Plumelec est une commune française située dans le département du Morbihan en région Bretagne.

Ses habitants sont appelés les Méléciens.

Géographie

Situation vignette|left|Carte de la commune de Plumelec.

Plumelec est une commune de vaste dimension située au nord-nord-est de Vannes, au cœur du triangle formé par les villes de Vannes, Locminé et Ploërmel, au nord des Landes de Lanvaux, en pays bretonnant, mais à la limite du pays gallo.

Description, relief et hydrologie

Le relief de la commune est très vallonné, les altitudes s'échelonnant entre 164 mètres au sommet de l'escarpement des Landes de Lanvaux, orienté presque est-ouest (en fait d'est-sud-est à l'ouest-nord-ouest), et à la limite sud-est de la commune, dans la vallée de la Claie, à l'endroit où cet affluent de rive droite de l'Oust et sous-affluent de la Vilaine quitte le territoire communal après avoir traversé toute la commune en coulant d'ouest en est. Le bourg est situé en moyenne à d'altitude.

La côte de Cadoudal, célèbre en raison de son dénivelé et des courses cyclistes qui l'empruntent, correspond à l'escarpement situé entre le château de Cadoudal et le bourg de Plumelec (D 126).

Paysages et habitat rural

Plumelec présentait traditionnellement un paysage de bocage (en partie disparu depuis le remembrement survenu en 1965) et l'habitat y est traditionnellement très dispersé en de nombreux hameaux et fermes isolées. Éloignée des grands centres urbains, la commune a échappé à la rurbanisation ; quelques lotissements ont toutefois fait grossir un bourg qui était anciennement de très modeste importance.

La commune est très boisée : tout le long de l'escarpement principal précité allant de Pénautais à la limite est de la commune à Donnan situé à sa limite ouest en passant notamment par les landes de Canécan d'une part, mais aussi à sa limite sud (Bois de la Claie, Bois de Penclen, Bois de Cadoudal, à cheval sur les communes limitrophes de Trédion et Plaudren), ainsi qu'à sa limite ouest (Bois de Donnan). D'autres parcelles boisées de plus modeste dimension parsèment le finage communal, notamment aux alentours des divers châteaux et manoirs actuels ou disparus de la commune.

Transports Même si le territoire communal fut par le passé traversé par des voies romaines, Plumelec est resté longtemps très isolé (Jules Simon écrit : « Plumelec était un pays perdu »Jules Simon, "Les derniers mémoires des autres", 1897, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9681998m/f142.image.r=Plumelec?rk=1266100;4 en évoquant la commune dans la première moitié du ). Plumelec n'est de nos jours desservi que par des routes secondaires, notamment la D 126 venant de Vannes et se dirigeant vers Josselin, et l'axe D 1- D 10 qui lui est perpendiculaire et va vers l'ouest en direction de Saint-Jean-Brévelay et vers l'est en direction de Sérent.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Claie, le Sédon, le Callac et divers autres petits cours d'eau..

La Claie, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Allouestre et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Saint-Congard, après avoir traversé .

Le Sédon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Saint-Servant, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlumelecLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : la mare au Sang ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bignan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Plumelec est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Vannes, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu2,3 %132Terres arables hors périmètres d'irrigation25,1 %1470Prairies et autres surfaces toujours en herbe10,3 %602Systèmes culturaux et parcellaires complexes30,0 %1757Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants0,5 %29Forêts de feuillus5,3 %311Forêts de conifères4,4 %255Forêts mélangées22,1 %1291Source : Corine Land Cover.

Toponymie vignette|170px|Carte de la limite lingustique entre les langues bretonne et gallèse en 1886 (par Paul Sébillot). Le nom de la localité est attesté sous les formes Plomeloc (1121), Plomeluc (1377), Ploemelec (1453), Plouemelles (1516), Ploemellec (1533), Ploumellec (1558), Ploëmelec (1731)..

