Christine Marie Evert, plus connue sous le nom de Chris Evert, est une joueuse de tennis américaine née le à Fort Lauderdale, en Floride.

Considérée comme l'une des plus grandes joueuses de l'histoire, elle a remporté en simple dames, dont du Grand Chelem et . Elle est recordwoman en nombres de titres à Roland-Garros (7 victoires), et à l'US Open, en ère open, avec 6 victoires (à égalité avec Serena Williams).

Son pourcentage de victoires : 90,05 % (-145) est le plus élevé de l'histoire du tennis, hommes et femmes confondus. Son pourcentage sur terre battue : 94,05 % (316-20), ses dix victoires en Grand Chelem sur terre (sept titres à Roland-Garros, trois titres à l'US Open sur terre battue verte), ainsi que ses 125 victoires consécutives sur cette surface entre 1973 et 1979 en font l'une des plus grandes joueuses sur terre battue de tous les temps.

Chris Evert est la première joueuse à dépasser les victoires en individuel, pendant les Internationaux d'Australie en 1984, et à se classer numéro un mondiale à cinq reprises (1975 à 1977, 1980 et 1981). Pionnière en matière de revers à deux mains, et précurseure du tennis féminin moderne, elle a établi plusieurs records majeurs, notamment en 1974, en remportant de rang (record battu par Martina Navrátilová dix ans plus tard), en s'octroyant au minimum un tournoi du Grand Chelem chaque année pendant consécutives (de 1974 à 1986), et en atteignant au minimum de tournois du Grand Chelem sur .

Ses 157 titres en simple (154 WTA), dont 18 en Grand Chelem, en font la troisième joueuse de tennis la plus titrée de tous les temps, derrière son éternelle rivale Martina Navrátilová (177) et Margaret Smith Court (191).

Élue Athlète féminine de l'année par Associated Press à quatre reprises, elle reçoit le titre de Sportive de l'année du magazine Sports Illustrated en 1976. En 1995, elle est élue à l'unanimité pour son entrée au International Tennis Hall of Fame. En 2005, les journalistes américains de Tennis Magazine l'ont placée au des « quarante plus grands champions de tennis de ces quarante dernières années », derrière Steffi Graf et devant Björn Borg Liste complète et portraits des quarante lauréats sur le site officiel de Tennis Magazine — Sampras est premier, devant Navrátilová..

Biographie Chris Evert est née le , à Fort Lauderdale, en Floride. Issue d'une famille de cinq enfants, sa sœur Jeanne Evert a été professionnelle dans les années 1970.

Son père, Jimmy Evert, ancien joueur de tennis universitaire, l'encourage très tôt dans ce sport. Sous sa tutelle, elle atteint le premier rang national des moins de . Après une saison 1971 spectaculaire qui la voit remporter d'affilée, elle fait son entrée sur le circuit professionnel féminin le .

Style de jeu De taille moyenne (), bien proportionnée mais sans muscles saillants comme une athlète, elle s'installe au fond du court , avec une régularité de métronome, des balles longues qui frisent les lignes. Alors que les filles qui jouent service-volée gagnent la plupart de leur point en de raquette, la longueur et la régularité du jeu de Chris Evert les bloque au fond du court, domaine dans lequel elles sont fragiles. Elles se voient en effet obligées d'attaquer la moindre balle courte qui peut arriver seulement au bout du dixième échange. Si elles sont toujours là, elles doivent monter au filet, mais s'exposent alors à des passings-shots et lobs très précis.

Sa technique est le fruit d'un enseignement qui a commencé à l'âge de six ans avec son professeur de père qui lui apprend à jouer le plus long possible pour briser le jeu de ses adversaires. Son tennis est basé sur la régularité et la précision de ses coups de fond de court. Elle cherche à s'appuyer sur les faiblesses adverses, qu'elle parvient à mettre en évidence grâce à sa lucidité et à ses qualités nerveuses.

Il ressort de la gamme de ses coups : un revers à deux mains (à plat ou légèrement recouvert), un lob très précis, une amortie bien masquée, une volée bien préparée quand elle monte au filet. Chris Evert ne lifte que très rarement tant son contrôle de la balle est important.

