Jusqu'au , la politique étrangère de l'Éthiopie, comme de nombreux pays de l'Afrique subsaharienne, a été marquée par un relatif isolement par rapport à ses voisins.

L'Éthiopie fait partie de plusieurs organisations internationales : ACP, AEIA, AID, BAD, BIRD, CEA, CIO, CNUCED, FAO, FISCR, FIDA, FMI, G-24, G-77, HCR, IGAD, Intelsat, Interpol, ISO, MICR, NAM, OACI, OIAC, OIM (observateur), OIT, OMI, OMM, OMPI, OMS, OMT, ONU, ONUDI, OUA, SFI, UIT, UNESCO, UNU, UPU.

Chronologie des relations Les historiens font généralement remonter l'existence d'une politique étrangère moderne au règne de l'empereur Théodoros II dont la principale priorité était la sécurité des frontières traditionnelles du pays ainsi que la modernisation du pays grâce aux technologies venues d'EuropeChris Proutky, Empress Taytu and Menelik II, Trenton: The Red Sea Press, 1986, p247-256. Toutefois, les efforts diplomatiques de Théodoros se sont achevés dramatiquement par l'expédition militaire britannique de 1868 qui a abouti à sa mort. Malgré les efforts de son successeur, l'empereur Yohannès IV, pour établir des relations avec le Royaume-Uni, l'Éthiopie est restée ignorée des grandes puissances mondiales jusqu'à l'ouverture du canal de Suez (1869), et surtout la guerre Muhadiste (1881-1899) qui a attiré l'attention sur le paysBahru Zewde, A History of Modern Ethiopia, seconde édition, Oxford : James Currey, 2001Sven Rubenson, The Survival of Ethiopian Independence, Hollywood: Tsehai, 1991.

Par la suite, ce sont également les questions relatives à la sécurité des frontières et à la modernisation qui ont été mises en avant, comme en témoignent l'issue de la première guerre italo-éthiopienne, l'admission de l'Éthiopie à la Société des Nations () et l'invasion italienne de 1935. Depuis la Seconde Guerre mondiale, l'Éthiopie a joué un rôle actif dans le monde et dans les affaires africaines. Elle est devenue membre des Nations unies dès 1945 et prit part aux opérations de l'ONU en Corée en 1951 et au Congo en 1960. L'ancien empereur Hailé Sélassié est l'un des fondateurs de l'Organisation de l'unité africaine (OUA). Addis-Abeba est d'ailleurs le siège de l'OUA et de la Commission économique pour l'Afrique de l'ONU.

L'Éthiopie n'a plus d'accès à la mer depuis l'indépendance de l'Érythrée en 1993. Elle bénéficie les années suivantes d'un accès au port érythréen d'Assab, mais le perd lors du conflit entre les deux pays entre 1998 et 2000. L'Éthiopie dépend par la suite du port de Djibouti pour ses exportations et importations, avant de se rapprocher du Somaliland, territoire côtier séparatiste de la Somalie pour obtenir un accès à ses infrastructures portuaires.

Aujourd'hui, l'Éthiopie entretient de très bonnes relations avec l'Occident et les États-Unis, en particulier dans la réponse à l'instabilité régionale et, de plus en plus, par le biais de la participation économique. En revanche, les relations avec l'Érythrée restent extrêmement tendues en raison d'un différend frontalier persistant. De même, l'instabilité le long des frontières du Soudan et de la Somalie contribue aux tensions avec le régime du Front islamique national soudanais et plusieurs groupes en Somalie.

En 2022, l'Éthiopie adhère au G4 de l'Union africaine avec l'Afrique du Sud, l'Algérie, et le Nigeria.

Relations avec les autres États africains Algérie

Somalie La majeure partie de la frontière qui sépare l'Éthiopie au sud de la Somalie est une ligne administrative provisoire et non une frontière internationale.

Depuis la guerre de l'Ogaden qui opposa les deux pays en 1977 et 1978 après l'invasion de l'Ogaden par les troupes somaliennes de Siad Barre, les conflits territoriaux continuent dans la région.

