vignette|Inscription du peuple Thamūd Les Thamūd« Thamūd », en arabe : ṯamūd, . ou Thamoud sont un ancien peuple mythique d'Arabie, comme les ʿĀd, Iram (Aram) et Wibar. Une inscription de Sargon II (715 ) mentionne Thamūd comme un peuple de l’Arabie orientale et centrale. Le nom est aussi cité dans les textes d'Aristote, de Ptolémée, et de Pline l'Ancien qui indique que les Thamūd occupaient le site d'HégraThamudènes, Thamudaei dans le texte en latin. Voir . sous le nom de Thamudaei, Thamoudéens, Thamudènes., Thamoudites, ThémouditesVoir la traduction du Coran par Kazimirski. On dit aussi qu'ils étaient des géants d'une quinzaine de mètres. .. En outre, Thamūd s'avère également mentionné par des tablettes d'argiles rédigées en cunéiforme et retrouvées sur le site archéologique de Ebla en Syrie. Par ailleurs, ces tablettes sont datées de 2400 à 2250 av. J.-C..
Mentionnées a plusieurs reprises dans le Coran, il s'agit de l'une des nations mythiques préislamiques les plus connues d'Arabie et du Moyen-Orient plus généralement, au même titre que le site archéologique d'Hégra (Madâin Sâlih), la cité nabatéenne qu'elle aurait fondée, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2008.
Histoire des Thamoudéens Madâ’in Sâlih a connu une période d'occupation d'au moins un demi-millénaire. Le site est occupé au moins jusqu'au et peut-être au-delà. Cette région, à la frontière entre le Royaume nabatéen et le Royaume lihyanite, est intégrée à la province romaine d'Arabie. À partir du , toute référence disparaît..
Données archéologiques
Le site d'Al-Hijr« Al-Hijr », en arabe : al-ḥijr, , la muraille. Ancienne étape du chemin caravanier, mentionnée par Pline sous le toponyme de « Hégra ». Elle est nommée « Egra » dans la traduction d’E. Littré : Voir . Elle est aujourd’hui appelée Madâ’in Sâlih.Al-Hijr est aussi le nom traditionnel de la sourate XV, voir ., l'une des anciennes cités d'Arabie saoudite, est encore plutôt méconnu. Ce site est bien davantage qu'une nécropole troglodyte. Al-Hijr a été une véritable ville, même si les principaux vestiges actuellement visibles sont les hypogées creusés dans le grès rouge du désert d'Arabie. Il a existé une ville et un domaine agricole irrigué. Les Nabatéens, anciens pasteurs nomades devenus sédentaires, se sont établis à Al-Hijr. Les relations entre Al-Hijr et la capitale des Nabatéens, Pétra, restent obscures..
En 2008, le site archéologique d'Al-Hijr (Madâ’in Sâlih), devient le premier site d'Arabie saoudite inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Al-Hijr est un témoignage unique de la civilisation nabatéenne. Avec près de cent tombes monumentales aux façades décorées et ses puits, le site est un exemple exceptionnel de la qualité de l'architecture de la civilisation thamudéene et de leur maîtrise des techniques hydrauliques..
Dans le Coran Le peuple de Thamud est cité dans le Coranrecherché automatiquement par l'API JQuranTree http://corpus.quran.com/java/ par le biais du token « vamuwd » encodant ثَمُود en Buckwalter EncodingType ., comme un peuple troglodyte et rebelle, de confession polythéiste, n'ayant pas voulu écouter son prophète SâlihVoir par exemple qui fut chargé par Allah de les guider à l’unicité de Dieu :
..
