Le domaine skiable Galibier-Thabor, de pistes, regroupe les stations de Valloire et Valmeinier. Il est situé en France dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le nom fait référence à deux sommets emblématiques de plus de mètres de la région : le Grand Galibier et le mont Thabor.
Géographie
Localisation Le domaine skiable Galibier-Thabor est situé dans la vallée de la Maurienne. Il se trouve dans le Massif des Cerces, sur les communes de Valloire et de Valmeinier. Le domaine s'étend actuellement entre et d'altitude. Il est entouré par des sommets comme le Mont Thabor (), le Grand Galibier () ou encore les Aiguilles d'Arves (). Il est constitué de trois différents massifs, le Crey du Quart (2 versants), la Sétaz (2 versants) et le Gros Crey (1 versant), sur une surface de .
Accès au domaine Le domaine skiable est accessible via l'autoroute A43 en Maurienne, sortie 29 de Saint-Michel-de-Maurienne, puis par la route D 902. L'accès par la route du Col du Galibier, venant du sud, n'est possible qu'entre mai (ou juin) et octobre.
Stations
Histoire
Historique du domaine skiable 1937-1970 : Le développement du ski à Valloire L'histoire du ski à Valloire commence en 1937. Plusieurs petits téléskis isolés ont commencé à s'implanter dans la vallée. : téléski de l'Epinette (1937-1950), Téléski du Grand Hôtel (1938-1995), Téléski de Saint Pierre (1945-1994), Téléski des Idiots (1945-1984), Téléski du Cabestan de Richelieu aux Verneys (1945-1970)...
Mais le domaine naît réellement en 1947. Gabriel Julliard va avoir l'idée d'équiper pour le ski alpin le massif de la Sétaz. Il va pour cela inventer un nouveau type de remontée mécanique, la télébenne. La télébenne de la Sétaz est donc la première au monde.. En 1951, fort du succès du son installation, Julliard, avec sa nouvelle Société savoyarde de télébennes (Sosatel), rénove le premier tronçon, puis en installe un deuxième, la télébenne Lac Thimel. Parallèlement, en 1952, la Sosatel installe une autre télébenne, cette fois sur le massif du Crey Rond.. Elle sera rénovée en télésiège monoplace en 1961..
En 1959, le domaine de la Sétaz est privatisé, racheté par MM. Chamoux et Cathiard. La STV (Société des Téléphériques de Valloire est fondée).. Dans les années 1960, trois téléskis sont progressivement installés sur le plateau de Thimel., la télébenne 1 est doublée par un télésiège fixe biplace, et la télébenne Lac Thimel, est transformée en télésiège monoplace en 1962 (puis en biplace en 1974) et est renommé Sétaz 2 pour l'occasion.. En 1965, le téléski des Diseurs est installé, développant le ski sur le versant de la Neuvachette., et en 1972, un nouveau téléski est installé sur la crête, le troisième tronçon de la Sétaz..
1970-1978 : Les années de la concurrence Au début des années 1970, alors que le domaine de la Sétaz est privé, la commune décide de créer son propre domaine skiable, en concurrence avec celui de la Sétaz. En deux ans, deux télésièges biplaces sont construits pour monter sur le massif (Pré Rond et Crey du Quart), ainsi que 4 téléskis : Citres, Lac de la Vieille, Pré Rond, et Crête (ce dernier étant toujours en service). Cette concurrence dans la même station va durer durant toute la décennie 1970. On peut noter que le forfait du domaine communal était environ 2 fois moins cher que celui de la Sétaz.
