Une Kajira (masculin kajirus) désigne une classe fictive de femmes-esclaves dans les Chroniques de Gor, série de John Norman dans laquelle il décrit une société très hiérarchisée et esclavagiste, librement inspiré des civilisations antiques. Par extension, le terme désigne également les femmes ayant délibérément choisi de vivre une relation basée sur les écrits de Norman et se rapprochant ainsi du BDSM.

La Kajira

Kajira est le terme générique qui désigne, dans l'univers de John Norman, les esclaves de Gor. Certaines soumises de la communauté BDSM, se considérant comme des esclaves et adeptes de la culture Goréenne, se désignent elles-mêmes comme des kajirae. L’expression la kajira, dans la langue goréenne (fictive) dite « lingua franca », signifie « je suis une esclave-femelle ». C’est l'une des rares locutions en langue goréenne que l'on trouve dans les romans du cycle de Gor.

Le mot est habituellement présent sous la forme féminine kajira (au pluriel kajirae), puisque la plupart des esclaves goréennes sont des femmes ; les formes masculines correspondantes sont kajirus et kajiri (suivant les règles de la première et deuxième déclinaison latine pour le nominatif) La formulation kajiras est incorrecte d'après John Norman, mais elle est parfois employée par d'autres écrivains.

Influences littéraires

Le roman érotique histoire d'O a probablement influencé certains aspects de l'esclavage Goréen décrits dans les livres de la chronique de Gor. Ainsi la posture d’attente à genoux dite NaduGor - Dictionary - Wipipedia, ainsi que les autres postures de soumissionet la coutume existant dans une partie du monde décrit dans l'œuvre, selon laquelle les vêtements de la kajira doivent laisser à découvert ses parties intimes, afin que l’accès à son sexe et à ses seins soit toujours librement offert à son maître, symbolisant ainsi sa docilité et sa constante disponibilité. Le symbole "kef" gravé sur la cuisse gauche des kajirae n’est pas sans rappeler le cruel supplice d’O que son maître, sir Stephen avait fait subir à son esclave de plaisir en la marquant au fer rouge. Dans les deux œuvres, la prostitution des filles et les châtiments corporels les plus sauvages, tels la flagellation, font partie intégrante du dressage des esclaves/soumises femelles. Pour les mâles de Gor il est naturel d’offrir leur favorite à un hôte de passage qu’ils souhaitent honorer, ils n’admettraient pas qu’une kajira refuse de prodiguer ses faveurs et la châtieraient impitoyablement le cas échéant. Mais il est rare qu’ils aient à sévir, tant les kajirae ont admis dès l’enfance leur nature inférieure. En revanche l’héroïne d’histoire d’O est née libre et doit sans cesse renouveler à son maître ses vœux de servitude volontaire.

Histoire

Dans la pensée goréenne, les hommes et les femmes sont des animaux avec des qualités génétiques modelées pendant des milliers de générations successives par une sélection naturelle et sexuelle car les Goréens croient qu’il est dans la nature de l’homme de posséder et dans la nature de la femme d’être possédée. Dans la mythologie Goréenne, il est rapporté que les hommes et les femmes avaient à l'origine les mêmes droits, jusqu'à ce qu'éclate une guerre. Les hommes vainquirent, et asservirent les femmes. Les Goréens dans leur simplicité, considèrent catégoriquement que l’homme est naturellement libre alors que la femme est par nature, esclave. La femme comme l’homme est le produit de l’évolution et, comme l’homme, le résultat complexe, non seulement de la sélection naturelle, mais aussi de la sélection sexuelle. La sélection naturelle suggère que la femme qui souhaiterait appartenir à un homme, avoir des enfants, s’occuper d’eux, les aimer, aurait un avantage à la longue, du point de vue de la survie, sur la femme qui ne s’intéressait pas aux hommes et ne voudrait pas d’enfants. L’homme tend à choisir statistiquement une femme intelligente, aimante et belle. Ainsi les hommes ont effectivement sélectionné un type particulier de femme, plutôt soumise et obéissante.

