Landéda est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Ses habitants s'appellent les Landédaens. Géographie Localisation Ville côtière du littoral de la Manche, au cœur de la côte des Légendes, Landéda forme une presqu'île entre deux rias, l'aber-Wrac'h (aber Ac'h) au nord et l'aber-Benoît (aber Benniget) au sud, dont l'extrémité très découpée forme elle-même la presqu'île de Sainte-Marguerite.

La partie péninsulaire

vignette|Une plage de Landéda (Penn-Enez). Le bourg de Landéda, situé sur une colline vers d'altitude entre les deux abers, est longtemps resté peu peuplé ( par exemple en 1889 pour une population communale totale de cette année-là), l'agglomération la plus importante de la commune étant alors le port de l'aber-Wrac'h, où se trouvait le chef-lieu du quartier maritime. Plusieurs autres hameaux importants existaient dans la commune, comme Sainte-Marguerite ( en 1890).

Géologiquement, Landéda est surtout formé de granulite..

Landéda, du fait de sa situation péninsulaire, est longtemps resté isolée : un seul accès routier, via Lannilis, permettant d'accéder à la commune. Une ligne ferroviaire des Chemins de fer départementaux du Finistère fut créée, s'embranchant à Plabennec sur la ligne Brest-Lesneven-Saint-Pol-de-Léon et desservant les gares de Plouvien, Lannilis, Le Cosquer, Landéda et ayant son terminus à l'aber-Wrac'h ; ouverte le , elle ferma dès 1932. Désormais, la construction d'une route à profil modernisé, la , avec un nouveau pont enjambant l'aber-Wrac'h, a contribué au désenclavement routier de la commune. Par contre le pont franchissant l'aber-Benoît se trouve à la limite de la zone d'influence de la marée et est de beaucoup plus modeste importance. Cet endroit a parfois été appelé à tort le « passage de la Barbe-Noire » par francisation abusive et déformation du mot aber-Benoît.

Un moulin à marée existait à Saint-Antoine en Landéda.

Les îles vignette|Les îles de l'Aber Wrach. Landéda possède sur son territoire communal plusieurs îles : l'île Guénioc : son étymologie est incertaine. Située à de la côte, elle fait environ de long sur de largeur maximale. Elle est recouverte d'une pelouse rase (absence d'arbres). Elle a été très anciennement habitée ; c'est la seule île non accessible à pied à marée basse, mais elle était reliée au continent pendant la Préhistoire et des vestiges datant du néolithique et de l'époque azilienne, entre autres des cairns, y ont été trouvés; l'île Garo ; l'île Roch'Avel (en français la « Roche du Vent ») : il y subsiste les restes d'un galgal, tumulus mégalithique l'île Tariec : elle porte le nom de saint Tariec et fut habitée, possédant sa chapelle et son cimetière. En 1842, y étaient exploitées en pâturages ; l'île a été coupée en deux sous l'action de l'érosion accélérée par les extractions de sable, d'où la Grande Tariec et la Petite Tariec, les deux îlots actuels ; l'île Cézon ; l'île de Stagadon, située à l'entrée de l'Aber-Wrac'h, fait partie administrativement de la commune de Plouguerneau.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LandédaLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploudalmézeau à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Landéda est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022. Une mise à jour au a été mise à disposition.

Elle appartient à l'unité urbaine de Landéda, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles ( en 2018), en diminution par rapport à 1990 (). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (), zones agricoles hétérogènes (), terres arables (), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (), espaces verts artificialisés, non agricoles (), zones humides côtières ().. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Landeda en 1330 et 1516.

Le toponyme Landéda provient du breton lann (ermitage) et de Téda ou Sainte Tydeu (originaire du Pays de Galles) et qui serait arrivé au . Ce serait donc originellement l'« ermitage de saint Teda ».

Landeda en Breton.

Préhistoire, antiquité et Moyen Âge

Une île au peuplement très ancien : l'île Guenioc Le territoire de la commune est peuplé dès le Néolithique.

L'estran de la presqu'île Sainte-Marguerite montrait un alignement de blocs plantés, reste d'un talus ennoyé et démantelé, encore visible en 1981. Ces vestiges sont probablement les témoins d'une agriculture néolithique.

