Le val d'Argent, aussi appelé vallée de Sainte-Marie-aux-Mines ou val de Lièpvre, est situé dans le département du Haut-Rhin. Il compte environ habitants et sa ville principale est Sainte-Marie-aux-Mines.
Il fait partie du secteur des Vosges moyennes et s'étend sur couverts à 60 % par la forêt. Au nord, il est séparé du val de Villé par des massifs montagneux depuis le col de la Hingrie () au nord-est jusqu'au château du Frankenbourg (). Au sud, il est délimité par les massifs montagneux du Brézouard () et au centre par le Taennchel (dont le plus haut sommet culmine à ), et vers le sud-ouest par le Haut-Koenigsbourg (). Le val de Lièpvre débouche sur la plaine d'Alsace à Sélestat et à l'ouest vers le col de Sainte-Marie-aux-Mines () à la ville de Saint-Dié.
L'origine du peuplement de cette vallée serait essentiellement due aux deux monastères, dont celui de Lièpvre édifié au , l'autre au à Echéry, autour desquels des serfs venus des régions limitrophes, notamment du val de GaliléeLe Val de Galilée était l'ancienne dénomination de la région comprise entre le confluent de la Meurthe avec le ruisseau de Robache que Saint Hydulphe baptisa Val de Galilée. Cette appellation a existé au moins jusqu'en 1049, s'étaient fixés. L'existence du val de Lièpvre est attestée dès le grâce à une charte de Charlemagne datée de 774 par laquelle il donne à son chapelain Fulrad de vastes territoires dans la haute vallée de Sainte-Marie-aux-Mines.
Géographie Situation vignette|redresse=1.5|Ancienne carte du val de Lièpvre en 1550. Dessin se trouvant dans la Cosmographie de Sébastien Munster. Bibliothèque Nationale, fonds lorrains.|gauche Le val de Lièpvre, appelé aussi la vallée de la Lièpvrette, vallée de Sainte-Marie-aux-Mines et aujourd'hui le val d'Argent en raison de son passé minier, se compose de cinq communes : Sainte-Marie-aux-Mines, Sainte-Croix-aux-Mines, Lièpvre, Rombach-le-Franc et Aubure. Elle a une superficie de , qui s'étend sur de longueur depuis le fond de la vallée de la Petite-Lièpvre au pied du col des Bagenelles jusqu'au confluent de la Lièpvrette et Giessen en amont de la localité de Châtenois. Son plus haut sommet est la tête du Violu ().
La vallée qui comprend le village de Lièpvre se trouve à de Colmar, de Mulhouse, à de Strasbourg et de Nancy. La ville de Sélestat, la plus grande agglomération de l'Alsace centrale est située à de Lièpvre. La vallée est encaissée, d'une part, en direction de Sainte-Marie-aux-Mines qui rejoint le col des Bagenelles, le Brézouard, la chaume de Lusse, le col de Sainte-Marie, le col du Bonhomme et dans sa partie sud, le col Haut de Ribeauvillé et les villages de Ribeauvillé et Aubure. Vers Lièpvre, la route départementale D 48 permet de rejoindre le village de Rombach-le-Franc et de là, en passant par le col de Fouchy, de se rendre vers Fouchy et l'ensemble des villages du val de Villé. Le val de Lièpvre est situé dans l'arrondissement de Ribeauvillé et le département du Haut-Rhin. Sainte-Marie-aux-Mines est la principale agglomération de la vallée de la Lièpvrette qui débouche sur la plaine d'Alsace à de Sélestat. La vallée, l'une des plus attrayantes et des plus profondes des Vosges, permet de rejoindre la plaine d'Alsace par le col de Sainte-Marie-aux-Mines jusqu'en Lorraine. La vallée se trouve au carrefour des routes qui franchissent les Vosges, par les cols de Sainte-Marie-aux-Mines, du Bonhomme, et du col du Haut de Ribeauvillé. Le , la Révolution a réuni les deux parties de la ville de Sainte-Marie-aux-Mines qui étaient séparées linguistiquement en une seule entité avec les annexes de Saint-Blaise, Fertrupt, Echéry, le Rauenthal et la Petite Lièpvre. Sainte-Marie-aux-Mines est le chef-lieu du val de Lièpvre avec les communes de Sainte-Croix-aux-Mines (St Kreutz en allemand), les annexes du Petit et du Grand Rombach, Lièpvre (Leberau en allemand), Rombach-le-Franc (Deutsch Rumbach de 1871 à 1918 et 1940-1944) et Aubure (Altweier en allemand). Cette dernière commune se situe sur le versant de Ribeauvillé.
