Plounéventer (en breton : Gwineventer) est une commune française du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Elle appartient à la communauté de communes du Pays de Landivisiau.

Géographie Présentation Plounéventer se trouve entre Brest et Morlaix.

Plounéventer dispose d'un accès par échangeur à la route nationale 12.

La présence de la vallée de l'Élorn à la limite sud du territoire communal et située seulement à une quinzaine de mètres d'altitude contraste avec un morceau du plateau du Léon qui forme la majeure partie du finage communal et qui se trouve vers une centaine de mètres d'altitude (la cote maximale est à ) et où se trouve le bourg de Plounéventer. L'altitude moyenne de la commune est de . Un petit fleuve côtier, le QuillimadecLe Quillimadec est un petit cours d'eau long de , qui prend sa source sur les hauteurs de Plounéventer et forme la limite entre les communes de Ploudaniel, Trégarantec, Lesneven, Kernouës, Saint-Frégant et Guissény, situées sur sa rive gauche, et celles de Saint-Méen, Plouider et Kerlouan, situées sur sa rive droite. À la fin du , selon Jean-Baptiste Ogée, il faisait tourner quatorze moulins., prend sa source dans la commune.

La commune s'étend sur une superficie de ., est peu large dans le sens ouest-est (), mais étirée en longueur dans le sens nord-sud ().

Situation

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Quillimadec, l'Élorn, la Flèche et divers autres petits cours d'eau..

Le Quillimadec, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Manche à Guissény, après avoir traversé dix communes..

L'Élorn, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Sizun et se jette dans la rade de Brest entre les communes de Plougastel-Daoulas et de Le Relecq-Kerhuon, après avoir traversé quatorze communes..

La Flèche, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Bodilis et se jette dans la Manche en limite de Tréflez et de Goulven, après avoir traversé dix communes..

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlounéventerLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Brézal ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves...

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Servais à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Plounéventer est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85,9 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (84,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (51,1 %), terres arables (32,5 %), forêts (10,1 %), zones urbanisées (3,4 %), prairies (2,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,5 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Hameaux et lieux-dits

Bouillant ; Bourlogot ; Brézal ; Keraudy ; Kergreguen ; Kerilien ; Kérinizan ; Keryvon ; Locmélar ; Mézarnou ; Morizur ; Penhoat ; Prat-Hir ; Quillenec.

Toponymie Le village est attestée sous la forme Pleneventer en 1339.

Étymologie Ainsi que l'a démontré Bernard Tanguy, le nom Plounéventer provient du mot breton plou (« paroisse ») et du saint fondateur Numenter, mentionné Numenterius en 1167, un saint inconnu que la paroisse partage avec celle de Plaintel dans les Côtes-d'Armor. La commune de Plounéventer est dénommée en breton, l'usage de étant réservée à la paroisse dans cette langue..

Histoire Préhistoire

Comme sur tout le plateau qui donne sur l'Élorn, des traces du Néolithique ont été trouvées au sud de la commune : haches polies, nécropoles, menhir et dolmen attestent une occupation précoce du territoire. Des haches de l'âge du bronze ont été répertoriées à Kériogan et un embryon de ville d'époque celtique avec de nombreux souterrains à Kérilien, devenue plus tard la ville gallo-romaine de Vorganium..

Kerilien, site de la ville gallo-romaine de Vorganium vignette|redresse|Kerilien (Vorganium ?) à l'époque gallo-romaine. Plusieurs voies romaines convergeaient vers cet endroit, en particulier celles arrivant de Vorgium (Carhaix), de la pointe Saint-Mathieu., de Tolente

En 1829, l'érudit lesnevien Daniel Louis Olivier Miorcec de KerdanetDaniel Louis Olivier Miorcec de Kerdanet, « Lettre du », transcrite dans Notice sur Ocismor, Lycée Armoricain, tome 14, année 1829, retranscrite par le chanoine Jean-Marie Abgrall in: « Restes de l'établissement gallo-romain de Kerilien en Plounéventer », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1907 (en ligne sur Gallica)., est le premier à s'intéresser au site gallo-romain qui s'étend sur plusieurs dizaines d'hectares à travers les villages de Kerilien, Coatalec et Kergroas...

Le site, probablement un centre de commerce et d'artisanat, recèle de nombreux vestiges gallo-romains. L'agglomération bien groupée autour de son forum et de son théâtre romain dont subsistent quelques briques du mur de scène, regroupe, le long des voies, de nombreuses villae au centre de grandes exploitations. Cf. .. Le site a été racheté par l'État en 1984 à l'instigation de l'historien Louis Elegoët.