L'île Guenioc (ou Guennoc) comporte quatre cairns (le plus ancien date de et trois des chambres possèdent des sculptures anthropomorphes)Pierre Giot dans son livre "Préhistoire de la Bretagne" signale que ce cairn peut être considéré « comme représentant la plus vieille architecture durable du monde occidental » et des traces de l'âge du fer.

Une cachette de fondeur, contenant 72 objets dont certains en bronze (épées, haches à douille, pendeloque, mors de bride, etc.), datant probablement de l'époque gauloise, fut trouvée dans l'île Guénioc (appelée alors Guennoc) en 1890. À cette époque, l'île Guénioc était reliée au continent, le niveau de la mer étant plus bas qu'actuellement.

L'île Guénioc a été habitée au haut Moyen Âge par des Bretons venus des îles Britanniques et qui créent, au sein d'un enclos circulaire, des habitations basses entourées de champs et de talus qui ont été mises au jour lors d'un incendie survenu en 1953.

Tolente La région de l'Aber-Wrac'h, à l'époque gallo-romaine, était le point d'aboutissement de la voie romaine venant de Carhaix (Vorgium) et de Vorganium.. Une localité portuaire d'une certaine importance, non localisée et non identifiée avec précision, s'y trouvait donc à l'époque gallo-romaine, peut-être Gesocribate, port de la Gaule du nord-ouest cité par la Table de Peutinger (thèse soutenue en particulier par Charles de La Monneraye, qui place Gesocribate à l'Aber-Wrac'h), mais que beaucoup d'historiens placent toutefois plutôt au Conquet, voire à Brest.

Selon Albert Le Grand, dans son livre publié en 1637, le port de Tolente, dont les bateaux commerçaient avec l'île de Bretagne (l'actuelle Grande-Bretagne), et qui aurait été un temps la capitale de la Domnonée, était lors des invasions bretonnes aux alentours du , la capitale du "pays d'Ach" (région allant de Plouguerneau à la pointe Saint-Mathieu). Selon Albert le Grand, Tolente aurait été détruite au début du printemps 875 par les Normands ; ceux-ci auraient pillé tout le comté de Léon (notamment Lesneven, le Conquet, Saint-Pol, Roscoff « et la riche ville de Tolente, située sur la rivière Wrack [Wrac'h], laquelle ils brûlèrent et rasèrent, ayant enlevé le corps de saint MathieuLes reliques de saint Mathieu se trouvaient à l'abbaye de Saint-Mathieu. qu'ils portèrent en leurs galères qui les attendaient à Roscoff [Roscoff] »).

Paroisse La paroisse de Landéda faisait partie de la paroisse primitive de Ploudiner au sein de l'Armorique au sein de l'archidiaconé de Kemenet-Ily relevant de l'évêché de Léon et prit son autonomie au (la paroisse de Ploudiner est subdivisée vers 1330 en trois paroisses : Landéda, Lannilis et Brouennou), son église étant sous le vocable de saint Congar.

Le port de relâche de l'Aber-Wrac'h vignette|Plage à Landéda. L'Aber Wrac'h est un havre, abri naturel servant depuis fort longtemps de port de relâche important, cité comme tel dès le . Protégé par des fortifications, celles-ci furent renforcées par Vauban à partir de 1685 avec l'aménagement du fort Cézon ainsi que tout un système de batteries côtières et de corps de garde.

vignette|Le , bateau du père Jaouen, dans le port de l'Aber-Wrach vers 2005. Les abords maritimes de l'accès à l'Aber-Wrac'h sont par contre difficiles, à cause des nombreux rochers qui s'y trouvent, d'où la construction du phare de l'Île Vierge en 1845, de quatre autres feux, ceux de l'île Vrac'h, de Lanvaon, de la Palue et de l'anse Saint-Antoine, et d'amers sur les écueils les plus dangereux; de plus un môle-débarcadère de de longueur sur de large fut construit au pour rendre le mouillage plus sûr. Le trafic du port est resté faible, peu de marchandises y étant embarquées ou débarquées, et uniquement du cabotage.

Le château de Kerouartz Situé originellement à Landéda, le château de Kerouartz fut détruit plusieurs fois par les Anglais avant d'être reconstruit à trois kilomètres de son emplacement originel sur le territoire de la paroisse de Lannilis.

Guillaume Simon de Troménec