Hydrographie vignette|La Lièpvrette à Sainte-Croix-aux-Mines. Le principal cours d'eau de la vallée est la Lièpvrette qui prend sa source en amont du col des Bagenelles (). Son tracé est pour l'essentiel en territoire Haut-Rhinois. À Echéry (Sainte-Marie-aux-Mines) la Lièpvrette récupère les eaux de l'Hâte qui traverse le hameau historique de Saint Pierre et celle du Rauenthal, venu du Brézouard (), dont le nom est lié depuis des siècles à l'exploitation minière. À Sainte-Marie-aux-Mines, la Lièpvrette reçoit aussi les eaux du Robinot, du Hergauchamp et de l'Isenbach qui débouche du vallon de Saint-Blaise, autre hameau historique. Ensuite la Lièpvrette grossie par les eaux en provenance de Sainte-Marie-aux-Mines rejoint le village de Sainte-Croix-aux-Mines. De là, elle reçoit, les affluents de la Timbach qui prend sa source au Hury, du Petit et du Grand Rombach, alimentés par de petits ruisseaux de la montagne, notamment du col de la Raleine, pour rejoindre le village de Lièpvre. La Lièpvrette reçoit ensuite les eaux du Rombach qui prend sa source au col de la Hingrie () qui parcourt un trajet de en récupérant au passage les eaux des petits ruisseaux du Volbach, de Bestégoutte, de Biagoutte, de Naugigoutte, de Hargoutte et de la Vaurière. La Lièpvrette se jette ensuite dans le Giessen, en amont de Scherwiller, pour rejoindre à son tour l'Ill.
Géologie Le sous-sol du val d'Argent compte plusieurs failles où se sont concentrées des matières minérales qui ont été exploitées à partir du par l'homme : argent cobalt, plombs, arsenic, cuivre… L'exploitation des mines a profondément marqué l'histoire de la vallée. On a recensé aujourd'hui un millier de haldes. Le réseau de galeries souterraines représente une longueur d'environ creusées par la main de l'homme au cours des dix siècles qu'a représenté l'exploitation des mines.
Climat Le climat au val de Lièpvre est de type continental. La barrière des Vosges protège en grande partie l'ensemble de la vallée de fortes précipitations et a pour conséquence que les pluies sont moins abondantes que de l'autre côté des Vosges grâce aussi à l'effet de foehn. En contrepartie, la vallée, du fait de la proximité des montagnes est marquée par des hivers froids et humides et des étés chauds moins suffocants. Le sommet des Vosges est enneigé de décembre à avril. La grisaille et la brume sont moins marquées durant la période d'hiver que dans la plaine. Revers de la médaille : les nuits d'hiver sont souvent claires et dégagées ce qui fait chuter fortement la température par rayonnement et par l'air froid descendu des montagnes. Dans la journée le soleil permet de gagner quelques degrés de plus que dans la plaine.
Mammifères vignette|Un brocard.