Plusieurs historiens, en particulier Louis Pape. identifient ces ruines comme étant celle de Vorganium, agglomération secondaire, mais néanmoins importante, de la cité gallo-romaine des Osismes. Au et au début du , on l'identifiait plutôt à la mythique OccismorVoir par exemple Jacques-Joseph Champollion-Figeac et Jean-François Champollion, Bulletin universel des sciences et de l'industrie: Bulletin des sciences historiques, Antiquité, Philologie, tome 1, 1829 (extrait en ligne).Docteur Halléguen, « Voies romaines de la Cornouaille », Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 1857 (en ligne sur Gallica)., mais à tort ; son nom a été révélé par la borne milliaire de Kerscao en Kernilis.

Selon Jean-Yves Le GoffPrésident de l'Association des Amis du musée du Léon, secrétaire de la Société finistérienne d'histoire et d'archéologie, historien local., la ville s'étendait sur 40 hectares avec ses maisons, ses magasins, un forum et, révélé par un cliché aérien pris en 2021, une basilique (probablement un tribunal) ; seule une petite partie du site a été fouillée dans la décennie 1960, mais l'essentiel reste enfoui sous des champs..

Origines vignette|redresse|Carte des paroisses de Plounéventer et Lanneuffret. Selon le récit semi-légendaire raconté par Albert le Grand, la première église aurait été érigée dans le courant du par l'épouse et le fils du comte Élorn à l'emplacement de l'église actuelle, pour remercier les deux saints d'avoir sauvé son fils Riok des griffes du dragon de l'Élorn. Après avoir un temps persisté dans la pratique du paganisme, le comte Élorn finit, sous l'insistance de sa femme et de son fils RiokRiok se serait par la suite retiré près de Camaret où il aurait vécu en ermite pendant ., par se convertir effectivement et construisit une église dans le bois du Barguet, qui est à l'origine du bourg de Plounéventer.

La paroisse de Plounéventer faisait partie de l'archidiaconé de Kemenet-Ily relevant de l'évêché de Léon. La paroisse de l'Armorique primitive englobait Saint-Servais, devenue trève le et commune indépendante en 1792, et Saint-Derrien, également une trève, devenue paroisse par l'ordonnance de l'évêque de Quimper et de Léon en date du plouneventer.fr. et commune en 1884Décret du Président de la République française en date du (en ligne sur Gallica)., ainsi que la paroisse de Lanneuffret créée elle aussi en 1845 et dont Plounéventer demanda en vain le rattachement à sa propre paroisse et commune.

Du Moyen Âge au Le site de Morizur vignette|redresse|Jos Jullien, Le Château de Morizur (vers 1900), archives départementales du Finistère. Le site archéologique de Morizur est un ensemble fortifié établi sur un éperon rocheux au confluent des vallées de la Flèche et d'un de ses affluents. L'éperon est barré à sa racine par un fossé profond qui pourrait être antérieur au Moyen Âge (datant peut-être de l'âge du fer ?). Sur l'éperon se trouve une première basse-cour défendue par un fossé sec et une levée de terre ; une motte castrale située au milieu de l'éperon, très volumineuse ( de haut, pour de large) est entourée d'un large et profond fossé sec et est surmontée d'une construction en pierres ; une deuxième basse cour est située à l'extrémité..

Plusieurs seigneurs de Morizur ont été au service des ducs de Bretagne. Le château de Morizur existait encore au début du . Le nom même de Morizur est à rapprocher de la légende du roi Izur, rapportée par Miorcec de Kerdanet, que l'on peut résumer ainsi : près d'Occismor [en fait de Vorganium], vivait un roi breton nommé Izur, qui avait une jeune fille charmante ; un gentilhomme romain en devint éperdument amoureux et voulut l'épouser. Peu favorable à cette alliance, Izur persuada le jeune romain que sa fille aimait les couleurs vives et éclatantes et qu'elle était très ennuyée de la couleur noire de la laine des moutons de son père. Il ne lui refuserait pas sa main s'il parvenait à rendre blanche la laine provenant de la tonte des moutons. Le jeune prince frotta longtemps, tant et si bien qu'il mourut de désespoir plouneventer.fr..

Le chanoine Yves Le Grand