Horatio Nelson, Nelson, duc de Bronte, né le à Burnham Thorpe et mort le au large du cap Trafalgar, est un vice-amiralNelson, qui n'atteindra jamais le grade d'amiral, obtient celui de contre-amiral en et de vice-amiral en janvier 1801 date à laquelle il devient « vice-amiral de l'escadre blanche », du nom de l'escadre portant comme code couleur le blanc, échelon intermédiaire dans la liste des vice-amiraux britanniques. Il lui restait donc à passer par le grade de « vice-amiral de l'escadre rouge » avant d'atteindre le premier échelon des amiraux. britannique. Il s'est illustré pendant les guerres de la Révolution française et napoléoniennes. Sa victoire d'Aboukir en 1798 fait échec à l'expédition française d'Égypte et, l'année suivante, il contribue à la restauration de la maison de Bourbon-Siciles à Naples mais aussi à la répression impitoyable contre les républicains napolitains : les services rendus aux souverains napolitains lui valent le titre de duc de Bronte. Il cherche la bataille décisive contre le Danemark, membre d'une brève ligue des neutres, puis de nouveau contre les Français : il la trouve à Trafalgar en 1805 où il remporte une victoire complète sur les flottes conjointes de France et d'Espagne, établissant pour un siècle la suprématie de la Royal Navy ; mais il y perd la vie. Il est couramment appelé l’amiral Nelson par les Français et Lord Nelson par les Anglo-Saxons.

Nelson saura utiliser un large éventail de tactiques sans rester prisonnier de schémas traditionnels, au contraire de nombre de ses confrères ; ce qui lui vaudra une réputation d'officier insubordonné. Son sens de l'observation et sa faculté d'adaptation lui permettent d'agir très rapidement, prenant souvent de vitesse ses adversaires. Il a le don d'inciter les hommes à donner le meilleur d'eux-mêmesVoir l'article England expects that every man will do his duty par exemple.. Il suscite le dévouement et la loyauté de ses subordonnés et leur laisse en retour une grande liberté d'action. Son courage physique dans les combats et l'image d'héroïsme que lui valent ses nombreuses blessures en font de son vivant même une figure vénérée par la population britannique.

En 1798, alors qu'il est marié depuis 1787, Nelson a une liaison passionnée avec Emma Hamilton, l'épouse de l'ambassadeur britannique à Naples, William Hamilton. Emma vit ouvertement avec lui à son retour en Angleterre et lui donne une fille, Horatia.

Au moment de sa mort en 1805, Nelson est considéré comme un héros et reçoit des funérailles nationales. De nombreux monuments célèbrent sa mémoire, notamment la colonne Nelson au cœur de Trafalgar Square à Londres.

Biographie Famille et enfance

vignette|upright=0.6|Le Révérend Edmund Nelson, père de Horatio. vignette|upright=0.6|Catherine Suckling, mère de Horatio. vignette|Le village de Burnham Thorpe. Le site du lieu de naissance de Nelson, détruit en 1803, se trouve derrière le mur à gauche Horatio Nelson est né le à Burnham Thorpe dans le comté de Norfolk en Angleterre. Fils de bonne famille, il est le sixième des onze enfants du révérend Edmund Nelson et de Catherine Suckling. Certains de ces enfants sont toutefois morts en bas âge. Sa mère, qu'il perd à l'âge de neuf ans, était la petite-nièce de Lord Robert Walpole, comte d'Orford, considéré de facto comme le premier Premier ministre du parlement du Royaume-UniBritannia 11 édition .. Catherine vivait dans le village de Barsham dans le comté du Suffolk et se maria avec Edmund le . Le nom de Horatio provient de son parrain, Horace Walpole.

Nelson étudie à la Paston Grammar School de North Walsham, où il se lie d'amitié avec plusieurs condisciples, comme Levett Hanson, correspondant de Nelson jusqu'à sa mort. Nelson étudie également à la Norwich School et il apprend la navigation à Barton Broad avant de s'engager dans la Royal Navy. Son oncle maternel, l'officier de marine Maurice Suckling avait décidé de s'occuper de l'avenir de Horatio pour aider Edmund à la mort de Catherine.

