L'histoire philatélique et postale de Papouasie-Nouvelle-Guinée a dépendu de celle d'Australie qui administrait l'est de l'île de Nouvelle-Guinée jusqu'en 1975.
thumb|right|La division coloniale de la Nouvelle-Guinée avant 1914 : à l'ouest, la partie néerlandaise ; au nord-est, la partie allemande (représentée ici sans l'archipel Bismarck) et au sud-est, la partie britannique. Au sud, la Papouasie, formellement sous contrôle britannique, a utilisé les timbres-poste du Queensland de 1885 à 1901. Avec la constitution du Commonwealth d'Australie, la production philatélique et l'organisation postale sont décidées par une administration australienne et les timbres imprimés à Brisbane, puis Melbourne.
Au nord, la Nouvelle-Guinée est sous contrôle de l'Empire allemand et en utilise les timbres de 1888 à 1897, avant de disposer de timbres à son nom. À la suite de la conquête australienne en 1914, des stocks coloniaux allemands puis australiens sont surchargés avant que le territoire de Nouvelle-Guinée ne devienne un mandat de la Société des Nations confié à l'Australie, qui organise le système postal et la production philatélique.
Après l'occupation japonaise du territoire de Nouvelle-Guinée et la suspension des administrations civiles en Papouasie début 1942, les timbres d'Australie ont cours de 1945 à 1953, avant que les deux territoires unis disposent des mêmes timbres, puis de l'autonomie philatélique et postale, et enfin de l'indépendance politique depuis .
Note : pour l'ouest de l'île de Nouvelle-Guinée ou Irian Barat, voir Histoire philatélique et postale de Nouvelle-Guinée occidentale.
Au nord, la Nouvelle-Guinée Colonie allemande thumb|right|Timbre d'Allemagne surchargé pour servir en Nouvelle-Guinée, émis en 1897. En Nouvelle-Guinée allemande, dans l'archipel Bismarck et les îles Salomon du Nord, les premiers bureaux de poste ouvrent à partir de 1888 avec comme timbres ceux de l'Empire allemand, émis en 1875 pour le deux marks dans un ovale, 1877 pour l'aigle impériale et 1887 pour les timbres au chiffre dans un ovale orné« Deutsch-Neuguinea », Michel Deutschland-Spezial 2002, tome 1, 1849 bis April 1945, éditions Schwaneberger, , 2002, pages 529-532.. Sur le courrier, ils sont oblitérés par un cachet rond portant le nom de la ville dans la partie supérieure du cercle et une étoile à cinq branches en bas. Par la suite, certains bureaux ont la mention « DEUTSCH- / NEU-GUINEA » au centre du cachet. Le nombre d'étoiles a pu varier à deux ou trois.
En 1897 et 1898, six timbres d'Allemagne au total sont surchargées du nom de la colonie, disposé en diagonale et sur deux lignes. C'est en que sont mis en vente en Nouvelle-Guinée des timbres imprimés au nom de la colonie au type général des colonies allemandes, représentant le yacht impérial Hohenzollern II.
Occupation australienne En , au début de la Première Guerre mondiale en Europe, les troupes australiennes envahissent la colonie de Nouvelle-Guinée allemande. En octobre et en , les stocks de timbres coloniaux allemands sont surchargés de deux mentions. Sur la ligne supérieure, « G.R.I. » pour Georgius Rex Imperator en l'honneur de George V, roi du Royaume-Uni et empereur des Indes. La seconde ligne porte une valeur dans les divisions de la livre australienne : pence (« d. ») et shilling (« s. »).
Un stock de timbres des îles Marshall est retrouvé à Nauru où les autorités postales allemandes auraient dû le détruire. Expédié en Nouvelle-Guinée, il y est surchargé « G.R.I. » et y sert à partir de « New Guinea », Commonwealth Stamp Catalogue Australia, Stanley Gibbons, 2007, pages 118-120.Ce stock surchargé n'est pas revenu à Nauru d'après Michael Sefi, A Pacific Selection, commentaires de l'exposition du 25 septembre 2008 de la Royal Philatelic Society London ; publiés sur le site de la Société, page consultée le 24 décembre 2008..
À partir de et jusqu'en 1925, circulent des timbres d'Australie surchargés « NORTH WEST PACIFIC ISLANDS », également utilisés à Nauru. Ils sont pris dans les séries Carte et kangourou et à l'effigie de George V.
