Le quartier de Belleville est le quartier administratif de Paris situé dans le .

Dans les représentations des Parisiens, le « quartier de Belleville » est plus vaste. Il recouvre le territoire de l'ancienne commune de Belleville, qui était située de part et d'autre de l'actuelle rue de Belleville, à cheval sur les et arrondissements de la ville de Paris et, au-delà, une partie de l'ancienne Courtille, de part et d'autre de la rue du Faubourg-du-Temple.

Limites du quartier vignette|500px|center|Quartier administratif de Belleville.

Administrativement, le quartier de Belleville est limité aujourd’hui par l’axe des rues de Belleville, Pixérécourt, de Ménilmontant, et du boulevard de Belleville. Les limites du quartier administratif actuel ne correspondent cependant pas à celles de l'ancienne commune de Belleville, annexée par Paris en 1860, qui s'étendait sur la moitié nord de l'actuel , mais aussi sur la moitié sud de l'actuel . On parle souvent, encore aujourd'hui, du quartier de Belleville en désignant non seulement le quartier administratif, mais aussi le secteur qui correspond approximativement aux limites de l'ancienne commune, ainsi que des rues proches des et 11e arrondissements situées dans le faubourg du Temple.

Par ailleurs, le territoire du conseil de quartier de Belleville , est légèrement moins étendu que le quartier administratif du même nom. Sa limite à l'Est épousait la rue des Pyrénées jusqu'en quand la mairie du a décidé d'étendre le territoire du conseil de quartier de Belleville jusqu'à la rue de Pelleport, transférant une partie du territoire du conseil de quartier Pelleport–Télégraphe–Saint-Fargeau vers celui de Belleville.

Historique Sous l'Ancien Régime

Au Moyen-Âge, le territoire de Belleville était couvert de labours, de vignes, de pâturages sur le « Mont chauve » (emplacement du parc des Buttes Chaumont) et sur la butte de Beauregard (carrières d'Amérique, emplacement du quartier de Mouzaïa) et de bois, vestiges d’une ancienne forêt gauloise ou préceltique subsistant à la fin du au nord de la rue de Romainville dont la rue des Bois, la rue de l’Orme et la villa du Bois-d'Orme conservent le souvenir et au nord du parc Saint-Fargeau. Les premières carrières creusées à partir des et sur les hauteurs de Chaumont et de Beauregard s’étendent du au remplaçant les troupeaux de moutons. D’autres carrières concurrencent les vignes sur les pentes du coteau, notamment entre les actuelles rue Bisson et des Couronnes (carrière du Mississipi exploitée jusqu’au où s’installent en 1817 les « montagnes russes de Belleville »), sous la rue Piat à l’emplacement de l’actuel parc de Belleville, autour de l’actuelle rue des Plâtrières, autour de l’actuelle rue Delaitre.

