Dans le système d'enseignement supérieur français antérieur à la loi Savary (1984), un assistant était un enseignant universitaire préparant généralement un doctorat de troisième cycle ou un doctorat d'État. Les assistants étaient selon les disciplines fonctionnaires ou contractuels et étaient, avec les maîtres-assistants, des enseignants dits « de rang B ». Il n'y a plus de recrutement d'assistant de l'enseignement supérieur depuis 1985décret 85-1083. Il restait en 2007-2008 96 assistants titulaires en fonction dans l'enseignement supérieurhttp://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/statistiques/34/4/ni0825_36344.pdf. Ils sont actuellement régis par le décret 84-431 relatif au statut des enseignants-chercheurs de l'enseignement supérieur et par le décret 99-170. Depuis 1985, les assistants de l'enseignement supérieur ont été progressivement intégrés dans le corps des maîtres de conférences par inscription sur une liste d'aptitude et transformation d'emploi.
On comptait en 1960-61 (35 % des effectifs des enseignants du supérieur public), 12519 en 1967-1968 (48 %), 18071 en 1973-74 (45 %) et 12417 en 1980-81 (30 %) Commission du Bilan, La France en 1981 (1981), Paris, repris par J. C. Passeron, Verger J. , Histoire des universités en France, Toulouse, 1986. L'âge moyen de recrutement des assistants était en 1978 de 25 ans en sciences, 31 ans en lettres et 28 ans en droitJ. Nettelbeck, Le recrutement des professeurs des universités, Paris, MSH, 1979.
En matière de rémunération, existait une différence très nette entre les assistants agrégésc'est-à-dire des professeurs agrégés de l'enseignement du second degré détachés sur un poste d'assistant et les assistants non agrégés, bien qu'il n'existât aucune différence de fonction. Les assistants agrégés percevaient un salaire comparable à celui d'un professeur agrégé pendant 5 ans, durée après laquelle leur rémunération stagnaitEn lettres on ne pouvait conserver un poste d'assistant que pendant 6 ans, au-delà il était nécessaire de devenir maître-assistant pour demeurer dans l'enseignement supérieur. Les assistants non agrégés percevaient eux une rémunération comparable à celle d'un professeur certifié (ce qui représentait un écart de 20 % au bout de 5 ans avec les assistants-agrégés) avec, en sciences, une grille de carrière s'étalant sur 14 ansmais n'atteignant cependant pas le salaire d'un assistant agrégé au bout de 5 ans 1/2.
Les fonctions éducatives des assistants de l'enseignement supérieur ont été progressivement reprises après 1985 par des personnels doctorants plus précaires engagés sur contrat de courte durée (1 à 3 ans) sans évolution de salaire et, pour une part importante d'entre eux, à temps partiel. Il s'agit tout d'abord des allocataires d'enseignement supérieur, puis (1988) des allocataires d'enseignement et de recherche, des moniteurs de l'enseignement supérieur et des attachés temporaires d'enseignement et de recherche. Il y avait en 2007, 6625 attachés (~4500 postes à temps plein) et 7127 moniteursnote d’information : Les personnels enseignants de l’enseignement supérieur 2007-2008 soit 15,5 % des enseignants du supérieur public.
Le premier corps d'assistant fonctionnaire a été créé dans les facultés des sciences en 1926 en se substituant aux préparateurs contractuels. Des postes d'assistants pour les facultés de médecine ont été créés dans les années 1930. Des assistants apparaissent dans les facultés des lettres en 1942décret du 13 mai 1942, mais ils sont contractuels, nommés pour une durée d'au plus 6 ans. Ce sont souvent des professeurs agrégés détachés. Il apparait également des assistants contractuels dans les facultés de droit dans les années 1950. Ils étaient chargés de la direction de travaux pratiques et de la correction des copies, ils étaient parfois chargés de travaux dirigés ou d'explications de textes. Les assistants devaient être au moins licenciés.
Il existe également un corps d'assistants de l'École supérieure de physique et de chimie industrielle de Paris, il s'agit de fonctionnaires territoriaux.