De même naturellement, dans la mesure où elles ont pu choisir, les femmes ont sélectionné les hommes intelligents, énergiques et forts. Rares sont les femmes qui, malgré la propagande, désirent des hommes faibles et féminins. Ces hommes, de toute manière, ne sont pas ceux de leurs fantasmes sexuels.

Catégories d’esclaves

Certaines kajirae seront éduquées, tandis que d’autres esclaves affectées à des tâches dégradantes ne le seront jamais. Certaines sont nues, d’autres sont vêtues de cuir ou de fourrures. Le choix de leur habillement est souvent lié aux préférences de leur Propriétaire, mais elles sont généralement habillées pour plaire aux hommes.

Ce sont les Acheteurs ou les Propriétaires qui décident de quelle façon chaque esclave sera utilisée mais il arrive souvent, qu’une esclave de plaisir, par exemple, soit achetée dans une famille et qu’au moment de son introduction dans un autre groupe, elle soit considérée comme une barbare le temps que les autres l’acceptent comme étant leur sœur. Si elle reste dans la même famille, elle deviendra ce que le Propriétaire voudra faire d’elle, elle ne peut émettre aucune préférence.

Il existe deux grandes catégories d’esclaves : les esclaves de plaisir et les esclaves de tour. Ces deux kajirae se distinguent facilement selon la position qu’elles prendront. En nadu (cuisses écartées) pour les esclaves de plaisir et en tower (cuisses serrées) pour les esclaves de tour. La position détermine la fonction principale de l'esclave et non sa disponibilité pour tous qui dépend du fait qu’elle est ou non vierge. En réalité une esclave de plaisir n’est pas dispensée du service de table et des tâches domestique que tout maître est en droit d’exiger d’elle et une esclave de tour pourra être requise pour des services sexuels selon le caprice de tout homme libre.

L’esclave de plaisir :

C’est une esclave éduquée qui s’agenouillera les cuisses écartées (par respect elle les resserra devant une femme libre). Son corps a appris à bouger inconsciemment de façon à plaire aux hommes, cette habitude est ancrée dans le moindre de ses mouvements. Le Plaisir n’est pas simplement synonyme de sexe mais des plaisirs au sens large tel que la danse, la musique… un peu à la manière des Geishas japonaises dans la réalité.

Sa principale fonction est cependant la servitude sexuelle au bénéfice de son Maître, elle est en quelque sorte vouée à l’art du sexe. Le terme “esclave de plaisir” englobe la grande majorité des filles asservies de Gor. Celles qu’on désigne expressément ainsi sont des esclaves spécifiquement formées aux techniques érotiques. Une véritable esclave de plaisir connaît les positions de la kajira, pratique des danses lascives, sait comment faire l’amour à un homme et l’amener à l’extase, comment le masser et le baigner, mais doit aussi à l’occasion faire cuire les aliments et servir les repas. Une esclave de plaisir appartient corps et âme à son Maître, elle vit avec lui dans sa maison et il peut la réserver à son usage sexuel personnel exclusif (bien que la plupart soient régulièrement offertes aux invités auprès desquels elles doivent se prostituer - une esclave n’a pas plus de valeur qu’une pièce de mobilier faisant partie intégrante du patrimoine de son propriétaire!). Cependant, c’est à cette position de dépendance absolue qu’aspirent de nombreuses kajirae, dans l’espoir d’une existence relativement confortable, par rapport à la vie des autres esclaves.

