Les élections législatives portugaises de 2009 () se sont tenues au Portugal le , afin d'élire les deux cent trente députés de la onzième législature de l'Assemblée de la République, pour un mandat de quatre ans. Elles ont de nouveau été remportées par le Parti socialiste (PS), qui perd toutefois la majorité absolue.
Contexte Lors des élections législatives anticipées du 20 février 2005, le PS de José Sócrates avaient remporté 45 % des voix et , soit la première majorité absolue de son histoire, et la première pour un parti seul depuis 1991. Face à cet échec, le président du Parti social-démocrate (PPD/PSD) et Premier ministre sortant, Pedro Santana Lopes, avait renoncé à diriger son parti, au profit de Luís Marques Mendes. Investi à la tête du gouvernement, Sócrates engagea une politique de stricte rigueur budgétaire, avec réduction des effectifs et baisse des traitements dans la fonction publique et hausse de la fiscalité, afin de ramener les indicateurs du pays dans les limites du pacte de stabilité et de croissance.
En octobre suivant, les socialistes remportaient les élections locales, sans reprendre les mairies de Lisbonne et Porto. À peine trois mois plus tard, le PS était défait à l'élection présidentielle, sur fond de dissidence et de gauche divisée face au centre droit uni derrière la candidature d'Aníbal Cavaco Silva, qui mettait fin à trente années de présidence du centre gauche. De plus en plus impopulaire et contesté dans la rue, le chef du gouvernement parvenait toutefois, après l'échec de 1998, à remporter le référendum sur la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en 2007.
Alors que les efforts budgétaires avaient porté leurs fruits, le déficit public ayant reculé jusqu'à 2 % du produit intérieur brut (PIB), le Portugal a subi de plein fouet les effets de la crise qui secouait alors l'économie mondiale, tombant en récession. En conséquence, le gouvernement adoptait des mesures de relance qui aggravaient les comptes publics, déjà plombés par la contraction d'une économie peu compétitive internationalement. Aux élections européennes du 7 juin 2009, pour la première fois depuis vingt ans, les socialistes connaissaient un recul et laissaient la première place aux sociaux-démocrates, désormais dirigés par Manuela Ferreira Leite, après avoir confié leur direction à Luís Filipe Menezes entre 2007 et 2008.
Mode de scrutin Le mode de scrutin retenu prévoit l'élection des députés au scrutin proportionnel suivant la méthode d'Hondt, connue pour avantager les partis arrivés en tête. La loi électorale établit à 230 le nombre de sièges à pourvoir. Les députés sont élus dans vingt-deux circonscriptions électorales, à savoir les dix-huit districts du Portugal, les Açores, l'île de Madère, le continent européen et le reste du monde.
Principaux partis et chefs de file PartiChef de file Parti socialiste José Sócrates Premier ministre Parti social-démocrate Manuela Ferreira Leite Coalition démocratique unitaire Jerónimo de Sousa Parti populaire Paulo Portas Bloc de gauche Francisco Louçã
Sondages Institut Date PS PSD CDU CDS/PP BE Aximage 26.09.2009 38,8 % 29,1 % 8,4 % 8,6 % 10,0 % Intercampus 24.09.2009 38,0 % 29,9 % 8,4 % 7,7 % 9,4 % CESOP (UCP) 24.09.2009 38,0 % 30,0 % 7,0 % 8,0 % 11,0 % Marktest 24.09.2009 40,0 % 31,6 % 7,2 % 8,2 % 9,0 % Aximage 18.09.2009 36,1 % 29,7 % 7,5 % 7,6 % 10,0 % Eurosondagem 18.09.2009 34,9 % 31,6 % 8,4 % 8,4 % 9,6 % Intercampus 18.09.2009 32,9 % 29,7 % 9,2 % 7,0 % 12,0 % CESOP (UCP) 16.09.2009 38,0 % 32,0 % 7,0 % 7,0 % 12,0 % Marktest 12.09.2009 35,3 % 32,4 % 6,9 % 5,2 % 16,2 % Eurosondagem 11.09.2009 33,6 % 32,5 % 9,4 % 8,0 % 9,6 % CESOP (UCP) 11.09.2009 37,0 % 35,0 % 8,0 % 6,0 % 11,0 % Aximage 07.09.2009 34,5 % 28,9 % 7,8 % 8,1 % 10,4 % Dernières élections 20.02.2005 45,03 % 28,77 % 7,54 % 7,24 % 6,35 %
Résultats Scores +Résultats des élections législatives portugaises de 2009 Fichier:AR Eleicoes 2009.svg Parti Voix % +/- Sièges +/- Parti socialiste (PS) 37,73 97 Parti social-démocrate (PPD/PSD) 30,04 81 Parti populaire (CDS/PP) 10,77 21 Bloc de gauche (BE) 10,12 16 Coalition démocratique unitaire (CDU) 8,11 15Parti communiste des travailleurs portugais (PCTP)0,960Mouvement Espoir pour le Portugal (MEP)0,470Parti de la nouvelle démocratie (PND)0,400Mouvement Mérite et société (MMS)0,310Front Écologie et humanisme (FEH) (MPT-)0,280 Parti populaire monarchiste (PPM)0,280Parti national rénovateur (PNR)0,210Portugal Pro-vie (PPV)0,150Parti travailliste portugais (PTP)0,090Parti ouvrier d'unité socialiste (POUS)0,080Suffrages exprimés96,91Votes blancs 1,74Votes nuls 1,35Total100 - 230Abstention40,32Inscrits/Participation59,68
Analyse thumb|250px|À gauche, le parti arrivé en tête dans chaque district, à droite le parti arrivé deuxième dans chaque district. Conformément à ce que prédisaient les sondages, le Parti socialiste du Premier ministre José Sócrates est arrivé en tête, tout en perdant sa majorité absolue et en subissant un fort recul, de l'ordre de . Cette régression du centre-gauche n'a pas énormément profité au Parti social-démocrate de Manuela Ferreira Leite, qui n'améliore quasiment pas son score. La surprise de ce scrutin vient du Parti populaire (CDS/PP). En effet, la formation conservatrice de Paulo Portas se classe troisième, déjouant les pronostics, et obtient l'un de ses meilleurs résultats depuis 1976. À la gauche de la gauche en revanche pas de surprise : le Bloc de gauche (BE), qui marque la plus forte progression de ce scrutin, supplante la Coalition démocratique unitaire, et les deux formations obtiennent un résultat conforme aux enquêtes d'opinion.
