Goulien est une commune française du département du Finistère, en région Bretagne. Elle est située vers l'extrémité du cap Sizun, non loin de la pointe du Raz.
Géographie Localisation et communes limitrophes vignette|centré|Carte de la commune de Goulien.
Littoral Goulien est située dans la partie nord-ouest de la presqu'île du Cap Sizun ; la commune est littorale de la rive sud de la baie de Douarnenez.
Le littoral de Goulien est formé de falaises très découpées, hautes de plusieurs dizaines de mètres (des altitudes de 72 mètres se rencontrent à plusieurs reprises à proximité du littoral, notamment de part et d'autre de Kerguerriec) et les rares petites grèves (la plus importante crique est celle de Porz Kanape dans laquelle se jettent deux petits ruisseaux, Kouar Kanape et Kouar Kermaden [kouar signifie ruisseau en breton]) sont d'accès quasi-impossible ou très difficile depuis le continent ; le littoral de Goulien ne possède aucun port et est resté quasi-inhabité. Cet aspect sauvage a permis à ce littoral de rester un sanctuaire de la vie sauvage, désormais protégé par la Réserve de Goulien-Cap Sizun. Quelques îlots rocheux longent ce littoral, le principal étant celui d'Ar Milinou Braz où nichent de nombreuses espèces d'oiseaux de mer (océanite tempête, fulmar, cormoran huppé, goéland argenté, goéland brun, goéland marin, mouette tridactyle, guillemot, pingouin torda, macareux) qui sont aussi observables de plusieurs autres endroits, notamment de Kastell ar Roc'h, une des falaises les plus hautes du Cap Sizun..
Le littoral de Goulien [Réserve du Cap Sizun] (partie est)
Le littoral de Goulien [Réserve du Cap Sizun] (partie ouest)
En raison de ce littoral peu hospitalier, la commune tourne traditionnellement le dos à la mer : le bourg est situé dans l'intérieur des terres, à nette distance de la côte, sur le plateau à près de 80 mètres d'altitude et est à l'écart de la voie principale de circulation formée par la route départementale 7 qui va de Douarnenez à la Pointe du Van (le bourg est desservi par la route départementale 43 qui vient depuis l'est de Pont-Croix et se dirige vers l'ouest vers le bourg de Cléden-Cap-Sizun) ; le bourg de Goulien est de faible importance, l'habitat étant traditionnellement dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux et de fermes isolées.
Le relief est constitué principalement d'un plateau dont l'altitude maximale est de 90 mètres (le long de la D 7, à proximité du parc éolien), lequel est toutefois échancré par quelques vallons où coulent des ruisseaux de faible importance qui se dirigent soit vers le sud (le principal, qui prend sa source au sud du hameau de Kerennou, sert de limite sud à la commune, la séparant de Pont-Croix et Primelin et coule ensuite vers l'ouest, se jetant dans l'océan Atlantique au niveau de l'Anse du Loch, soit, au nord de la ligne de partage des eaux qui coïncide à peu près avec le tracé de la route départementale 7, vers le nord pour se jeter dans la baie de Douarnenez : ceux-là n'ont qu'un cours très bref (par exemple le ruisseau de Porlorec qui sert pour partie de limite communale avec Cléden-Cap-Sizun et le ruisseau d'Ar Valc'h, qui sert de limite communale avec Beuzec-Cap-Sizun), mais à pente forte et leurs vallons sont très encaissés dans leur partie aval, contribuant à accidenter un littoral formé par ailleurs de falaises élevées.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de GoulienLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lanvéoc à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Goulien est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
La commune, bordée par la mer d'Iroise, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (89,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (62,1 %), terres arables (25 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (6,2 %), prairies (2,6 %), forêts (2,5 %), eaux maritimes (1 %), zones urbanisées (0,6 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie vignette|150px|La cloche à main dite de saint Goulven (datant du haut Moyen Âge) qui se trouve dans l'église Saint-Goulven de Goulien. Le nom de la localité est attesté sous les formes Golthuen en 1192 et 1202, Golchuen en 1267, Goulchen en 1364, 1368, 1426 et 1536, Goulhien en 1540 et Goulien en 1623.
Le nom « Goulien » vient peut-être de saint Goulven, mais selon les chanoines Peyron et Abgrall un acte de la fin du du cartulaire de Quimper cite le nom d'un chapelain du nom de Golthuen ou Golchuen, qui serait le nom du patron de la paroisse..
La toponymie des lieux-dits de Goulien a fait l'objet d'une étude de Jean-Yves Monnat : par exemple Kanape signifie « chanvre » en breton (il existait autrefois des mares à rouir le chanvre dans la vallée du ruisseau de Kanape) ; Porz an Halenn signifie la « crique du sel » car on y récoltait autrefois un peu de sel dans de petites flaques asséchées.
Histoire Préhistoire Un tumulus, situé au sud-ouest du village de Kerlan, haut de 2 mètres et mesurant dix mètres de diamètre, contenait des fragments de poteries, notamment des tessons d'amphores, des fragments de bois pourris et des clous en fer, une urne cinéraire à deux anses, plusieurs objets en bronze, le tout mêlé à des cendres abondantes. Il s'agit là de la sépulture par incinération d'une femme qui date de l'époque romaine ; ce type de sépulture sous tumulus n'était pas une coutume romaine, il s'agit probablement d'une tombe indigène qui mêle des objets usuels des romains à la persistance de rites funéraires plus anciens..
Un menhir retaillé en stèle gaulois se trouve en tra fontaine et le calcaire de Lannourec, à l'extérieur de l'enclos de la chapelle Saint-Laurent. L'ensemble est classé aux Monuments Historiques.
Trois stèles datées de La Tène ancienne (époque gauloise), à l'origine des stèles funéraires liées à des tombes à incinération, se trouvent dans l'enclos paroissial, au pied de l'église saint-Goulven : la plus haute (2,80 mètres), à section circulaire, est cannelée (un creux à son sommet laisse supposer qu'une croix fut un temps placée à son sommet) ; la seconde, haute de 1,70 mètre, est à section quadrangulaire : une troisième, de section carrée, a un mètre de hauteur..
Un groupe de 4 menhirs, accompagnés d'un dolmen, qui étaient probablement les restes d'un alignement mégalithique plus important, est cité à deux kilomètres au sud de Goulien, « assez près d'un moulin à vent », en 1875Émile Cartailhac, "Dictionnaire archéologique de la Gaule : époque celtique", tome Ier, A-G, 1875, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97696550/f342.image.r=Goulien?rk=3347656;0.
Antiquité
Les traces d'un chemin romain, appelé hent-ahès ["chemin d'Ahès"], de soixante-dix pieds de largeur, en pierres de taille, qui se continue jusqu'à la Baie des Trépassés, sont visibles à Goulien. Paul du Châtellier décrit en ces termes cette voie romaine en 1886 :
Moyen Âge
Selon Miorcec de Kerdanet, les ruines d'un monastère fondé par AzénorAzénor, ou Aliénor, fille du mythique Even, comte de Lesneven, fut, d'après la légende, enfermée au château de Brest puis jetée à la mer dans un tonneau, errant au gré des courants et nourrie par un ange, elle échoua sur la côte irlandaise oùù elle donna naissance à saint Budoc. ainsi qu'une fontaine Sainte-Azénor se voyaient jadis entre le bourg de Goulien et la chapelle de Lannourec.