Fin décembre 2006, l'armée éthiopienne intervient contre les islamistes somaliens de l'Union des tribunaux islamiques qui avaient pris le pouvoir en juin soutenus et armés par l'Érythrée et qui doivent alors fuir Mogadiscio (voir Guerre en Somalie). L'Éthiopie prend ainsi le contrôle de la majeure partie du pays et le gouvernement de transition se déclare le gouvernement de facto du pays. Depuis 2007, une guérilla et des actes de terrorisme ont lieu contre le gouvernement de la Somalie et les forces éthiopiennes. L'Éthiopie mène un double jeu en soutenant officiellement le gouvernement de transition tout en s'alliant à des clans d'opposition au régime actuellement au pouvoir en Somalie. Ainsi, les sécessionnistes du Somaliland autorisent le commerce éthiopien à passer par leurs ports, donnant ainsi à l'Éthiopie un accès à la mer.

En , l'Éthiopie signe avec les autorités du Somaliland un accord leur donnant accès à 20 kilomètres de côte sur la mer Rouge, notamment dans le port de Berbera, pour une durée de 50 ans, en échange d'une reconnaissance officielle de l'indépendance de ce territoire par Addis Abeba. La Somalie rappelle son ambassadeur d'Éthiopie pour protester contre un nouvel accord entre le gouvernement éthiopien et le Somaliland offrant à Addis-Abeba un accès à la mer.

Un an plus tard, l'Éthiopie et la Somalie décident de rétablir pleinement leurs relations diplomatiques à l'issue d'une visite officielle samedi à Addis-Abeba du président somalien Hassan Sheikh Mohamoud.

Érythrée

L'Érythrée est devenue indépendante de l'Éthiopie en 1993. Par la suite, des désaccords sur l'emplacement des frontières ont amené à la guerre Érythrée-Éthiopie (1998-2000) qui a débouché en 2002 sur la mise en place d'une commission frontalière. Pourtant, la détermination des limites frontalières n'a cessé d'être repoussée malgré la pression internationale. L'Éthiopie demande avec insistance que la frontière prenne en compte la « géographie humaine » et non les délimitations techniques définies par la Commission, notamment concernant la région frontalière de Badme. De son côté, l'Érythrée demande l'application stricte de la décision de la Commission. Malgré les tensions persistantes, la guerre n'a pas repris.

Le , l'Érythrée envoie une délégation en Éthiopie. Le , le président érythréen Isaias Afwerki et le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed réunis à Asmara, ont conclu un accord de paix entre les deux pays. Ce traité de paix s'inscrit dans une volonté commune de développer leur économie. Deux ans plus tard, le président érythréen Isaias Afwerki prête main-forte à son homologue éthiopien lors de la guerre du Tigré, où les troupes érythréennes participent à la répression du soulèvement séparatiste de cette région éthiopienne. Ces dernière sont accusées d'exactions (massacres et viols), ce qui vaut au régime érythréen une nouvelle série de sanctions de la part des Occidentaux, alors même que le régime éthiopien d'Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix pour avoir fait la paix avec son homologue érythréen, y échappe.

Égypte Entre l'Éthiopie et l'Égypte, les relations ont connu plusieurs pics de tension à propos de l'exploitation du Nil qui traverse ces deux pays.

En 1875, l'Égypte et l'Éthiopie se sont affrontées en partie à cause d'une controverse relative au Nil et en 1978, le président Anouar el-Sadate avait menacé son homologue éthiopien, le général Mengistu, de représailles s'il se mettait en tête de retenir une partie des eaux du fleuve.

Depuis le milieu des années 1990, les relations se sont dégradées à propos du grand barrage de la Renaissance. Ce projet est lancé en 1995 à l'initiative de l'Éthiopie pour développer l'agriculture irriguée et le potentiel hydroélectrique d'un pays. L'Égypte redoute qu'une redistribution des eaux du Nil ne la transforme à terme en désert.

Entre le début du chantier en 2011, et 2019, les négociations se succèdent sans permettre de résoudre les désaccords entre les pays.

