Le Dhaulagiri, ou Dhaulagiri , est un sommet culminant à d'altitude au Népal, dans l'Himalaya. Il constitue le septième plus haut sommet du monde. Sa première ascension a été réussie le par Albin Schelbert, Kurt Diemberger, Ernst Forrer, Peter Diener, avec Nawang Dorje et Nima Dorje, aidés d'un avion. Leur itinéraire, par l'arête nord-est, est devenu la voie normale empruntée par la grande majorité des alpinistes.

Toponymie Le nom de la montagne vient du sanskrit (dhaulāgirī) et dérive de (dhawala), « éblouissant, blanc, beau » Monier Monier-Williams, A Sanskrit-English Dictionary, Oxford University Press, 1964 (1899), page 513., et de गिरि (giri), « montagne » Monier Monier-Williams, A Sanskrit-English Dictionary, Oxford University Press, 1964 (1899), page 355., soit la « montagne éblouissante ».

Géographie vignette|gauche|upright=1.2|Animation représentant le Dhaulagiri en trois dimensions.

Le Dhaulagiri est situé au centre du Népal, au sein du district de Myagdi dans la province de Gandaki Pradesh. Il se trouve à au nord-ouest de Pokhara et à de Katmandou. Il s'élève à d'altitude dans le Dhaulagiri Himal, un massif de l'Himalaya, ce qui en fait le septième plus haut sommet au monde et le plus haut entièrement au Népal. Sa proéminence par rapport au K2 est de mais le sommet plus élevé plus proche est le Cho Oyu à à l'est-sud-est. Ses pentes appartiennent au bassin versant de la rivière Kali Gandaki.

Histoire Après sa découverte par les Européens William Webb et John Anthony Hodgson en 1808-1809, le Dhaulagiri est considéré pendant trente ans comme le plus haut sommet du monde Derek John Waller, The Pundits: British Exploration of Tibet & Central Asia, Lexington (Kentucky), University Press of Kentucky, 2004 . H.T. Colebrooke, « On the height of the Himalaya mountains », Annals of Philosophy, vol. XI, , Thomas Thomson (ed.), janvier 1818, pages 47–52., supplantant le sommet équatorien du Chimborazo, qui a longtemps eu ce mérite supposé. Il est survolé et photographié le par le géologue suisse Arnold HeimFritz Moravec, Dhaulagiri, 1959, Alpine Journal, 1960, pages 11-17.Maurice Isserman, Stewart Angas Weaver, Dee Molenaar, Fallen Giants: A History of Himalayan Mountaineering from the Age of Empire to the Age of Extremes, Yale University Press, 2010, page 241 ..

En 1950, l'expédition française comprenant Maurice Herzog, Lionel Terray, Gaston Rébuffat, Jacques Oudot, Marcel Ichac, Marcel Schatz, Louis Lachenal, Jean Couzy et Francis de Noyelle est à la recherche d'un « » à gravir et le Dhaulagiri est établi comme son objectif initial. Après plusieurs semaines de reconnaissance et d'ascensions exploratoires, les alpinistes ne trouvent pas de voie aisément praticable vers le sommet. Ils se reportent finalement sur un autre sommet, situé plus à l'est et jugé plus accessible, l'Annapurna Maurice Isserman, Stewart Weaver, Dee Molenaar, Fallen Giants: A History of Himalayan Mountaineering from the Age of Empire to the Age of Extremes, Yale University Press, 2010 , pages 243-245.. Entre 1953 et 1959, six autres expéditions subissent des échecs, pour l'essentiel dans la face nord Guenter Seyfferth, Dhaulagiri I: Geschichte + Literatur, Die Berge des Himalaya, 31 mai 2019..

La première ascension est réussie le par une expédition suisse dirigée par le Lucernois et dont les membres étaient Peter Diener, Michel Vaucher, Hugo Weber, Albin Schelbert, Ernst Forrer, Jean-Jacques Roussi, le cinéaste américain Norman Dyhrenfurth, les Polonais Georges Hajdukiewicz et Adam Skoczylas ainsi qu’un Autrichien, Kurt DiembergerGilles Simond, Le 27 mai 1960 : les alpinistes suisses ont vaincu le Dhaulagiri, 24 Heures, 27 mai 2015.. En raison de l'approche habituellement longue, c'est la première ascension himalayenne qui est assistée par un avion, un Pilatus PC-6, baptisé « Yéti ». Il effectue une série de dépôts au début du mois d'avril et réussit le plus haut atterrissage du monde avec un aéroplane à d'altitude Maurice Isserman, Stewart Weaver, Dee Molenaar, Fallen Giants: A History of Himalayan Mountaineering from the Age of Empire to the Age of Extremes, Yale University Press, 2010 , pages 358.. Plus tard, il s'écrase dans la vallée Cachée, au nord de la montagne, où sa carcasse est encore présente Kurt Diemberger, The Kurt Diemberger Omnibus (Summits and Secrets), The Mountaineers, Seattle, 1999 , page 209.. Cette expédition, après s'être fait déposer au col Nord-Est, gravit le sommet sans apport d'oxygène supplémentaire. Michel Vaucher et Hugo Weber atteignent à leur tour le sommet le . La voie est répétée dix ans plus tard par une expédition japonaise menée par Tokufu Ota et Shoji Imanari, sans assistance aérienne ; Tetsuji Kawada et Lhakpa Tenzing Sherpa parviennent au sommet le Asia, Nepal, Dhaulagiri, Second Ascent, American Alpine Journal, 1971..

