Félix Antoine Henry Mayol est un chanteur français né à Toulon le et mort dans la même ville le Archives départementales du Var, acte de naissance. Chanteur populaire, caractérisé par sa houppe, à la réputation internationale, sa carrière s'étend de la fin du à la fin des années 1930. Il laisse un témoignage visuel et sonore à travers l'enregistrement de ses phonocènes, et un héritage constitué du stade qu'il a offert à sa ville, qui porte son nom et où évolue de nos jours le Rugby club toulonnais.
Biographie
vignette|redresse|Mayol et sa troupe, affiche d'Adrien Barrère, 1915. Lors sa naissance son père Aimé Félix Mayol, second maître canonnier est en mission. Sa mère Julie Patin est modiste. Il meurt dans la même ville le .. Après des débuts modestes à Toulon et au Palais de Cristal de Marseille, Félix Mayol est engagé à Paris au Concert parisien le , où il connaît rapidement le succèsFrançois Caradec, Alain Weill, Le Café-concert, , .. Une anecdote publiée dans ses mémoires rapporte que faute de trouver un camélia, que les hommes élégants portaient à l'époque au revers de leur redingote, il prend un brin de muguet qui devient son emblème. La proéminente houppe de cheveux qu'il arbore devient également si célèbre qu'elle inspire de nombreux imitateurs : Romerty, Doray, Rosel, De Certos, Elvhard ; des chanteurs débutent dans le « répertoire Mayol », comme Georgel et Alibert.
Il connaît son premier grand succès en 1896 avec La Paimpolaise de Théodore Botrel. En 1900, après un bref passage à l'Eldorado où il chante À la cabane bambou, il est engagé à la Scala. C'est là qu'il crée le titre qui le rendra aussi riche que célèbre : Viens, poupoule !, d'après une chanson allemande arrangée par Henri Christiné et Alexandre Trébitsch (1902). Il récidive en 1905 avec La Matchiche, l'adaptation d'une chanson-danse espagnole à la mode. La même année, il tourne treize phonoscènes sous la direction d'Alice Guy. Il a déjà à son actif de nombreux enregistrements sur cylindres et sur disquesFrançois Caradec, Alain Weill, Le Café-concert, , ..
En 1907, son opérette Cinderella à la Scala ne convainc pas, contrairement à l'une des chansons du spectacle, Les Mains de femmes qui devient un succès, suivi en 1908 de Cousine. Son cachet atteint alors la somme de , ce qui lui permet de racheter en 1910 le Concert parisien qui prend désormais son nom, le concert MayolL'immeuble qui abritait le concert Mayol au 10, rue de l'Échiquier à Paris, existe toujours, bien que la salle ait été détruite en 1976. À la place, on trouve un restaurant : Le Jardin des voluptés.. Vedette principale des spectacles qui s'y jouent, il lance à son tour de jeunes artistes, parmi lesquels Valentin Sardou (père de Fernand et grand-père de Michel Sardou), Maurice Chevalier, Émile Audiffred et RaimuPaul Olivier, Raimu ou l'Épopée de César, éditions France-Empire, 1977.. Il passe la main à Oscar Dufrenne en 1914.
Il entame alors une tournée dans la France entière et les pays francophones avec les tournées Baret. Sa renommée passe si bien les frontières que Charlie Chaplin vient l'écouter. La période 1914-1918 est marquée, comme pour de nombreux artistes, par de nombreuses chansons anti-allemandes, destinées à maintenir le moral des troupes. Sa carrière marque le pas après la Première Guerre mondiale. Il publie ses Souvenirs en 1929, fait « sept adieux au public parisien » en 1938Chantal Brunschwig, Louis-Jean Calvet, Jean-Claude Klein, Cent ans de chanson française, . et se retire à Toulon.
Il y recueillera notamment en 1932 à la villa Fémina, dans sa propriété du Cap-Brun dit « Clos Mayol »., l'ancienne artiste de café-concert et comédienne Paula Brébion. qui y restera jusqu'à son décès en 1941. vignette|redresse|Félix Mayol donnant le coup d'envoi du match olympique de Paris-Toulon, en . Attaché à sa ville natale et particulièrement à son club de rugby, il offre pour financer la construction d’un stade qui porte son nom, le stade MayolSon buste trône en haut des escaliers de la tribune Lafontan.. Le muguet porte-bonheur qu'il affectionnait est devenu l'emblème du club et le somptueux dîner qu'il offrit aux joueurs pour fêter le titre de 1931 est resté dans les annales. Le traditionnel muguet de sa boutonnière était artificiel car il ne pouvait pas en supporter le parfum.