En , depuis le Soudan où il est en visite, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi critique l'intention de l'Éthiopie de procéder à la seconde phase de remplissage du mégabarrage sur le Nil. En , le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed se rend au Caire et rencontre le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi. Leur rencontre est axée sur la recherche d'une sortie de crise au Soudan, voisin des deux pays, en guerre civile depuis trois mois.

Kenya Le Kenya partage avec l'Éthiopie située au nord, une frontière de 861 km.

Malgré cette proximité géographiques, le montant des échanges entre les deux États n'étaient que de 8 millions de dollars par an dans les années 2010.

Plusieurs partenariats ont été conclus ces dernières années pour renforcer leur coopération économique et leurs échanges commerciaux.

En , le chantier d'une interconnexion électrique entre le Kenya et l'Éthiopie est lancée, avec pour ambition d'être opérationnelle à la m-2019. Le transfert d'électricité permis par cette infrastructure pourrait atteindre 2 000 mégawatts.

En , les chefs d'État des deux pays, Uhuru Kenyatta et Abiy Ahmed, se rencontrent en Éthiopie pour renforcer leur coopération économique, notamment en instaurant une zone de libre-échange à Moyale, ville située à la frontière entre les deux pays et sur la route reliant Nairobi à Addis- Abeba. Leurs discussions ont aussi porté sur le « Lamu Port Southern Sudan-Ethiopia Transport Corridor », mégaprojet comprenant le développement du port de Lamu, au Kenya. Avec le « Lapsset », cette future mégalopole constituerait également le point d'arrivée d'un pipeline de plus de 1 500 kilomètres, d'une autoroute et d'un chemin de fer qui partiraient du Soudan du Sud et d'Éthiopie.

Soudan L'Éthiopie et le Soudan sont tous les deux membres d l'Union africaine et partagent une frontière d'environ située au sud-est du Soudan.

Conflits territoriaux

L'accord sur le tracé des frontières remonte à 1902 entre l'Éthiopie et la Grande-Bretagne, puissance coloniale qui contrôlait le Soudan. Mais des lacunes persistent sur certains points provoquant régulièrement des incidents avec des agriculteurs éthiopiens venant cultiver sur un territoire revendiqué par le Soudan. La zone contestée est le triangle d'Al-Fashaga, une zone de , stratégique car fertile pour les deux pays très peuplés. vignette|Localisation de l'Éthiopie du Soudan, et du barrage de la Renaissance sur le Nil Bleu. Le triangle d'Al-Fashaga est situé au nord de la ligne de frontière entre les deux pays. Pendant l'essentiel de son mandat, le gouvernement d'Omar el-Béchir ne cherche pas à contrôler cette région, occupé par la seconde guerre civile soudanaise au sud du pays, tandis que l'Éthiopie soutient les rebelles du sud. La capitale éthiopienne Addis-Abeba est finalement le lieu de rencontre des belligérants du nord et du sud du Soudan pour assurer une séparation pacifique du Soudan en deux États, et assurer un partage équitable des ressources pétrolières du Sud. En 2019, la révolution soudanaise provoque un changement de régime et un revirement politique de la part du Soudan qui ambitionne de reprendre le triangle d'Al-Fashaga.

En , tandis que la guerre du Tigré éclate en Éthiopie, opposant le gouvernement d'Abiy Ahmed à la région séparatiste du Tigré, le gouvernement soudanais masse à la frontière, officiellement pour empêcher le conflit de déborder sur territoire. En effet, des fermes sont attaquées par combattants venus d'Éthiopie, dont l'identité est incertaine ; le gouvernement éthiopien les désigne comme des bandits, alors que son homologue soudanais les accuse d'être des miliciens pro-gouvernementaux. De son côté, l'armée soudanaise multiplie les incursions, profitant de la guerre civile éthiopienne pour prendre le contrôle du territoire disputé entre les deux États. Les jours suivants, l'offensive soudanaise se heurte à une résistance de l'Éthiopie, dont l'armée remporte une victoire rapide sur le front du Tigré (avant d'être repoussée quelques semaines plus tard), tandis que déplacés par le conflit se réfugient au Soudan.