Poullaouen (prononcé ) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie Poullaouen est une commune située à une trentaine de km au sud-est de Morlaix et à une dizaine de km à peine au nord de Carhaix entre les monts d'Arrée au nord et les montagnes Noires au sud. La commune est limitrophe au nord-ouest de Locmaria-Berrien, au sud-ouest de Plounévézel, au sud-ouest de Plouyé. Le bourg est situé sur une colline vers d'altitude, mais le point le plus haut du finage communal est à , situé dans la forêt domaniale de Fréau, le point le plus bas à , situé à la limite des communes de Plouyé et de Kergloff.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aulne, le Beurc'Hoat, le Fao, le Dourcam, le Goaz Guélen, le ruisseau Dour Yvonnic, le ruisseau Voaz Ven, le ruisseau le Beurc'hoat et divers autres petits cours d'eau.

L'Aulne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Lohuec et se jette dans la rade de Brest en limite de Landévennec et de Rosnoen, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques de l'Aulne sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 594 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/07/1974 au 01/05/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

Le Beurc'hoat, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plougonven et se jette dans l'Aulne sur la commune, après avoir traversé .

Le Fao, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de La Feuillée et se jette dans l'Aulne sur la commune, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PoullaouenLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Brennilis à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Poullaouen est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carhaix-Plouguer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Toponymie La localité est attestée sous les formes suivantes : Plebe Louan et Ploelouan en 1330, Ploelouen vers 1330 et en 1386., Ploelouan en 1349, Ploelouguen en 1368, Ploelonguen en 1368, Ploe Louan au , Ploelouen en 1480 et en 1536, Ploulouen en 1496, Ploebouen en 1516, Poulaouen en 1569, Ploelauen en 1574, Ploelaouen en 1587, Poulaven et Poulauen en 1591, Pluelouan en 1623, Pouliouen en 1630, Pleulouan en 1636, Poullouen en 1654, Poulleouen en 1655, Poullaouen en 1677, Poulouen en 1688, Poullaouen en 1760, Poullaouen en 1771.

D'après ce relevé, la graphie Poullaouen apparaît en 1677.

Le nom provient du breton , en vieux breton, (« paroisse ») et de saint Louan, moine ermite d'origine irlandaise, connu au Pays de Galles sous le nom de saint Llywan. Ce saint a aussi donné son nom à Kerlouan et à un hameau de la commune de Riantec.

En breton, le nom est également . C'est aussi la forme normalisée préconisée par l'Office public de la langue bretonne..

Histoire Origines vignette|left|Stèle funéraire armoricaine. Poullaouen est une ancienne paroisse médiévale qui englobait aussi sa trève de Saint-Tudec, Kergloff, Plounévézel (et ses trèves de Sainte-Catherine et Saint-Idunet), Cléden-Poher et Carnoët.. Poullaouen faisait partie de la région du Poher et de l'évêché de Cornouaille.

Antiquité et Moyen Âge Poullaouen a appartenu à la Civitas gauloise des Osismes.

Les vestiges des 4 camps subsistant au Justicou, à Rosquijeau, au Fréau et à Saint-Sébastien prouvent une occupation ancienne de la commune. Elle était également traversée par trois voies romaines menant depuis Vorgium (Carhaix) à l'Aber-Wrac'h, Lanmeur et Morlaix. La voie romaine de Morlaix à Vorgium passait par Le Cloître, Treusquilly et Poullaouen où elle traversait l'Aulne à Pont-ar-gorret, nom qui rappelle une ancienne pêcherie.

Ancienne paroisse primitive, qui englobait aussi sa trève de Saint-Tudec, Kergloff, Plounévézel (et ses trèves de Sainte-Catherine et Saint-Idunet), Cléden-Poher et Carnoët. Poullaouen faisait partie de la région du Poher et de l'évêché de Cornouaille.

Selon un document de 1498, une école existait alors à PoullaouenJean Rohou, "Fils de ploucs", tome 2, 2007, éditions Ouest-France, .

Époque moderne

En 1667, le père Julien Maunoir, prédicateur célèbre, vint prêcher une mission à Poullaouen. Des miracles lui furent ensuite attribués dans la paroisse : un enfant de , Jean Boscher, muet pendant six ans, aurait recouvré la parole en après que sa mère ait invoqué Julien Maunoir alors décédé ; il aurait aussi guéri un enfant, Julien Le Gal, atteint pendant trois semaines d'une fièvre très violente en R.P.G. Le Roux, Recueil des vertus et des miracles du R. P. Julien Maunoir, L. Prud'homme, Saint-Brieuc, 1848, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5624088k.image.hl.r=Poullaouen.f158.langFR.

