Émile Coornaert, né le à Hondschoote et mort le dans le Archives en ligne de Paris, arrondissement, année 1980, acte de décès , cote 14D 631, vue 2/31 est un historien, syndicaliste et résistant français.
Biographie
Enfance et formation Léon, Joseph, Émile Coornaert naît le à Hondschoote (Nord). Il est le treizième et dernier enfant d'une famille d'ouvriers agricoles. Après la mort de son père, il entre en 1898 au Petit Séminaire Saint-François d'AssiseBulletin des Anciens de l'Institution St François d'Assise, juillet 1966 d'Hazebrouck qu'il quitte en 1903. Profondément influencé par l'éducation reçue, Il y reviendra très régulièrement tout au long de sa vie. Après son baccalauréat, il se partage entre les études et le travail. Il est membre du mouvement Le Sillon de Marc SangnierHenri Dubief : nécrologie d’Émile Coornaert (1886-1980), in Revue d'histoire moderne et contemporaine (1954-) T. 27e, No. 4 (Oct. - Dec., 1980), , Societe d'Histoire Moderne et Contemporaine
Licencié en lettres en 1906, journaliste, il poursuit des études d'histoire à l'Institut catholique de Lille puis à la Sorbonne où il obtient un diplôme d'études supérieures en histoire médiévale. Dispensé de service militaire, il s'engage en 1915Site de la mairie d'Allarmont. Il combat d’abord au sein du RI puis rejoint le Régiment de génie jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Il est sergent-fourrier travaillant à la section d'écoute en mettant à contribution sa connaissance de l'allemandMadeleine Singer : Coornaert Émile, in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (Jean Maîtron, dir.), cinquième série (1945-1968), Tome 3, 2007..
Il épouse Alice Robert en 1921 et séjourne ensuite très régulièrement jusqu'à la fin de sa vie dans la maison familiale d’Allarmont (Vosges). Ils auront trois enfants.
Historien du travail Démobilisé en 1919, Émile Coornaert passe l'agrégation d'histoire en 1920 et enseigne à Alençon, Nancy et au Lycée Condorcet à Paris. Docteur ès lettres en 1930, il est nommé directeur d'études d'histoire économique à École pratique des hautes études où il est préféré à Marc Bloch. Il collabore aux Annales depuis 1932Maurice Halbwachs : Ma campagne au Collège de France, in Revue d’histoire des sciences humaines, 1999/1 - .
Émile Coornaert est nommé à la chaire d’histoire de l’Université de São Paulo au Brésil (1934– 1935), où il crée un département francophoneJean-Paul Lefebvre : Les professeurs français des missions universitaires au Brésil (1934-1944), in Cahiers du Brésil Contemporain, 1990, .
En 1936, Émile Coornaert devient titulaire de la chaire d'histoire du travail au Collège de France où il remplace François Simiand. Il obtient le poste de préférence à Maxime Leroy et Maurice Halbwachs. Ce dernier estime que « Coornaert est un médiocre (…) Il a fait quelques recherches érudites sur les corporations au (…) Il a un fort accent belge, rien de caractéristique par ailleurs. Démocrate-chrétien, et actuellement très résistant, – mais bon catholique, et tenant à ce qu'on subventionne les écoles libres. »
Émile Coornaert publie deux thèses sur La draperie-sayetterie d'Hondschoote (- ) et L'industrie de la laine à Bergues-Saint-Winnoc ( – ). Il écrit ensuite un ouvrage sur Les corporations en France avant 1789 (1941).
Dans la Résistance Émile Coornaert rejoint en 1941 le réseau de Résistance monté par Henri de Montfort, directeur des services de l’Institut de FranceFrançois Bédarida, Gabrielle Muc, Michel Trebitsch, Henry Rousso : Histoire, critique et responsabilité, Editions Complexe, Paris, 2003.
Le réseau, composé notamment du diplomate Paul Petit, de l'écrivain Marietta Martin et de Suzanne Feingold publie La France continue à partir de 1941. Le journal est réalisé par l’imprimerie parisienne de Francisque Gay, située rue CardinalJacques Duquesne, Les catholiques français sous l'occupation, B. Grasset, Paris, 1966. Le ton de ce journal est considéré comme « très littéraire et parfois rude. Il porte alors sans ménagement des coups virulents à Pétain »..
La France continue est, avec L'Université libre et Témoignage chrétien un des rares journaux résistants à dénoncer la situation faite aux juifsRenée Poznanski, Propagandes et persécutions. La résistance et le "problème juif", 1940-1944, Fayard, Paris, 2008.