Elle est peu appréciée à ses débuts, mais le public la soutiendra outrageusement (surtout aux États-Unis) dans ses combats légendaires contre Martina Navrátilová, qui choque l'Amérique puritaine des années Reagan en affichant ses muscles et son homosexualité. Vie privée vignette|John Lloyd et Chris Evert.Elle a eu une romance avec Jimmy Connors, contribuant à sa célébrité naissante, ainsi qu'avec l'acteur Burt Reynolds.

En 1979, elle se marie avec le joueur de tennis britannique John Lloyd dont elle divorce en 1987 pour se marier en 1988 avec l'ancien skieur olympique avec qui elle a eu 3 garçons. Divorcée à nouveau en 2007, elle épouse en juin 2008 le golfeur australien Greg NormanGreg Norman et Chris Evert se sont mariés AFP mais ils divorcent l'année suivante.

En janvier 2022, Chris Evert révèle être atteinte d'un cancer des ovaires. Sa sœur cadette Jeanne, également atteinte de la même maladie et décédée en février 2020, est , selon elle..

Carrière vignette|Les athlètes professionnels Chris Evert à gauche, et le quart-arrière des Dolphins de Miami Bob Griese, à droite, avec un représentant de S&H Green Stamps à Fort Lauderdale, Floride. De janvier à septembre 1971 et bien que rencontrant des séniors, elle accumule les victoires : 46 consécutives, ce qui révèle sa précocité. Elle atteint sa première demi-finale en Grand Chelem (US Open 1971) alors qu'elle n'est pas tout à fait professionnelle, la première de ses 52 (record absolu) demi-finales dans les tournois majeurs.

Un an plus tard, elle connaît sa première demi-finale à Wimbledon où elle défie Evonne Goolagong. Leur style et leur tempérament sont diamétralement opposés. L'aînée l'emporte finalement. En 1973, elle est finaliste à Roland-Garros et à Wimbledon. Elle rencontre pour la première fois une jeune joueuse, une Tchécoslovaque de deux ans sa cadette, Martina Navrátilová. Chris l'emporte en deux sets.

L'année suivante, elle réussit le doublé Roland-Garros-Wimbledon (terre battue-gazon). Mais Billie Jean King remporte encore l'US Open et elle est considérée par les journalistes comme la première joueuse mondiale. Chris se rapproche cependant du trône puisqu'elle gagne 16 tournois dans l'année. vignette|Chris rencontre son cheval de course homonyme à Hollywood Park à Inglewood, en Californie. En 1975, elle réédite sa victoire à Roland-Garros et sort vainqueur à l'US Open. Le 3 novembre, elle devient officiellement numéro 1 mondiale au classement informatisé (elle le sera encore en 1985). Elle a déjà gagné beaucoup d'argent. Ce qui ne l'empêche pas, l'année suivante, après ses victoires à Wimbledon et Forest Hill, de prendre la relève de Billie Jean King pour réclamer la revalorisation des prix féminins. Chris est battue pour la première fois par Martina Navrátilová en quart de finale à Los Angeles. Mais, elle a sa revanche en finale de Roland-Garros 1975 et en 1/2 finale de l'US Open 1975. Elle remporte et pour . vignette|Chris, Suzy Chaffee et d'autres invités assis dans la salle rouge lors d'un dîner d'État en l'honneur du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin. Lors des années 76 et 77, Chris Evert lâche la concurrence. Elle remporte Wimbledon et l'US Open et inscrit son nom à pour seulement . Elle bat Martina Navrátilová en demi-finale de Wimbledon et devient numéro 1 en fin d'année, Evonne Goolagong et Martina Navrátilová . Quand elle remporte l'US Open pour la consécutive en 1977, elle en est à sa professionnelle : elle n'a pas encore et elle gagne plus d'argent que Björn Borg, preuve du succès grandissant du circuit féminin, du moins aux États-Unis. Elle est néanmoins battue à Wimbledon par Virginia Wade qui réussit à garder la balle dans le court. Elle gagne dans l'année, soit pour . Un moment fiancée à Jimmy Connors, elle a une relation avec le fils du président des États-Unis (Gerald Ford), puis avec Burt Reynolds avant d'épouser en avril 1979 le joueur de tennis britannique John Lloyd (qui va dès lors sombrer au classement).

