Plozévet est une commune française du département du Finistère, dans la région Bretagne, située à mi-distance entre Quimper et la pointe du Raz, dans le pays Bigouden.
Plozévet fait partie, avec neuf autres communes, de la communauté de communes du Haut Pays Bigouden.
Cette commune est célèbre dans le monde universitaire parce qu'elle a été l'objet, au début des années 1960, d'une vaste enquête pluridisciplinaire sous la direction de Monique et Robert Gessain du musée de l'Homme, avec la participation d'Edgar Morin. Géographie
Plozévet fait partie du Pays Bigouden.
Situation Plozévet est une commune littorale de l'océan Atlantique, en bordure de la baie d'Audierne entre Pors Poulhan et le Palud Gourinet ; son littoral assez rectiligne est formé d'un cordon de galets bordé de falaises généralement basses (moins de d'altitude), bloquant l'écoulement de l'eau des petits cours d'eau côtiers, ce qui a provoqué la formation de paluds maritimes et d'étangs. Le bourg est situé à une certaine distance de la côte, sur un plateau : c'est là une caractéristique commune à de nombreuses communes littorales bretonnes (par exemple à Ploaré, Plouhinec, Poullan, Combrit, Beuzec-Conq, Nizon, etc.), les premiers émigrants bretons fixèrent le centre de leurs plous à l'intérieur des terres, probablement par crainte des pirates saxonsRené Largillière, "Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne", 1925, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k914005/f185.image.r=Plougasnou.langFR. Il en est de même pour la plupart des hameaux, le littoral étant longtemps inhospitalier en raison de l'insécurité, d'un climat rude et des paluds, à l'exception des deux petits ports de Canté (aménagé sommairement dans une anse naturelle) et de Pors Poulhan (ce dernier partagé avec la commune voisine de Plouhinec) et de quelques hameaux de pêcheurs-goémoniers comme Poulhan, Poulbrehen, Kerbouron et Keristenvet.
Communes limitrophes
Terroirs traditionnels et contrastes politiques
D'un côté la mer et une plaine côtière balayée par l'air marin, protégeant ses récoltes derrière d'interminables clôtures de pierres entasséesCes murets de pierre datent pour la plupart seulement de la fin du , édifiés lorsqu'une petite propriété parcellaire se développa dans la zone littorale. ; de l'autre une campagne vallonnée, de landes, de bois et de labours, qui semble ignorer la mer. Le bourg lui-même appartient à ce monde terrien qui pendant longtemps négligea la côte, réputée zone vaine et dangereuse.
Le « Gorré » (« hautes terres »), au nord de la route principale, ancienne zone ingrate vouée aux cultures pauvres (seigle, sarrasin) contraste avec le « Traon » (« basses terres »), plus proche du littoral (autour de Pellan et Brumphez), où dominent les cultures maraîchères et avec la zone maritime, autour de Pors-Poulhan. Le littoral est resté longtemps peuplé d'une population misérable de goémoniers (récoltant le goémon vert utilisé comme engrais et vendant aussi des pains de soude aux usiniers de Pont-Croix et Audierne) et volontiers pilleurs d'épaves, méprisée par les gens du bourg.
Ce sont traditionnellement des bastions « rouges », qui contrastent politiquement avec le bourg et aussi avec la partie sud-est du finage communal, le Divisquin (ainsi nommé car situé aux alentours de la chapelle Saint-Démet), Lesneut et ses environs, plus conservateurs.
Géologie
vignette|redresse=1.5|Carte géologique du Massif armoricain.
Sur le plan géologique, la commune fait partie du domaine sud armoricain du Massif armoricain marqué par le cisaillement sud-armoricain. Cette immense faille se manifeste essentiellement par des roches magmatiques de type leucogranite et orthogneiss (anciens granites métamorphisés) armant les reliefs qui constituent les contreforts du haut pays Bigouden. Ces roches magmatiques sont venues s'injecter dans des sédiments briovériens (issus du démantèlement de la chaîne cadomienne) métamorphisés sous forme de micaschistes. Elles forment les promontoires et pointes, tandis que les micaschistes plus tendres correspondent aux anses et aux criques. L'érosion différentielle a ainsi modelé cette côte de la façade atlantique en fonction de la dureté des roches qui la constituent.
Des granulites gneissiques affleurent à Plozévet, à Pouldreuzic et sur la côte sauvage au niveau de Pors Poulhan : la roche est feuilletée comme du gneiss et contient des grenats, du mica blanc, de la tourmaline, du feldspath et du quartzCharles Barrois, Notice explicative de la feuille géologique de Quimper, "Bulletin de la Société des sciences naturelles de l'Ouest de la France", 1894, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k112503n/f311.image.r=pouldreuzic.langFR. Du micaschiste et des « roches vertes » (serpentinites, amphibolites, prasinitesAnciennes laves sous-marines) y affleurent égalementLouis Chauris, "Pays bigouden : des pierres et des hommes", éditions Skol Vreizh, 2011, [].
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlozévetLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pluguffan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Plozévet est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Plozévet, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimper, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (83,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (85 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (51,2 %), terres arables (30,8 %), zones urbanisées (10,8 %), forêts (4,3 %), prairies (1,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,8 %), zones humides intérieures (0,5 %), zones humides côtières (0,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Vicarum Demet au , Plebs sancti Demetre en 1060, Ploezevet en 1270..
Le nom de Plozévet provient du breton ploe (« paroisse » en français) et de saint DyvedUn royaume de Dyfed a existé entre le et le dans la pointe sud-ouest du Pays de Galles, Dyfed est le nom d'un comté actuel du Pays de Galles. (dénommé aussi saint Démet, ou saint Demet), saint breton qui serait un moine originaire du Pays de Galles venu entre le et le , mais son existence réelle est douteuse même si la tradition en fait le frère de sainte Évette qui a une chapelle à Esquibien ; ce pourrait être simplement un nom d'origine ethnique faisant référence à la région galloise du Dyfed, dont une partie de la population aurait émigré en Bretagne lorsque leur territoire originel a été envahi par les Scots à partir du .
Histoire Préhistoire
Paul du Châtellier a recensé à Plozévet entre 1882 et 1888 quatre menhirs (le menhir de Kervinou, haut de , est implanté en plein champ mais visible de la route de Menez Queldrec à Menez Kerlaeron ; le menhir fendu, dit aussi des deux jumeaux, le menhir trapu, le menhir de Lestrouguyhttp://iffigenbalade.free.fr/images/plozevet_histoire.pdf), trois allées couvertes (dont celle du Penker, détruite dans le courant du ), deux dolmens, une chambre mégalithique à ciel ouvert, huit tumulus (mais beaucoup ont disparu depuis), y trouvant 68 objets (poignards, brassard d'archer, poteries, vases...), sans compter les tessons. Une stèle cannelée (comportant 25 cannelures bien érodées) reste visible près de l'emplacement de l'allée couverte disparue du Penker et deux autres, situées à l'entrée de la cour du moulin de Brénizénec, ne sont pas à leur emplacement originel. La signification de ces cannelures reste inconnuehttp://decouvrir.othpb.com/IMG/article_PDF/article_a13.pdf.
Antiquité Une voie romaine partait de Pont-l'Abbé et allait jusqu'à la Pointe du Raz en passant par Plonéour, Tréogat, Pouldreuzic et PlozévetRené Kerviler, Le réseau des voies romaines dans la presqu'île armoricaine, "Armorique et Bretagne : recueil d'études sur l'archéologie, l'histoire et la biographie bretonnes, publiées de 1873 à 1892", consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57842440/f295.image.r=Pouldreuzic.langFR.
Moyen Âge