Débuts de sa carrière navale Sa carrière débute le , quand il devient matelot et patron de canot sur le vaisseau de guerre de , commandé par Maurice Suckling, mais le départ est reculé de trois mois durant lesquels le Raisonnable entre à l'arsenal pour réparations et Horatio est renvoyé à l'école. À la mi-mars, après son arrivée à bord, Nelson est nommé aspirant et commence une formation d'officier. Nelson découvre qu'il souffre du mal de mer, un problème chronique qui le poursuivra le reste de sa vie.

Le HMS Raisonnable est armé durant une période de tension avec l'Espagne, mais quand le calme revient, Suckling passe sur le , un navire de garde-côtes basé près du Nore. Il inscrit Horatio comme aspirant sur le Triumph mais préfère le faire embarquer sur un navire marchand où sa formation devrait être plus fructueuse. Nelson est envoyé pour servir à bord d'un Indiaman de l'entreprise de Hibbert, Purrier and Horton afin de s'aguerrir. À ce titre, il traverse deux fois l'océan Atlantique avant de retourner servir comme patron de canot pour Suckling, assurant les transports des hommes et des vivres avec la terre. Nelson apprend ensuite l'existence d'un projet d'expédition sous le commandement de Constantine John Phipps, destiné à enquêter sur un passage vers l'Inde par l'Arctique, le légendaire passage du Nord-Ouest. À sa demande, Suckling prend des dispositions pour que Nelson se joigne à l'expédition, comme aspirant à bord de la bombarde commandée par Skeffington Lutwidge. L'expédition n'est pas en mesure de trouver un chemin à travers le pack et est contrainte de rebrousser cheminClements Markham, Les Abords de la région inconnue, 1876, . Sur le voyage du retour de l'expédition vers la Grande-Bretagne en septembre 1773, Nelson retourne brièvement sur le Triumph, mais est, à la suite d'un arrangement de Suckling, transféré sur le , l'un des deux navires qui se préparaient à appareiller pour les Indes.

Nelson s'embarque pour les Indes, le , arrivant à Madras le . Nelson et le HMS Seahorse passent le reste de l'année croisant au large de la côte et escortant des navires marchands. Avec le déclenchement de la première guerre anglo-marathe, la flotte britannique appuie la Compagnie britannique des Indes orientales et au début de 1775 le HMS Seahorse est envoyé escorter un navire de transport à Bombay, chargé de l'argent de la société. Le , le HMS Seahorse est attaqué par deux ketchs ennemis, mais les repousse après un bref échange de tirs. C'est la première participation à un combat de Nelson. Le reste de l'année est consacré à l'escorte des convois, Nelson continuant à apprendre la navigation. Le capitaine Suckling devient contrôleur de la Marine en 1775 et se sert de sa position pour favoriser la carrière de Nelson. Au début de 1776, Nelson contracte le paludisme. Gravement malade, il est libéré de son poste le et retourne en Angleterre à bord du , passant les six mois du voyage retour jusqu'à son arrivée en à récupérer. Son mentor, Suckling, a maintenant atteint le poste de Third Sea Lord (« Troisième Lord de la Mer ») et, par son influence, Nelson, encore aspirant, est désigné pour faire fonction de lieutenant à bord du , puis se prépare à appareiller pour Gibraltar.

Premiers commandements dans la guerre d'Amérique Aux Caraïbes vignette|gauche|Le capitaine Horatio Nelson avec le Fort San Juan en arrière-plan, 1781. Cette peinture de John Francis Rigaud fut commencée et presque achevée avant la bataille. Nelson, alors lieutenant, reviendra avec le rang de capitaine. L'artiste rajoutera à ce moment les soutaches d'or des manches, qui témoignent de ce nouveau grade.