Mandat australien Le , l'administration australienne émet sa première série de timbres-poste pour le territoire placé sous mandat par la Ligue des nations. Elle représente un village indigène constitué de huttes et porte la mention qui va servir jusqu'en 1942 : « TERRITORY OF NEW GUINEA ». En , une partie des timbres est surchargée d'un avion et de la mention « AIR MAIL ».
Le , un nouveau type remplace le type Huttes : un paradisier de Raggi illustre la commémoration des dix ans de l'administration australienne sur le territoire de Nouvelle-Guinée, signifiée par les dates « 1921 / 1931 ». Le même jour, sont émises la série postale et la série surchargée pour la poste aérienne. Le , les deux séries sont réémises sans les millésimes. Deux fortes valeurs de deux et cinq livres australiennes sont émises le : un avion survolant le bassin aurifère du fleuve Bulolo, exploité depuis 1932.
Les événements royaux britanniques entraînent deux émissions communes avec les territoires de Nauru et de Papouasie. En , sont émis deux timbres d'un et deux pence au type paradisier de Raggi surchargés « HIS MAJESTY'S / JUBILEE. / 1910 - 1935 » pour marquer le jubilé d'argent de George V. L'illustration est cependant commune pour le couronnement de George VI, avec en Nouvelle-Guinée l'émission de quatre valeurs à l'effigie de profil du nouveau souverain, gravé par Frank Manley, d'après une photographie de Bertram ParkRichard Breckon, « The Stamps of Papua 1932-1941 », publié dans Gibbons Stamp Monthly, décembre 2008, pages 68-71..
Le , est émise une nouvelle série portant la mention « AIRMAIL POSTAGE » utilisant l'illustration du bassin aurifère de Bulolo.
Avec l'attaque japonaise de Rabaul en Nouvelle-Bretagne en , les administrations civiles sont rapidement suspendues dans le territoire de Nouvelle-Guinée avant l'occupation complète du territoire par le Japon. Sur le marché philatélique, pour tromper les collectionneurs, circulent des timbres de Nouvelle-Guinée faussement surchargés avec une ancre et une mention en japonais, rappelant celles apposées sur les timbres des Indes néerlandaises.
Au sud, la Papouasie La Nouvelle-Guinée britannique Les Britanniques contrôlent le sud-est de l'île de Nouvelle-Guinée à partir de la fin de l'année 1884. L'administration de la colonie a lieu depuis le Queensland, en Australie, dont les timbres-poste à l'effigie de la reine Victoria sont en usage en Nouvelle-Guinée britannique de 1885 à 1901Michel Demont, « Les Lakatoi gravés de British New Guinea (1901-1905) », chapitre 1 de Les Lakatoi de Papouasie (1901-1932), hors-série de la revue Britannica, éd. Club philatélique franco-britannique, [vers seconde moitié des années 1990], pages 4-8.. Le timbre à date des bureaux de la colonie porte le sigle « B. N. G. ».
Le , est émis une série au nom de la colonie (« BRITISH NEW GUINEA ») et imprimés en taille-douce par De La Rue à Londres. Au centre d'un ornement, est interprétée en gravure la photographie réalisée par le capitaine Barton, secrétaire du Lieutenant-Général. Elle montre une lakatoi, embarcation locale, devant le village de Hanuabada, près de Port Moresby.
Les Lakatoi du Territoire de Papouasie En 1902, le Commonwealth d'Australie reçoit la responsabilité d'administrer la Nouvelle-Guinée britannique. L'organisation en est précisée dans le Papua Act de fin 1905, avec un changement de nom : l'entité devient le territoire de Papouasie (Territory of Papua). Le stock restant au type Lakatoi est surchargé « PAPUA » en 1906 pour les timbres traités à Port Moresby et vers pour ceux traités à Brisbane, plus pour tirer un revenu des collectionneurs de timbres que pour marquer le changement politiqueMichel Demont, « Les surcharges "PAPUA" de Port-Moresby et de Brisbane (1906-1907) », chapitre 2 de Les Latatoi de Papouasie (1901-1932), hors-série de la revue Britannica, éd. Club philatélique franco-britannique, [vers seconde moitié des années 1990], pages 9-13..