La révolte des Bonnets rouges (1675)

Les paysans de Poullaouen participent à la révolte des Bonnets rouges en 1675, avec à leur tête Sébastien Le Balp. Ils brûlent entre autres les manoirs de Lallunec et de Goavesnou. (dont il ne subsiste qu'une cheminée et une margelle de puits) en Poullaouen et 2000 Bonnets rouges investissent le château du Tymeur. Sébastien Le Balp avait été auparavant le notaire de Renée-Mauricette de Plœuc, marquise du Tymeur, ce qui l'avait amené à faire de la prison entre 1673 et 1675 à Carhaix pour une escroquerie liée aux affaires de la marquise. Il a tenté d'enrôler le marquis Charles de Montgaillard, ancien colonel du régiment de Champagne, à la tête du mouvement armé. Mais le frère de Charles, Claude, marquis de Percin de Montgaillard, tua par surprise Sébastien Le Balp dans la nuit du 2 au , avant d'être lui-même assassiné par un écuyer dans une rue de Carhaix. Privé de son chef, la révolte se désagrégea. Elle reste néanmoins très ancrée dans les mémoires jusqu'à ce jourYann Brekilien, Histoire de la Bretagne, p. 237 à 239.

Marion du Faouët arrêtée à Poullaouen (1752)

Le , la célèbre bandit Marion du Faouët se trouve à la foire Saint-Pierre de Carhaix avec sa fidèle servante Marguerite Cariou (ou Cadiou ?) et quelques autres. Le , elle est arrêtée à Poullaouen par les cavaliers de la maréchaussée avec plusieurs de ses complices, dont Olivier Guilherm, Vincent Mahé et sa servante Marguerite Cadiou. Elle est conduite à la prison de Carhaix dont elle s'évade. mais ses deux frères capturés en même temps qu'elle sont soumis à la question et pendus, ainsi qu'un complice qui était probablement son amantArmand Corre et Paul Aubry, Documents de criminologie rétrospective (Bretagne, ), A. Storck, Lyon, 1895, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5824885k.r=Poullaouen.f270.langFR.hl. Le de la même année, elle est condamnée par la cour prévôtale de Quimper à être pendue en effigieJean Lorédan, La grande misère et les voleurs au : Marion du Faouët et ses associés, 1740-1770, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5821955v.image.hl.r=Carhaix+.f238.langFR,

Poullaouen et la guerre d'indépendance américaine (1775-1783)

Un soldat originaire de Poullaouen a participé à la guerre d'indépendance américaine : Samuel Silbert, domestique dans l'escadre du comte de TernayLes combattants français de la guerre américaine, 1778-1783 : listes établies d'après les documents authentiques déposés aux Archives Nationales et aux Archives du Ministère de la guerre / publiées par les soins du Ministère des affaires étrangères ; [avec une introduction par Henri Mérou], Motteroz-martinet, Paris, 1903, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5525402h.r=poullaouen.f242.langFR.hl.

Poullaouen en 1778

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Poullaouen en 1778 :

Les mines de plomb et d'argent vignette|Le terril de l'ancienne mine : le terrain est toujours stérile. Conditions géologiques et les débuts de l'exploitation

Les filons de galène traversant les grauwackes et les schistes argileux ont suscité l'exploitation de gisements de plomb-argentifère qui commencent probablement dès l'âge du bronze mais on n'en a pas la preuve certaineLouis Pape, La Civitas des Osismes à l'époque gallo-romaine, Fons Librairie Klinksiek, 1978. L'activité d'extraction connaît une grande phase de prospérité au avant d'être concurrencée par l'argent américain. En 1425 le duc de Bretagne Jean V accorde à Jean de Penhoat, amiral de Bretagne et capitaine de Morlaix, « un intérêt dans l'exploitation de Huelgoët, dont il faisait ouvrir les veines argentifères par des ouvriers venus d'Allemagne »Guillaume Marie Lejean, "Histoire politique et municipale de la ville et de la communauté de Morlaix, depuis les temps reculés jusqu'à la Révolution française", 1846, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5789163j/f197.image.r=Penhoat.langFR. La première concession fut accordée par le roi Louis XIII à Jean du Châtelet, baron de Beausoleil, et à sa femme. Les mines furent financées et dirigées successivement par des protestants français, allemands, suisses, gallois et anglais. Par exemple, des Allemands viennent de Saxe et du Harz pour exploiter ces mines qui furent réputées un temps être les plus importantes de FranceL. Gallouédec, "Études sur la Basse-Bretagne", revue "Annales de géographie", année 1893, , consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k104135h.r=Pleyben.f58.langFR.hl. Une partie de l'exploitation minière se situe sur le territoire de la commune voisine de Locmaria-Berrien..