Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adilen arabe : ʾabū al-fāsim nūr ad-dīn al-malik al-ʿādil maḥmūd ben zankī,.(en ) (vers 1117/1118 - ), aussi appelé Nur al-Din, ou Nûreddîn ., appelé aussi Noradin par les Francs, est une des principales figures de la contre-croisade du qui lutte contre la présence des croisés en Syrie ainsi qu'en Égypte et prône pour cela l'unification des musulmans.

Émir d’Alep en 1146, il unifie la Syrie musulmane sous son autorité en 1154 en prenant Damas pour en faire la capitale de son royaume, puis envoie une expédition pour le contrôle de l’Égypte. Après sa mort, c'est Saladin qui recueille les fruits du travail réalisé en amont par les Zengides.

Une double nuance se trouve dans la signification étymologique de la titulature de Nûr al-Dîn, elle exprime à la fois le feu (nâr) dirigé contre les Infidèles ainsi que lumière (nûr) de la religion (dîn) selon le jeu de mots d'un thuriféraire de l'époque qui place Nûr al-Dîn au centre du mouvement qui permit de revivifier le concept de jihâd.. Il était considéré à l'époque comme un homme d'une grande droiture, juste et bon mais aussi très croyant qui n'appréciait pas l'opulence, ses contemporains vantaient fréquemment ses valeurs morales..

Biographie

Nûr ad-Dîn est un souverain d'origine turque de la dynastie des Zengides qui règne sur la Syrie (au sens médiéval du terme) de 1146 à 1174. Deux ans après avoir fait chuter Édesse (1144), événement capital de la contre-croisade, Zenkî, le père de Nur ad-Dîn, perd la vie, assassiné par un obscur serviteur. Il légua son royaume, à cheval entre la Haute-Mésopotamie et la Syrie du Nord, à ses deux fils. L'aîné Sayf ad-Dîn Ghâzi s'établit à Mossoul et Nur ad-Dîn à Alep. Cette succession ne se déroula pas sans heurts, cependant un compromis entre les deux frères fut trouvé.

Après l'échec de la seconde croisade (1148-49), Nûr ad-Dîn, en position de force, avait pour ambition de conquérir Damas. Dans un premier temps, il obtint d'être nominalement reconnu suzerain par Mu'in ad-Dîn Unur, émir bouride de la ville, qui laissa place à son fils, Mu'jir ad-Dîn Uvaq, en 1149. Nûr ad-Dîn parvint à s'emparer de Damas en 1154, sans y mettre le siège, grâce aux complicités de la population hostile à la faiblesse manifestée jusqu'alors par leur gouverneur envers les Francs. Cet événement capital lui permit d'unifier la Syrie à son profit et à cueillir les fruits des précédents efforts de son père pour réorganiser ses territoires dans un esprit de djihâd.