Après un premier échec en 1975 et la mort de cinq alpinistes dans une avalanche, le Japonais Takashi Amemiya mène une nouvelle expédition en 1978 pour venir à bout du pilier sud-ouest. Deux alpinistes parviennent au sommet le et quatre sans apport d'oxygène supplémentaire le . Les 19 et , cinq nouveaux alpinistes japonais et un de leurs sherpas, menés par Seiko Tanaka, parviennent au sommet par l'arête sud-est.

En , une expédition internationale réalise, en style alpin, la première ascension de la face orientale. Toutefois, après être parvenus à l'arête nord-est à l'altitude de , les Polonais Wojciech Kurtyka et Ludwik Wilczyński, le Britannique Alex MacIntyre et le Français René Ghilini sont contraints de redescendre au camp de base. Ils effectuent une nouvelle tentative en remontant l'arête et parviennent au sommet le Alex MacIntyre, « Dhaulagiri's East Face », American Alpine Journal, 1981, pages 45–50..

En 1981, Hironobu Kamuro réussit l'ascension en solo par la voie normale. Le , la Belge Lut Vivijs est la première femme à atteindre au sommet.

Le , Kozo Komatsu, Yasuhira Saito et Noboru Yamada, membres de l'expédition menée par Norio Sasaki, réalisent l'ascension intégrale de la face nord, dite voie de la Poire. Le , les Tchécoslovaques Karel Jakeš, Jaromir Stejskal et Jan Šimon, de l'expédition de Jiri Novak, ouvrent la voie de la face occidentale.

Le , Jerzy Kukuczka et Andrzej Czok, membres de l'expédition d'Adam Bilczewski, réussissent la première ascension hivernale, après sept semaines de lutte contre les éléments, en style alpin Dhaulagiri 1984-85, The Himalayan Journal, Soli S. Mehta, vol. 43, 1987.. Le , Akio Koizumi et Nima Wangdu Sherpa, pour le compte du club alpin académique de l'université de Hokkaidō, avaient atteint le sommet avec un permis népalais d'ascension hivernale (délivré après le ), mais non considérée comme telle du point de vue calendaire (avant le ).

Le , une expédition internationale dirigée par Jiri Novak complète l'arête sud-ouest en style alpin. Les 10 et , deux équipes kazakhes réussissent la première ascension du pilier central de la face occidentale jusqu'à l'arête sud-ouest menant au sommet.

Le , une voie directe dans la face nord est ouverte par une expédition russe dirigée par Sergueï Efimov avec Sergei Bogomolov, Alexei Lebedekhin, Ivan Plotnikov, Valeri Pershin, Boris Sedusov et le Britannique Rick Allen.

Ascension thumb|Vue du Dhaulagiri depuis Poon Hill.

La voie normale reste celle de 1960, par l'arête nord-est. Fin 2009, 368 des 417 alpinistes étant parvenus au sommet avaient emprunté cette voie Eberhard Jurgalski, Routes - Dhaulagiri I, 8000ers.com, 31 décembre 2009..

À cette date, sur les 417 ascensions réussies par 403 alpinistes différents (14 répétitions), incluant les guides, 22 l'étaient par des femmes Eberhard Jurgalski, Nations - Dhaulagiri I, 8000ers.com, 30 décembre 2009. ; 62 étaient décédés au cours de l'ascension Eberhard Jurgalski, Fatalities - Dhaulagiri I, 8000ers.com, 21 juillet 2010. ; 328 l'étaient sans apport d'oxygène supplémentaire. C'est le Népal qui était alors en tête avec 61 ascensions, devant le Japon (48) et la Suisse (37).

Notes et références

Annexes

Bibliographie .

Articles connexes Géographie du Népal Liste de sommets du Népal Liste des sommets ultra-proéminents d'Asie

Liens externes