L'homosexualité de Mayol, liée à son « jeu de scène efféminé », fait de Mayol la cible des journalistes ; à l'époque, les chansonniers et autres auteurs y font souvent allusion, tel le mariage entre Mayol et Mistinguett inventé de toutes pièces et qui fit beaucoup rire. Dans ses Mémoires, Mayol évoque sa . Mais un témoignage de Louis Merlin dans ses Mémoires restitue que Mayol .
Dans ses chansons, souvent très graveleuses, Mayol emploie la plupart du temps le « nous » du collectif masculin. Ces chansons mettent en scène des prostituées ou des femmes toujours accueillantes à la rencontre sexuellePour une étude sur les relations amoureuses en chansons, voir Anne Simon, « Tu m’as donné le grand frisson : Les Mots pour le dire dans la chanson populaire française du début du », Clio « Érotiques », 2010..
Mayol est enterré au cimetière central de ToulonCimetières de France et d'ailleurs..
Répertoire Mayol vignette|redresse|Félix Mayol chantant La Fifille à sa mère, photographe anonymeParis qui chante , , .. vignette|redresse|Félix Mayol avec l’actrice Gaby Morlay, en 1912. Selon ce qu'il indique dans ses Mémoires, Mayol aurait créé au cours de sa carrière environ un demi-millier de chansons, 495 très exactement . Ce nombre d'environ 500 créations peut être mis en perspective avec les chansons que Paulus aurait créées selon la revue Les chansons de Paris (1903)Chansons de Paris, , , ., soit cinq fois plus, pour des carrières à la longévité identique, environ 30 ans, et pour des chanteurs tous les deux éditeurs de leur répertoire.
La liste alphabétique ci-dessousSelon les conventions bibliographiques, seuls les articles définis la, le, les sont ignorés pour le classement., non exhaustive, regroupe dans une première section les chansons de l'édition musicale dite « graphique » (partitions de petits, moyens et grands « formats », placards, recueils, revues…) où apparaît le nom ou la photographie de Mayol comme créateur ou interprète ou celles où figure la mention « Répertoire Mayol ». Elle est basée sur les informations disponibles sur Gallica, le catalogue général de la BNF ainsi que sur la collection d'images de partitions déposées sur MédihalÉliane Daphy, Répertoire Mayol avec couvertures des petits formats et catalogues des éditeurs sur Médihal. et sur la banque d'images du site Illustrated Sheet MusicSite anglophone qui présente plus de illustrations de partitions (en majorité des grands formats) et fournit des indications précises sur la date, l'éditeur, le cotage..
Les précisions apportées à chaque titre de chansons imprimées où figurent la mention « créé(e) par MayolLes mentions « crée(e) par », « chanté(e) par », « dit(e) par », « raconté(e)s par » sont toujours accordées sur le sous-titre de la chanson. Par exemple : un monologue crée, chanté, raconté par… ; une chansonnette créée, chantée, interprétée par… » ou « création Mayol », celles avec la mention « chantées par », celles avec la mention « répertoire Mayol »… ont permis de faire un classement entre les chansons « créées » ou « cocréées », interprétées… par Mayol. Selon les principes de vérifiabilité, ne sont intégrées dans cette section que les partitions dont le lieu de consultation est précisé ; la mention d'un titre sans visuel, nom des auteurs, ou avec des dates imprécises, n'est pas considérée comme une attestation d'existence d'une chanson en édition graphique.
Dans une seconde section, sont présentés les titres pour lesquels existe une attribution Mayol, mais aucune confirmation fiable en édition « graphique », à savoir ceux cités : dans les Mémoires de Mayol ; dans les catalogues des éditeurs (verso des petits, moyens et grands formats) ; dans des programmes de spectacles ou les journaux les annonçant ; dans la presse musicale de l'époque.