Toutes ces actions ont permis à Nûr ad-Dîn de se faire connaître par les Francs qui commencèrent à redouter sa présence. En bousculant les plans des croisés lors de la deuxième croisade, où le roi de France, obstiné contre l'avis de Raymond d'Antioche et avec des visées économiques sur la plaine de Béqaa et la vallée du Hauran, décide de mettre le siège devant Damas. Une erreur d'appréciation qui sera fatale à l'armée franque, étant donné que Mu'in ad-Dîn Unur s'empressa de demander de l'aide à Nûr ad-Dîn, tout en se méfiant de ses ambitions sur la Syrie. L'arrivée imminente de Nûr ad-Dîn sema la discorde dans les rangs de l'armée franque, si bien que l'émir de Damas put profiter de leurs divisions afin qu'ils lèvent le siège. À travers ce double-jeu, l'émir de Damas avait donné à son fils cinq ans de répit. Si Damas était l'objet de toutes les convoitises, c'était pour sa position stratégique. Les Francs ont toujours maintenu cette ville dans leur sillage afin d'empêcher toute réaction unitaire de se faire chez les musulmans : tant qu'Alep et Damas restaient en mauvais termes, le royaume de Jérusalem n'était pas menacé. Nûr ad-Dîn mit définitivement fin à l'histoire du comté d'Édesse en réprimant une révolte suscitée par les Arméniens et qui avait pour objectif de remettre Joscelin II au pouvoir. Nûr ad-Dîn était maintenant un adversaire sérieux au niveau géopolitique, et cela se confirma lorsqu'il fit de Damas la capitale de la Syrie. Il dirigea ensuite diverses campagnes contre les croisés et s'empara des principales places fortes : 'Azâz, , Hârim et Apamée. La possession de celles-ci était un atout stratégique déterminant comme nous le montre l'étude topographique menée d'une main de maître par M. Elisséeff. En prenant place à 'Akkâr, juste en face du Krak des Chevaliers, puis à Baniyas à la fin de son règne, Nûr ad-Dîn s'imposa comme un fin stratège militaire, mais aussi comme un homme politique brillant au vu des multiples captures de prisonniers et des alliances qu'il mit au point (avec les Byzantins, avec les Seldjoukides, ainsi qu'avec les Fatimides). Nûr ad-Dîn était passé du statut d'inconnu par les Francs à celui d'une menace sérieuse dans la région lorsqu'il revendiqua l'unité et l'indépendance de la Syrie, constamment en proie à l'instabilité politique depuis les Umeyyades.

Cependant, Nûr ad-Dîn n'a jamais remporté de succès décisifs. Il réussit à desserrer l'étau qui paralysait les villes musulmanes les plus importantes de l'intérieur de la Syrie. Il ne perdit jamais de vue que le but de ses victoires successives était la reconquête de Jérusalem (al-Quds en arabe). Cette reconquête était envisageable dans la mesure où la prise de Damas facilite une conquête de la Galilée étant donné sa position stratégique à environ 200 kilomètres de la Ville Sainte. La preuve qu'il nous reste de cette volonté de reconquête, est le minbar en bois ouvragé spécialement destiné à prendre place dans la mosquée al-Aqsâ, une fois Jérusalem reconquise.

L'image du sultan-guerrier accolée à Nûr ad-Dîn mérite d'être renversée. Parallèlement à ses entreprises guerrières, Nûr ad-Dîn s'attacha à se comporter comme un prince pieux soucieux de régner en respectant l'équité et la justice. Très attaché à la religion, il se voua à remettre de l'ordre dans ses possessions syriennes dont il avait reconstitué les défenses, et à développer autour de lui des sentiments musulmans propres à soutenir l'effort de la contre-croisade. À cette attention, il gouvernait avec un conseil d'émirs dans sa résidence souveraine installée à l'intérieur de la citadelle de Damas en s'efforçant de rendre lui-même la justice au sein du dar al-adl''' (équivalent d'un palais de justice) placé au pied de la citadelle. Surtout, il anima une politique religieuse de renforcement de l'islam sunnite et pour ce faire il fonda plusieurs madrasas à Alep puis à Damas. Il eut à réprimer une révolte chiite à Alep, dont il tolérait l'existence au départ avant de l'interdire. Il réussit à faire basculer la ville, majoritairement chiite aux , du côté sunnite. Afin de former les futurs cadres de l'administration, il fit venir des professeurs originaires de Mésopotamie, d'Iran et créa également à Damas un collège spécialisé dans l'étude des hâdiths prophétiques (dar al-hâdith). S'intéressant à l'architecture militaire, à la construction d'édifices d'utilité publique monumentaux (hammams) il dota les villes syriennes de tous les organes nécessaires au développement de la vie intellectuelle et religieuse, de ce fait il contribua largement au bien-être de la population.

