250px|vignette|droite|La fontaine Montefiore de Neuvice en 2021.

Les fontaines Montefiore sont des fontaines-abreuvoirs publiques d'eau potable parsemant la ville de Liège, en Belgique.

À l'origine au nombre de vingt et conçues autant pour les habitants que les animaux, elles sont offertes à la ville en 1888 et 1891 par la philanthrope Hortense Montefiore-Bischoffsheim, épouse de Georges Montefiore-Levi, industriel et homme politique liégeois. Endommagées et supprimées au fil des décennies, elles sont au début du au nombre de cinq, à de nouveaux emplacements.

Histoire

vignette|gauche|150px|Illustration du modèle utilisé pour les fontaines Montefiore dans le catalogue de la Compagnie générale des conduites d'eau.

À la fin du , à peine la moitié des maisons de Liège dispose de l'eau courante et en a besoin pour ses tâches quotidiennes et abreuver les animaux de traits (les chevaux et les chiens) encore fort utilisés à l'époque. Dans les années 1880, la Société royale protectrice des animaux, qui fête son en 1888, projette d'offrir à la ville des fontaines-abreuvoirs d'eau potable destinés aux habitants et aux animaux pour marquer l'occasion..

Pour cet évènement, deux offres sont alors faites à la ville : celle de Hortense Montefiore, une offre pour dix fontaines acceptée lors du conseil communal du , et celle de la SRPA, une offre pour une unique fontaine acceptée lors du conseil communal du ..

150px|vignette|Hortense Montefiore.

L'architecte liégeois Joseph Lousberg conçoit dès l'apparence de la fontaine, avec plusieurs variantes au niveau des éléments décoratifs, notamment au niveau de l'élément coiffant le fut..

Le projet final propose une fontaine coiffée de la statuette d'une botteresse au repos due au sculpteur hollandais Henri Beckers. Tandis que la botteresse est d'emblée incluse dans les projets de Lousberg, ce dernier propose aussi des variantes coiffée d'une pomme de pin ou saint Michel terrassant le dragon. Les journalistes de La Meuse, dans leur édition du , décrivent la botteresse comme « bien campée, le poing sur la hanche ». Ces statuettes sont coulées à la fonderie des bronzes phosphoreux d’Anderlecht, dont Georges Montefiore-Levi est propriétaire. L'alliage de bronzes phosphoreux est d'ailleurs mis au point par lui-même en 1869...

Les fontaines Montefiore, en fonte, sont fabriquées en série par la fonderie liégeoise Requilé et fils, et proposées par exemple au catalogue de la Compagnie générale des conduites d'eau, située à l'époque quai des Vennes... Elles ont toutes une structure identique (deux vasques surmontées d'une colonne coiffée d'un chapiteau corinthien sur lequel se tient la statuette d'un métier féminin lié au patrimoine liégeois), et sont conçues autant pour désaltérer les passants que les animaux, soulignant les intentions de la SRPA. À la colonne est attaché un gobelet de fer blanc par une chaînette pour les passants, qui est régulièrement volé. La base de la colonne est décorée de plusieurs frises ouvragées, ainsi que des coquilles Saint-Jacques. Au pied de la colonne se trouvent quatre dauphins crachant des jets d'eau dans la grande vasque supérieure destinée aux chevaux et séparés par des figures de roseaux et de roses, et la vasque inférieure, au niveau du sol, destinée aux chiens de charrettes et aux oiseaux, est alimentée par quatre têtes de lion alternées par les initiales de la donatrice sur la frise intermédiaire du fut inférieur, dont la frise supérieure est arborée de quatre anneaux pour y attacher les cordes ou laisses des animaux. La margelle de la vasque supérieure porte en double l'inscription « Fontaine-abreuvoir Montefiore-Bischoffshein 1888 », ainsi que d'autres coquilles Saint-Jacques reliées par des guirlandes.

vignette|droite|Illustration de la fontaine Montefiore des Guillemins par Kauffmann, montrant chaque utilisateur potentiel.

