est un terme allemand communément traduit par « conception du monde ». Il est constitué de (« monde ») et (« vision, opinion, représentation »).
Introduit par Kant au sens cosmique d'« image du monde » (), il a pris son sens actuel de conception ou de « vision du monde » depuis le romantisme, quand la notion de « monde » s'est trouvée centrée sur l'homme et son rapport au monde.
Le concept a fait l'objet de débats et de critiques et joue un rôle important au .
Histoire et définition du concept Le signale l'emploi intensif de dans les textes des sciences humaines ; cependant, seule la philosophie allemande en a développé des emplois disciplinaires.
Introduction du terme chez Kant Introduit par Emmanuel Kant, le mot a d'abord eu en cosmologie la signification de , « image du monde ». En ce sens, la est un . D'après Philippe Fritsch, il en allait déjà ainsi des diverses cosmogonies systématisées par les philosophes présocratiques.
Dans la Critique de la faculté de juger , Kant définit la notion de comme .
Selon Éric Weil, la Critique de la raison pure opposait déjà l'« intuition » (Anschauung) à la « représentation » : , souligne Philippe Fritsch.
Depuis le romantisme C'est depuis le romantisme que la notion de est utilisée . Un glissement sémantique s'est, semble-t-il, opéré par en même temps que par . L'objet, le monde dans sa totalité, devient une abstraction, , et la centration est désormais sur l'homme, sa place dans le monde et son rapport au monde.
Au Le titre allemand de nombreux ouvrages du inclut le mot , comme , de Wilhelm Dilthey (1911), et de Karl Jaspers (1919).
Le concept joue un rôle important ..
En psychologie analytique, le psychiatre suisse Carl Gustav Jung consacre en 1931 tout un essai à cette notion.
Le philosophe français Guy Debord utilise cette notion en 1967 dans La Société du spectacle :
Critique et limites Critique hégélienne .
Critique matérialiste La critique de Karl Marx en vient à , c’est-à-dire à renverser la dialectique hégélienne de manière à faire de l'humain, non plus le réalisateur de la pensée pour la pensée, mais le réalisateur du monde pour l'être humain, de l'être humain pour l'être humain.
Débat entre Dilthey et Husserl Guillaume Fagniez évoque le débat entre Wilhelm Dilthey et Edmund Husserl en 1911, qui aurait marqué le point culminant de l'omniprésence de la Weltanschauung. Husserl rejetait la prétention de la , à se définir comme philosophie, affirmant .
Critique heideggerienne
Martin Heidegger dans un texte intitulé (), récuse la philosophie des qui, à la manière de Karl Jaspers, se contentent d'établir superficiellement une typologie des attitudes, ne permettant en aucun cas d'en comprendre, selon Jean Greisch, le sens. Pour Heidegger, .
Critique freudienne
Dans la trente-cinquième et dernière de ses Nouvelles Conférences d'introduction à la psychanalyse, « Sur une » (1933), Sigmund Freud définit de son côté la comme . Selon Sol Aparicio, il refuse de construire la psychanalyse de cette manière :
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
, sur Cairn.info. . . Collectif, « Les Visions du monde » [Sommaire], Topique, 2025/3 N°165, .
. . . (première partie, chapitre 4 : « Psychologie analytique et Weltanschaung », 1928).
Articles connexes Paradigme Représentation du monde L'époque des conceptions du monde (Heidegger) Nouvelles Conférences d'introduction à la psychanalyse#La trente-cinquième conférence : « Sur une Weltanschauung » (Sigmund Freud)
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