L'éternel retour est un concept d'origine mésopotamienne repris par plusieurs philosophes, d'après lequel l'histoire du monde se déroule de façon cyclique. Après plusieurs milliers d'années (« la Grande Année »), une même suite d'événements se répète, identique à la précédente, avec des éléments recomposés. Le mot employé chez les Grecs est palingénésie (παλιγγενεσία), notion proche qui signifie « genèse à nouveau », « nouvelle naissance » ou « régénération ».

Selon les Mésopotamiens

Selon Héraclite et les stoïciens Héraclite, comme tous les penseurs d'Ionie (Thalès, Anaximandre) pense « que, la substance demeurant, seuls ses états changent », « que rien ne se crée et que rien ne se détruit » (Aristote, Métaphysique, A, 3). Il voit en toutes choses un lieu de contradictions et il envisage le dépassement de ces contradictions en une harmonie. Il ajoute l'idée de période, de Grande Année, estimée à solaires. Héraclite pense qu'à un moment donné le monde s'embrase et qu'à un autre moment il se reconstitue de nouveau lui-même à partir du feu, selon certaines périodes de temps, dans lesquelles, dit-il, il s'allume en mesure et s'éteint en mesure. Plus tard les stoïciens ont partagé la même idée

Les plus célèbres défenseurs de l'éternel retour en Occident furent les premiers stoïciens, Zénon, Cléanthe, Chrysippe, avant Diogène de Babylone et Panétioshttp://www.cairn.info/revue-philosophique-2002-2-page-213.htm. La notion est d'origine babylonienne. Plusieurs idées sont contenues dans la notion d'éternel retour :

la cosmogenèse astrologique. Au commencement, le Feu primitif et divin crée, par condensation, l'Air, puis vient l'Eau, enfin la Terre se dépose (Diogène Laërce, , 142). Les planètes sont alors alignées. Selon Porphyre, qui est néoplatonicien, et non stoïcien, (De l'antre des nymphes). le cycle. Diogène de Babylone évalue la Grande Année, c'est-à-dire la période à la fin de laquelle les planètes retrouvent la position qu'elles avaient au moment de la naissance du monde, à ; Platon parle du , pour l'être humain la racine épitrite alliée au cinq (3x4x5)⁴, correspondant vraisemblablement à x (La République, , 546), soit , et Bérose de , soit le de cette valeur. l'embrasement (ekpyrosis) final. La conflagration est conçue comme la destruction du monde et sa résorption dans le Feu divin. la répétition. Les évènements reviennent à l'identique. l'éternité. Ce cycle se reproduit sans fin :

quant à la survie de l'âme, les avis sont partagés.

Aristote semble adhérer à l'idée d'éternel retour :

Barthélémy l'Anglais (vers 1230), Siger de Brabant (vers 1277) et Pietro d'Abano (vers 1316) discutent la théorie selon laquelle, après solaires, l'histoire se répétera jusqu'au moindre détail, puisque les planètes et les constellations retrouveront leurs places d'origineL. Thorndike, A History of Magic and Experimental Science, New York, Northeastern University Libraries, 1947, vol. II, , 370, 418, 589, 710, 745, 895..

Reprise du concept Auguste Blanqui, le révolutionnaire socialiste français, fait revivre la notion dans L'éternité par les astres (1871)..

Gustave Le Bon, sociologue, reprend aussi la notion.

Époque contemporaine René Guénon réfute la notion d'éternel retour ; voir ce qu'il en dit dans l'article consacré à la transmigration des âmes.

La cosmologie moderne, à la suite de la théorie du Big Bang, vient donner à la théorie de l'éternel retour un obstacle sérieux qu'elle n'avait encore jamais eue Multivers et réalité humaine. Louis Loujoz. Éditions du Moindre. Paris. 2017. Ch.2 Notre éternité et nos destinées, § 15. puisqu'elle remet en cause la conception d'un univers unique et statique tel qu'il était conçu, cela jusqu'à Einstein (mis à part les multivers d'Anaximandre et de Giordano Bruno, très particuliers toutefois, et, à leur époque, sans fondement scientifique).

C’est le cas, par exemple, si on envisage un modèle cyclique d'univers, aussi nommé oscillatoire. Plusieurs modèles d'univers oscillatoires existent. Le plus ancien est celui qui fait se succéder big bang et big crunch. Il fut considéré avec attention par Einstein, mais est de nos jours généralement considéré comme obsolète, notamment parce que violant la deuxième loi de la thermodynamique (travaux du physicien Richard C. Tolman). Le plus récent est celui de l'astrophysicien anglais Roger Penrose Cycles du temps. Une nouvelle vision de l’Univers, Roger Penrose. Paris, Odile Jacob, 2013 . Quoi qu'il en soit, ces modèles d'un univers qui éternellement se détruit puis renaît amènent inévitablement à la notion d'un éternel retour du même La réalité cachée. Brian Greene. Chapitre 5. (Temps, cycles et multivers). Laffont. 2011 .

Mais aussi, de manière plus générale, c'est la notion même de multivers qui, selon le modèle considéré, peut amener inéluctablement à la notion d'éternel retour du même, dès lors qu’elle ne fixe plus aucune limite au nombre des univers, dans l’espace et le temps Trinh Xuan Thuan. Désir d’infini. Fayard. 2013. Chapitre 5. L’infini et l’éternel retour. (il y a plusieurs modèles de multivers. La plupart sont cohérents avec la notion d’éternel retour).

Selon Nietzsche

Bibliographie Sources Bérose, Babyloniaca, trad. an. S. M. Burstein, Undena Publications, Malibu, 1978, 39 p. Stoicorum veterum fragmenta. Censorin, Du jour natal (238), trad. du latin.

Études pour l'Antiquité . Auguste Bouché-Leclercq, L'astrologie grecque (1899), Bruxelles, 1963. Mircea Eliade, Le Mythe de l'éternel retour. Archétypes et répétition, traduit du roumain par Jean Gouillard et Jacques Soucasse, Paris, Gallimard, « Les Essais », 1949 ; nouvelle édition revue et augmentée, « Idées », 1969. A. Long, « The Stoics on world-conflagration and everlasting recurrence », dans R. Epp (éd.), Spindel Conference 1984 : Recovering the Stoics, Southern Journal of Philosophy, vol. 23 suppl. (1985). G. de Callataÿ, Annus Platonicus, Louvain-la-Neuve, 1997. Jean-Baptiste Gourinat, « Éternel retour et temps périodique dans la philosophie stoïcienne », Revue philosophique de la France et de l'étranger, vol. 127 (2002), . François Hartog, Régimes d'historicité. Présentisme et expériences du temps, Paris, Seuil, 2003.

Études pour la modernité Henri Lichtenberger, La philosophie de Nietzsche, Alcan, 6° éd. 1901, appendice, sq. Gustave Geffroy, Blanqui. L'enfermé, 1897, ; rééd. L'Amourier, 2015. Georges Batault, "L'hypothèse du retour éternel devant la science moderne", Revue philosophique de la France et de l'étranger, 1904

Notes et références

Articles connexes

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