Le premier lot de dix fontaines est installé à travers la ville durant les mois d'avril et , à des endroits où la circulation est la plus active (souvent au carrefour de plusieurs voies). Malgré le succès initial des fontaines cependant, des vandales renversent déjà celle située place Cockerill dès la nuit du , ce qui sera le premier épisode de nombreux dégâts fait aux fontaines durant leur existence.

Le du magazine français Le Monde Illustré, daté du et proposant une illustration à forte licence artistique de la fontaine des Guillemins par Paul Adolphe Kauffmann, décrit les fontaines Montefiore comme suit :

vignette|150px|gauche|Reconstitution des emplacements originaux des fontaines sur la carte de Liège de Karl Baedeker de 1897.

En 1889, la fontaine offerte par la SRPA, d'un modèle similaire que celui de la Montefiore, est installée devant le chauffoir public place Saint-Séverin..

Face au succès remporté par ses dix fontaines auprès des habitants comme utilité et lieu de rencontre, et contribuant à l’embellissement de la ville, Hortense Montefiore offre le un second lot de dix, cette fois coiffées de la statuette d'une porteuse d'eau tenant un seau et une cruche reliés à un joug par des chaînettes, œuvre du sculpteur liégeois Léopold Harzé. L'offre est acceptée lors du conseil communal du ..

L'annonce de l'installation de ce nouveau lot dans le journal La Meuse le émeut un lecteur qui s'étonne, dans l'édition du , qu'un quartier relativement plat comme Outremeuse, et déjà bien fourni en points d'eau, se retrouve doté de trois fontaines Montefiore, tandis qu'aucune n'est prévue pour le quartier Saint-Laurent où ont été supprimées deux fontaines (devant le couvent Sainte-Agathe et au Mont Saint-Martin), et où il n'en reste plus qu'une seule adossée à la caserne de l'abbaye Saint-Laurent. Le lecteur suggère qu'une fontaine soit installée contre le mur du Trihay près de l'église Saint-Martin pour les chevaux ayant grimpé jusqu'à cet endroit, car l'eau fait très souvent défaut dans le quartier..

150px|vignette|Surtout de table basé sur la fontaine Montefiore.

À l'aube du en 1898, Liège compte, en plus des fontaines Montefiore, sept fontaines monumentales, douze fontaines diverses, soixante pompes raccordées aux conduites d'eau, et cent-six bornes-fontaines, compensant grandement le manque d'accès à l'eau courante des maisons de la ville. En 1911, le nombre de bornes-fontaines se trouve réduit à une vingtaine, et moins d'une dizaine en 1954.

Hortense Montefiore, résidant au château du Rond-Chêne à Esneux de 1882 à sa mort en 1901, fait aussi don à la commune de deux petites fontaines de pierre en 1889 et 1895...

Le , les époux Montefiore fêtent leurs noces d'argent au château du Rond-Chêne. À cette occasion leur est offerte une copie réduite de la fontaine offerte à Liège, coiffée de la porteuse d'eau, sous la forme d'un surtout de table en argent massif financé par souscription, coulé et ciselé par Jacques Petermann de la Fonderie Nationale des Bronzes..

Les fontaines offertes par Montefiore étant un modèle standard, à cette époque d'autres villes en sont dotées, avec les colonnes coiffées par des éléments différents : le premier bâtiment de la gare de Visé disposait d'une fontaine coiffée d'un réverbère, la gare de Spa disposait d'une fontaine coiffée d'une vasque, et Namur comptait plusieurs fontaines avec les colonnes coiffées de la même vasque que celle de la gare de Spa.. Maastricht dispose encore d'un exemplaire de 1897 dans la Boschstraat, à l'origine coiffée de la statue d'un chasseur avec des lièvres et des lapins, remplacée par une simple vasque, elle-même remplacée par la statuette de trois chevaux dans les années 1950.. On en trouvait aussi à Louvain, comme par exemple le long du boulevard de Diest, près de la gareCarte postale du boulevard de Diest dans les années 1920.

Emplacements de 1888

Ce qui suit sont les emplacements originaux du premier lot de dix fontaines, coiffées de la statuette de la botteresse et installées à travers la ville durant les mois d'avril et . Ces emplacements sont donnés dans un article de La Meuse du 19 et ..