Trois ans après Valloire, c'est au tour de Valmeinier d'équiper son versant du Crey du Quart. Au début des années 1970, Valmeinier est encore un village montagnard très isolé, largement déserté avec moins de 100 habitants permanents contre 800 au début du siècle, la fin progressive de l'activité agricole ayant provoqué un exode rural massif. La seule remontée mécanique était alors le téléski privé de l'hôtel de la Girodière, ouvert en 1962., alors exploité par la société coopérative ouvrière de production qui associe les frères Baudin et Thomasset.. Conscients que le tourisme constitue la seule solution de survie de Valmeinier, et ayant refusé dans les années 1960 la construction d'une station d'altitude dans le vallon des Marches, les Valmineux vont ensemble décider de se relier au domaine de Valloire en équipant leur versant du Crey du Quart. Ainsi, les habitants feront eux-mêmes les déboisements nécessaires, puis à la suite de cela, en 1974 un télésiège biplace (Grandes Drozes), et un téléski (Plan Palais)., sont mis en service. Un espace débutant est créé en bas (Pré Varel) et le téléski de la Girodière passe dans le domaine communal. Plus tard, en 1983, le domaine s'agrandit avec la création du téléski de la Combe..
1978-1985 : L'union des quatre massifs En 1978, la commune de Valloire décide d'installer elle-même un téléski sur le massif de la Sétaz privé, le téléski de Cornafond. La piste des Selles est créée, et permet d'atteindre ce téléski et le reste de la Sétaz skis-aux-pieds depuis le Crey du Quart. Cela signe la fin de la concurrence, les Cathiard et la régie communale s'entendent pour proposer un forfait unique pour tout le domaine. La famille Cathiard n'investit plus et souhaite se débarrasser de la Sétaz, et la commune, dirigée par le maire Adrien Savoye, en profite pour le racheter. Immédiatement, Valloire investit dans des remontées permettant d'une part de relier les Verneys au domaine (le télésiège des Verneys inauguré en 1980.), et d'autre part de remonter au Crey du Quart depuis la Sétaz les télésièges Montissot et Colérieux inaugurés en 1982). Les deux domaines sont alors totalement unifiés, la liaison Armera - Verneys skis-aux-pieds dans les deux sens est effective.
En 1985 naît la télécabine de la Sétaz, en remplacement d'un TSF2. Cette télécabine est une révolution pour Valloire, elle va considérablement augmenter le débit, et va permettre à la station d'accueillir des compétitions internationales de ski alpin. La télécabine va devenir l'emblème de la station.
1986-1989 : L'aventure Valmeinier 1800 En sommeil depuis une décennie, Valmeinier relance à partir de 1982 son projet de station d'altitude et de nouveau domaine skiable. Les plans d'origine prévoyaient la construction de la station et du nouveau domaine dans le fond de la vallée de la Neuvache, mais cette possibilité a été abandonnée dès 1973. Cependant, Valmeinier fait face à un problème de logements touristiques. En effet, la commune a un domaine skiable, mais n'a pas de vraie station, seulement des logements éparpillés dans le village et les hameaux. Il apparaît alors, 10 ans après l'abandon du premier projet de station, finalement nécessaire d'en construire une pour la survie de la commune. C'est le site relativement vierge des Islettes qui est choisi pour l'implantation de la nouvelle station. Il présente l'avantage de ne pas être trop loin du village d'origine, et le massif du Gros Crey juste au-dessus est jugé très favorable au ski alpin, bien enneigé et orienté, et très commercial par conséquent. De plus, il convient pour être la première pierre de l'immense projet de la Croix du Sud qui va rapidement émerger.
Le projet de station est validé et autorisé en 1983, et les travaux commencent en 1985. La première remontée à naître est le télé-pulsé de l'Armera, prévu depuis quelques années, et permettant de relier le village et le Gros Crey au Crey du Quart. Puis en 1986-1988, le domaine du Gros Crey est créé, ainsi que la station de Valmeinier 1800. Fin 1988, 5 remontées ont été construites : TSF Gros Crey et Roi, TK Pré Aynard et Petites Anglaises, et le premier télésiège débrayable du domaine, le TSD 4 places des Jeux. En 3 ans, le domaine du Gros Crey a atteint quasiment sa taille actuelle, et Valloire-Valmeinier revendique alors de pistes.. Valmeinier avait alors beaucoup de projets pour le domaine skiable, dont une liaison avec Valfréjus, une nouvelle station sur la commune d'Orelle, et Bardonnèche (projet du domaine skiable de la Croix du Sud), mais la suite fut tout autre.