En 1978, Chris Evert est battue pour la première fois dans un Grand Chelem par Martina Navrátilová à Wimbledon. Le lendemain, elle perd sa place de numéro 1. Elle gagne néanmoins pour la consécutive l'US Open (record du tournoi) et le Masters contre Navrátilová. Cette victoire est décisive pour l'octroi de cette nouvelle distinction honorifique qu'est le titre de championne du monde. Martina Navrátilová finit l'année au premier rang mais Chris Evert est sacrée championne du monde. Elle gagne , pour . L'année suivante, après consécutives sur terre battue, Tracy Austin () la bat en demi-finale de Rome. Elle met fin à 2096 jours de domination de Chris Evert sur terre battue. Ce qui représente gagnés de rang depuis 1973 et remportés à la suite sans perdre un set entre 1975 et la Coupe de la Fédération en 1979. Elle constitue une autre série de , série interrompue par Hana Mandlíková en 1/2 finale de Roland-Garros en 1981. Ce qui lui fait donc un total de sur terre battue depuis 1973, et seulement . Après sa victoire à Roland-Garros, Chris Evert (désormais appelée Evert-Lloyd ou uniquement Mrs Lloyd à Wimbledon) est battue dans les finales de Wimbledon par Navrátilová (comme en 1978) et de l'US Open par Tracy Austin qui l'empêche ainsi de remporter son consécutif à New York.

En 1980, Tracy Austin lui inflige écrasantes (6-3, 6-1 ; 6-3, 6-0 ; 6-2, 6-1) et devient mondiale à (record de l'époque). Chris rétrograde même pour la première fois au . Evert se retire quelques semaines. On la croit perdue, elle revient pourtant. À Rome, elle remporte le titre en perdant en . À Paris, elle gagne pour la , mais sans convaincre, le tournoi étant déserté par les meilleures qui se consacrent à Wimbledon. Il faut dire que les prix accordés aux joueuses à Roland-Garros sont faibles et que le public n'hésite pas à siffler une partie féminine qui lui déplaît. Depuis sa première participation au tournoi, en 1973, elle n'a connu, jusque-là, qu'une fois la défaite, en finale 1973, face à l'Australienne Margaret Smith Court. À Wimbledon, après avoir pris sa revanche sur Navrátilová en demi-finale, qui l'avait battue les deux années précédentes, c'est la doyenne Evonne Goolagong qui la contraint à s'incliner. En dehors de Navratilova, Evonne Goolagong est d'ailleurs la seule joueuse à avoir battu Chris Evert plus de dix fois dans toute sa carrière ( contre 26 pour Evert). Mais c'est l'US Open qui va prouver qu'Evert n'est pas finie. Chris n'est que la de série du tournoi, derrière Martina et Tracy. Le tirage au sort lui a fixé sa jeune compatriote en demi-finale. Peu imaginent une victoire de l'ancienne reine contre la nouvelle car Austin a remporté leurs cinq dernières confrontations dont la finale de l'US Open en 1979. Leur jeu est similaire : même revers à deux mains à plat, même régularité effrayante qui peut les mener à dépasser les de raquette dans un échange, même solidité technique et mentale. Mais Tracy, de sa cadette possède dans sa raquette des accélérations décisives. Chris perd le premier set (6/4), bien que jouant parfaitement, mais elle s'impose finalement en donnant une leçon tactique exceptionnelle à son adversaire. C'est une renaissance pour Chris, tant Austin la faisait douter. En finale, elle sort la toute jeune Hana Mandlíková qui avait écarté Navrátilová en huitième de finale. Le public fait un triomphe à Evert (les Américains adorent les histoires de reconquête) qui gagne pour la son tournoi fétiche. Chris Evert-Lloyd reprend son trône et devient une nouvelle fois championne du monde. Elle a gagné ().