L’histoire rapportée dans le Coran se résume ainsi.. Dieu envoie le prophète Sâlih pour appeler les Thamoudéens à se convertir au monothéisme. Ils expriment leurs doutes et leur intention de continuer le culte de leurs aïeux. Sâlih leur annonça l'apparition de la « chamelle de Dieu », signe divin faisant suite au défi qu’ils lui avaient lancé concernant l'existence du Dieu unique (Allah). Lorsqu'elle apparut, une condition impérative leur fut imposée : ils devaient la laisser paître librement et ne lui causer aucun mal, sous peine d'un terrible châtiment. Dans un autre passage, il est précisé que ce partage consiste à laisser la chamelle boire seule un jour, et les Thamoudéens un autre jour.. Ces adversaires passent outre cette menace. Ils tuent la chamelle et mettent Sâlih au défi de réaliser ses menaces.. Sâlih leur dit qu’il ne leur reste que trois jours à profiter de leurs habitations avant que la menace ne se réalise. Un seul cri (Sayha« Sayha », en arabe ṣayḥa, , cri ; éclat de voix.) détruit les Thamoudéens. La nature du cri est décrite comme un hurlement produit par un ange, causant un énorme tremblement, cité dans la sourate 7., le mot employé signifie « tremblement » (Rajfa« Rajfa », en arabe rajfa, , tremblement.). En revanche. dans la sourate 41.. le mot employé signifie « foudre » (Sâ`iqa« Sâ`iqa », en arabe ṣāʿiqa, , foudre ; tonnerre.).
Tabari (839-923) Dans sa Chronique, Tabari raconte l’expédition à Tabûk« Taboûc », Tabûk, en arabe : tabūk, . en l'an 8 de l'hégire (630).. Cette campagne est menée sans qu'il y ait de bataille :
Tabari ajoute de nombreux détails merveilleux à l’histoire des Thamoudéens et de leur prophète Sâlih :
Dans la suite de ce passage, il est précisé que la chamelle pouvait boire l’eau de la source un jour sur deux, et qu’elle aurait vécu trente ans sans être importunée. Que son meurtrier devait être un enfant roux aux yeux bleus. Pour éviter la catastrophe dont ils sont menacés, les Thamoudéens décident de tuer à la naissance tous les enfants présentant ces deux caractères. Neuf enfants sont ainsi tués. Les neufLe nombre de neuf insurgés est confirmé dans le Coran, voir . pères de ces enfants persuadent le père d’un dixième enfant blond (roux ?) aux yeux bleus, de ne pas tuer son fils. Ils accusent Sâlih d’être la cause de ces assassinats qu’ils estiment non justifiés. Ils se résolvent à tuer eux-mêmes la chamelle, mais ils sont tous les neuf écrasés par un rocher. Sâlih est alors accusé d’être la cause de la mort des enfants et de leurs pères. L’enfant roux survivant tue alors la chamelle, mais le petit parvient à s’échapper dans la montagne d’où il est sorti.
Ibn Battûta (1304-1369) Vers 1326, Ibn Battûta, de retour de son pèlerinage à la Mecque, passe à Tabûk :
Ibn Kathir (1301-1373) Dans Al-Bidāya wa-l-Nihāya (Le Début et la Fin), Ibn Kathir« Bidâya », en arabe : al-bidāya wa an-nihāya, , Le début et la fin. précise encore le mythe. Thamûd, l’éponyme des Thamoudéens, est un petit-fils de Noé :
Dans le récit d’Ibn Kathir, la particularité de la chamelle n’est pas dans la couleur de son pelage mais dans sa taille gigantesque :
Comme dans La Chronique de Tabari, la chamelle sort du rocher après que Sâlih a fait une prière. Mais contrairement à Tabari, la décision de tuer la chamelle est prise en commun par les chefs de la tribu. Leur chef nommé Kédar ibn Salif ibn Joudaa, né en dehors du mariage, est désigné pour exécuter le meurtre. Un peu plus loin Ibn Kathir explique comment huit autres insurgés se regroupent autour de Kédar ibn Salif ibn Joudaa pour tuer la chamelle.
L’habitude de ne pas boire l’eau du puits de Tabouk est une conséquence de l’expédition menée par le prophète : . Ibn Kathir ajoute :
Le prophète interdit aux musulmans d'entrer et de passer à côté sans pleurer sur leur sort. Au dire d’Ibn Kathir si les Thamoud ont creusé leurs habitations dans le rocher, c’est parce qu’ils vivaient trop longtemps et qu’une maison de terre séchée aurait duré moins longtemps que ses habitants.
Ibn Khaldûn (1332-1406) On trouve la même anecdote dans la Muqaddima d'Ibn Khaldûn, qui rejette toutefois l’affirmation que les Thamoudéens aient été des géants :
Notes et références
Annexes Articles connexes Sâlih Madâ’in Sâlih Houd ʿĀd prophète Prophètes de l'Islam
Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Histoire des débuts de l'islam Catégorie:Arabie