En , le type Lakatoi est réémis avec pour mention « PAPUA » et imprimé désormais en typographie par les imprimeurs des timbres d'Australie, à MelbourneMichel Demont, « Les émissions lithographiées J.B. Cooke (1907-1910) », chapitre 3 de Les Latatoi de Papouasie (1901-1932), hors-série de la revue Britannica, éd. Club philatélique franco-britannique, [vers seconde moitié des années 1990], pages 14-18.. L'illustration est conservée jusqu'en 1932, avec essentiellement des modifications de couleurs et de valeurs faciales lors des changements de tarifs en 1912, 1921 et 1924Michel Demont, « 1916 à 1932. Les Lakatoi typographiées bicolores », chapitre 5 de Les Latatoi de Papouasie (1901-1932), hors-série de la revue Britannica, éd. Club philatélique franco-britannique, [vers seconde moitié des années 1990], pages 24-29.Le changement de 1931 nécessite la surcharge de quatre timbres.. Seule modification mal accueillie par le public : l'émission monocolore en usage de 1911 à 1915, qui s'achèvent avec une surcharge d'un penny sur le stock restant, écoulé auprès des collectionneursMichel Demont, « 1911 à 1915. Les Lakatoi typographiées monocolores J.B. Cooke et les surchargés "ONE PENNY" de Port Moresby de 1917 », chapitre 4 de Les Latatoi de Papouasie (1901-1932), hors-série de la revue Britannica, éd. Club philatélique franco-britannique, [vers seconde moitié des années 1990], pages 21-23..
En 1929, les premiers vols avec transport de courrier ont lieu entre Port Moresby et l'Australie, mais aussi à destination d'autres lieux isolés de la colonie comme le poste de police d'Oroville, sur le fleuve Fly. Trois valeurs au type Lakatoi sont surchargés « AIR MAIL » ou d'un avion pour ces usagesMichel Demont, « 1929-1930. Les surcharges de poste aérienne », chapitre 6 de Les Latatoi de Papouasie (1901-1932), hors-série de la revue Britannica, éd. Club philatélique franco-britannique, [vers seconde moitié des années 1990], pages 24-29..
Les surcharges de 1929 à 1931 permettent de multiplier par 2,5 le produit de la vente de timbres-poste de la colonie, grâce essentiellement aux collectionneursDe 2010 livres australiennes en 1929-1930 à 5247 livres en 1930-1931, d'après Richard Breckon, « The Stamps of Papua 1932-1941 », publié dans Gibbons Stamp Monthly, décembre 2008, pages 68-71..
Nouvelles séries illustrées des règnes de George V et George VI En 1932, pour améliorer les revenus de la colonie, l'Administrateur Hubert Murray ordonne l'émission d'une nouvelle série de timbres-poste choisis parmi les maquettes et photographies soumises par des fonctionnaires coloniaux. Cinq timbres monocolores sont créés à partir de dessins d'E. Whitehouse. Orné d'un cadre de F.E. Williams, neuf photographies prises par Williams et Alfred Gibson et deux dessins de Williams aboutissent à onze timbres bicoloresArtistes donnés dans « Papua (British New Guinea) », timbres n°130-145, Commonwealth Stamp Catalogue Australia, Stanley Gibbons, 2007, pages 137.. Les seize timbres émis ont tous un sujet en rapport avec la culture indigène de la Papouasie : un lakatoi, des Papouans photographiés en costumes traditionnels, des habitations et deux personnes dont l'identité est donnée en légende du timbre : Steve, fils d'Oala, en tenue de cérémonie et devenu conducteur pour le département de l'Agriculture et le sergent-major Simoi, policier indigène. Imprimée en taille-douce à Melbourne, la série est émise le . Pour l'année fiscale 1932-1933, la colonie obtint un revenu philatélique de plus de dix mille livres australiennes, cinq fois plus qu'en 1929-1930, dernière année sans nouvelle émission.
Le , le cinquantenaire de la déclaration du protectorat britannique sur la Papouasie est l'objet de quatre timbres dessinés par Frank Manley et gravés par Edward Broad. Ils représentent deux scènes du : l'Union Jack amené à Port Moresby et la rencontre du commandant Erskine de l'HMS Nelson avec une délégation de chefs locaux.