Les membres du réseau sont d’inspiration chrétienneFrançois Marcot, Janine Ponty, Marcel Vigreux, Serge Wolikov (dir.), La Résistance et les Français: lutte armée et maquis : colloque international de Besançon 15-17 juin, Université de Franche-Comté, Université de Bourgogne, Musée de la Résistance et de la déportation de Franche-Comté, Les Belles Lettres, 1996. Après l'arrestation début 1942 d'une grande partie du réseau, plusieurs personnes en liberté se joindront au Mouvement Résistance de l’écrivain Jacques DestréesMarie Ducoudray, Ceux de "Manipule": un réseau de renseignements dans la Résistance en France, Tirésias, 2001. Émile Coornaert coopère avec divers réseaux et fait un travail d'information.
Après-guerre, La France continue devient Ici Paris, le Claude Bellanger, Histoire générale de la presse française, Presses universitaires de France, Paris, 1969.
Militant syndical Émile Coornaert avait collaboré avant-guerre aux Écoles normales ouvrières de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).
Après-guerre, Émile Coornaert reste proche des milieux démocrates-chrétiensMarc Le Dorh : Les démocrates chrétiens français face à l'Europe: mythes et réalités, L'Harmattan, Paris, 2005. Il contribue à relancer le Syndicat général de l'Éducation nationale (SGEN), affilié à la CFTC avec Marcel Reinhard, professeur au Lycée Louis-le-Grand. Lors de la réunion du , Émile Coornaert est élu président.
Il s’efforce de faire de son syndicat un « instrument de transformation sociale » qui continue l’œuvre de la Résistance dans « une révolution sans haine et sans violence, inspirée par une conception spiritualiste du mondeÉcole et éducation, , décembre 1944. » Il représente le syndicat au sein de la commission qui prépare la mise en œuvre du Plan Langevin-Wallon de réforme de l’enseignement.
Après le rejet d’une motion de politique scolaire qu’il avait présentée, Émile Coornaert démissionne de son poste de président du SGEN mais continue à intervenir dans la vie du syndicat. Le poste qu’il avait occupé ne sera plus pourvuMadeleine Singer, Histoire du S.G.E.N., 1937-1970: le Syndicat général de l'Éducation nationale, Presses universitaires du Septentrion, Lille, 1987.
Membre de l'Institut Ayant poursuivi son activité d’historien, Émile Coornaert publie des ouvrages sur Les Français et le commerce international d'Anvers, fin - début (1961) et Les compagnonnages en France du Moyen Âge à nos jours (1966) qui reçoit le Grand prix Gobert décerné par l'Académie française. Son dernier ouvrage, en 1977, porte sur le métier d’historien (Destins de Clio en France depuis 1800).
En 1958, il devient membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres). Il est nommé au sein de la Commission d'histoire de la Révolution française du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS, 1969-1980).
Ce faisant, selon Henri Dubief, l’historien du Westhoeck (Flandre française), Émile Coornaert a été membre du Comité flamand de France.
Émile Coornaert meurt le à Paris. Il est enterré à Allarmont. Son épouse Alice est décédée en 1991 à 94 ans.
Publications L'Industrie de la laine à Bergues-Saint-Winoc, PUF, Paris, 1930 Un centre industriel d'autrefois : la draperie-sayetterie d'Hondschoote ( - ), 1930,recension - Prix Fabien 1931 de l'Académie française avec Jean Sauzeau, Travail et civilisation à travers les âges, éditions Bourrelier, Paris, 1938 Corporations en France avant 1789, Paris, Gallimard, 1941 - Prix Gobert 1942 de l’Académie des inscriptions et belles-lettres avec Jean Sauzeau, Les Hommes au travail - de la pierre taillée au triomphe des machines, éditions Bourrelier, Paris, 1949 Les Français et le commerce international d'Anvers, fin - début , 1961 Les Compagnonnages en France du Moyen Âge à nos jours, 1966 - Grand prix Gobert 1966 de l'Académie françaiseDiscours sur les Prix littéraires de l’année 1967, Maurice GENEVOIX sur le site de l'Académie Française. La Flandre française de langue flamande, Éditions ouvrières, Ivry-sur-Seine, 1969 Destins de Clio en France depuis 1800, Éditions ouvrières, Ivry-sur-Seine, 1977
Distinctions Décorations promu en 1946Albert Ronsin, Les vosgiens célèbres, éd. Gérard Louis, 1993.
(décret du 3 août 1946) Commandeur de l’Ordre Polonia Restituta
Hommages Les écoles publiques maternelle et primaire de la commune d’Hondschoote (Nord) portent le nom d’Émile Coornaert
Sources Site de la mairie d'Allarmont Albert Ronsin (dir.), Les Vosgiens célèbres : dictionnaire biographique illustré, Éditions Gérard Louis, Vagney, 1990 Christophe Charle, Eva Telkes, Les professeurs du Collège de France, dictionnaire biographique (1901-1939), Institut national de recherche pédagogique (France), 1988 . Madeleine Singer, Coornaert Émile, in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (Jean Maîtron, dir.), cinquième série (1945-1968), Tome 3, 2007.
Références
Voir aussi Articles connexes La France continue Compagnonnage Corporation sous le royaume de France Syndicat général de l'Éducation nationale CFDT
Liens externes
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