière désastreuse. Après plusieurs décennies de guerres contre les Habsbourg, la dette publique se monte à de livres. Avec seulement de recettes annuelles, les Guise sont contraints, pour renflouer les caisses de l’État, de mener une politique d'austérité draconienne qui contribue à leur impopularité. Ils reportent ainsi le paiement des gages des militaires et des officiers du roi et le paiement des factures des fournisseurs de la cour. Les effectifs de l'armée sont réduits. De nombreux soldats se retrouvent sans emploi. Les frustrations naissent également au sein des gentilshommes de la cour, car les restrictions d’effectifs ne se font pas au détriment des régiments commandés par les Guise et de leurs amis.
Dans le domaine religieux, les Guise durcissent la politique répressive à l'égard des protestants, initiée par le roi . Sous l'effet de leur action politique, l'automne 1559 est marqué par une grande vague de perquisitions, d'arrestations et de confiscations de biens. Le , le conseiller-clerc Anne du Bourg, magistrat au parlement de Paris qui avait contesté la répression, est publiquement exécuté à Paris en Place de Grève. Résolu à mettre un terme à la persécution et à faire reconnaître le droit du culte réformé, un groupe de gentilshommes monte le projet de renverser le gouvernement des Guise et de confier le pouvoir aux princes du sang, gagnés à la nouvelle religion. C'est la conjuration d'Amboise.
La conjuration d’Amboise
vignette|L'exécution des conjurésgravure de Tortorel et Perrissin, 1569-1570. Les conjurés ont le projet d'investir le palais avec la complicité des membres de la garde royale, de s'assurer de la personne du roi et d'éliminer les Guise, en cas de résistance de leur part. Une importante troupe armée doit depuis l'extérieur assurer la sécurité de l'opération. Les conjurés ont aussi vraisemblablement l'appui secret du prince Louis de Condé, le jeune frère ambitieux du roi Antoine de Navarre.
Pendant le mois de février, la cour reçoit plusieurs avertissements sur l'existence du complot. Face au danger grandissant, le conseil royal décide, sous l'influence de la reine Catherine de Médicis, de faire des concessions. Le 1560, le roi signe un édit qui offre une amnistie générale aux protestants. Mais il est trop tard, le complot est déjà en marche. De toutes les provinces du royaume, des troupes d'hommes se dirigent vers le château d'Amboise, où siège la cour. Dans les villes de Tours et d'Orléans, les conjurés leur distribuent de l'argent et des armes. vignette| de France par François Clouet, vers 1560, pierre noire et sanguine, , Paris, Bibliothèque nationale de France. Mal organisée, la conjuration va se terminer en bain de sang. Son sort se joue dès le , quand le duc de Nemours parvient à arrêter plusieurs des principaux conjurés. Les jours suivants, désorientées, les troupes rebelles, composées de gens de pauvre condition, sont une à une faites prisonnières dans la forêt d’Amboise et ses environs. D'abord enclin à la clémence, le roi les fait relâcher en leur ordonnant de retourner chez eux. Mais le , tentent de prendre d’assaut une porte de la ville au pied du château. Rapidement dispersés par le duc de Guise, les rebelles sont impitoyablement pourchassés. Plus d'une centaine d'entre eux sont exécutés, dont certains pendus au grand balcon du château. La répression dure plusieurs semaines et fait près de .