Il existe enfin également des assistants de l'enseignement supérieur contractuels dans les établissements dépendant du ministère de l'agriculture. Ces emplois sont semblables à des emplois d'allocataires de recherche-moniteurs ou d'attachés temporaires d'enseignement et de recherche. Les assistants dans les différents ordres de faculté Assistants des facultés des sciences Les assistants des facultés des sciences étaient des fonctionnaires nommés par le recteur d'académie. Pour être titularisés, les assistants devaient avoir la licence ès sciences avec une combinaison de certificat donnant accès à l'inscription pour le doctorat d'ÉtatArrêté du 7 novembre 1933, puis, après 1966, la maîtrise.
Une nomination provisoire en tant qu'assistant-délégué était également possible en cas de vacance temporaire d'un poste d'assistant, avec titularisation en cas de vacance définitive.
Les professeurs agrégés de l'enseignement du second degré étaient quant à eux détachés sur un poste d'assistant et percevaient une rémunération supérieure.
Aucun texte statutaire ne fixait les fonctions des assistants. Celles-ci consistaient en pratique en la direction de travaux pratiques et d'exercices. Rémunération Selon le décret et l'arrêté du :
+ Grille indiciaire des assistants non agrégés établie en 1961 Échelon Indice Brut Indice Majoré Ancienneté requise pour l'accès à cet échelon au choix (30 %) Ancienneté cumulée depuis le au choix Ancienneté requise pour l'accès à cet échelon à l'ancienneté (70 %) Ancienneté cumulée depuis le à l'ancienneté1e30100002e3341 an 1 an1 an1 an3e3761,5 an2,5 ans2 ans3 ans4e4102 ans4,5 ans2,5 ans5,5 ans 5e4412,75 ans7,25 ans3,5 ans9 ans 6e4753 ans10,25 ans5 ans14 ans
+ Grille indiciaire des assistants agrégés établie en 1961 Échelon Indice Brut Indice Majoré Ancienneté requise pour l'accès à cet échelon au choix (30 %) Ancienneté cumulée depuis le au choix Ancienneté requise pour l'accès à cet échelon à l'ancienneté (70 %) Ancienneté cumulée depuis le à l'ancienneté1e34200002e3841 an 1 an1 an1 an3e4211,25 an2,25 ans1,5 an2,5 ans4e4601,25 an3,5 ans1,5 an4 ans 5e4901,25 an4,75 ans1,5 an5,5 ans
Assistants des facultés des lettres Dans les facultés des lettres, les assistants apparurent en 1942. Ils n'étaient pas fonctionnaires. D'après le décret du , les candidats aux postes d'assistants dans les facultés des lettres devaient justifier de la licence ès lettres requise pour l'enseignement secondaire et du diplôme d'études supérieuresOu bien diplômés de l'École des chartes, de l'École nationale des langues orientales vivantes, de l'École pratique des hautes études, ou titulaires du doctorat d'université mention « lettres ».. Ils étaient nommésdisposition du décret du 18 février 1963 sur proposition de l'assemblée de la faculté pour une durée maximum de quatre années universitaires avec prolongation exceptionnelle d'une ou deux années, l'assemblée de la faculté pouvant proposer de mettre fin à leurs fonctions à l'issue de chaque année universitaire. Les assistants des facultés des lettres étaient chargés de la direction des travaux pratiques et de la correction des copies. Ils pouvaient exceptionnellement être appelés à diriger des explications de textes. Leur service maximum d'enseignement était de 5 heures par semaine.
Comme dans les facultés des sciences, les professeurs agrégés de l'enseignement du second degré étaient détachés sur un poste d'assistant et percevaient une rémunération supérieure. La durée de leur détachement était cependant limitée à la durée de nomination.