Enfin dans une troisième section, sont regroupées les chansons enregistrées par Mayol mais sans certaines attestations graphiques sur les partitions, comme Elle vendait des petits gâteaux.
Édition graphique Mention création Mayol (reclassement en cours) À demain ou À d‘main, p'tite amie2 du petit format. (1912), « chansonnette comique créée par Mayol au concert Mayol », paroles de L. Mellinger, musique de Henri Roberty, éd. Georges Ondet (GO4736) ; Création FM ; illustration de Georges Dola ; incipit : « Travaillant tous les deux, Ils se fir‘nt les yeux doux. » Ah ! la musique américaine (1913), « créée par Mayol », paroles de Henri Christiné et Alexandre Trébitsch, musique d'Henri Christiné, éd. Henri Christiné (C788)Voir le grand format illustré par H. Armengol sur ISM.. ; Création FM ; Illustrations : frise signée PEN (petit format), H. Armengol (grand format) ; incipit : « Jadis au music-hall, c‘était la coutume, les revues avaient d‘ l‘esprit. » Ah ! le joli jeu (1907), « créé par Mayol, chantée par Esther Lekain à Parisiana et Lidia à la Scala, répertoire Mayol », paroles de E. Christien et Armand Foucher, musique d'Henri Christiné, éd. Henri Christiné (C499)Voir le grand format illustré par Clérice frères sur ISM. ; Création FM + répertoire ; illustration anonyme ; incipit : « Bien des amoureux raffolent d‘un p‘tit jeu comm‘ pigeon vole. » Ah ! qu'on est bête (1913), « créée par Mayol, répertoire Mayol », paroles de Henri Christiné et Henri Poupon, musique de Henri Christiné, éd. Christiné (C779) ; Création FM ; Frise anonyme ; incipit : « On répét‘ tout l‘ temps Que l‘amour c'est vraiment charmant. » À la cabane bambou (1899), « lamentations d'un jeune nègre perdu dans Paris, racontées par Mayol à la Scala », paroles de Paul Marinier, musique arrangée et harmonisée par Paul MarinierSur la musique de la chanson traditionnelle de Guadeloupe Adieu foulard, adieu Madras., éd. Georges Ondet (GO1390)Fiche de l’œuvre sur ISM. ; Création FM ; illustration de Georges Dola ; incipit : « Moi, bon nègre tout noir, tout noir, de la tête aux pieds » Allemagne au-dessous de tout. 1914 ! Réplique française à Deutschland Uber Alles (1914), « créée par Mayol dans les casernes et dans les hôpitaux », paroles de Jean Aicard (de l'Académie française), musique de Blanche Poupon, éd. Charles Mayol (sans cotage)Fiche de l’œuvre sur Médihal. ; Création FM ; illustration de Clérice Frères ; incipit : « Les Allemands sont debout ! Ils vont chantant que l‘Allemagne triomphe au-dessus de tout. » Les Alliances de Guillaume (circa 1909-1910)Datation par cotage., « créée par Mayol aux Ambassadeurs », paroles de Paul Marinier, musique recueillie et arrangée par Adrien Serge, éd. Marcel Labbé (ML8034)Fiche de l’œuvre sur Médihal. ; Création FM ; dédicace : « À nos amis Charlus, Fernandez et Anthonus » ; photo Mayol anonyme ; incipit : « Cherchant pour l’Allemagne des alliances partout, Guillaum’ dit à l’Espagne. » Allô ! mademoiselle, ou la Demoiselle et le Pompier (1911)Datation par la mention sur le petit format illustré par Léon Pousthomis et la cotation des éditions Louis Bénech (LBP152) qui confirme cette date., « chansonnette créée par Mayol », paroles de Ferdinand-Louis Bénech, musique de Romain Desmoulins, éd. Louis Bénech (LBP152) ; Création FM ; illustration de Léon Pousthomis ; incipit : « Très bien fait‘ de sa petit‘ personne, jolis yeux un minois chiffonné. » Allons mademoiselle ! (1903), « chanson naïve créée par Mayol à la Scala », paroles de Paul Briollet, musique de A. M. Fechner, éd. J. Rueff (JR146) ; Création FM ; illustration de E. Gros Fils ; incipit : « Un jour je vis un‘ brunette t'nant les yeux baissés. »