La fin du règne de Nûr ad-Dîn fut surtout occupée par les expéditions qu'il envoya dans l'Égypte des Fatimides à trois reprises de 1164 à 1169, expéditions que commandait le Kurde Shîrkûh assisté par son neveu, le futur Saladin fils d'Ayyûb. Ces tentatives aboutirent au renversement du régime en 1171 c'est-à-dire à une victoire du sunnisme sur le chiisme ismaïlien mais elles firent naître une inévitable tension politique entre le souverain syrien et le jeune Saladin qui en 1174, succéda à Nûr ad-Dîn à la tête d'un nouvel ensemble territorial englobant à la fois l'Égypte et la Syrie..

Guerre contre les croisés Nur ad-Din est le deuxième enfant d'Imad ad-Din Zengi, célèbre ennemi des croisés. Après la mort de leur père, Nur ad-Din et son aîné Saif ad-Din Ghâzî se partagent son royaume. Ce dernier s’établit à Mossoul tandis que l’autre gouverna Alep. La frontière entre les deux nouveaux royaumes était matérialisée par le fleuve Khabur.. Nur ad-Din commence par contenir l’offensive de Josselin II de Courtenay qui tente en vain de récupérer la ville d’Édesse que lui avait prise naguère Zengi. Nur al-Din punit les Arméniens d’Édesse pour s'être alliés aux croisés, tandis que les chrétiens syriaques qui habitaient la ville, craignant pour leur vie, quittent le pays et .. Il effectue ensuite une série d’attaques contre la principauté d'Antioche, se saisit de plusieurs châteaux au nord de la Syrie et repousse la frontière entre chrétiens et musulmans de l’Euphrate à l’Oronte..

En 1148, la deuxième croisade, menée par le roi de France Louis VII et par Conrad III de Hohenstaufen, empereur germanique, débarque en Syrie. Au lieu d’attaquer Nur ad-Din, qui représente le vrai danger pour les États francs, les croisés préfèrent faire leur pèlerinage à Jérusalem puis tentent de prendre Damas, alors que son émir est un allié traditionnel des Francs. Cette maladresse renforce le sentiment antichrétien des Damascènes. Mu'in ad-Din Unur, résiste, fait appel à toutes les troupes damascènes et demande l’aide de Nur ad-Din, qui arrive avec son armée. Pour éviter que Damas ne tombe sous le contrôle du Zengide, les croisés doivent lever le siège et ..

vignette|Bataille d'Inab. En 1149, il lance une offensive contre les territoires dominés par le château de Hârim, situé sur la rive orientale de l’Oronte, après quoi il assiège le château d'Inab. Le prince d’Antioche, Raymond de Poitiers, vole au secours de la citadelle assiégée. L'armée musulmane décime l'armée croisée en 1149, et Raymond de Poitiers perd la vie au cours de la bataille. La ville d’Antioche n’est sauvée que par la défense que fait le patriarche et l’intervention du roi Baudouin III de Jérusalem qui oblige Nur ad-Din à lever le siège de la ville. Son frère Saif ad-Din Ghazi meurt en , mais Nur ad-Din ne peut pas se rendre immédiatement à Mossoul et c’est un autre frère, Qutb ad-Dîn Mawdûd qui devient atabeg de Mossoul et ..

Profitant de la perte de prestige des Francs consécutivement à leurs défaites et à leurs erreurs, un certain nombre d’émirs musulmans se mettent à attaquer les possessions franques. Le sultan seldjoukide de Rum Mas`ûd attaque et occupe le nord de ce qui reste du comté d’Édesse. Nur ad-Din assiège Turbessel, mais l’arrivée de Baudouin III l’oblige à lever le siège. Mais le comte Josselin II est capturé peu après, le en se rendant à Antioche, et Turbessel est de nouveau assiégée, mais défendue avec acharnement par la comtesse Béatrice d’Édesse. Finalement, constatant ses limites à défendre la citadelle et avec l’accord du roi, elle cède ce qui reste du comté aux Byzantins, mais ces derniers se révèlent incapables de défendre la ville et Hanas, un lieutenant de Nur ad-Din, la prend le ..

Unification de la Syrie