Coray est une commune du département du Finistère, en Bretagne, en France. Elle fait partie du canton de Châteauneuf-du-Faou, de la Communauté de communes de Haute Cornouaille et du Pays du Centre Ouest Bretagne.
En , la commune compte nommés Corayens.
Géographie
Situation
La commune fait partie traditionnellement du Pays Glazik. Elle est située à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Quimper.
Relief et paysages
Les altitudes au sein du finage communal descendent jusqu'à 76 mètres dans la partie aval de la vallée de l'Odet, près de Ty Nevez Kerhua, mais jusqu'à 124 mètres seulement dans la vallée du Jet au sud-ouest de Lannurien et 175 mètres dans celle de l'Aven au sud de Coat Grantic. Le point le plus haut de la commune se situe juste au nord-est du bourg de Coray, entre Brec'horay et Kerhuel, à 257 mètres d'altitude ; le bourg est lui-même en position assez élevée, entre 225 mètres et 188 mètres d'altitude. Au nord de la commune, le massif de Menez Gouaillou, bien que n'atteignant que 168 mètres d'altitude, forme un relief bien visible dans le paysage, car il domine d'une quarantaine de mètres au moins les régions avoisinantes.
La commune présente un paysage agraire traditionnel de bocage avec un habitat dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux et de fermes isolées. Autour du bourg, quelques lotissements se sont créés dans les dernières décennies du et celles du début du , ainsi qu'une zone industrielle et artisanale au sud-ouest du bourg, le long de la route départementale n° 15 en direction de Quimper.
Géologie
La petite éminence en granulite du « Menez Goaillou », située à l'extrême nord de la commune à 3,5 kilomètres au nord-ouest du bourg, s'élève à d'altitude et forme une ellipse longue d'environ et large de , dominant d'une trentaine de mètres les schistes briovériens de la rive gauche de l'Odet. Une douzaine de carrières qui entament ses flancsLouis Chauris et François Le Bail, Le massif de granulite de Menez Gouaillou en Coray (Finistère), "Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne", octobre 1959, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6564977z/f11.image.r=Tr%C3%A9gourez.langFR étaient autrefois en activité car ce site fournissait sous une forme facilement exploitable une pierre de construction de bien meilleure qualité que le schiste environnant. Cette pierre se distingue par la présence de petites tâches rouillées qui proviennent de l'altération météorique de l'arsénopyrite. On retrouve ces pierres dans l'habitat à Coray et dans les communes alentour ainsi que dans certains édifices religieux locaux comme la partie inférieure du clocher-porche de l'église de Coray construit entre 1705 et 1707.. De beaux cristaux d'apatite ont été trouvés à Menez GoaillouLouis Chauris, "Minéraux de Bretagne", Les éditions du Piat, 2014, [].
On trouve abondamment dans les environs de Coray des pierres connues sous le nom de Pierres-de-Croix (formant des prismes hexagonaux réguliers, parfois se recoupant à angle droit et ayant alors l'aspect d'une croix) ; leur nom scientifique est staurotide.
Transports
La commune est traversée par trois routes départementales qui se croisent dans le bourg, la D 15 qui va de Quimper à Gourin et, au-delà, permet d'atteindre Carhaix ou Rostrenen ; la D 36, qui lui est perpendiculaire et est orientée nord-sud, et qui permet, vers le nord, de parvenir à Châteauneuf-du-Faou et, vers le sud, à Rosporden ; la D 50 est un axe allant de l'ouest-nord-ouest, en direction de Briec à l'est-sud-est en direction de Scaër. Aucune route nationale ni voie ferrée ne traverse la commune, la gare la plus proche étant celle de Rosporden.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. La commune est limitée au nord-ouest par le fleuve côtier Odet, qui la sépare de Trégourez et Langolen, et au nord-est par le Dour Kerdréoret, affluent de rive gauche de l'Odet, qui la sépare de Leuhan ; d'autres modestes affluents de rive gauche de l'Odet, le Stêr Pont Herrou et le ruisseau de Creac'h Pinvidic, drainent la partie nord-ouest du finage communal. Au sud, la commune est séparée de Tourc'h et Elliant par le Jet, qui a sa source au sud du bourg et qui, lui aussi, est un affluent de rive gauche de l'Odet. Enfin à l'est, le fleuve côtier Aven a sa source au nord-est du bourg de Coray et, coulant vers le sud, sa partie amont sert aussi un temps de limite communale avec Tourc'h. Pour ces raisons, la commune est surnommée « le pays des trois rivières ».