Illustration Localisation Commentaire center|vignette|150px Emplacement : Quai de l'Abattoir, Outremeuse (aujourd'hui quai Godefroid Kurth)

Coordonnées : Citée en 1889 comme étant située quai de l'Abattoir et citée en 1954 comme étant située rue de l'Abattoir, ce qui la place au carrefour de la rue et du quai. Ne subsistait que la grande vasque à cette époque. Un déplacement sur la place du Congrès voisine est considéré avant cette date. center|vignette|200px Emplacement : Boulevard d'Avroy, Centre

Coordonnées : Installée au carrefour des rues Saint-Gilles et Sur-la-Fontaine au bord de l'extrémité nord du boulevard d'Avroy. Démontée provisoirement en 1902 à la suite du doublement des voies du tram, mais jamais replacée. center|vignette|200px Emplacement : Place de la Cathédrale, Centre

Coordonnées : Située face à la fontaine de la Vierge de Jean Del Cour Vinâve d'Île. Botteresse remplacée par la porteuse d'eau. center|vignette|200px Emplacement : Place de la Cathédrale (bis), Centre

Coordonnées : Située dans la partie sud-est de la place, à l'opposé de l'emplacement original de la fontaine de la place de la Cathédrale, c'est un premier exemple de fontaine Montefiore restaurée. Elle est installée en 1949 à l'occasion de manifestations organisées en mémoire du sculpteur Léopold Harzé, auteur de la porteuse d'eau. Elle était la seule en 1954 à être complète parmi les douze fontaines encore en situation à cette époque. En 1963, c'était toujours le cas jusqu'à ce qu'une nuit la statuette et un des quatre dauphins cracheurs d'eau soient volés. center|vignette|200pxcenter|vignette|150px Emplacement : Place Cockerill, Centre

Coordonnées : Située au carrefour du quai Sur-Meuse, la place Cockerill et la rue la Régence, devant les maisons démolies pour édifier la Grand Poste en 1896, puis la poste elle-même après sa construction. Comme vu sur le cliché des enfants à la fontaine du quai pris en 1892 avant la construction de la poste, la botteresse avait déjà été remplacée par la porteuse d'eau, mais, d'après le cliché des femmes à la fontaine, elle était de retour après la construction de la poste. Elle était cependant manquante à partir de 1954. center|vignette|200px center|vignette|200px Emplacement : Quai de la Goffe, Centre

Coordonnées : Située au carrefour de la rue et du quai de la Goffe. Botteresse remplacée par la porteuse d'eau. À dater de 1954, elle avait été détruite par un camion, remplacée par celle de la place de la Vieille Montagne et remontée à quelques mètres vers la rue de la Cité, sur un petit îlot.Chien et cheval à la fontaine Montefiore du quai de la Goffe coiffée d'une porteuse d'eau.. center|vignette|200px Emplacement : Quai de la Goffe (bis), Centre

Coordonnées : Située devant l'actuel et peu après le , sur un petit îlot à quelques mètres de l'emplacement de la fontaine du quai de la Goffe, après sa destruction par un camion et son remplacement par la fontaine provenant de la place de la Vieille Montagne. À dater de 1954, il ne subsistait que la grande vasqueLa quai de la Goffe et sa fontaine privée de sa colonne dans les années 50.. center|vignette|200px Emplacement : Rue Grétry, Longdoz

Coordonnées : Située sur le côté gauche de la place de la gare de Liège-Longdoz donnant sur la rue Grétry, et nommée aujourd'hui place Henriette Brenu devant la Médiacité. La botteresse a vite été remplacée par la porteuse d'eau, et il ne subsistait que la grande vasque à dater de 1954..La gare de Liège-Longdoz dans les années 50.. À l'époque du Centre Longdoz ayant remplacé la gare, il est prévu, en 1995, de rénover la place, appelée à l'époque « place du Longdoz », et ses abords. Dans le cadre de ces réaménagements, une fontaine Montefiore est réinstallée. center|vignette|150px Emplacement : Rue Grétry (bis), Longdoz

Coordonnées : Réinstallée après 1995. center|vignette|200px Emplacement : Place des Guillemins, Guillemins