L'invasion de l'Irak par les États-Unis en 2003 (), appelée opération Liberté irakienne () par les États-Unis ou Bataille Décisive () par l'Irak, est une opération militaire déclenchée le , sur ordre du président américain George W. Bush.

Cette invasion marque le début de la guerre d'Irak, dont les objectifs principaux officiels sont de renverser Saddam Hussein, chasser le parti Baas du pouvoir, et .

L'opération mène à la chute du gouvernement baassiste le avec la bataille de Bagdad et à la capture de Saddam Hussein le de la même année.

Contexte et prélude

Bien que les combats pour l’opération Iraqi Freedom aient véritablement commencé le , les préparatifs ont débuté le , au lendemain de la fin de l’opération Desert Storm ( - ). L’opération Iraqi Freedom marque le dernier chapitre d’une implication continue des États-Unis dans le golfe Persique depuis vingt ans, avec notamment la présence continue de troupes américaines et britanniques sur le territoire irakien dans le cadre des opérations :

Opération Southern Watch () Opération Provide Comfort () Opération Desert Strike () Opération Northern Watch () Opération Desert Thunder () Opération Desert Fox () Opération Southern Focus ().

Dans cette optique, les États-Unis ont mis en œuvre les différents éléments du pouvoir national (diplomatie, information, action militaire et économie) en vue de cet objectif. Du renforcement des sanctions et des inspections internationales, à la protection des Kurdes et des musulmans, en réponse aux violations des zones interdites de survol (no fly-zones), l'option militaire a été un élément central de la politique américaine contre l'Irak depuis la fin de l'opération Desert Storm. Sans les fruits de 12 ans d'efforts et d'implication dans le golfe, l'OIF aurait été impossible à mettre en mouvement.

Opposition à l'intervention de la coalition Lorsque la coalition commença à rassembler ses forces armées, plusieurs pays dont : la Chine, la Russie, la France et l'Allemagne ont tenté de faire empêcher l'intervention, à l'ONU. Jugeant que la guerre ne ferait que détruire le fragile équilibre régional mis en place à la suite de la guerre Iran-Irak. Cependant ce rassemblement de nations influentes n'a pas suffi pour empêcher les hostilités.

Établir le plan d'attaque

Les planificateurs du Commandement central américain ont commencé très sérieusement à développer les options militaires concernant l'Irak seulement trois mois après le début de l'opération Enduring Freedom en Afghanistan. Le Président Bush et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld ont remarqué que la « guerre mondiale contre le terrorisme » ne peut pas être engagée seulement contre l'Afghanistan ; les terroristes ne se contentent pas d'un champ de bataille unique, dès lors les États-Unis et leurs alliés doivent faire de même et lutter contre le terrorisme à une échelle plus globale. À noter au passage que les États-Unis mènent leur guerre contre le terrorisme également aux Philippines (opération Enduring Freedom Philippines), où quelque 600 militaires conseillent et assistent les Forces Armées de Philippines dans le sud du pays, depuis le .

Leur plus grande crainte était que les terroristes que Saddam Hussein abritaitPour rappel, une des raisons avancées par l'administration Bush pour s'attaquer à l'Irak, c'est l'existence de liens présumés entre l'Irak et l'organisation terroriste Al-Qaeda. Lesdits liens auraient été vérifiés par des sources des services de renseignements de l'époque, mais se sont révélés totalement faux par la suite. puissent obtenir de lui des armes de destruction massive (d'après les services de renseignement américains, l'Irak possédait encore des armes de destruction massive des années après les sanctions des Nations unies et les inspections de désarmement). Leur crainte est fondée sur le fait que le dictateur irakien avait fait usage de telles armes contre les Iraniens et les Kurdes, et dès lors il n'aurait sans doute pas hésité à les retourner contre des occidentaux.

Plan d'opération 1003 (OPLAN 1003) Sur l'ordre de Donald Rumsfeld, chargé du commandement central américain, le général Tommy Franks, a commencé à réviser les hypothèses du plan 1003, c'est-à-dire le plan de guerre préconçu pour le Proche Orient. Dans une série de réunions qui ont eu lieu en , Donald Rumsfeld et Tommy Franks ont reconceptualisé le plan 1003 et l'ont adapté à une armée moderne. La clé de l'approche de Tommy Franks, c'était de faire des opérations conjointes : intégration étroite des différentes branches armées américaines (l'US Air Force, l'US Army, l'US Marine Corps et l'US Navy), qui ne travailleraient plus chacune de leur côté, mais conjointement. Il s'agit d'un « objectif au rapprochement » qui était poursuivi depuis des années au sein des forces militaires et qui a montré ses preuves en Afghanistan. Auparavant, jamais des opérations conjointes d'une telle ampleur n'avaient été mises en œuvre.

Pendant que le département d'État américain continuait les opérations diplomatiques pour neutraliser ou contenir Saddam Hussein, Tommy Franks et son état-major ont établi la stratégie du Commandement central contre l'Irak et Saddam Hussein. Tommy Franks a créé un diagramme indiquant les différentes opérations militaires à mettre en œuvre contre les différentes composantes du pouvoir de Saddam Hussein. Par exemple : les opérations spéciales seraient efficaces pour traquer les dignitaires irakiens, mettre à néant la sécurité intérieure, rechercher les armes de destruction massive et s'attaquer aux forces armées irakiennes (armée régulière, garde républicaine ou garde républicaine spéciale), mais pas pour occuper le territoire, s'occuper des infrastructures, contenir la population civile… Bien que ce diagramme ait changé au fur et à mesure que le plan d'attaque évoluait, le schéma du contenait les objectifs principaux de la campagne et les outils militaires qui seraient utilisés.