L'Aven, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Océan Atlantique en limite de Riec-sur-Bélon et de Névez, après avoir traversé .
L'Odet, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Goazec et se jette dans l'anse de Bénodet entre les communes de Combrit et de Bénodet, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Odet sont données par la station hydrologique située sur la commune de Leuhan. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 04/03/2024 à 03:16 TU à partir des 50 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/08/2000 au 01/05/2008.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..
Le Jet, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Odet à Quimper, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CorayLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Coray est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimper, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 4,2 % 132Terres arables hors périmètres d'irrigation 42,8 % 1345Prairies et autres surfaces toujours en herbe 11,2 % 352Systèmes culturaux et parcellaires complexes 38,0 % 1195Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 3,9 % 122Source : Corine Land Cover.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Choroe au , Coroc en 1038, Coroe en 1066 et 1088, Coroc au , Coroe en 1228, Corae en 1236, Coray en 1368, 1516, 1536, Corrai en 1779.
Le nom « Trégourez » proviendrait du breton Tre (en français « au-delà ») et le suffixe gourez serait une déformation de « Coray », le nom complet signifiant donc « au-delà de Coray », mais cela reste très incertain. Selon une autre explication, finalement assez voisine de la précédente, le nom Dreo-Gouere signifierait « La trève du bas » et C'horre, à l'origine du nom « Coray », « la trève du haut »Jean-François Boëdec, "Histoire secrète des Montagnes Noires", éditions des Montagnes Noires, 2012, [].
Histoire Héraldique
Préhistoire
Un dépôt d'épées datant de l'âge du bronze a été découvert à Penhoat (lors de la destruction d'un alignement de menhirs en 1927) et du matériel d'orfèvre (une enclume, des pointes de lances à douille et un lot de haches à talon.), datant de 80 à 700 avant J.-C., à KeranfinitPierre-Roland Giot, Jacques Briard, Louis Pape, "Protohistoire de la Bretagne", éditions Ouest-France Université, 1995..
Antiquité
Coray était sous l'occupation romaine un nœud de communication important. Certains auteurs dont Jean-Pierre Brunterc'h, pensent que Coray est le Corophesium mentionné dans les « Annales de Lausanne » pour l'année 818. La voie romaine allant de Vorgium (Carhaix) à Civitas Aquilonia (Quimper) passait par Roudouallec et Coray, où elle croisait la voie romaine allant de Concarneau à MorlaixRené Kerviler, "Étude critique sur la géographie de la presqu'île armoricaine au commencement et à la fin de l'occupation romaine", 1874, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57839621/f91.image.r=Roudouallec?rk=686698;4.
Moyen Âge
Coray serait une grande paroisse de l'Armorique primitive, qui aurait englobé, outre Coray, Leuhan et Tourc'h..
Le nom de Coray apparaît dans le cartulaire de Landévennec, sous le nom de Choroe, au . À la même époque le nom est noté Coroe dans le cartulaire de Sainte-Croix de Quimperlé et dans le cartulaire des Églises de Quimper. Selon Arthur de la Borderie, citant le cartulaire de Landévennec, vers le , un moine ou ermite disciple de saint Guénolé « nommé Ratian ou Ratian, à la fois barde et prêtre (...) semble avoir évangélisé toute la région comprise de Langolen au Faouët, et notamment les paroisses de Tourch, de Corai [Coray] et de Scaër ; il habitait, sur le territoire de cette dernière, un petit monastère appelé de son nom Lan-Ratian [Larragen de nos jours], et avait pour compagnon, au moins pour voisin, le pieux Tanvoud, émule de ses vertus et de ses travaux »Arthur de la Borderie, La Cornouaille au temps du roi Grallon, "Revue de Bretagne et de Vendée", janvier 1862, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1102548/f89.image.r=Argol.
Une motte féodale se trouve à Kastel-Herrou et deux autres existaient à Kerdavid et Kervrec'h, qui ont été détruitesPatrick Kernevez, "Les fortifications médiévales du Finistère : mottes, enceintes et châteaux", Institut culturel de Bretagne-Skol-Uhel ar vro (Rennes), 1997.