L’esclave de Taverne :

L’esclave de taverne est probablement celle qui possède le grade le plus élevé parmi les esclaves de “plaisir”. Elle sert à table dans les tavernes des villes, danse pour les clients, doit se tenir disponible et prête à tout usage sexuel dans les “alcôves” de la taverne et ne pas hésiter à s’agenouiller dans la position d’esclave de plaisir pour s’offrir à qui désire user de ses charmes. Un propriétaire de taverne emploie des esclaves pour attirer la clientèle et perpétuer la coutume et il n’achètera et n’emploiera que les filles les plus belles et les plus attirantes sexuellement. Naturellement, elles ne doivent espérer aucune récompense ni même aucun remerciement pour leurs prestations, ce sont des esclaves et leur tâche est de prodiguer leur force de travail et de se prostituer pour le plus grand profit de leur Maître – le propriétaire de la Taverne ! L’Esclave des tavernes à Paga se voit attribuer à peu près les mêmes fonctions que la fille de taverne, mais elle les exerce dans les tavernes à paga. Le Paga est la boisson des classes modestes et les filles des tavernes à paga sont souvent moins belles et moins habiles aux jeux de l’amour que les filles de tavernes plus huppées.

La fille d’exposition :

C’est une esclave dont la fonction première est d’être exposée pour sa beauté et pour afficher la position sociale de son Maître, elle sera souvent enchaînée à un mur ou à un meuble comme élément décoratif. Elle apporte la preuve de la richesse de son Maître et de l’éducation raffinée qu’elle a reçue, ce qui valorise son propriétaire. Plusieurs esclaves d’exhibition peuvent être enchaînées ensembles dans le coffle pour être présentée en public, ainsi le Maître peut faire étalage de la beauté de son cheptel.

L’esclave de Passion :

C’est une esclave qui a été sélectionnée ou capturée pour une raison très particulière ou une caractéristique originale qui peut être sa beauté, son tempérament de feu, la forme de ses lèvres ou encore la taille de ses seins, ou tout autre trait spécifique. Elle vit en cage et sera généralement utilisée pour la reproduction. Elle fait partie du groupe plus large des esclaves exotiques qui sont souvent éduquée spécialement pour développer une particularité rare. Certaines sont élevées en captivité sans jamais avoir vu d’Homme et leur virginité sera vendue à prix d’or.

La fille à pièce :

Tout comme les prostituées sur Terre, elle monnaie ses faveurs, la seule différence est qu’on peut la posséder pour presque rien, une simple pièce de monnaie, et que sur la transaction aucune somme d’argent ne lui reviendra. La fille à pièce, qu’on reconnaît à la tirelire attachée à une chaîne autour de son cou, avec une cloche dont le tintement rythme ses pas de péripatéticienne, est jetée dans les rues au crépuscule, avec l’obligation de rapporter de l’argent à ses Maîtres, en mettant son corps en vente pour divers services sexuels. La satisfaction du client est garantie, en cas de réclamation il serait remboursé par le Maître, car la fille ne peut pas toucher aux pièces de monnaie qui sont glissées dans sa boîte. Dans l’éventualité où ses prestations n’auraient pas été à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’une fille de joie, l’esclave fautive serait cruellement châtiée et impitoyablement fouettée. Bien que l’habileté aux jeux de l’amour des filles aux machines à sous soit généralement médiocre, quelques-unes ont réellement beaucoup de talent. Parfois, pour punir certaines esclaves privées qui ont désobéi, on les envoie dans la rue, se prostituer avec une tirelire autour du cou.

L’esclave de Message :

Les esclaves de message sont utilisées pour transmettre des messages secrets. La tête de la fille est d’abord rasée avant qu’un texte soit tatoué sur son cuir chevelu. On attendra que ses cheveux repoussent avant de l’envoyer au destinataire du message. À son arrivée, sa tête sera rasée à nouveau pour révéler le texte. Après que le destinataire en ait pris connaissance, un médecin utilisera des aiguilles pour l'effacer. La fille est généralement illettrée (de même que la grande majorité d’esclaves), ce qui offre toute sécurité et elle sera habituellement offerte au destinataire qui devra assurer sa subsistance.

La fille de bain :