À la fin , les planificateurs du Commandement central ont identifié quatre phases pour soutenir le concept opérationnel. La ligne du temps de ces quatre phases est restée très variable.

Phase 1 : préparation Cette première phase a comme objectif de former une coalition internationale de soutien (politique ou militaire), et de pré-positionner les troupes dans des bases de la région, tout en continuant à agir au niveau diplomatique pour éviter, si possible, d'avoir recours à la force.

Cette phase durerait environ 90 jours, soit plus ou moins trois mois, pendant lesquels il faut :

agir au niveau diplomatique pour obtenir un changement de régime (= saper les capacités de résistance du régime irakien) ; obtenir les autorisations nécessaires pour effectuer les mouvements opérationnels (= s'assurer un soutien régional et international) : convaincre des pays alliés d'accepter le survol de leur territoire, d'abriter des soldats… ; continuer les opérations secrètes des agences de renseignement : entrainer et préparer les forces d'opposition au régime de Saddam dans le Nord de l'Irak. Selon la mouture du plan d'attaque datée du , ces opérations avaient déjà commencé 4-5 mois auparavant (vers - ) ; continuer à travailler sur l'après-guerre : formation d'un nouveau gouvernement… ; continuer les opérations de renseignement stratégique : localisation des sites d'importance stratégique… ; déployer le quartier général du commandement central (établir un quartier général avancé) ; continuer les préparatifs du contingent : préparer le stockage des ressources énergétiques (essence…), vaccins, augmenter le niveau d'activation des forces de réserve, mener des opérations de surveillance de sites, instaurer un pont aérien… Il s'agit de réquisitionner, préparer et déployer les forces américaines.

Phase 2 : organiser l'espace de bataille et attaquer le régime C'est la phase durant laquelle seraient menées les opérations de combat conventionnelles, avec la campagne aérienne et les opérations au sol. Au cours de cette deuxième phase, une campagne aérienne précèderait les opérations terrestres, comme ce fut le cas lors de l'opération Desert Storm de 1991.

Durant cette phase, les objectifs sont : réunir une coalition militaire internationale pour mener des opérations de combat ; commencer les opérations initiales en vue de dégrader la chaîne de commandement irakienne et s'emparer des zones clés ; poursuite des opérations diplomatiques ; continuation de la recherche des armes de destruction massives. l'US Navy et l'US Air Force ont pour mission de détruire les défenses anti-aériennes et les forces de sécurité irakiennes, détruire le régime irakien, détruire les capacités de production et de livraison d'armes de destruction massive… ; les forces terrestres ont pour mission de sécuriser les ponts le long de l'Euphrate, s'emparer des champs pétroliers du Sud de l'Irak, anéantir les forces irakiennes, isoler Bagdad (par le Sud, puis par le Nord et l'Ouest), traquer et détruire les armes de destruction massive (et les matières servant à leur fabrication), mener des opérations de ravitaillement… les forces d'opérations spéciales sont chargées de mener des frappes contre les cibles stratégiques (armes de destruction massive, défense anti-aérienne…), mener des opérations non conventionnelles avec les groupes d'opposition (kurdes, sunnites et chiites) afin de perturber les forces conventionnelles irakiennes, détruire les missiles tactiques, s'emparer et détruire les armes de destruction massive, empêcher toute attaque contre les Kurdes.

Les plans et la durée cette seconde phase ont considérablement changé durant les 15 mois qui se sont écoulés entre le briefing initial que Tommy Franks avait fait au Président Bush, et le Jour-J. Dans le concept opérationnel du , la durée de cette phase était de 45 jours (concept Generated start), mais pouvait s'étendre jusqu'à 90 jours (concept Running start) ou être réduit à 16 jours (concept hybride).

Phase 3 : opérations décisives Il s'agit d'une phase qui marque la fin des opérations de combats intensifs et l'éviction du régime de Saddam Hussein et du Parti Ba'ath du pouvoir. Cette phase ne peut être mise en œuvre que lorsque les deux objectifs initiaux seront atteints ; capitulation ou anéantissement des forces armées irakiennes et neutralisation du régime (les membres du régime irakien sont tués, capturés ou mis hors-la-loi et activement recherchés).

Durant cette phase, les objectifs sont : l'US Navy et l'US Air Force ont pour mission de détruire le régime irakien, anéantir les forces de sécurité irakiennes, détruire les capacités de production et de livraison d'armes de destruction massive… ; les forces terrestres ont pour mission d'anéantir les forces irakiennes, isoler Bagdad (en vue de permettre l'installation d'un gouvernement provisoire), traquer et détruire les armes de destruction massive (et les matières servant à leur fabrication), mener des opérations de ravitaillement, protéger les forces irakiennes alliées… les forces d'opérations spéciales sont chargées de mener des frappes contre les cibles stratégiques (armes de destruction massive, défense anti-aérienne…), mener des opérations non conventionnelles avec les groupes d'opposition (kurdes, sunnites et chiites) afin de perturber les forces conventionnelles irakiennes, détruire les missiles tactiques, s'emparer et détruire les armes de destruction massive, empêcher toute attaque contre les Kurdes.

Phase 4 : opérations après les combats Cette phase marque la fin des opérations de combats à proprement parler, et le commencement des opérations de stabilisation et de soutien (assistance humanitaire et reconstruction). Au fur et à mesure que des portions du territoire sont libérées, ces opérations post-combat ont été mises en œuvre, alors même que les combats continuaient ailleurs.

Cette quatrième phase était la plus floue. Tous étaient conscients que reconstruire le pays prendrait plus de temps que de démanteler le régime. Il faut :