Aucun des deux grands partis n'ayant remporté la majorité absolue à l'Assemblée de la République, le futur Premier ministre devra former une coalition, ou à tout le moins s'appuyer sur d'autres partis pour gouverner. Dans ce cas de figure, José Sócrates est en meilleure posture que Manuela Ferreira Leite, dans la mesure où la gauche portugaise remporte ici 54,23 % des suffrages et , contre 39,54 % et à la droite.
Réactions Malgré le fait que son parti ait enregistré une chute de et perdu sa majorité absolue, José Sócrates a déclaré que le PS avait remporté une « extraordinaire victoire électorale » et que son parti avait été « choisi sans aucune ambiguïté » par le peuple portugais qui avait « parlé bien clair » Sócrates : Le PS a "une extraordinaire victoire électorale" - Público.
De son côté, Manuela Ferreira Leite a déclaré « assumer [ses] responsabilités » après avoir « présenté les solutions [qu'elle] considérait nécessaires pour le futur », tout en précisant que « ces élections font partie d'un cycle de trois scrutins » et qu'elle convoquerait un Conseil national du PSD « après les élections locales [...] pour analyser ce long cycle électoral » Ferreira Leite reste au moins jusqu'aux élections locales - Diário de Noticias. Concernant le CDS/PP, son chef de file Paulo Portas a relevé qu'il s'agissait « du meilleur score du CDS en » et que « le peuple a retiré sa majorité absolue aux socialistes », analysant que « le pays a refusé l'arrogance du pouvoir absolu », car le Portugal veut « une politique de solutions et non d'affichage » Le CDS obtient son meilleur score sur les 26 dernières années - Público.
Quant à Francisco Louçã (BE), il a appelé à « reconstruire le système de protection sociale » et à « appliquer un impôt sur les grandes fortunes », relevant qu'aucun parti « n'avait autant progressé en termes de pourcentage » que le Bloc, et que « la majorité absolue n'est plus possible pour le Parti socialiste » Le BE donne la priorité à la reconstruction de la protection sociale et à l'impôt sur les grandes fortunes - Público. Enfin, le secrétaire général du PCP et chef de file de la CDU, Jerónimo de Sousa, a déclaré que le résultat de sa coalition était « un signal stimulant » pour obtenir « la rupture et le changement » avec les politiques de droite, parlant d'un « solide élément de confiance pour lutter contre les injustices sociales » De Sousa considère le résultat comme un "signal stimulant" de la croissance de la CDU - Público.
Conséquences Le , José Sócrates a été invité par le président Aníbal Cavaco Silva à former le gouvernement constitutionnel. Sa composition fut annoncée le 22 octobre Sócrates annonce son nouveau gouvernement, qui prêtera serment lundi - Público, et les nouveaux ministres prirent leurs fonctions quatre jours plus tard Cavaco insiste sur la « coopération stratégique » et promet d'être « une référence de stabilité » - Público.
Le débat sur le programme gouvernemental devant l'Assemblée de la République se déroula du 5 au 6 novembre. Aucun parti n'ayant demandé le rejet ou l'approbation du programme, et le gouvernement n'ayant pas requis son approbation, ce dernier fut considéré comme investi Le programme du gouvernement passe sans vote au Parlement - Público.
Notes et références Notes
Références
Annexes Articles connexes gouvernement constitutionnel Assemblée de la République
Liens externes Index des résultats sur le site de la commission nationale des élections (CNE) Analyse et résumé des élections sur le site de l'Union interparlementaire
2009 législatives Catégorie:Politique en septembre 2009