Le HMS Worcester, sous le commandement du capitaine Mark Robinson, escorte un convoi le et est de retour en Grande-Bretagne avec un autre convoi en . À son retour, Nelson se rend à Londres pour passer son examen de lieutenant, ce qu'il fait le , devant les capitaines John Campbell, Abraham Nord et son oncle Maurice Suckling. Nelson reçoit dès le lendemain son affectation comme lieutenant en second sur le qui se préparait à appareiller vers la Jamaïque sous les ordres du capitaine William Locker. Le navire navigue du au et après s'être réapprovisionné, a effectué plusieurs voyages dans la mer des Caraïbes. Le déclenchement de la guerre d'indépendance des États-Unis est l'occasion pour Nelson de se distinguer. Le HMS Worcester capture plusieurs prises, dont l'une sera utilisée comme annexe et renommée Little Lucy. Nelson demande et reçoit son commandement et le dirige durant deux voyages. Locker, impressionné par les capacités de Nelson, le recommande au nouveau commandant en chef à la Jamaïque, Sir Peter Parker, lequel prend Nelson sur son navire amiral, le . L'entrée des Français dans la guerre, appuyant les Américains, apporte d'autres objectifs pour la flotte de Parker et un grand nombre de prises sont faites fin 1778, ce qui permet à Nelson d'obtenir des parts de prise pour un montant d'environ , soit une prime correspondant à plus de 2 ans 1/2 de soldeSuivant une comparaison avec les données provenant de Nicholas Blake et Richard Lawrence, The illustrated companion to Nelson’s Navy, Chatham Publishing, 2000. ..

Parker le nomme comme « Master and Commander » du brick le . Nelson et le HMS Badger passent la majeure partie de 1779 au large de la côte d'Amérique centrale, allant dans les colonies britanniques du Honduras et du Nicaragua, mais sans beaucoup d'interception de navires ennemis. À son retour à Port Royal, il apprend que Parker l'a promu capitaine le et lui donne une autre affectation. Nelson, qui n'a à l'époque que vingt ans, remet le HMS Badger à Cuthbert Collingwood en attente de l'arrivée de son nouveau navire, une frégate de capturée à la France et intégrée à la Royal Navy sous le nom de . Alors que Nelson patiente, des informations sur une flotte française commandée par Charles Henri d'Estaing approchant de la Jamaïque lui sont connues. Parker se hâte d'organiser sa défense, mettant Nelson au commandement du Fort Charles qui protégeait l'approche de Kingston. Mais d'Estaing fait route au nord, ne concrétisant jamais l'invasion supposée. Après cette alerte, Nelson reçoit le commandement du HMS Hinchinbrook le .

Le HMS Hinchinbrook appareille de Port Royal le et après s'être joint à plusieurs autres navires britanniques, capture un certain nombre de navires américains. À son retour en Jamaïque, en décembre, Nelson commence à être atteint de crises répétées de paludisme, mais il reste dans les Antilles sous les ordres de John Dalling, gouverneur de la Jamaïque. Après l'entrée de l'Espagne dans la guerre d'indépendance des États-Unis en , Nelson participe à la tentative de capture des colonies espagnoles en Amérique centrale. Il commande la petite escadre de l'expédition contre la forteresse de San Juan au Nicaragua. Le HMS Hinchinbroke navigue dans les eaux de la Jamaïque en comme escorte du corps expéditionnaire et après avoir atteint l'embouchure du Colorado, Nelson commande la prise d'un avant-poste espagnol. Il reçoit des félicitations pour ce succès rapide mais le corps expéditionnaire est décimé par les fièvres et Nelson, malade, doit être évacué avant la fin du siègeRobert Southey, The Life of Horatio Lord Nelson, Teddington (UK), Echo Library, 2007, ..

Il est affecté au commandement de la frégate de . Nelson est toutefois tombé gravement malade dans la jungle, probablement atteint par une nouvelle crise de paludisme et n'est pas en mesure de prendre le commandement du navire. Il est déchargé de son commandement en août et renvoyé en Grande-Bretagne à bord du . Il arrive à la fin novembre et passe les mois suivants à récupérer.

Capitaine de l’Albemarle