Plusieurs sites sont à l’origine du village, commune puis quartier de Belleville (dans les 19e et 20e arrondissement de part et d'autre de la rue de Belleville). Le premier apparu, Savies, est un mesnil, donné par Charles le Chauve en 862 à l’abbaye de Saint-Denis dans un domaine qu’il y possédait . D’autres congrégations religieuses bénéficient de donations royales, vignes, terres, pressoirs, l’abbaye de Saint-Magloire par Lothaire et Louis V en 980, l’abbaye de Saint-Victor par Louis VI en 1113, le prieuré de Saint-Eloy et les bénédictines de Montmartre par Louis VII en 1140. La plus importante est la dotation par Henri Ier en 1060 à la l'abbaye Saint-Martin-des-Champs d’un important domaine comprenant des terres entre les actuelles rues de Belleville et des Couronnes avec une ferme située à l’emplacement de la cour de la Métairie qui conservera son de ferme de Savies jusqu'à sa destruction en 1913, des jardins et une maison à la Courtille Saint-Martin (angle des rues du Faubourg-du-Temple et Bichat). Le hameau de La Courtille-Saint-Martin se forme à partir par la construction de demeures de riches bourgeois de Paris au milieu de jardins potagers, les courtils, dépendant des religieux du Temple. La construction de l’enceinte de Charles V fait de la Courtille un faubourg de Paris (faubourg du Temple). Au cours de la guerre de Cent ans, les domaines bourgeois et ecclésiastiques sont morcelés et convertis en vignes produisant un vin clairet le « guinguet ». Des cabarets, les guinguettes, s’y établissent, délivrant ce vin médiocre, exemptées des droits sur le vin appliqués à l’intérieur de Paris et La Courtille devient un quartier de divertissements. Le mur des Fermiers généraux divise la Courtille en Basse Courtille (faubourg du Temple) soumise aux taxes à l’intérieur de la ville et Haute Courtille (en bas de l’actuelle rue de Belleville jusqu’à la rue de Tourtille) de part et d’autre de la barrière de la Courtille établie en 1788. Après 1789, les guinguettes prospèrent à la haute Courtille exonérée de taxes. De la Courtille, à partir de 1822 et durant une quarantaine d'années, partait le matin du mercredi des Cendres la parade carnavalesque de la descente de la Courtille. Elle fut un évènement célèbre du Carnaval de Paris. Reparu en 1998, le cortège carnavalesque de la Promenade du Bœuf Gras emprunte chaque année depuis 1999 une partie du parcours de la descente de la Courtille. Le village de Poitronville qui deviendra le cœur de Belleville, peut-être du nom d’un seigneur « Poitron », apparaît au sur le versant de la butte de Beauregard à un emplacement situé entre la rue de Belleville et la place de Fêtes. Poitronville dépendait de la paroisse Saint-Merry et le « seigneur de Maulny et des Bruyères » dont le manoir était situé près de l’actuelle porte des Lilas y exerçait sa juridiction ainsi que sur le hameau de Ménilmontant. Le nom de Belleville désignant la localité apparaît une première fois en 1451 et remplace celui de Pointronville à partir du. Le village dévasté par des combats livrés en 1436 pendant la guerre de Cent ans, se développe ensuite sous le règne de François Ier le long du chemin de Paris à Romainville (rue de Belleville). Une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste et saint Blaise est bâtie en 1543 pour éviter aux habitants un long déplacement jusqu’à l’église Saint-Merry au centre de Paris. Cette chapelle est remplacée en 1635 par une église. La « forêt Maudam » offerte par Charles le Chauve à l’abbaye de Saint-Denis aurait donné son nom au hameau de Ménilmontant bâti auprès de ce bois, par déformation de « Maudam » en « Mautemps » d'où Mesnil Mautemps ou demeure du mauvais temps puis en Ménilmontant en raison de sa situation en hauteur. Le coteau était planté de vignes notamment celles du Val Panoyau (rue des Panoyaux), celles du domaine de l’Orillon. Les religieux de Sainte-Croix de la Bretonnerie y acquièrent en 1449 une demeure entourée de 2 hectares de terres en haut de la côte. Une statue de la Vierge était vénérée dans cette maison du Clos du Mesnil Mautemps, sous le nom de Notre Dame de la Croix. La statue transférée à l’église de Bagnolet sous la Révolution donne son nom à l’église du quartier. Le clos et le hameau dépendaient de la paroisse de Bagnolet et étaient sous la juridiction du seigneur de Maulny et des Bruyères. Après la guerre de Cent ans, une seigneurie vassale du fief de Maulny y est constituée. Son domaine était celui du parc de Saint-Fargeau d'une superficie d'environ où un manoir est construit au début du à proximité du hameau, à l'angle des actuelles rue Pelleport et Saint-Fargeau. Ce parc était séparé sur sa bordure est de celui du château des Bruyères par un mur d'enceinte situé à l'emplacement de la bordure extérieure de la future enceinte de Thiers construite en 1841-1844 démantelée en 1919, soit actuellement une ligne de la porte des Lilas à la porte de Ménilmontant entre le boulevard périphérique et la caserne Mortier se prolongeant par la rue des Fougères. Cette limite sera celle des communes de Belleville et de Bagnolet de 1792 à 1860 puis de la Ville de Paris avec cette commune lors de l'annexion de Belleville à Paris en 1860, enfin celle séparant Paris et Les Lilas à partir de la création de cette commune en 1867 qui détache de la commune de Bagnolet le territoire de l'ancien parc des Bruyères (aliéné en 1760).

