Plouégat-Moysan est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie Localisation vignette|left|Carte de la commune de Plouégat-Moysan. Plouégat-Moysan se situe en pays trégorrois, dans le nord-est du Finistère, en Bretagne. Elle fait partie du canton de Plouigneau, dans l'arrondissement de Morlaix. Elle se situe dans le territoire communautaire de la communauté d'agglomération Morlaix Communauté, qui rassemble 26 communes en 2019.

Plouégat-Moysan fait partie historiquement du Trégor finistérien.

Communes limitrophes Plouégat-Moysan est une commune rurale bretonne se situant au nord-est du département Finistère, à la limite des Côtes-d'Armor. Elle se trouve sur l'axe Brest - Rennes sur la RN 12 à 16 kilomètres à l'est de Morlaix, 20 kilomètres au sud-ouest de Lannion, 34 kilomètres à l'ouest de Guingamp et à 63 kilomètres à l'ouest de Saint-Brieuc.

Relief et hydrographie Relief vignette|Vue de la colline de Ménez Kervern à Plouégat-Moysan. La commune a une superficie de . Plouégat-Moysan a un relief très vallonné, la partie la plus élevée se trouvant dans la partie sud-est du finage communal, culminant à 247 mètres à Ménez Meur et presque à la même altitude à Ménez Bihan. L'essentiel du territoire communal forme un plateau situé vers 150 mètres d'altitude dans la partie sud-ouest de la commune et s'abaissant jusqu'à une centaine de mètres dans sa partie nord-ouest, mais ce plateau est ponctué de collines, notamment celle de Ménez Kerfoën qui atteint 155 mètres au centre de la commune, celle où est situé le bourg de Plouégat-Moysann, qui atteint 175 mètres, ou encore celle de Ménez Kervern dans la partie est de la commune, et troué par les vallées encaissées des cours d'eau, notamment celles du fleuve côtier Douron, encaissée d'une soixantaine de mètres, parfois plus et dont les versants très pentus sont boisés (Bois de Kerporz notamment) et de ses affluents de rive droite, le SquiriouNe pas confondre le Squiriou, affluent du Douron, avec le Squiriou, affluent de l'Aulne. (et son propre affluent le ruisseau de Ty Ru) et le Dour Uzel ; la confluence du Douron et du Dour Uzel est d'ailleurs, à la pointe nord-ouest du territoire communal, son point le plus bas (57 mètres d'altitude).

Plusieurs des cours d'eau précités délimitent partiellement le territoire communal : le Douron et le Squiriou à l'ouest séparent Plouégat-Moysan de Plouigneau (et de l'ancienne commune du Ponthou) et le Dour Uzel au nord-est et au nord, qui sépare Plouégat-Moyan de Plounérin et Trémel, formant aussi la limite administrative avec le département des Côtes-d'Armor.

Réseau hydrographique

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Douron, le Dour Uzel, le Squiriou et divers autres petits cours d'eau.

Le Douron, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Scrignac et se jette dans la baie de Lannion entre les communes de Plestin-les-Grèves et de Locquirec, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques du Douron sont données par la station hydrologique située sur la commune de Plouigneau. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 423 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/04/1989 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Plouégat-MoysanLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pleyber-Christ à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Plouégat-Moysan est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Morlaix, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (75,9 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (75 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (48,8 %), terres arables (23,5 %), forêts (19,2 %), prairies (3,6 %), zones urbanisées (2,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,2 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Habitat La commune présente un paysage rural traditionnel de bocage avec un habitat dispersé en écarts formés de hameaux (« villages ») et fermes isolées. Le bourg était traditionnellement de faible importance, ayant par exemple seulement 130 habitants agglomérés en 1889..

Voies de communication et transports Voies de communication La commune est traversée approximativement en son milieu par l'ancienne route de Paris à Brest (ancienne Route nationale 12), devenue désormais la D 712 depuis la construction de la voie express qui constitue la nouvelle route nationale 12 ; l'échangeur « Les Quatre Chemins » de cette voie express, situé sur la commune, permet un accès direct depuis celle-ci vers et depuis le bourg, et ce dans les deux sens, via la route départementale 42, axe routier sud-nord qui vient de Guerlesquin et qui se poursuit vers le nord en direction de Trémel et Plestin-les-Grèves.