Les forêts du val de Lièpvre sont essentiellement peuplées des grands animaux que sont les cerfs, les chevreuils et les sangliers. Cette espèce s'est considérablement développée depuis les années 1950. Depuis 1955, les forestiers se plaignent des dégâts occasionnés par les cervidés sur les jeunes pousses, par abroutissements ou dégâts d'écorçage. Le cheptel est surtout abondant entre les vallées de la Lièpvrette au nord, et celle de la Weiss au sud. Le chevreuil est un animal discret - que les forestiers allemands du début du estimaient trop peu nombreux - s'est parfaitement acclimaté dans la région. Les forestiers estiment que l'augmentation du cheptel des cervidés est incompatible avec une saine gestion de la forêt, car les régénérations naturelles sont anéanties, les perchis, voire les jeunes futaies sont écorcés par le cerf. Les forestiers n'ont pour l'instant trouvé comme seule parade que l'engrillagement des jeunes pousses. En dehors de ces trois espèces les plus fréquemment rencontrées, il faut également citer le sanglier qui se reproduit assez facilement. Cette espèce n'est pas considérée par les forestiers comme nuisible. On peut aussi citer le chamois qui a été introduit entre 1955-1956 au Markstein et qui s'est considérablement développé. On le rencontre maintenant aussi dans le val de Lièpvre, à Sainte-Marie-aux-Mines et à Rombach-le-Franc, particulièrement à la Hingrie dans les zones rocheuses. On le rencontre aussi occasionnellement au Bonhomme, à Lapoutroie et à Fréland ainsi qu'au Donon. La population de lynx du Donon semble plutôt avoir émigré du Palatinat que du Taennchel. L'ours qui peuplait encore le massif vosgien au Moyen Âge a complètement disparu, bien que quelques animaux isolés aient été abattus plus tardivement au . Au mammifère redouté, le loup a survécu plus longtemps dans les forêts du val de Lièpvre. Parmi les mammifères présents actuellement dans la région, il en est deux de la famille des félidés dont la rareté n'a d'égale que leur discrétion. Le chat sauvage d'Europe, à ne pas confondre avec le chat haret, chat domestique retourné à l'état sauvage, est rarement observé puisqu'il sort essentiellement la nuit. Il reste présent dans les massifs montagneux boisés de la région, comme au Chalmont ou dans les massif de l'Altenberg et du Taennchel. Considéré comme un animal nuisible par les chasseurs, il est encore tiré régulièrement bien qu'il soit protégé.
vignette|Un jeune lynx.
Le lynx qui a été introduit en 1983 dans le massif du Taennchel à partir d'un lâcher situé en forêt domaniale de Ribeauvillé semble s'être très bien adapté et ne pose pas de problèmes particuliers. Cette espèce très discrète a conquis les forêts du val de Lièpvre où l'on a pu remarquer sa présence au Grand Haut près de la montagne du Chalmont et dans le val de Villé. Le lynx avait complètement disparu des Vosges. C'est pour cette raison qu'entre 1983 et 1993, 21 individus ont été réintroduits dans le massif vosgien. Seuls six animaux ont survécu à cette réintroduction, mortalité liée à des maladies, au braconnage et à des accidents de la route. Une étude a démontré que les conditions de vie dans les montagnes des Vosges conviennent parfaitement aux lynx. Ils ont besoin de grands espaces et surtout de ne pas être dérangés. Il faut ajouter que même si cette espèce n'avait pas été réintroduite par l'homme, le lynx serait de toute façon arrivé dans les montagnes des Vosges. Introduit depuis de nombreuses années en Suisse et dans le Palatinat, il commençait à traverser l'Alsace du sud et du nord.
vignette|redresse|Chouettes.
Les lièvres sont peu nombreux en forêts, bien qu'ils ne soient pas chassés. Le Grand Tétras, ou coq de bruyère, malgré une protection totale depuis une trentaine d'années a pratiquement disparu de la région. Il n'est représenté que par quelques individus dont les places de chant se situent aux environs du Brézouard ou de la Tête des Faux. Quelques gélinottes sont signalées de temps à autre, mais ne sont pas chassées. On rencontre aussi le renard, le blaireau européen, la martre, la fouine, la belette, divers pics, les geais, les corneilles, les buses, les vautours, et diverses chouettes et hiboux et la chauve-souris qui est de plus en plus menacée à cause de l'activité humaine.