Au terme du maximum des six années, pour rester dans l'enseignement supérieur les assistants devaient obtenir un poste de maître-assistant (poste fonctionnaire). Du moins en théorie car les besoins d'encadrement des étudiants dans l'enseignement supérieur étaient devenus tels, dans les années soixante-dix, que certains assistants ont pu être maintenus en poste bien au-delà du nombre d'années prévu dans leur contrat de mise à la dispositon de l'enseignement supérieur. C'est le recutement massif lancé d'un seul coup en 1980 (pratiquement autant d'emplois à pourvoir qu'il existait d'assistants inscrits sur la Lafma, liste d'aptitude aux fonctions de maître-assistant) qui a assaini la situation.
Assistants des facultés de droit Aucun texte réglementaire ne définissait le statut des assistants dans les facultés de droit. Le décret du confia leur gestion au recteur d'académie. Les assistants devaient être recrutés parmi les licenciés en droitcirculaire du 18 mars 1963 et étaient souvent titulaires également d'un diplôme d'études supérieures. Leurs fonctions d'enseignement consistaient en général en la direction de travaux dirigésavec un maximum de 5 séances par semaine ou de travaux pratiques et en corrections de copies. En parallèle ils préparaient généralement un autre diplôme d'études supérieures, une thèse de doctorat, ou l'agrégation de droit.
Assistants des facultés de pharmacie Dans les facultés de pharmacie, les assistants étaient des fonctionnaires, soumis à une période de stage de trois ansdécret du 7 mars 1936. Ils étaient recrutés parmi les docteurs en médecine, en pharmacie ou les licenciés ès sciences sur proposition du conseil de la faculté. Ils ne pouvaient être inscrits à la patente. Leurs fonctions étaient sensiblement les mêmes que celles des assistants des facultés des sciences
Assistants des facultés de médecine et des écoles d'odontologie Les assistants des facultés étaient recrutés parmi les docteurs en médecine ou en pharmacie, les licenciés ès sciences et les chirurgiens-dentistes diplômés. Ils étaient nommés pour un an renouvelable par le recteur d'académie sur proposition du conseil de l'université. Ils pouvaient être titularisés au bout de trois ans, ou directement pour les inscrits sur la liste d'aptitude aux fonctions de chef de travaux ou ayant été admissibles à un concours d'agrégation des facultés de médecine, sur proposition du chef de service et avis conforme du conseil de l'université, s'ils n'étaient pas inscrits à la patente. Ils avaient pour fonction de seconder les professeurs dans les laboratoires de recherche et pour les travaux pratiques sur la base de 5 séances par semaine.
Cette catégorie fut mise en extinction à la suite de la création en 1960 des centres hospitalo-universitaires et des nouvelles catégories de personnels « bi-appartenants » exerçant à la fois des activités universitaires et hospitalières. Les assistants furent alors remplacés par les assistants des facultés - assistants des hôpitaux, pour les « fondamentalistes », et les chefs de clinique - assistants des hôpitaux, pour les « cliniciens ». Ils étaient nommés pour quatre ans, avec un renouvellement possible pour trois ans, par décision conjointe du directeur général du centre hospitalier régional et du directeur de l'unité d'enseignement et de recherche.
Avait été de plus créé en 1963décret du 2 décembre 1963 et arrêté du 18 décembre 1963 une catégorie sans fonctions hospitalières : les attachés de facultés - chefs de cliniques et les assistants de sciences fondamentales. Ils étaient nommés par le directeur de l'unité d'enseignement et de recherche sur proposition du professeur titulaire ou maître de conférences agrégé dans le service duquel la vacance est déclarée et après avis du conseil de l'unité d'enseignement et de recherche.
En ce qui concerne l'odontologie, fut créée à la suite de la création des écoles nationales de chirurgie dentaire et des centres de soinsdécret du 22 septembre 1965, une nouvelle catégorie d'assistants participant à la fois à l'enseignement, à la recherche et aux soins. Ils étaient nommés pour quatre ans, avec renouvellement possible pour trois ans, sur proposition conjointe du directeur de l'unité d'enseignement et de recherche ou école nationale et du directeur du centre hospitalier régional, après un concours régis par l'arrêté du .