La partie nord de la commune est traversée par la ligne ferroviaire de Paris à Brest, dont le tracé dessine une grande courbe et passe le plus souvent en tranchée, mais la commune de dispose pas de gare, les plus proches étant celles de Plouigneau à l'ouest et de Plounérin à l'est.

Transports Linéotim, service de transport de bus de Morlaix Communauté, gère plusieurs lignes desservant la commune : la ligne 40 (Morlaix ↔ Botsorhel), ligne régulière. ; la ligne 40a (Plouigneau ↔ Guerlesquin), ligne scolaire..

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Plegad Moezan aux ., Ploegat Moisan vers 1330, Ploeazgat Moysan en 1375, Ploegat-Moysen fin du , Ploegatmoysan en 1589, Plouégat Moisan en 1688..

Plouégat-Moysan vient de l'ancien breton ploe (paroisse) et de Saint-Agat/Egat (assimilé par l'église catholique à saint Agapet), et de Moysan forme bretonnisée de Moïse, du nom d'une seigneurie de Plouagat ; mais le nom pourrait aussi provenir de saint Ergat..

Histoire Préhistoire et Antiquité

Deux voies romaines se croisaient au niveau du hameau actuel de Guernaven (où l'on trouve des tuiles romaines et d'autres vestiges Romains) : celle de Morlaix à Guingamp et celle de Vorgium à Toul-an-Héry Moyen-Âge Plouégat-Moysan est une ancienne paroisse de l'Armorique primitive qui incluait jadis les territoires du Ponthou, Guerlesquin , Botsorhel, et probablement une partie du territoire de Plounérin (la rive gauche du Yar). La paroisse de Plouégat-Moysan, qui dépendait du diocèse de Tréguier, faisait partie d'une châtellenie dépendant de la seigneurie de Trogoff (à ne pas confondre avec une autre seigneurie de Trogoff située en Plouescat), laquelle disposait des haute, moyenne et basse justice.

Pendant la guerre de succession de Bretagne le château de Trogoff, qui appartenait à Pierre de TrogoffPierre de Trogoff, né vers 1295 à Plouégat-Moysan, décédé après 1356, gouverneur et capitaine de Bordeaux en 1351, lequel se prononça pour Charles de Blois, fut occupé par Jean de Montfort entre 1356 et 1364 qui en confia la défense à Olivier de ThomelinOlivier de Thomelin, né en 1340, décédé après 1380, chevalier, époux de Jeanne de Tournemine., qui sema aussi la terreur dans tout le pays avoisinant..

Jean de Montfort se rangea aux côtés du roi d'Angleterre Édouard III, qui y mit une garnison dont le commandement fut confié à un certain Roger David. Ce dernier commit des brigandages et des sauvageries envers les paysans du Trégor. En , Bertrand du Guesclin s'empara du château et le détruit totalement..

Pendant la guerre de Succession de Bretagne, les bourgeois de Guingamp demandèrent à Bertrand Du Guesclin, qui venait d'être libéré contre rançon alors qu'il était prisonnier des Anglais et s'était réfugié dans la ville, de les délivrer des ravages commis par deux capitaines anglais, Roger Davy qui tenait le château de Pestivien et Thomelin (Thomelin) qui occupait le château de Trogoff en Plouégat-Moysan. Avec hommes, il prit et démantela le château de Pestivien en ; il marcha ensuite sur Trogoff, mais Thuomelin choisit de se rendre sans combattre, ayant reçu l'assurance de pouvoir quitter ce château sain et sauf, mais le château fut ensuite aussi démantelé..

Une fois la paix revenue, Yvon de TrogoffYvon de Trogoff, né vers 1335, décédé le à Callac, sire de Trogoff et de Callac., fils de Pierre de Trogoff, prit possession des ruines mais ne les releva pas. Cette branche aînée des Trogoff tomba en quenouille vers 1430 et la seigneurie passa aux mains de différentes familles successives (familles de Ploësquellec (Plusquellec), de Kerasquer, de Tournemine, du Chastellier, de Villeblanche [par exemple en 1513 la terre de Trogoff appartenait à Claude de Villeblanche, seigneur de Broons], de Goulaine, Le Dymoine successivement) au cours de la deuxième moitié du , du et de la première moitié du .