1990-2003 : Stagnation et obsolescence La situation financière de Valmeinier devient rapidement très critique. Le domaine a grandi beaucoup trop vite et est largement disproportionné par rapport au nombre de lits. La station est surendettée, tandis que les hivers 87 à 90 sont mal enneigés. À cela s'ajoute la crise de l'immobilier. La station fait faillite en 1997.. La conséquence pour le domaine est donc un gel total des investissements durant la totalité des années 1990. Aucune nouvelle remontée, ni piste à Valmeinier durant cette décennie, seulement quelques enneigeurs. Finalement le domaine et la station sont repris par le département à la fin des années 1990 (il existait une garantie de reprise par le département depuis le début), et les investissements reprennent peu à peu à partir de 2000.
A Valloire, le plateau de Thimel est réorganisé en 1989 :
Un télésiège 4 places (le premier de Valloire) est installé en remplacement des 3 anciens téléskis. Le téléski des Diseurs est supprimé, devenu inutile depuis l'installation de Cornafond et la télébenne de la Sétaz (1945) est fermée.
Hormis le télésiège de Moulin Benjamin installé en 2002., il n'y aura plus aucune modification sur la Sétaz avant 2012.
Le petit domaine du Crêt Rond existe toujours dans les années 1990, mais sa fréquentation est en chute libre. Il est excentré, petit, et souvent mal enneigé, et donc déserté. Dans les dernières années, les pistes étaient coupées en bas par les nouvelles routes et résidences, et les pistes ont arrêté d'être damées, le télésiège ne dessert alors que du hors-piste de facto. Cette agonie dure jusqu'en 2000 avec l'arrêt définitif de l'installation avant démontage en 2005. Dernière remontée, le téléski Ruaz est fermé en 2002 (démonté en 2004), entérinant ainsi l'abandon provisoire puis définitif du massif.
De l'autre côté de Valloire, en 1994, alors que plusieurs remontés historiques, les dernières antérieures à 1960 (le téléski de Saint-Pierre (1945), et le téléski du Grand Hôtel (1938)), disparaissent, la régie de Valloire lance une première rénovation du Crey du Quart. Les remontées sont d'origine (près d'un quart de siècle) et manquent de débit.
Le téléski de Château Ripaille est reconstruit sur un tracé différent. Le téléski du Lac de la Vieille est démonté et est réinstallé sur un secteur encore vierge : le Grand Plateau. Pour remplacer le téléski, Valloire décide d'installer un télésiège fixe 4 places (acheté d'occasion à la station de l'Alpe d'Huez (TSF Bergers), qui elle-même l'avait achetée en 1990 à la station de Serre-Chevalier (TSF du Puy Chalvin, ouvert en 1989 et utilisé seulement 10 jours !).). En 1997, le TSF3 Montissot est remplacé par un TSF4 sur un tracé différent en raison de glissements de terrain. Nouveau téléski de Pagoret en 1999 pour soulager le télésiège du Lac de la Vieille de l'époque
Cependant, la fin des années 1990 et le début des années 2000 sont marquées par une très forte augmentation du nombre de logements touristiques, et la régie a procédé à l'économie et à court terme en se contentant sur un massif commercial d'un télésiège fixe comme remontée structurante, entourée de téléskis à faible débit.
La saturation demeure. Le problème est même amplifié par le remplacement après des années d'attente des deux télésièges biplaces au départ de la station par la télécabine du Crêt de la Brive en 1999, qui ramène beaucoup plus de skieurs dans ce secteur. La situation devient alors critique pendant les vacances scolaires. Un second investissement de masse devient urgent. Une renaissance du Crêt Rond était envisagée à partir de 2002, et le télésiège du Moulin Benjamin a été construit en ce sens, mais la multiplication des projets immobiliers va paradoxalement tuer tous les projets d'extension pour longtemps, puisque la modernisation et l'augmentation de capacité de l'existant sont désormais les priorités absolues accaparant tous les investissements. Le parc de remontées est archaïque dans son ensemble et ne suit plus du tout la fréquentation grandissante.