De 1790 à 1860

Le mur des Fermiers généraux construit en 1788 forme la limite de la Ville de Paris avec la commune de Belleville constituée en 1790.

Ce mur divise la Courtille en Basse Courtille soumise aux droits sur le vin à l'intérieur de la Ville de Paris et Haute Courtille exonérés de ces taxes perçues à la barrière de la Courtille ou de Belleville (à l'emplacement du croisement des rues de Belleville et du Faubourg du Temple, des boulevards de Belleville et de La Villette.

En 1792, le hameau de Ménilmontant comprenant le parc Saint-Fargeau qui dépendait de la commune de Bagnolet est rattaché à Belleville, ce qui fixe la limite entre les communes de Bagnolet et de Belleville à la partie est du mur d'enceinte de ce parc.

La commune rurale de Belleville devient, à partir des années 1830, une ville champignon où s'étendent des maisons hâtivement bâties dans lesquelles vivent en majorité des ouvriers chassés des quartiers centraux de la capitale par les travaux d'urbanisme.

Tissu urbain de Belleville Héritage du vignette|La rue de Belleville en 1910.On voit au premier plan le tramway funiculaire de Belleville qui circula de 1891 à 1924. vignette|La rue de Belleville vers 1900, avec la rue de la Villette à gauche, et l'église Saint-Jean-Baptiste au fond. vignette|upright|La rue de Belleville, vers l'ouest, en 2009. Le tissu urbain le plus ancien encore existant date pour l'essentiel du milieu du . À cette époque, la population ouvrière augmente fortement notamment dans les faubourgs qui entouraient la ville et qui sont inclus dans son périmètre après 1860. Le nouveau tissu urbain est né sur un terrain précédemment cultivé en vignoble. Les parcelles ont d’ailleurs encore aujourd'hui, une forme étroite et profonde, et sont disposées transversalement à la pente du terrain, selon l'ancienne orientation des vignoblesA. Sellali, « Théorie des lotissements. La formation du : Belleville et Charonne », J. Lucan (dir.), Paris des faubourgs. Formation, transformation, éditions du Pavillon de l'Arsenal, Paris, 1996, , ..

L'habitat originel du faubourg est souvent caractérisé par sa mauvaise qualité générale. Une construction effectuée avec des matériaux peu coûteux en est à l'origine. Aussi, le faible entretien apporté par les propriétaires, qui n'avaient pas de ressources suffisantes dans un quartier à tissu social traditionnellement défavorisé, n'a guère contribué à la bonne conservation des édifices.

Pendant la première moitié du , la densification du quartier étant à son maximum, le mouvement immobilier de Belleville devient très faible, voire inexistant. Ce ralentissement de la construction explique aussi les mauvaises conditions de conservation du quartier au début des années 1960.

Rénovation des années 1960-1970 L'année 1952 marque le début des opérations de rénovations urbaines menées par la ville de Paris. Différents îlots insalubres, identifiés dès 1909, font l'objet de vastes programmes d'aménagement. La première série d'opérations de rénovation concerne l'îlot (1956-1965), le secteur de Couronnes (achevé à la fin des années 1960) et le secteur du Nouveau Belleville (achevé en 1975)..

L'impact sur le tissu urbain n'est pas négligeable.