Il s'agit d'une formation toponymique bretonne procédant de l'appellatif plou (paroisse) associé à l'anthroponyme Maeloc. (possiblement Mellitus ou Mellit ou encore Mélec via un culte importé de Bretagne insulaireMichel de Galzain, Les chapelles de los saints, 1971, pp. 77-80) ; saint Mélec pourrait aussi être saint Méloir. Autre hypothèse : composé de plou « église paroissiale » et de l'adjectif melek « mielleux, producteur de miel ».. L'hypothèse rapprochant ce toponyme de « région riche en miel » , indiqué par Meleg et provenant du breton mel « miel », meleg « riche en miel » peut sembler farfelue mais, possible, connaissant l'importance du miel comme source unique de sucre avant l'utilisation de la canne ou betterave sucrièreÀ titre indicatif, au Moyen Âge, la destruction d'une ruche volontairement était punie de mort dans certaines régions d'Europe !.

Pyemlé en gallo.

La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Pluveleg..

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 62,5 % des toponymes de la commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 382.

Histoire

Préhistoire

La Roche de Milgourdy est le reste d'un cairn de de diamètre qui abrite deux dolmens à couloir ; fouillé en 1885, il contenait trois fragments de statuettes de Vénus anadyomène en terre blanche, deux fragments de figurine également en terre blanche, un disque en terre de brique, percé au centre, plusieurs morceaux de poterie de différentes couleurs, une pièce en bronze de Domitien et des ossements humains. ; son propriétaire privé en autorise l'accès.

Une allée couverte se trouve à Kerlano, non loin de la chapelle de Lorette.

Les menhirs de Saint-Bily (en partie situés sur le territoire de la commune voisine de Plaudren) : leur nombre reste indéterminé car ils sont au milieu de blocs et d'affleurements naturels de roches ; deux au moins sont debout et d'autres couchés.. Un de ces menhirs, dit Pierre de Pont Bertho, est sur le territoire de Plumelec. vignette|Le dolmen (en fait une allée couverte) de la Roche-Bigot en Plumelec (dessin de 1882). Le dolmen de la Roche-Bigot, disparu depuis, a été décrit par le docteur Alfred Fouquet en 1853 :

Antiquité

La voie romaine allant de Condate à Vorgium passait par la partie orientale du finage de la commune de Plumelec, venant de Sérent, passant notamment par une des allées du château de Callac et traversant la Claie au niveau du moulin de la Ville-Hellec en direction de Trédion. Un vaste camp romain dont la surface est de , et dont les parapets, mesurés du fond de la douve, ont en certains endroits plus de de hauteur, se situe auprès du Château Blanc, dans la partie occidentale de la commune.

Moyen Âge

Des populations bretonnes originaires de Grande-Bretagne s'installent sur le territoire de la commune durant le haut Moyen Âge, peut être après avoir longé la voie romaine venant de Carhaix, qui passait au sud du territoire communal actuel..

Un combat sanglant aurait eu lieu entre Bretons et Vikings près de Kervigo au lieu-dit « Mare au sang » (en Plumelec) aux alentours de l'année 938.

La paroisse de Saint-Aubin existait probablement depuis le haut Moyen Âge ; elle est mentionnée encore comme paroisse en 1387 et 1422 ; elle devint ensuite une simple trève de Plumelec.

Un château-fort appartenant à la famille de Cadoudal se trouvait sur le sommet d'une colline au nord du village de Cadoudal. Il a totalement disparu.

Le prieuré de femmes de Locmaria est fondé vers 1140 sous la protection de Geoffroy, vicomte de Porhoët ; il dépendait de l'abbaye bénédictine féminine de Saint-Sulpice-des-Bois.

Un autre prieuré, d'hommes celui-là, était le prieuré Saint-Julien de Cadoudal (sa chapelle aurait été construite par Olivier de Cadoudal, conseiller des ducs Jean II et Jean III, vers 1336) qui appartenait à l'ordre des Trinitaires ; sa chapelle était de style ogival. Édouard Le LimonnierÉdouard Le Limonnier, décédé le ., prieur de Saint-Julien de Cadoudal, fit reconstruire la maison prieurale vers la fin du

Temps modernes

La paroisse de Plumelec était divisée en plusieurs frairies : du bourg, de Callac, de la Chaussée, de Lanvaulx, de Lesnohen (Lénohan), de Lestiernan et de Lignier (Linier)..

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plumelec en 1778 :

Révolution française Le prieuré de Locmaria, qui possédait un magnifique enclos entouré de grands murs, fut vendu comme bien national en 1792 (les Sœurs furent chassées), et les acquéreurs démolirent par la suite la chapelle et le couvent. Le prieuré de Saint-Julien de Cadoudal fut aussi vendu à la même époque (il a lui aussi disparu depuis).